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Brèves

L’actualité en bref

Depuis le début du procès en appel de Sarkozy dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, ce dernier avait une ligne de défense qui consistait à affirmer qu’il ne savait rien et que ce sont ses deux plus proches collaborateurs, Claude Guéant et Brice Hortefeux, qui avaient tout manigancé derrière son dos. Une défense qui vient d’être sérieusement malmenée par une longue lettre envoyée au tribunal par Guéant, absent des débats du fait de son état de santé dégradé. Il raconte par le menu un repas à Tripoli au cours duquel Kadhafi aurait demandé à Sarkozy de régler la situation judiciaire de son beau-frère, Abdallah Senoussi, condamné en France à perpétuité pour son rôle dans l’attentat du DC‑10 de l’UTA en 1989, qui avait fait 170 morts. Nullement choqué par une telle demande, Sarkozy aurait demandé à Guéant de régler la question. En fait tout ce petit monde n’a jamais hésité à se livrer à des magouilles sordides, facilitées sans doute par les sommes mirobolantes versées par le dictateur libyen. Et aujourd’hui, chacun rejette la faute sur l’autre.

Environ 250 personnes, dont des enfants, ont été portées disparues après le naufrage d’un bateau transportant des réfugiés rohingyas et des ressortissants bangladais au large du Bangladesh alors qu’ils voulaient rejoindre la Malaisie. Depuis des années, les Rohingyas – une minorité musulmane – sont opprimés par le régime bouddhiste de Birmanie, privés de leurs droits, voire massacrés. Le bilan de ce nettoyage ethnique, toujours en cours, a, selon les agences de l’ONU, fait au moins 25 000 morts alors qu’on estime à 18 000 le nombre de femmes qui ont été violées. Ils tentent de fuir vers le Bangladesh, où ils sont parqués dans les camps insalubres de la ville frontalière de Cox’s Bazar. Certains reprennent alors la mer à la recherche d’un autre pays d’accueil. Le plus souvent en vain…

Le gouvernement a décidé de renvoyer à plus tard le projet de loi visant à permettre à certains artisans dits « de proximité » (boulangers, fleuristes, etc.) d’ouvrir le 1er mai en faisant travailler leurs salariés sur la base du volontariat et les payant double. Tous les syndicats étaient vent debout contre la mesure et la gauche avait menacé de censurer le gouvernement. Mais ce n’est que partie remise. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a en effet promis de réexaminer la question avant mai 2027. D’ici là tout est possible…

Après la reculade du gouvernement sur le 1er mai, le patron du parti présidentiel Renaissance, Gabriel Attal, fort marri que le texte qu’il portait ait été reporté, a appelé le Premier ministre à « donner instruction aux administrations et aux inspections concernées de ne pas sanctionner les artisans qui feront le choix d’ouvrir le 1er mai prochain ». Une manière de demander au gouvernement de ne pas respecter la loi en vigueur. Preuve que pour Attal, comme pour nombre de politiciens bourgeois, on peut s’asseoir allègrement sur la fameuse « légalité républicaine » si elle va à l’encontre de l’intérêt de certains patrons.

Au prétexte de désengorger les juridictions, qui font face à plus de 5 000 dossiers en retard, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a fait inscrire dans son projet de réforme de la justice criminelle, actuellement examiné par le Sénat, une nouvelle procédure dite du « plaider-coupable ». Elle s’appliquera principalement aux affaires de viol et permettra aux accusés, sur reconnaissance de culpabilité, de négocier directement leurs peines avec le juge. Ce dernier pourra, toujours au nom de l’efficacité, décider de réduire le nombre de témoins entendus. Cette procédure expéditive, si elle est adoptée, privera les victimes, leurs familles et la défense de la possibilité de pouvoir s’expliquer en audience publique. Pour Darmanin, il ne s’agit nullement d’améliorer le fonctionnement et la qualité de la justice mais de faire du chiffre. Pour dénoncer ce projet, des milliers d’avocats ont manifesté dans tout le pays et certains ont entrepris une grève du zèle.

Décision inédite du tribunal de Paris. Il a condamné à six ans de prison avec incarcération immédiate l’ancien président du cimentier Lafarge, Bruno Lafont, reconnu coupable, avec d’autres, d’avoir financé des groupes djihadistes en Syrie. En 2013-2014, alors que la guerre civile ravageait le pays et que la plupart des entreprises étrangères avaient plié bagages, Lafarge était resté sur place et, pour poursuivre ses activités en toute tranquillité, finançait des organisations islamistes. Des peines de prison ferme et des amendes conséquentes ont été prononcées à l’encontre de trois autres cadres de l’entreprise. Pour une fois l’argument classique mis en avant – « les affaires sont les affaires » – n’a pas convaincu les juges. Il faut dire que les prévenus avaient poussé le bouchon un peu loin.

Sur plainte de l’Union fédérale des consommateurs-Que Choisir, l’opérateur de télécommunications SFR a été condamné à une amende de dix millions d’euros, dont cinq millions avec sursis, par le tribunal correctionnel de Paris, pour des publicités trompeuses de sa marque « Red by SFR ». L’association de consommateurs, qui avait saisi la justice en 2021, a salué « un signal fort en faveur de la transparence des pratiques commerciales ». Possible. Sauf que les pratiques commerciales, chez les opérateurs de télécom comme ailleurs, sont loin d’être transparentes. Et pour une épinglée, deux ou trois autres passent sous les radars.

Paris Match vient de faire sa Une sur la liaison entre Bardella et Maria Carolina de Bourbon des deux Siciles. Cette princesse d’un État qui n’existe plus depuis 1861 est à la tête d’une fortune évaluée à 500 millions d’euros, dont la plus grande partie serait placée sur des comptes off shore. Bien entendu, il s’agit d’une opération de communication destinée à la fois à rendre Bardella sympathique à ceux qui s’intéressent aux têtes couronnées et à en faire une personnalité plus respectable que les voyous néo-nazis qui gravitent autour du RN et à l’intérieur de ce parti d’extrême droite. On avait déjà constaté que les notables du RN commençaient par se servir dès qu’ils avaient le moindre pouvoir, comme le maire de Montargis qui s’est octroyé une augmentation de 80 % sitôt élu. On voit maintenant leur soif de rejoindre les rangs de l’aristocratie. C’est évidemment bien triste que des travailleurs et des chômeurs votent pour des personnages de cet acabit, qui n’ont jamais travaillé de leur vie et les méprisent profondément. Mais peut-être cette communication tapageuse aura-t-elle un effet inverse : provoquer le rejet de ces parasites par les classes populaires. La révolution de 1789 n’est pas si lointaine.

Toujours aussi modeste, le clown orange de la Maison-Blanche a fait circuler sur les réseaux sociaux une image produite par l’IA le représentant en Jésus guérissant un malade sur fond d’avions de guerre. Ce qui a déclenché la colère de nombreux catholiques américains, y compris parmi ses plus fidèles partisans, qui considèrent cette instrumentalisation de la figure du Christ comme un blasphème. Par exemple, Paula White, évangéliste d’extrême droite et proche conseillère de Trump depuis quinze ans, s’est dite scandalisée. Au point que Trump s’est senti obligé de supprimer son fake. Après sa critique du pape qu’il n’estime pas assez à sa botte, ça faisait beaucoup… On constate ainsi que ces culs bénis sont beaucoup plus choqués par une image que par le massacre de 170 écolières iraniennes par l’aviation des États-Unis. Ça en dit assez long sur l’hypocrisie de ces politiciens qui se revendiquent à tout bout champ de la religion pour justifier les guerres et les pires crimes qu’elles provoquent.