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Brèves

L’actualité en bref

Saadia Mosbah, 66 ans, dirige l’association M’nemty (Mon rêve), qui milite pour les droits des migrants subsahariens et contre le racisme dans le pays. Elle a été condamnée à huit ans de prison et à une amende de 30 000 euros sous des prétextes complètement bidon de blanchiment d’argent et d’enrichissement illicite. C’est la dernière en date des victimes du président Kaïs Saïed qui depuis la dissolution du parlement en 2021 poursuit ses opposants politiques mais aussi les organisations de la société civile qui militent pour le respect des droits humains. En outre il a développé toute une propagande raciste et démagogique contre les migrants. Et ceux et celles qui s’opposent à lui finissent en prison.

En vue des Jeux olympiques de 2028, qui se tiendront à Los Angeles, en Californie, et malgré les avis scientifiques, le Comité international olympique (CIO) a rétabli les tests génétiques censés établir la « féminité » de certaines athlètes. Un bond en arrière de près de 30 ans visant à bannir les athlètes transgenres. Cette décision, qui aura des répercussions sur les droits fondamentaux de toutes les sportives, a été prise sous la pression directe de Donald Trump qui avait déjà adopté une mesure similaire contre les sportives des États-Unis. Une discrimination d’autant moins justifiée qu’il n’existe pas « de données scientifiques de qualité acceptable concernant un éventuel avantage de performance sportive » chez ces athlètes, rappelait début mars le British Journal of Sports Medicine fustigeant un « anachronisme néfaste », déjà en vigueur dans plusieurs fédérations internationales. Ce qui n’a pas empêché le CIO de se coucher devant la Maison-Blanche.

Alors que Trump cherche à entraîner ses alliés asiatiques dans sa guerre contre l’Iran, à Tokyo, plus de 20 000 personnes se sont rassemblées devant le Parlement pour crier leur opposition à la guerre. Dans un pays toujours traumatisé par les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki l’opposition au militarisme a toujours été très vigoureuse et les mouvements pacifistes très actifs. Mais depuis l’attaque d’Israël et des États-Unis contre l’Iran, la mobilisation anti-guerre s’est intensifiée. À noter que le gouvernement avait déclaré la manifestation illégale.

La quantité de chaleur accumulée par la Terre a atteint un niveau record en 2025, avec des conséquences à craindre pour des centaines, voire des milliers d’années, vient d’alerter l’Organisation météorologique mondiale, une agence de l’ONU. Pour la première fois, ce rapport intègre parmi les indicateurs climatiques clés le déséquilibre énergétique de la Terre, qui rend compte de la vitesse à laquelle l’énergie entre et sort du système de la planète. Dans un climat stable, la quantité d’énergie solaire entrante est à peu près égale à la quantité d’énergie sortante. Mais cet équilibre est rompu par l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre (CO2, méthane et protoxyde d’azote) qui entraînent un réchauffement continu de l’atmosphère et de l’océan ainsi que la fonte des glaces. « Le rapport publié aujourd’hui devrait être accompagné d’une mise en garde : le chaos climatique s’accélère et toute tergiversation sera fatale », a insisté de son côté Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU. Fort juste. Mais tous les rapports scientifiques sur le réchauffement climatique – et ils sont légion – n’ont jamais empêché les capitalistes de continuer à polluer de plus belle au nom de la libre entreprise. Et pour sauver la planète ce sont eux qu’il faudra renverser.

Selon un rapport de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan) les dépenses militaires des 32 pays membres sont en hausse de 20 % en un an. Toutes dépassent désormais le seuil de 2 % du PIB fixé en 2014 pour 2024. Depuis, cette « Sainte-Alliance » militaire des pays capitalistes occidentaux a relevé son ambition à 3,5 % d’ici 2035, objectif fixé l’an dernier. Des sommes colossales qui sont dépensées aux dépens des besoins essentiels des populations et qui, via les guerres, mènent l’humanité droit dans le mur.

Le Parlement européen a validé, jeudi 26 mars, un net durcissement de la politique migratoire du continent et approuvé le concept de « hubs de retour », des centres pour envoyer des migrants en dehors de l’Union européenne. Ces mesures étaient réclamées par une majorité d’États membres. Ce texte autorisera les États à ouvrir des centres pour migrants dans des pays en dehors de l’UE, pour y envoyer, et possiblement d’y détenir, des personnes dont la demande d’asile a été rejetée, en bafouant leurs droits élémentaires. Les députés de droite et d’extrême droite ont bien sûr salué le vote par un tonnerre d’applaudissements dans l’hémicycle. Un vote qui constitue « un recul historique des droits des réfugiés », a alerté Marta Welander, de l’ONG humanitaire International Rescue Committee, s’inquiétant de la multiplication des « détentions de personnes vulnérables, y compris d’enfants ». La chasse aux migrants continue.

Bernard Arnault, le milliardaire et patron du groupe de luxe LVMH, vient de s’offrir un imposant navire de plaisance. Ce méga-yacht, de 143 mètres de long, d’un coût estimé à 550 millions d’euros et construit par le chantier naval néerlandais Feadship à Royal Van Lent, a été acquis par l’intermédiaire d’une société immatriculée à… Malte. Ce qui permettra à Arnault, septième fortune mondiale avec un patrimoine estimé à 150 milliards d’euros, de n’acquitter aucun impôt sur ce bijou de luxe. En présentant son budget 2026, Sébastien Lecornu avait promis de lutter contre la « sur-optimisation » fiscale des grandes fortunes. Une promesse qui ne trompe que ceux qui y croient.

Le 1er mars dernier, l’administration imposait une taxe de deux euros par catégorie d’article pour les achats réalisés sur les grandes plateformes chinoises comme Temu, Shein et Ali-Express. Elle ciblait les colis de faible valeur, inférieure à 150 euros, qui arrivaient massivement depuis l’Asie et échappaient jusqu’ici aux droits de douane. Mais lesdites plateformes avaient trouvé la parade en faisant transiter leurs produits par des pays frontaliers, comme la Belgique, où une telle taxe ne s’applique pas. Bercy a donc décidé de renforcer les contrôles sur l’ensemble du territoire en donnant des pouvoirs élargis aux douanes. Le tout en attendant une future législation de l’Union européenne qui devrait voir le jour à l’automne de cette année. Mais l’expérience a prouvé que les consommateurs sont toujours les premières victimes lorsque l’on érige des barrières douanières nationales pour défendre l’industrie « bien de chez nous ».

Selon une note du Département d’État, l’administration Trump envisage de suspendre son aide médicale aux personnes séropositives en Zambie si les autorités refusent un accord bilatéral sur ses minerais stratégiques. En résumé, les autorités américaines menacent de cesser toute assistance aux personnes séropositives dans le pays si le pays n’accepte pas que les entreprises américaines mettent la main sur les minéraux stratégiques que renferme leur sous-sol. Le New York Times rappelle à ce propos qu’en Zambie quelque 1,3 million de personnes dépendent d’un traitement quotidien contre le VIH, fourni dans le cadre du plan présidentiel américain d’aide d’urgence à la lutte contre le sida, mis en place il y a plusieurs décennies, ainsi que de médicaments contre la tuberculose et le paludisme qui sauvent chaque année la vie de dizaines de milliers de personnes. Washington a déjà contraint d’autres pays africains (Rwanda, Ouganda, Lesotho, etc.) à signer de tels accords scélérats.