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Brèves

L’actualité en bref

Alors même que certains États américains les plus conservateurs, galvanisés par le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, durcissent l’accès aux pilules abortives, d’autres résistent. Comme celui de New York, qui a passé une loi protégeant les médecins qui prescrivent à distance et envoient ces médicaments à des patientes vivant dans des États où l’IVG est interdite. Le texte a été adopté quelques jours après l’inculpation d’une médecin new-yorkaise, Margaret Carpenter, accusée d’en avoir procuré à une mineure enceinte en Louisiane. Le procureur de cet État a inculpé la jeune fille, sa mère ainsi que la Dr Carpenter. De plus les médecins new-yorkais pourront prescrire ces médicaments au nom de leur cabinet médical plutôt que sous leur identité personnelle. L’objectif est de compliquer la tâche des enquêteurs et procureurs des États anti-IVG qui tentent de traquer et poursuivre ces professionnels de santé. Depuis l’annulation en 2022 du droit fédéral à l’avortement, 18 États pro-IVG ont adopté des lois protégeant leurs médecins des poursuites engagées ailleurs. Mais au-delà de ces mesures protectrices et bienvenues, la lutte pour le droit de toutes les femmes à l’IVG se poursuit.

L’Autorité de contrôle de l’audiovisuel, l’Arcom, s’est penchée sur le temps de parole accordée aux femmes lors de la présentation des épreuves des Jeux olympiques sur les chaînes de France Télés et d’Eurosport. Le résultat est édifiant. Les femmes présentatrices n’ont occupé en moyenne que 18 % du temps d’antenne contre 82 % aux hommes. Une proportion qui tombe à 8 % aux émissions diffusées aux heures de grande écoute et à 5 % pour les disciplines vedette des JO comme l’athlétisme. À la devise olympique « plus vite, plus haut, plus fort », il serait temps d’ajouter « plus féminin ».

La ministre de la culture, Rachida Dati, a annoncé que l’humoriste Merwane Benlazar ne serait plus invité dans les émissions télévisées du service public. En cause sa chronique sur le plateau de C à vous sur la Cinq où il est apparu barbu et coiffé d’un bonnet de laine. Ce qui lui a valu un flot de messages haineux sur les réseaux sociaux le traitant de « salafiste » et l’accusant d’être « partisan de la charia ». Les mêmes accusations avaient ensuite été reprises au Sénat, notamment par la sénatrice Nathalie Goulet qui l’accusait en outre de s’en prendre aux forces de l’ordre et aux femmes. Le tout sans la moindre preuve. La direction de France Télévisions avait tenu à souligner de son côté que la chronique de celui qui intervient également sur France Inter n’avait posé aucun problème. Ce qu’a été forcé de reconnaitre Dati en reprochant alors à Benlazar « des propos et des tweets antérieurs » qu’elle n’a pas explicités. En fait elle a cédé à la campagne raciste qui vise l’humoriste auquel ses détracteurs reprochent surtout d’être né en Seine-Saint-Denis dans une famille d’origine algérienne et de s’affirmer beur et fier de l’être.

Dans une interview accordée au quotidien Sud-Ouest, l’avocate paloise Selvinah Pather, spécialisée dans le droit des étrangers, déclare avoir porté plainte après sa mise en cause par un magazine d’extrême droite, Frontières. Ce torchon zemmourien « identitaire » a publié un numéro spécial sur le thème « Invasion migratoire. Enquête exclusive sur les coupables de l’immigration clandestine : avocats, militants, préfectures cédant aux associations pro-migrants et journalistes de gauche complices ». Il a établi une liste d’auxiliaires de justice spécialisés dans la défense de personnes en situation irrégulière, précisant leur nom, prénom et lieu d’exercice de leur profession, allant jusqu’à poster leur photo sur les réseaux sociaux. Outre maître Pather, deux autres avocats ont également porté plainte. Dans son interview l’avocate constate également que « dans l’exercice quotidien du droit des étrangers, on assiste à une déconsidération de plus en plus forte. On est confrontés à davantage d’interlocuteurs, à toute étape d’une procédure, qui se permettent de tenir des propos déplacés, voire carrément irrespectueux. » Bref, défendre les migrants est devenu suspect, voire dévalorisant, aux yeux d’une bonne partie de l’administration gangrenée par le racisme.

La cour administrative d’appel de Bordeaux a ordonné à la ville basque de Biarritz de débaptiser le quartier et la rue qui portent le nom « La Négresse ». Ce sobriquet était raciste et sexiste, selon l’association bordelaise Mémoires et Partages, qui se battait depuis des années en faveur du changement de nom contre la municipalité, dirigée aujourd’hui par la maire de droite Maider Arostéguy, qui, elle, évoquait « la tradition » et « l’histoire ». La cour a donné trois mois au conseil municipal pour faire disparaitre un nom dégradant « de nature à porter atteinte à la dignité de la personne humaine » qui peut être perçu par la population, « qu’elle soit résidente ou de passage, comme comportant un caractère offensant à l’égard des personnes d’origine africaine ». Il a fallu plusieurs années de lutte en justice pour en arriver là, preuve que la mentalité raciste est bien ancrée dans la tête de certains élus locaux.

Les médecins hospitaliers au Burundi touchent des salaires mensuels d’environ l’équivalent de 165 euros, les plus faibles de cette région d’Afrique. Pour arrondir leurs fins de mois, beaucoup travaillent dans des cliniques ou hôpitaux privés. Ils ont démissionné en masse de ces structures au courant du mois de janvier à l’appel du syndicat des médecins généralistes et réclament des augmentations de salaire de l’ordre de 390 euros. Depuis cette mobilisation, qui attaque directement des figures du parti au pouvoir qui contrôlent ces établissements, cinq médecins ont été arrêtés par les services de renseignement et d’autres seraient menacés. Ils sont accusés « d’atteinte à la sureté intérieure de l’État ». Cette répression n’est pas anodine, et serait commandée par des patrons qui n’ont pas envie de lâcher un centime. Alors que le pays traverse une épidémie de variole du singe, l’État se range du côté des patrons en réprimant, au mépris de la santé des Burundais.

Le militant libanais Georges Abdallah, défenseur infatigable de la cause palestinienne, est emprisonné depuis 40 ans, ce qui fait de lui le plus vieux prisonnier politique d’Europe. Il avait été condamné en 1987 à la prison à perpétuité pour complicité dans l’assassinat en 1982 en France d’un agent du Mossad israélien et d’un autre de la CIA américaine, crimes qu’il a toujours niés. Neuf demandes de libération conditionnelle ont été déposées par ses avocats depuis le début des années 2000, la dernière en 2015. Sans succès. Le 15 novembre dernier, la justice française a demandé sa libération mais le parquet, aux ordres du gouvernement, a fait appel. Une fois de plus. Il s’agit d’un véritable acharnement judiciaire dans la mesure où, selon la législation, il est libérable depuis 1999. Plus que jamais il faut demander sa libération.

À Paris la manifestation partira samedi 8 février à 14 heures de la place de la République.

Les déclarations tonitruantes de Donald Trump de prendre « le contrôle » de la bande de Gaza, d’en expulser la population palestinienne puis de la reconstruire pour en faire une « Côte d’Azur au Moyen-Orient » ont soulevé une vague de protestations et d’indignation (plus ou moins sincère chez certains) dans le monde entier. Le Quai d’Orsay a indiqué dans un communiqué qu’une telle action des États-Unis « constituerait une violation grave du droit international ». Ce qui est tout à fait exact. Sauf qu’il y a quelques semaines, le même Quai d’Orsay indiquait que Netanyahou et ses complices pourraient venir sans problème à Paris sans être inquiétés, Macron ayant décidé de ne pas appliquer les mandats d’arrêt lancés par la Cour pénale internationale contre certains d’entre eux pour des soupçons de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Cela constitue aussi « une violation grave du droit international ». Qui ne semble pas empêcher de dormir le locataire de l’Élysée.

TotalEnergies a annoncé un repli de 26 % de son bénéfice net en 2024. Son PDG, Patrick Pouyanné, a déclaré que, pour redresser la barre, le groupe investirait moins dans les « énergies bas carbone ». Et il est probable qu’il utilisera aussi ce mauvais chiffre pour s’opposer à toute augmentation de salaire. Mais, dans le même temps, il a fait savoir que les dividendes versés aux actionnaires avaient augmenté de 7,6 % et qu’il maintiendrait le rythme des rachats d’actions à 2 milliards d’euros par trimestre. De quoi rassurer les possédants. C’est presque un cas d’école. Les profits baissent et les premiers à trinquer sont l’environnement et les salariés. Mais pour les actionnaires tout baigne.