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Brèves

L’actualité en bref

Radio Begum, une station emblématique dédiée aux femmes afghanes, a été suspendue par le ministère de l’Information et de la Culture des talibans. Cette décision fait suite à une perquisition effectuée début février au siège de la radio où des agents de la direction générale du renseignement ont arrêté deux employées et saisi des équipements tels que des ordinateurs et des téléphones portables. Cette répression s’inscrit dans un contexte plus large de censure et de répression des médias en Afghanistan, où au moins douze médias ont été fermés en 2024, et où les droits des femmes continuent d’être bafoués. Reporters sans frontières a exprimé son indignation face à cette situation, appelant à la libération immédiate des employées arrêtées et à la réouverture de la radio.

L’accord de cessez-le-feu entre le Liban et Israël, signé le 27 novembre dernier, prévoyait le départ des forces israéliennes du territoire libanais au plus tard 26 janvier. Puis, à la demande de l’État sioniste, cette date avait repoussé au 18 février. Et finalement le gouvernement Netanyahou a fait savoir qu’au-delà de cette date, son armée conserverait « provisoirement » cinq sites stratégiques dans le pays, en violation de l’accord conclu. Ce n’est pas la première fois, ni la dernière, qu’Israël agit ainsi. Pour l’État sioniste (comme pour beaucoup d’autres d’ailleurs), comme le disait Bismarck, « la force prime le droit ».

On a dénombré l’an dernier plus de 433 000 cancers dans le pays, en augmentation sur les années précédentes. En cause notamment une évolution défavorable du mode de vie (hausse du surpoids et de l’obésité, consommation d’alcool et de tabac), le vieillissement de la population, et l’impact des facteurs environnementaux, et plus particulièrement la pollution atmosphérique. Un pourcentage important de ces cancers est lié à la pratique d’une activité professionnelle. Selon l’Assurance-maladie de 16 % à 24 % des cancers (entre 69 600 et 102 100) découlent chaque année des conditions liées aux pratiques et conditions de travail, dans les usines, les champs, les bureaux, etc. Mais selon le Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle et environnementale (Giscop), une structure engagée dans la recherche et la sensibilisation sur les cancers liés au travail et à l’environnement, ces chiffres sont très largement sous-estimés. On peut estimer qu’en fait un tiers des cancers sont d’origine professionnelle et pourraient être évités si les précautions adéquates pour protéger les travailleurs étaient respectées. Mais en taillant à la hache dans le nombre d’inspecteurs du travail et en assouplissant sans cesse la législation anti-pollution et la sécurité, la classe dirigeante fait exactement le contraire.

C’est le 20 février, que la cour d’appel de Paris doit se prononcer sur la demande de libération du militant révolutionnaire libanais, Georges Ibrahim Abdallah, emprisonné en France depuis maintenant plus de quarante ans. Bien qu’il soit libérable depuis 2009, les autorités françaises se sont toujours opposées à son élargissement. Pour soutenir cette demande de libération, plusieurs manifestations de soutien sont prévues aujourd’hui dans plusieurs villes du pays, notamment à Paris, à 18 h 30 place de la République, et à Toulouse à 18 h 30 au métro Jeanne d’Arc. Venez nombreux et nombreuses !

Robert Ménard, le maire d’extrême droite de la ville, a été convoqué par le procureur de Montpellier pour avoir, en juillet 2023, refusé de célébrer le mariage entre une Française et un Algérien en situation irrégulière. Ce qui est contraire à la loi. Il encourt cinq ans de prison, une amende de 75 000 euros et une peine d’inéligibilité. Mais peu probable qu’il soit lourdement condamné. Il a en effet reçu le soutien des ministres de l’Intérieur et de la Justice, Retailleau et Darmanin, qui affirment que la loi est « mal faite » et que Ménard ne pouvait pas l’appliquer. D’ailleurs, le Sénat va examiner ces jours-ci un projet de loi qui a le soutien de la droite et de l’extrême droite et qui vise à retirer le droit au mariage à un étranger en situation irrégulière. Une nouvelle attaque contre les droits des étrangers. Une de plus…

Alors que nombre de travailleurs sont privés d’accès à la culture, le gouvernement met fin au pass Culture et coupe dans les budgets de l’art. À Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, Marseille, Toulouse, Clermont-Ferrand, des rassemblements dénoncent ces coupes et réclament des protections sociales ainsi que l’abrogation de la réforme du RSA, dont survivent nombre d’artistes. Le fric dont l’État prive la culture, comme l’éducation ou la santé, lui sert à arroser l’armée et le grand patronat licencieur. Pour le contrer, il faudra lier tout le monde du travail !

Suite à l’arrivée de Trump au pouvoir, Google a expurgé son calendrier de tout ce qui a trait aux droits des femmes, des LGBT et des Noirs, comme février qui ne sera plus le « mois de l’histoire des Noirs ». Selon son porte-parole, maintenir une telle liste à jour leur demandait « trop d’efforts »… Pour Google Maps, les personnes vivant aux États-Unis qui chercheraient le golfe du Mexique devront plutôt chercher le « golfe de l’Amérique ». Les géants du numérique se rangent derrière l’impérialisme sans filtre de Trump.

Pendant ces vacances d’hiver, les enfants des centres aérés de Saint-Raphaël (Var) démarrent la journée par une « cérémonie patriotique » instaurée par la mairie de droite : deux enfants hissent le drapeau tricolore pendant que les autres se tiennent au garde-à-vous et chantent la Marseillaise. Aujourd’hui la levée du drapeau, demain les chants militaires et les ateliers de fabrication de cocardes ? Rien ne vaut un bon lavage de cerveau pour bourrer d’idioties nationalistes le crâne des enfants.

Dans une tribune publiée dans Le Monde, une centaine d’étudiants en médecine, internes, hospitaliers ou professeurs s’engagent à « briser l’omerta » et à « réagir » face à une « culture sexiste, machiste et patriarcale », qui imprègne l’ensemble du milieu médical. Ils dénoncent notamment les fresques obscènes ornant les salles de garde des internes des hôpitaux « où figurent parfois des scènes de viols », aux « blagues ou remarques sexistes intimidantes et dégradantes vis-à-vis des collègues ou soignantes femmes ». Ce sexisme sévit aussi bien dans les amphithéâtres de l’université de médecine que dans les blocs opératoires ou les autres services hospitaliers. Selon une enquête menée en novembre dernier par le conseil national de l’Ordre des médecins auprès de plus de 21 000 soignants, une femme médecin interrogée sur deux (49 %) déclarait avoir elle-même été victime de violence sexiste ou sexuelle de la part d’un confrère et 65 % des médecins interrogés lors de cette enquête déclaraient avoir eu connaissance de violences de ce type. Les signataires rappellent aussi que « cette atmosphère sexiste et violente » est aussi délétère pour les patientes prises en charge à l’hôpital, « en particulier pour les femmes victimes de violences sexistes et sexuelles ». Une évidence qu’il est plus que jamais nécessaire de rappeler.