Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires occupés palestiniens a dévoilé un nouveau rapport consacré aux tortures commises par l’État sioniste à l’égard des Palestiniens. Elle y documente les rouages d’une « vengeance collective » dont sont victimes plus de 18 500 détenus. Son texte dénonce notamment les tortures, viols, mauvais traitements, sous-alimentation, etc. que subissent les prisonniers. Il estime que les Palestiniens sont « dépouillés de tout ce qui ressemble à des êtres humains ». Et si l’usage systématique de la torture à leur encontre existe depuis très longtemps, elle alerte sur son accélération depuis le 7 octobre 2023.

Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a qualifié de « gagnant-gagnant » l’accord qu’il vient de passer avec l’administration Trump. En échange de son renoncement à deux projets d’éoliennes en mer, il a récupéré sa mise initiale de près d’un milliard de dollars (895 millions d’euros) et s’est vu accorder des facilités pour investir dans le gaz et le pétrole aux États-Unis. On ne sait pas trop qui est gagnant dans l’histoire mais on est sûr des noms des perdants : la planète et le climat.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) explique dans un rapport que l’alimentation est la source principale d’exposition au cadmium, un métal potentiellement toxique. En 2025, près de la moitié de la population présentait des expositions au cadmium dépassant les valeurs sanitaires de référence, selon l’Anses, qui relève aussi « une imprégnation au cadmium préoccupante à tout âge et dès le plus jeune âge ». Ce métal est notamment cancérigène, générateur de troubles de la reproduction et peut avoir des effets sur les os et les reins. Céréales du petit-déjeuner, pains, viennoiseries, pâtisseries, gâteaux et biscuits sucrés, pâtes, riz et blé, pommes de terre et certains légumes sont les aliments les plus contaminés. Pour réduire durablement l’imprégnation, l’Anses appelle donc à « agir avant tout à la source » de la contamination alimentaire : au niveau des engrais et fertilisants utlisés en agriculture, contenant souvent des engrais minéraux phosphatés, des effluents d’élevage et des boues de stations d’épuration. En résumé en repensant en grande partie le modèle agricole, un modèle qui fait passer le profit avant la santé. Et de ce point de vue il y a peu de chance que l’Anses soit entendue.

Yaël Braun-Pivet, la présidente de l’Assemblée nationale, dit aujourd’hui « regretter » qu’à son initiative un hommage ait été rendu dans l’Hémicycle au militant d’extrême droite Quentin Deranque, mort à Lyon au cours d’une bagarre. À la mi-février, elle avait demandé aux députés d’observer une minute de silence à sa mémoire. Mais, depuis lors, Mediapart a révélé quelques tweets du militant néo-fasciste qui affirmait notamment : « Moi, je soutiens Adolf, chacun son truc », « Mein Kampf est à faire lire à tous les lycéens ! » ou trouvait « très bien » que le Front national (ancêtre du RN) ait été fondé par d’anciens Waffen SS. Par contre, Braun-Pivet n’exprime aucun regret pour avoir participé à la campagne haineuse contre l’extrême gauche en général, et La France insoumise en particulier, suite à la mort de Deranque. Comme quoi elle fait passer ses intérêts politiciens avant tout. Ce qui ne peut étonner personne.

Mardi 24 mars, Epic Games, éditeur de jeu vidéo connu pour le phénomène mondial de 2017 Fortnite, a annoncé licencier plus de 1000 de ses employés. Après les 830 « remerciés » de 2023, l’entreprise est passée en moins de trois ans de 5400 à 3500 salariés. Alors qu’elle annonce dans le même temps une augmentation des prix des services inclus dans ses jeux, l’entreprise justifie cette baisse d’effectif et une nouvelle politique interne d’austérité par un désengagement des joueurs envers ses produits, Fortnite notamment. Un prétendu désengagement qui génère tout de même 6 milliards de dollars de profit annuel pour l’éditeur ! Hypnotisés par les profits record du temps du confinement, les actionnaires sont prêts à tout pour les atteindre de nouveau, quitte à sacrifier celles et ceux qui fabriquent les jeux qui ont fait leur fortune.

Le gouvernement a dit s’engager à plus de « souplesse » concernant la trésorerie des entreprises de transport, de l’agriculture et de la pêche à cause du prix du carburant. Il ne faudrait surtout pas que les patrons soient embêtés par la hausse du prix de l’énergie ou que leurs profits soient moins faramineux que l’année dernière. Quant à nous, le gouvernement a affirmé ne pas vouloir diminuer les taxes sur le carburant ni bloquer les prix à la pompe… On ne sait pas encore à quelle sauce on va être cuisiné, mais il y aura bien cuisine et on nous prendra pour des dindons !

Lionel Jospin, ancien Premier ministre de Chirac de 1997 à 2002, est mort lundi 23 mars à l’âge de 88 ans. Les politiciens ne se sont pas fait attendre pour saluer unanimement celui qui « incarnait une grande idée de la République » (Macron), « un inspirateur » (Faure) ou encore « un modèle d’exigence et de travail » (Mélenchon), l’un des leurs. Le gouvernement Jospin c’est surtout le gouvernement qui a le plus privatisé (Air France, France Télécom, Crédit lyonnais…) et sa « mesure phare » des 35 heures a surtout fait passer une aggravation de la flexibilité du travail pour s’adapter aux besoins du patronat, une augmentation des cadences avec perte de salaire et la sortie les temps de pause ou d’habillage du temps de travail. La « vraie gauche qui s’assume »… contre les travailleurs.

Cette semaine Donald Trump, cherchant à dégonfler quelque peu l’emballement sur le prix de l’essence par des déclarations rassurantes, affirmait qu’il allait reporter de nouvelles frappes sur l’Iran, notamment sur ses installations électriques, en vue d’éventuelles négociations. Les yoyos de la bourse sont, semble-t-il, très sensibles aux déclarations obscures et fluctuantes de la pythie de la Maison-Blanche. En quelques minutes avant ces révélations des milliers de contrats pétroliers ont été passés en bourse, laissant soupçonner la spéculation d’initiés, informés par avance du discours de Trump, lâchant au prix fort des stocks avant la baisse du prix. Le rythme des bombardements guidant le rythme des affaires.

Mais pour la population iranienne près d’un mois de bombardements prétendus ciblés ont détruit plus de 81 000 sites civils selon les estimations du Croissant-Rouge iranien. Le nombre de morts est inconnu : autour de 2 000 selon une ONG américaine et un millier de militaires, mais peut-être bien plus quand on voit à la télé les images de quartiers de Téhéran détruits. Et la trêve annoncée par Trump pour cinq jours ressemble bien plus à une trêve sur le marché pétrolier qu’à une trêve dans la guerre.

Que Choisir révèle que la Croix-Rouge a vendu ses biens immobiliers à Cofinimmo, une société contrôlée par la banque UBS et le fonds de pension Black Rock. Les établissements de la Croix-Rouge sont locataires des murs qu’ils possédaient auparavant, avec des loyers qui représentent des centaines de milliers d’euros et mettent certains centres en déficit. Ce qui légitime des logiques de rentabilité, avec une dégradation des soins et des licenciements à la clé. À la fin du bail, les bâtiments pourraient être vendus pour y faire des logements, un hôtel ou toute autre activité jugée plus rentable. L’organisation humanitaire est transformée en pompe à profits… et ce sont les soignants et les patients qui paient la note.