Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Pour préparer 2027, le Rassemblement national ne se contente pas d’étaler sa démagogie raciste dans les médias. Il mène aussi campagne, discrètement, auprès des capitalistes. Le 7 avril, Marine Le Pen déjeunait dans un restaurant huppé avec 15 d’entre eux, dont les PDG de Total, Engie et Accor, Bernard Arnault et un fils Bolloré. C’est le coup de foudre : Bardella se réjouit que les patrons « se rendent compte que nos constats et nos solutions leur sont favorables » et ceux-ci constatent que les élus RN sont « ceux qui ont le plus envie de plaire au monde patronal ». Le fusible Macron est discrédité ? Bardella postule pour poursuivre le sale boulot contre les travailleurs.

Alors que les prix à la pompe restent à un niveau record, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a pris la parole pour avancer des pistes pour mieux « électrifier » la France. Et de disserter sur les voitures électriques, les pompes à chaleur, l’interdiction des chaudières au gaz dans les immeubles collectifs, etc. Bref tout sera mieux en 2030, 2040 ou après. Mais en attendant les automobilistes et bientôt les abonnés au gaz, continueront de passer à la caisse. Quant à la possibilité de faire baisser les prix en baissant la TVA ou en s’attaquant aux superprofits des compagnies pétrolières, il n’en est toujours pas question.

Plus d’une dizaine de salariés, neuf coiffeuses ou esthéticiennes et quatre barbiers, majoritairement sans papiers, dénoncent leur employeur en occupant depuis le 3 mars l’Institut Sabadou & Jade, situé 65 boulevard de Strasbourg, dans le 10e arrondissement parisien. Ils soulignent des conditions de travail indignes et la surexploitation Le patron a réclamé aux neuf salariés en situation irrégulière 250 euros par mois en échange de fiches de paie et a cessé de les payer depuis plusieurs mois. Les grévistes sont appuyés dans leurs démarches par la CGT qui a lancé une caisse de grève en ligne et sur place. Le syndicat a aussi organisé un rassemblement devant le salon le 9 avril pour les soutenir et plus largement dénoncer les conditions des travailleurs sans papiers. L’inspection du travail, la police et l’Urssaf ont ouvert une enquête pour travail dissimulé. La CGT espère faire condamner le patron voyou au pénal pour « traite des êtres humains ».

L’an dernier les organisateurs du festival Rock en Seine s’étaient vu sucrer des subventions de la région Île-de-France et de la ville de Saint-Cloud pour avoir maintenu sur scène la présence du groupe nord-irlandais Kneecap, accusé d’apologie du terrorisme pour son soutien au peuple palestinien. Son rappeur, Mo Chara, avait non seulement dénoncé sur scène les crimes de Netanyahou, mais aussi le soutien apporté par des entreprises françaises à l’effort de guerre israélien. Cette année, le groupe irlandais n’est pas invité mais tant la mairie que la région, toutes deux contrôlées par la droite, ont confirmé leur refus de financement. Au nom de la liberté d’expression sans doute…

Reprenant une idée que Trump avait finalement abandonnée, les autorités indiennes préconisent l’utilisation de crocodiles et de serpents venimeux pour tenter d’empêcher les migrants de franchir la frontière longue de plus de 4 000 kilomètres qui sépare le pays du Bangladesh. Selon le quotidien The Hindu, proche du gouvernement d’extrême droite de Narendra Modi, la police des frontières a reçu pour instruction d’étudier le faisabilité d’un tel projet pour prévenir « les infiltrations » et les « activités criminelles » des migrants. Selon les pays, ces derniers sont enfermés, expulsés, torturés, violés, assignés à résidence dans des pays tiers, voire promis à une mort possible en tentant de traverser les mers. Pour eux la terre est une planète sans visa.

La Grande-Bretagne a annoncé qu’elle suspendait les négociations en vue de la restitution de l’archipel des Chagos à l’île Maurice. Cet archipel, qui abrite l’importante base militaire de Diego Garcia utilisée par les Britanniques et les Américains, avait été arbitrairement détaché de l’île Maurice lors de son indépendance du Royaume-Uni en 1968. Il avait fallu attendre mai 2025 pour que Londres accepte de signer un accord de restitution après plusieurs années d’intenses négociation avant de faire volte-face sous la pression… des États-Unis. Pour le président américain, la base de Diego Garcia revêt un caractère militaire stratégique, car elle a joué un rôle majeur dans les deux guerres menées par les États-Unis en Irak (1990-1991, 2003-2011) et dans les bombardements américains en Afghanistan en 2001. Elle a aussi servi à lancer des attaques de bombardiers B-2 contre les rebelles houthis du Yémen, alliés de l’Iran contre Israël dans la guerre à Gaza. Il a suffi que Trump qualifie cet accord de « stupide » pour que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, rentre dans le rang. C’est qui le patron ?

Chamel Abdulkarim, travailleur dans un entrepôt de papiers, a posté une vidéo mardi dernier où il se filme allumant au briquet les stocks de papier toilette à son travail. On l’entend dire : « Si vous ne nous payez pas suffisamment pour vivre, au moins payez-nous assez pour ne pas faire ça. » Un cri de colère contre des conditions de vie qui ne font que se dégrader. Malheureusement, cet acte aura peu de conséquences sur le fonctionnement de cette société qu’il faudra renverser par des luttes collectives. Ce travailleur est passible de 20 ans de prison. Drôle de voir par contre comme les bourgeois font mine de se scandaliser de ce papier brûlé. Ces mêmes capitalistes qui mettent à feu et à sang le Moyen-Orient et qui soutiennent un génocide en Palestine. Alors, les larmes de crocodile pour du stock et un entrepôt, on s’en passe ! D’autant qu’ils n’ont plus de PQ pour les essuyer…

Au lendemain d’une grève dans l’Éducation nationale contre l’austérité budgétaire, ce sont les travailleurs et travailleuses de la culture qui ont fait entendre leur voix vendredi 10 avril devant les hôtels de la région Grand Est à Metz et Strasbourg, et devant la Maison de la région à Nancy. Cette date coïncide avec celle d’un conseil régional, qui met à l’ordre du jour la réduction de 10 % du budget de la culture, et de 60 % pour l’agence culturelle Grand Est (ACGE). Toujours plus de coupes budgétaires, qui impactent directement la vie des artistes, mais aussi des techniciens intermittents. Parmi les conséquences les plus concrètes, ces dernières coupes dans l’ACGE pourraient engendrer la suppression d’une dizaine de postes de salariés déjà lourdement précarisés. Si les suites à donner à cette journée restent floues, la date du 1er mai est dans la tête de l’ensemble des artistes, techniciens et administratifs mobilisés.

Le président du groupe Renaissance, Gabriel Attal, a déposé une motion de rejet sur son propre texte prévoyant d’autoriser le travail le 1er mai pour les salariés des commerces de proximité. Cette manœuvre a coupé court à tout débat parlementaire et le texte a été renvoyé en commission mixte paritaire Sénat-Assemblée nationale où la droite et l’extrême droite sont largement majoritaires. Une façon d’accélérer l’adoption d’un texte scélérat qu’il faudra combattre dans les entreprises et dans la rue.