Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

L’Union nationale des associations familiales fustige les frais exorbitants appliqués par les banques lors des saisies sur compte. Elle a répertorié en 2025, « plus de 20 millions d’actes de saisies sur compte de particuliers ». L’association estime que ces pratiques aggravent encore la précarité des personnes déjà en difficulté financière, en les enfonçant davantage dans une spirale d’exclusion bancaire. Ces saisies – pour factures d’hôpital ou de cantine non réglées, amendes ou loyers impayés – représentent plusieurs centaines de millions d’euros de rentrées pour les établissements bancaires. Si l’opération est renouvelée mois après mois, une dette non remboursée peut générer « des frais bancaires supérieurs au montant de la dette », constate l’association qui a englobé dans son étude 101 établissements bancaires. Et de noter également que rien que pour le recouvrement des amendes et des condamnations pécuniaires, « le nombre de saisies émises par l’administration a été multiplié par trois entre 2019 et 2025 ». Les banques profitent de tout, y compris de la précarité des plus pauvres.

Le 25 mars 2023 à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, une manifestation écologiste contre la construction d’une méga-bassine (retenue d’eau pour l’agriculture intensive) était violemment réprimée par les forces de l’ordre. Un manifestant, Serge Duteil Graziani, visé par le tir direct d’un gendarme, faillit y perdre la vie. Mais tant l’inspection générale de la gendarmerie nationale que la justice, saisies de l’affaire, s’étaient déclarées incapables d’identifier l’auteur du tir. Cependant, après une longue enquête, Libération et Mediapart affirment avoir repéré l’origine du tir en passant en revue 2 100 vidéos, entremêlant celles enregistrées par les gendarmes et celles des manifestants. Et les deux médias mettent en cause un gendarme, Arnaud F. Interrogé sur ces révélations à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a tenu à apporter son soutien « aux gendarmes et aux policiers ». C’est le contraire qui eut été étonnant. Violence policière partout, justice nulle part !

Encore une « réunion stratégique » à l’Élysée. Une des plus. Cette fois Macron a plastronné devant un parterre de chefs d’entreprises et d’organisations professionnelles du BTP, de l’industrie et de l’énergie. Thème abordé : appeler à « une mobilisation collective pour rendre le passage à l’électrique naturel et désirable » qui, parait-il, permettra au pays de devenir plus indépendant, plus compétitif, de créer davantage d’emplois et de bien être. C’est comme si c’était fait. Et, au passage, de vanter pêle-mêle les vertus des pompes à chaleur, des voitures électriques et de… l’énergie nucléaire. Tout en félicitant les présents d’être « l’équipe de France de l’électrification » avec au premier plan Stellantis, mais aussi l’opérateur de recharge Electra, Lidl France, Leclerc, Renault ou encore Enedis. Autant de patrons qui, sous prétexte d’aider à décarbonater l’économie, continueront à recevoir dans les années qui viennent des milliards d’euros de subventions de la part de l’État. Si l’abandon des énergies fossiles est une nécessité écologiste, changer d’énergie n’empêchera nullement la pollution, mais surtout l’exploitation, de continuer sous d’autres formes. Car c’est la société capitaliste qu’il faut renverser et pas seulement un modèle énergétique.

Les cadres de LFI reprochent systématiquement aux instituts de sondage de « sous-estimer » leurs candidats, en particulier lors de la présidentielle. C’est ainsi que chez eux l’Ifop a été rebaptisé « Iflop » ou « Opif ». Mais les choses viennent de changer. En effet, dans une enquête d’opinion de l’Institut Odoxa pour la chaîne Public Sénat, Jean-Luc Mélenchon gagne quatre points d’intentions de vote (à 16 %) et talonne désormais Édouard Philippe (17 %) pour la qualification au second tour. Il devance à gauche Raphaël Glucksmann (11 %) et Marine Tondelier (4 %). Il n’en fallait pas plus à la dirigeante LFI Clémence Guetté d’affirmer qu’il « se passait quelque chose » et que désormais « la gauche a son candidat, le peuple a son candidat ». Pas moins. Même optimisme chez son camarade Manuel Bompard qui parle d’une « puissante dynamique ». Quant à Paul Vannier il affirme : « Être à ce niveau à un an du scrutin confirme ce que bien d’autres signaux révèlent : nous pouvons gagner l’élection présidentielle. » Jusqu’à ce que le prochain sondage ne douche ce bel enthousiasme ?

Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, a été mise en examen pour « diffamation publique » pour avoir dénoncé la « répression patronale violente » chez le fabricant d’articles de cuisine Tefal, lors d’un débat qui s’est déroulé à la dernière fête de l’Humanité. Le débat portait essentiellement sur la lutte contre les polluants éternels (PFAS), dont les produits Tefal sont farcis, mais aussi contre les sanctions qui frappaient des militants et des dirigeants CGT de l’entreprise. Elle avait notamment déclaré : « J’étais à Tefal la semaine dernière avec mes camarades pour soutenir la CGT qui fait face à une répression patronale violente, puisque notre camarade Ouria Belaziz, coordonnatrice de la CGT Tefal, a été sanctionnée par la direction. » Cette dernière avait fait l’objet d’un avertissement, après une prise de parole sur la présence de PFAS dans les accessoires fabriqués par le groupe. A également été mis en examen comme co-auteur de la diffamation Fabien Gay, directeur de publication de l’Humanité et à ce titre responsable de la fête. Au cours des trois dernières années, la CGT a dénombré plus de 1 000 militants et cadres syndicaux inquiétés par des poursuites judiciaires ou disciplinaires, dont cinq dirigeants confédéraux.

Plusieurs associations environnementales, et six particuliers habitant dans des points d’accumulation de la pollution aux polluants éternels (PFAS), ont saisi la justice afin que l’État soit condamné à agir sur le sujet. Ces polluants, quasi indestructibles, sont massivement utilisées dans l’industrie (cosmétiques, poêles, emballages, vêtements), s’accumulent avec le temps dans l’air, le sol, les eaux des rivières, la nourriture et jusqu’au corps humain. Certains ont des effets délétères pour la santé. Les plaignants mentionnent dans leur plainte un rapport publié en octobre 2025 par le Haut-commissariat au plan sur les politiques publiques de santé environnementale, qui souligne que 24 % des adolescents présentent des concentrations en PFAS dans leur sérum sanguin dépassant les recommandations de l’Agence européenne de sécurité alimentaire, contre 18 % en Allemagne ou 1 % en Espagne. Le gouvernement avait mollement appuyé en février 2024 une loi adoptée à l’initiative d’un député écologiste visant à protéger la population des PFAS. Mais depuis lors, les décrets d’application n’ont toujours pas été publiés, notamment ceux obligeant les industriels à payer pour réparer les pollutions qu’ils occasionnent. Malgré cette action en justice, il y a peu de chances que les choses changent.

Interrogé sur France Inter, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a affirmé « ne pas comprendre » pourquoi plusieurs dizaines d’auteurs avaient quitté la maison d’édition Grasset après le limogeage de son PDG, Olivier Nora, par l’actionnaire principal, le milliardaire Vincent Bolloré. Le fait que ce dernier intervienne de façon intrusive dans l’empire médiatique qu’il contrôle ne lui pose aucun problème. On apprend au passage que ce dernier lui avait proposé un million d’euros pour quitter sa maison d’édition primitive Gallimard, et passer chez Grasset pour publier son nouveau livre qui paraîtra début juin. Questionné sur comment il se sentait chez Grasset, il a affirmé : « Je me sens super bien, franchement. » Pas étonnant de la part d’un écrivain habitué de longue date à collaborer à des publications d’extrême droite et qui, avant même son incarcération en Algérie, était encensé par les médias les plus réactionnaires.

7,1 °C, c’est l’écart entre la température en France aujourd’hui et la température moyenne à cette époque de l’année. Les conséquences sur nos vies sont déjà là : le gouvernement vient d’annoncer sept morts liées directement ou indirectement à la chaleur ce week-end. Ce même gouvernement qui organise des coupes dans les budgets de l’écologie au profit des budgets militaires et qui encourage Total à faire des profits faramineux sur le dépeçage des ressources de la planète et dernièrement sur la guerre au Moyen-Orient. Pour faire face à la chaleur, le ministre de l’Éducation encourage à boire de l’eau, ventiler, fermer les stores… des « consignes de bon sens » selon lui. Le vrai bon sens, c’est de s’organiser pour renverser le système capitaliste !

À l’appel des syndicats, les salariés de Samsung, le géant sud-coréen des semi-conducteurs, étaient appelés à cesser le travail pour une grève de 18 jours pour des augmentations de salaire d’au moins 7 %. Avant même de débuter, la grève avait ébranlé le pays. La présidence de la République avait exprimé « ses profonds regrets » après un premier échec des négociations entre les syndicats et la direction et le Premier ministre estimé qu’« un seul jour de débrayage à l’usine de semi-conducteur de Samsung Electronics coûterait jusqu’à 1 000 milliards de wons [environ 574 millions d’euros] de pertes directes ». Finalement, sans aucun arrêt de travail, la direction a accordé une augmentation de 6,2 % de la masse salariale et 12 % des bénéfices reversés sous forme de primes. Ce qui a entrainé de vives protestations… d’un groupe d’actionnaires qui a annoncé user « de tous les moyens légaux disponibles » pour « bloquer tout décaissement de fonds ». Mauvais perdants…