Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Bolloré, actionnaire principal de Vivendi, géant des médias, a décidé de découper le groupe en trois parties et faire ainsi une opération juteuse pour tous les actionnaires : près de 6 milliards d’euros vont échapper à l’impôt. Avec cette « scission partielle », les distributions d’actions sont en effet considérées comme des « remboursements d’apports » et non comme des profits imposables. Bolloré lui-même économisera 535 millions d’euros d’impôts. Pas étonnant que les caisses de l’État soient vides. Ce sera à nous de payer la facture…

De tortionnaire en Algérie, proche des nazis, à leader de l’extrême droite, Jean-Marie Le Pen aura toujours été notre ennemi. Malgré sa mort, ses idées nauséabondes persistent. La montée du FN a coïncidé avec les trahisons de la gauche au pouvoir. Les Le Pen, leurs amis et leurs héritiers cherchent à nous diviser en désignant les étrangers comme la source de nos problèmes. Les riches leur en sont reconnaissants.

La retraite par points, c’est le système de retraite que les macronistes rêvaient de mettre en place. Une grève massive à l’hiver 2019-2020 l’avait torpillé avant que le Covid ne l’enterre. Si elle avait existé lors du confinement, les pensions auraient baissé d’un tiers ou de la moitié, étant indexées sur les performances de l’économie ! C’est ce cadavre que le PS est en train d’exhumer au prétexte de négocier un moratoire sur la retraite à 64 ans… mais surtout son soutien au gouvernement ! « Fake news », s’écrie un de ses chefs, « nous ne sommes pas pour la retraite à points ». Non, ils sont juste « prêts à regarder avec les partenaires sociaux ». On connaît la chanson…

Au retour de son voyage à Mayotte fin décembre, Macron s’est arrêté en Éthiopie. Il y a été reçu par son « ami personnel » le Premier ministre Abiy Ahmed. En 2019, celui-ci passait pour un démocrate plein d’avenir. Depuis, il a déclenché une guerre civile qui a fait 600 000 morts et ravagé le pays – 20 millions d’Éthiopiens sont menacés par la famine. La plupart des dirigeants de la planète ont pris leurs distances avec lui. Pas Macron. Son « amitié » ne s’arrête pas à ça…

Depuis le premier janvier 2025, les tickets restaurant ne peuvent plus être utilisés que pour l’achat de nourriture prête à être consommée. Pour une bonne partie des cinq millions de salariés qui en bénéficient, il n’était pas tellement question de les utiliser au restaurant. Mais c’était une aide appréciée pour payer une partie des courses alimentaires : pâtes, riz, viande fraîche, œufs, huile… Voilà ces ingrédients désormais exclus, au contraire des « snacking » ou des « plats préparés », produits phares des industriels de la malbouffe. Un sale coup qui frappe de plein fouet des foyers populaires.

Le quotidien Libération du 10 janvier publie tout un dossier sur le Groupe Bernard Hayot (GBH), à la tête d’un véritable empire de la grande distribution avec de nombreux hypermarchés, dont Carrefour, 15 000 salariés dans 19 pays et territoires différents. Assigné devant le tribunal de commerce par des lanceurs d’alerte, le groupe vient de publier ses comptes. Avec au moins 4,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, ils sont largement sous-estimés, puisqu’ils ne prennent pas en compte les nombreuses filiales du groupe. Cette famille de békés (descendants des colons esclavagistes) profite de son monopole commercial et cache soigneusement les marges faramineuses qu’il réalise sur le dos des populations d’outre-mer. Une « pwofitasyon » scandaleuse, dénoncée depuis des mois par le mouvement contre la vie chère en Martinique.

Alors que Mayotte a été ravagée par le cyclone Chido il y a trois semaines, l’archipel a dû affronter une nouvelle tempête tropicale le week-end du 11 et 12 janvier, avec de très fortes pluies impliquant inondations et risques de glissements de terrain. La population est démunie et les nombreux habitants des bidonvilles ont été empêchés par la préfecture de se reconstruire des abris. L’État français ne gère son département le plus pauvre que par la répression, et profite des catastrophes naturelles pour amplifier ses attaques contre les plus vulnérables, sans papiers et sans droits. Mayotte est comorienne, mais la France divise pour mieux régner, et conserver un territoire stratégique dans le canal du Mozambique, sans aucun égard pour sa population.

La Ligue pour la protection des oiseaux est une association de protection de la nature qui emploie environ 700 personnes en France, dont 300 à LPO France. Depuis quelques années, la direction s’acharne contre un travailleur, Anatole, et sa section syndicale CGT. Anatole a contesté son second avertissement reçu dans le cadre de son mandat de représentant du personnel. Les prud’hommes lui ont donné raison : l’employeur ne peut pas reprocher l’insubordination dans le cadre d’un mandat CSE. Mais la direction s’obstine, et fait appel de la décision au tribunal de Poitiers. Elle entend protéger les animaux, mais pas les travailleurs qui doivent rester aux ordres. 50 collègues ont signé la pétition pour Anatole. La seule protection contre le canardage des militants syndicaux et de nos conditions de travail, c’est la solidarité et l’organisation !

Une étude, que vient de publier la revue scientifique Nature, indique qu’un quart (24 %) de la faune d’eau douce, notamment les crustacés, poissons et insectes, fait face à un « risque élevé d’extinction » en raison de « pressions considérables » comme la pollution, les barrages ou l’agriculture intensive. Les surfaces d’eaux douces, comprenant les rivières, les lacs ou les zones humides, abritent plus de 10 % des espèces connues, dont environ un tiers des vertébrés et la moitié des poissons, alors qu’elles représentent moins de 1 % de la surface de la Terre. L’exploitation capitaliste de la planète menace l’existence même d’espèces indispensables à la survie de milliards d’êtres humains.