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Brèves

L’actualité en bref

Le Collectif Palestine vaincra indique que 13 membres du Front marocain de soutien à la Palestine et de lutte contre la normalisation ont été condamnés par le tribunal de Salé à six mois de prison avec sursis et 2000 dirhams (190 euros) d’amende pour « participation à une manifestation non autorisée ». Ces condamnations font suite à un rassemblement devant un magasin Carrefour, le 25 novembre 2023, dans le cadre de la campagne internationale de boycott de la multinationale en raison de sa complicité avec le génocide en cours en Palestine, et notamment des colis-cadeaux qu’elle fait parvenir aux soldats israéliens engagés à Gaza. Déjà, début décembre, la justice marocaine avait condamné Ismaïl Lghazaoui, ingénieur agronome et membre actif de la section marocaine du mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) contre Israël, à un an de prison ferme et 5000 dirhams (475 euros) d’amende en raison de sa participation aux mobilisations contre la normalisation entre le régime marocain et l’État sioniste. Le Collectif Palestine vaincra « réaffirme son entière solidarité avec les militants marocains réprimés et appelle à les soutenir largement, notamment en développant la campagne internationale de boycott d’Israël et des entreprises complices comme Carrefour ».

Cinq journalistes sont morts après une frappe israélienne sur leur voiture qui portait pourtant bien visible l’inscription « Press » sur son toit. Fadi Hassouna, Ibrahim Al-Sheikh Ali, Muhammad Al-Lad’ah, Faisal Abu Al-Qumsan et Ayman Al-Jadi travaillaient pour la chaîne de télévision palestinienne, Al-Quds Today. Lors de l’attaque, ils se trouvaient dans leur véhicule devant l’hôpital Al-Awda, à Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza. Sitôt leurs décès connus, des journalistes palestiniens ont organisé une veillée à leur mémoire à l’hôpital Al-Ahli. Et, comme d’habitude, l’armée israélienne a affirmé qu’il s’agissait de « terroristes ». Le massacre continue.

À travers plusieurs enquêtes, Mediapart a fait le bilan des déboires judiciaires qu’ont connus, ou connaissent toujours, un certain nombre de ministres du nouveau gouvernement. Et ce n’est pas triste ! Quelques exemples. Le premier d’entre eux, François Bayrou, n’en a pas toujours pas fini avec l’affaire du financement frauduleux des attachés parlementaires de son parti, le Modem, avec l’argent du Parlement européen. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a lui été accusé de « viol » et d’« abus de faiblesse » par deux femmes auprès desquelles il serait ensuite intervenu pour faire classer ces affaires. Le parquet national financier a toujours dans le collimateur la ministre de la Culture, Rachida Dati, qu’il soupçonne d’avoir indûment perçu 900 000 euros de Renault-Nissan entre 2010 et 2012. Elle risque d’être poursuivie pour « recel d’abus de pouvoir et d’abus de confiance » et de « corruption et trafic d’influence passifs par personne investie d’un mandat électif public au sein d’une organisation internationale ». Enfin, le nouveau ministre des Outre-mer, Manuel Valls, a été condamné par la Cour des comptes espagnole pour avoir dépassé de 126 000 euros le plafond des dépenses autorisées et de ne pas avoir déclaré 200 000 euros reçus de la part du patronat local lorsqu’il s’était piteusement lancé en 2019 dans la conquête de la mairie de Barcelone. Le « devoir d’exemplarité », qui est, parait-il, un leitmotiv du maire de Pau, s’applique à tout le monde… sauf à lui-même et à ses ministres.

Lors de sa prise de poste de ministre des Outre-mer, Manuel Valls a confirmé une promesse de Macron, à savoir l’adoption en Conseil des ministres d’une « loi spéciale » pour faciliter la reconstruction de l’île dévastée par un ouragan. Mais le secrétaire général de la Fédération nationale des salariés de la construction, bois et ameublement CGT, Mathieu Dougoud, a mis en garde pour que cela ne se fasse pas aux détriments des droits des travailleurs. Dans une interview accordée à L’Humanité, il souligne d’abord qu’il n’existe « à Mayotte aucune convention collective spécifique au BTP, ouvriers, Etam et cadres alors qu’en France, près de 98 % des salariés sont aujourd’hui couverts par une convention collective. Voici un deux poids deux mesures tout à fait révoltant ». Selon lui, les entreprises locales de BTP veulent profiter de la situation pour « augmenter les journées de travail à 14 heures et baisser la durée des repos ». Ce serait notamment le cas de la principale d’entre elles, Colas Mayotte. Cela n’étonnera personne que le patronat, avec l’aide du gouvernement, tente de se servir de la reconstruction de l’île pour dégrader les conditions de travail des salariés. À eux de ne pas se laisser faire…

L’Agence de la transition écologique (Ademe), vient de publier une étude qui montre que la quasi-totalité des sols agricoles du pays, ainsi que l’eau, sont contaminés par les microplastiques. Ces déchets se retrouvent dans les prairies, les vignes, les vergers et des grandes cultures et proviennent des pratiques de paillage plastique et de l’usage, pour fertiliser les sols, de matières organiques elles-mêmes contaminées. Sans oublier les emballages, puisque les molécules les plus fréquemment retrouvées lors des analyses en sont des composants. Évidemment, la présence de ces microplastiques soulève des inquiétudes pour la santé humaine. Mais il y a peu de chances qu’ils disparaissent, une récente conférence internationale pour limiter la production et l’utilisation des plastiques s’étant traduite par un échec. La pollution continue donc…

À partir du 1er janvier, le versement du revenu de solidarité active (RSA) sera soumis à l’obligation d’effectuer quinze heures hebdomadaires d’activité sans qu’il soit précisé dans quelles conditions sera effectuée cette activité. Le non-respect du contrat d’engagement pourrait entraîner des sanctions, notamment la suppression partielle ou totale du RSA. Dans un avis, la Commission nationale consultative des droits de l’homme, une autorité administrative indépendante, dénonce cette obligation, considérant cela comme une atteinte aux droits humains. C’est pourquoi elle appelle à l’abrogation de cette réforme, soulignant les risques notamment pour le droit à des « moyens convenables d’existence ». Des moyens dont se moquent Macron et ses différents gouvernements prêts à tout pour pressurer les plus fragiles.

La métropole de Rennes a récemment annoncé un nouvel appel d’offres pour déterminer quel grand groupe exploitera le réseau de transports en commun de l’agglomération (Star) à partir du 1er janvier 2026. Évidemment, celui qui saura faire le plus d’économies sur le dos des salariés remportera le gros lot. Pourtant les travailleurs de la Star subissent déjà les méthodes brutales de la direction, qui augmente la cadence du travail à coup de menaces et de flicage, que ce soit dans les ateliers de maintenance, dans les bus où les conducteurs n’ont pas droit au retard ou encore dans les bureaux où certains reçoivent des mails des supérieurs pour être… allé aux toilettes !

Borne, Darmanin, Retailleau, Dati, Lecornu, Rebsamen et même, cerise sur le gâteau, Manuel Valls ! Voilà donc le « nouveau » gouvernement, qui, comme son prédécesseur, sera sous l’œil du Rassemblement national pour appliquer sa politique anti-ouvrière et anti-migrants. Pour que les travailleurs et travailleuses ne soient pas les dindons de la farce, il nous faudra engager un combat résolu contre le patronat et son gouvernement de revenants rompus au service des riches et des puissants.

Dans l’atmosphère de liesse qui a suivi la chute de la dictature, plusieurs manifestations ont eu lieu ces jours-ci sur la place des Omeyyades, dans la capitale, avec des slogans tels que : « Nous voulons la démocratie, pas un État religieux ». Une proportion importante de femmes y ont pris part. L’une d’elle, Saman Adouan, a expliqué : « Nous ne voulons pas de la charia comme inspiratrice des lois et que l’État soit confessionnel », avant d’ajouter : « Le droit des femmes n’est pas seulement vestimentaire, il est beaucoup plus profond. » Et si les groupes islamistes qui ont renversé Assad ont assuré qu’ils respecteraient les minorités ethniques et religieuses, ce qui pour l’instant n’engage pas à grand-chose, par contre ils n’ont rien dit concernant l’égalité hommes-femmes. Ces dernières ont toutes les raisons de se mobiliser pour que leurs droits ne soient pas oubliés.