Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

La Ligue pour la protection des oiseaux est une association de protection de la nature qui emploie environ 700 personnes en France, dont 300 à LPO France. Depuis quelques années, la direction s’acharne contre un travailleur, Anatole, et sa section syndicale CGT. Anatole a contesté son second avertissement reçu dans le cadre de son mandat de représentant du personnel. Les prud’hommes lui ont donné raison : l’employeur ne peut pas reprocher l’insubordination dans le cadre d’un mandat CSE. Mais la direction s’obstine, et fait appel de la décision au tribunal de Poitiers. Elle entend protéger les animaux, mais pas les travailleurs qui doivent rester aux ordres. 50 collègues ont signé la pétition pour Anatole. La seule protection contre le canardage des militants syndicaux et de nos conditions de travail, c’est la solidarité et l’organisation !

Une étude, que vient de publier la revue scientifique Nature, indique qu’un quart (24 %) de la faune d’eau douce, notamment les crustacés, poissons et insectes, fait face à un « risque élevé d’extinction » en raison de « pressions considérables » comme la pollution, les barrages ou l’agriculture intensive. Les surfaces d’eaux douces, comprenant les rivières, les lacs ou les zones humides, abritent plus de 10 % des espèces connues, dont environ un tiers des vertébrés et la moitié des poissons, alors qu’elles représentent moins de 1 % de la surface de la Terre. L’exploitation capitaliste de la planète menace l’existence même d’espèces indispensables à la survie de milliards d’êtres humains.

La popularité d’Emmanuel Macron ne cesse de baisser. Elle vient même de franchir un nouveau record. Selon un sondage YouGov pour Le Huffpost, réalisé entre les 7 et 10 janvier, seules 17 % des personnes interrogées jugeaient favorablement son action. Encore moins que lors du mouvement des Gilets jaunes, en décembre 2018, où ils étaient 18 % à approuver sa politique. Et la nouvelle équipe gouvernementale ne risque pas de rebooster la popularité de l’exécutif. Seulement 15 % des sondés jugent son action positive. Quant à François Bayrou, crédité de 18 % de jugements favorables, il est le Premier ministre le plus impopulaire d’Emmanuel Macron, à égalité avec Élisabeth Borne en mai 2023. En résumé, moins d’une personne sur cinq fait confiance au président et à son Premier ministre. Mais, les mauvais sondages ne les empêchent pas de mener leur politique en faveur des plus riches. Pour changer ça, il faudra une mobilisation de la classe ouvrière.

La préfecture a annoncé qu’à partir du 1er septembre, les contrats liant l’État au groupe scolaire musulman Al-Kindi, situé à Décimes-Charpieu, en périphérie de Lyon, et qui accueille plus de 600 élève du CP à la terminale, seront résiliés. Les autorités reprochent à l’établissement des atteintes à la laïcité, un positionnement pédagogique problématique et une proximité supposée « avec la pensée des frères musulmans ». Avant même que l’appel interjecté par les avocats d’Al-Kindi arrive en justice, Laurent Wauquiez (Les Républicains) a annoncé l’arrêt immédiat de la subvention versée par la région Auvergne-Rhône-Alpes et le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, s’est ouvertement réjoui de cette décision. Force est de constater que lorsque qu’un établissement d’enseignement catholique dérape vers l’intégrisme – comme cela a été le cas récemment pour le lycée-collège Stanislas à Paris – non seulement son contrat avec l’État n’est pas rompu, mais il continue de recevoir sans problème des subventions régionales. Comme aurait pu le dire La Fontaine : « Selon que vous serez catho ou musulman, les gens du rectorat vous rendront blanc ou noir. »

Le préfet, Jacques Witkowski, a menacé d’expulser les parents étrangers de mineurs délinquants après les violences de la nuit de la Saint-Sylvestre qui se sont notamment produites à Strasbourg et dans les environs. Les familles étrangères sont convoquées à des entretiens à la préfecture dans les prochains jours. L’absence à ces rendez-vous pourrait entraîner un réexamen de leur droit de séjour. Ces menaces viseraient, parait-il, à « responsabiliser les familles » et ont reçu le soutien du ministère de l’Intérieur. Une mesure qui ne résoudra en rien la question de la délinquance, mais qui a comme unique but de désigner les familles immigrées comme boucs émissaires. Une fois de plus.

Le gouvernement polonais a déclaré qu’il garantirait un accès « libre et sûr » aux responsables israéliens souhaitant assister aux commémorations le 27 janvier des 80 ans de la libération par l’Armée rouge du camp de la mort nazi d’Auschwitz-Birkenau. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou et plusieurs de ses ministres sont sous le coup d’un mandat d’arrêt émis en novembre par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre à Gaza. La Pologne devrait les arrêter en vertu de ce mandat s’ils se trouvaient sur son territoire. Elle n’en fera rien. Un autre exemple de l’instrumentalisation du génocide juif et de ses six millions de victimes pour excuser, voire justifier, la politique génocidaire de l’État sioniste à l’égard du peuple palestinien et de la vacuité du « droit international ».

Une étude publiée dans la revue scientifique britannique The Lancet, qui fait référence par son sérieux à l’échelle internationale, estime le nombre de décès dans l’enclave palestinienne entre octobre 2023 et le 30 juin 2024 à 64 260, soit nettement plus que les 37 877 morts rapportés par le ministère de la Santé du Hamas à cette date. Ce bilan ne concerne que les morts dues à des lésions traumatiques et n’inclut donc pas les décès indirects, tels que ceux dus au manque de soins ou de nourriture, ni les milliers de disparus que l’on pense enterrés sous les décombres. En appliquant la même méthode, on arrive à la fin de l’année 2024 à un total compris entre 70 000 morts et 80 000 morts. Le génocide continue…

Le président du Sénat, Gérard Larcher, vient de commander un nouveau fauteuil sur lequel il posera son auguste séant pour présider les séances de la Haute Assemblée. Son coût ? 40 000 euros hors taxes, payés évidemment par le contribuable. Il a refusé tous les autres sièges que lui a proposés (gratuitement) le Mobilier national, un service de l’État qui s’occupe de l’agencement des ministères, des Chambres, des ambassades, etc. Aucun n’était assez bien pour son précieux fessier. À quand un moulage de son postérieur exposé au musée Grévin ?

Alors qu’il visitait le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a été confronté à une manifestation d’avocats venus protester contre ses déclarations sur RTL selon lesquelles « certains avocats ne travaillent pas à l’innocence de leurs clients, mais à emboliser la chambre de l’instruction, le processus judiciaire pour libérer des personnes ». Bref les avocats seraient responsables de l’engorgement des tribunaux en faisant traîner les procédures. Quant aux droits de la défense, Darmanin s’en bat l’œil. Il n’y a pas si longtemps, alors qu’il était encore ministre de l’Intérieur, il s’en prenait aux magistrats – dont il est devenu le patron – coupables à ses yeux d’être trop laxistes et manifestait avec des syndicats policiers qui affirmaient : « Le problème de la police, c’est la justice. » Il faut lui reconnaître une certaine constance. Tant avec sa casquette de premier flic de France qu’avec celle de garde des Sceaux, il garde comme cibles principales les migrants et les jeunes des banlieues, c’est-à-dire une fraction notable de la classe ouvrière.