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Brèves

L’actualité en bref

C’est lors de la réunion des ambassadeurs à l’Élysée que cela a été officiellement annoncé : François Bayrou va se rendre bientôt à Pékin pour rencontrer les dirigeants de l’Empire du Milieu. Pour discuter de la paix du monde, des guerres qui ensanglantent la planète ou de l’esclavage forcé imposé à des millions d’Ouïghours ? Vous n’y êtes pas. Il sera là-bas « pour obtenir des avancées » et trouver « une issue favorable »… à la sur-taxation des spiritueux européens, décidée par Pékin comme mesure de rétorsion à l’imposition par l’Union européenne de droits de douane additionnels sur les véhicules électriques chinois. La mission confiée au soldat Bayrou est donc claire : sauver les ventes de Cognac et d’Armagnac tricolores. C’est à ce genre de combat titanesque que l’on reconnait la stature internationale d’un homme d’État.

À l’occasion de sa visite dans l’archipel, Manuel Valls, le ministre des Outre-mer, avait cosigné une tribune avec ses collègues Bruno Retailleau (Intérieur) et Gérald Darmanin (Justice) demandant la suppression du droit du sol pour les migrants des Comores et leurs familles. Le Canard Enchaîné a retrouvé une déclaration de 2015 du même Valls, alors Premier ministre, qui, depuis Mayotte, déclarait solennellement : « Dans ce domaine de l’immigration clandestine, il faut éviter les faux semblants. La loi s’applique ici comme ailleurs. Pas de remise en cause du droit du sol. » La solidité des convictions de Valls ne résiste pas à l’attrait d’un maroquin ministériel.

Jean-Luc Moudenc (divers droite, ex-Les Républicains), le maire de la ville, a annulé la tenue d’une exposition de Médecins sans frontières, consacrée à la situation vécue par la population civile de Gaza. Intitulée We did what we could (Nous avons fait ce que nous avons pu), elle devait avoir lieu dans le cadre de la 18e édition du festival « Cinéma et droits de l’homme » à l’Espace diversités laïcité, qui dépend la municipalité. L’édile municipal a justifié sa décision en avançant des risques de troubles à l’ordre public. Un prétexte usé jusqu’à la corde ces derniers mois par tous ceux qui veulent masquer la réalité et l’immensité du drame qu’Israël fait vivre au peuple palestinien.

Dans le cadre des commémorations du dixième anniversaire des attentats islamistes de 2015, Macron a fait savoir qu’il souhaitait toujours que soit aménagé près de Paris un musée-mémorial du terrorisme qu’il avait promis… en 2018. Ce lieu devrait ouvrir ses portes en 2027 au Mont-Valérien, dans la commune de Suresnes, dans les Hauts-de-Seine, et coûtera 95 millions d’euros. Selon l’ancien procureur de Paris, François Molins, ce musée sera à la fois « un lieu de mémoire, de culture, de réflexion autour des valeurs de la citoyenneté ». Mais pourquoi ne pas aller plus loin et dédier aussi un musée ou un mémorial aux centaines de milliers de victimes de l’exploitation coloniale, de l’esclavage et des guerres qui ont suivi ? Ce serait « un lieu de mémoire, de culture et de réflexion » pour que les jeunes générations découvrent l’horreur des crimes dont s’est rendu coupable l’État français au « temps béni des colonies ».

Dans un entretien accordé au supplément hebdomadaire du journal Il Corriere della Sera, Giorgia Meloni, la Présidente du conseil d’extrême droite, affirmait entretenir « d’excellentes relations » avec Elon Musk, qu’elle décrivait comme « un génie » et « un innovateur extraordinaire et qui a toujours le regard tourné vers l’avenir ». Elle vient de traduire cette proximité en argent sonnant et trébuchant en négociant un contrat de cybersécurité d’un milliard cinq cents millions d’euros avec l’entreprise Space X, fondée par Musk. Et ce sans appel d’offres. Ce qui a fait tousser une partie de la classe politique et de l’opinion publique italiennes. Mais, c’est bien connu, quand on aime, on ne compte pas.

Selon l’ONG Oxfam, dans les six premiers jours de 2025, les patrons du CAC 40 ont gagné le salaire moyen de leurs salariés en un an. En 2023, leurs revenus ont représenté 117 fois celui d’un employé ou d’un ouvrier de leurs entreprises. Les champions des écarts de rémunération sont, dans l’ordre, les PDG de Téléperformance (695 fois plus), Carrefour (408 fois plus), Dassault Systèmes (381 fois plus) et Stellantis (280 fois plus). Et ce sont les mêmes et leurs soutiens qui nous expliquent que porter le Smic mensuel à 2 000 euros net ruinerait l’économie. Un sacré culot…

Des inscriptions antisémites ont été taguées sur la synagogue de la ville et sur des bâtiments alentour. La présidente de la communauté juive locale, Natacha Ben Haïm, a déclaré : « Je suis écœurée, c’est lamentable, c’est lâche, abominable, ça ne s’arrête pas. » Et de rappeler qu’un incendie criminel avait déjà touché l’édifice le 17 mai dernier et que depuis il y a eu d’autres incidents, notamment des alertes à la bombe et des menaces. Le 20 décembre, par exemple, lors de la fête juive de Hanouka, un individu s’était introduit dans le bâtiment et avait dessiné une croix gammée sur un mur. Une enquête a été ouverte pour « provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l’origine, de l’ethnie, la nation, la race ou la religion ». Mais pour l’instant les crétins antisémites auteurs de ces faits courent toujours.

La mort de Jean-Maire Le Pen à 96 ans a donné lieu à des commentaires attristés du Rassemblement national et des réactions « respectueuses » de la part de la droite, de Macron et du gouvernement. Portant, ce triste personnage, longtemps parrain de l’extrême droite, représentait tout ce que nous combattons : le colonialisme, l’anticommunisme, la xénophobie, le racisme dans toutes ses variantes (antisémitisme, islamophobie, anti-noir, etc.). Il s’était distingué par la pratique de la torture durant la guerre d’Algérie, ses négations des camps de la mort hitlériens et des chambres à gaz, du génocide juif, mais aussi par sa proximité avec d’anciens nazis (avec lesquels il fonda le Front national), etc. Au cours des années, ses idées, qui représentent un péril mortel pour la classe ouvrière, ont infecté l’ensemble de la société. Et plus que jamais, il faut les combattre.

Le 7 janvier 2015, des individus se réclamant de l’islamisme radical décimaient la rédaction de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, dans le 11e arrondissement, abattaient deux policiers puis tuaient quatre clients juifs du magasin Hypercacher de Vincennes. Si le gouvernement et la plupart des partis politiques ont tenu à rendre hommage aux victimes, on n’a guère entendu de voix pour rappeler le contexte de ces attentats meurtriers. Ils étaient en effet une des conséquences de la mainmise des pays impérialistes sur nombre de pays pauvres, mainmise qui a provoqué en retour l’émergence de mouvements islamistes dits « de résistance » sur des bases racistes, antisémites, religieuses et réactionnaires. C’est là la source du « terrorisme islamiste » dont la condamnation est souvent instrumentalisée pour stigmatiser la population immigrée, musulmane en particulier. Mais ces attentats, et ceux qui suivirent plus tard dans l’année (Bataclan, Stade de France…), n’étaient en fait que des sous-produits de la barbarie capitaliste qui sévit partout dans le monde.