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Brèves

L’actualité en bref

Des chercheurs de l’hôpital Robert-Debré à Paris, de l’Inserm, de l’université Paris-Cité et du département de pédiatrie de l’hôpital de Cayenne, en Guyane, viennent de publier une étude qui montre que le scorbut, maladie liée aux carences alimentaires, et qui avait pratiquement disparu à la fin du 19e siècle dans les pays développés, est de retour. Autrefois, cette maladie était courante chez les marins passant de longs mois en mer sans possibilité de consommer des fruits et des légumes frais. Aujourd’hui, elle touche principalement des enfants de milieu très pauvre. 888 enfants ont été hospitalisés pour cette raison durant les neuf dernières années, et le nombre de cas est en hausse de 35 % depuis mars 2020, marqué par les débuts de la pandémie de Covid-19 associée à une hausse des difficultés socio-économiques des familles aggravée par l’inflation. L’augmentation du nombre de cas de scorbut était plus prononcée chez les enfants âgés de 5 à 10 ans, avec une augmentation cumulée de 200,8 %. Pendant la même période, plus de 135 000 autres enfants étaient hospitalisés pour malnutrition sévère sans développer le scorbut. Parmi l’ensemble, 4 enfants hospitalisés pour scorbut et 1 059 enfants hospitalisés pour malnutrition sont morts. La réapparition de cette maladie de la pauvreté est révélatrice de la misère qui règne dans ce pays.

Les complémentaires santé devraient augmenter en moyenne leurs tarifs de 6 % l’an prochain, après des hausses de 34 % en 2022, 4,7 % en 2023 et de 8,1 % en 2024. Dans le détail, les contrats individuels souscrits notamment par les retraités, jeunes et professionnels indépendants grimperont de 5,3 %, les contrats collectifs obligatoires couvrant les salariés via leur entreprise de 7,3 %, et les contrats collectifs facultatifs de 6,8 %. Des montants que les mutuelles justifient par la montée des dépenses en santé et la politique de transfert de charges imposée par le gouvernement. Mais ces hausses sont sans commune mesure avec celles des salaires ou des retraites. Alors même qu’elles étranglent les assurés les mutuelles ont vu, ces dernières des années, leur dépenses de frais de gestion et de communication exploser. Il y a quelque chose de pourri au royaume mutualiste…

Si l’annexion pure et simple de la Cisjordanie à l’État sioniste dans le cadre du « Grand Israël » est un leitmotiv de l’extrême droite israélienne depuis des décennies, les choses pourraient s’accélérer dans les mois qui viennent. En effet, le ministre israélien des Finances, qui appartient à cette mouvance, a déclaré que la guerre actuelle était « une excellente occasion » pour mener à bien cette annexion d’autant plus que l’entrée en fonction de Donald Trump, le mois prochain, devrait faciliter les choses, ce dernier ayant, lors de son premier mandat, reconnu en 1981 l’annexion par Israël de Jérusalem-Est et de 70 % du plateau syrien du Golan. Selon le quotidien The Times of Israël, Smotrich a déjà informé « les employés de l’organisme du ministère de la Défense chargé des affaires civiles israéliennes et palestiniennes en Cisjordanie » de son intention de « fermer le département dans le cadre d’une annexion israélienne envisagée de la région ». Une décision qui pourrait mettre à feu et sang la Cisjordanie et ajouter encore à l’horreur de la situation actuelle au Moyen-Orient.

La cour administrative d’appel de Bordeaux a annulé l’autorisation environnementale délivrée en 2017 pour quatre retenues d’eau du marais poitevin, les fameuses mégabassines, dont celle de Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, où de violents affrontements avaient opposé des militants écologistes aux forces de l’ordre en mars 2023. Un des arguments avancé par le rapporteur public était que ces retenues portaient atteinte à l’environnement, notamment en détruisant l’habitat d’une espèce protégée, en l’occurrence l’outarde canepetière, une sorte de faisan. Ce n’est qu’une demi-victoire, car les recours déposés par une dizaine d’associations environnementales concernaient 16 retenues d’eau. Leur collectif entend donc poursuivre le combat pour dénoncer un accaparement de l’eau au profit de l’agro-industrie, aux mains d’un petit nombre d’exploitations agricoles géantes.

La Cour de cassation a confirmé la décision d’appel qui avait condamné l’ancien chef de l’État à un an de prison ferme sous bracelet électronique. Il a été reconnu à nouveau coupable de corruption et trafic d’influence. À cette peine s’ajoutent trois ans d’inéligibilité. Nicolas Sarkozy était jugé pour avoir noué en 2014 un « pacte de corruption » avec Gilbert Alizert, haut magistrat à la Cour de cassation, afin d’obtenir des informations pour influer sur un recours qu’il avait formé dans l’affaire Liliane Bettencourt où il avait été accusé d’abus de faiblesse à l’égard de la vieille dame, milliardaire et propriétaire du groupe L’Oréal. En échange, Nicolas Sarkozy et son avocat, Thierry Herzog avaient promis au magistrat un « coup de pouce » pour un poste honorifique à Monaco. Sarkozy verra, le 6 janvier prochain, s’ouvrir un nouveau procès, celui du financement libyen de sa campagne électorale de 2007. Un grand serviteur de l’État qui n’a jamais oublié de se servir au passage.

L’organisation Générations futures révèle, dans un rapport qui porte sur l’année 2022, la présence de 137 substances actives différentes, classées comme cancérigènes, perturbateurs endocriniens ou polluants éternels, dans les fruits et légumes issus de l’agriculture conventionnelle. Cette année-là, 62 % des fruits, légumes et céréales non-bio commercialisés dans le pays contenaient au moins un résidu de pesticide dangereux pour la santé. L’étude portait sur 1 996 échantillons de 35 aliments. Les fruits étaient les plus contaminés (80 %), en particulier les cerises (100 %), les raisins (98 %) et les clémentines-mandarines (97 %). Ils étaient suivis par les vins (73 %), les céréales (56 %) et les légumes (48 %). Si ça continue, on nous expliquera bientôt que « manger cinq fruits ou légumes par jour » est dangereux pour la santé.

C’est aujourd’hui que doit se dérouler devant la Cour d’appel de Paris le procès en appel du militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah qui croupit en prison depuis plus de 40 ans. Le 6 novembre dernier, la justice avait ordonné sa libération mais le parquet avait suspendu la décision en faisant appel. Détenu depuis 1984 et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 1987, Georges Abdallah, âgé de 73 ans, est libérable depuis 25 ans, mais ses huit précédentes demandes de libération ont été rejetées, sauf une, en 2013, acceptée sous réserve d’un arrêté d’expulsion que le gouvernement français n’avait jamais signé sous pression de Washington, partie civile à son procès et qui l’accusait d’avoir assassiné un diplomate américain (ce qu’il a toujours nié). Face à cet acharnement judiciaire, il faut demander la libération immédiate pour Georges Ibrahim Abdallah. Une manifestation de soutien est prévue samedi 21 décembre à Paris. Départ à 14 heures de la place de la République.

Dans un rapport encore confidentiel, que Mediapart s’est procuré, l’Autorité de la concurrence révèle l’entente ayant permis à Veolia, Suez et la Saur de mettre la main, en 2011, sur un marché géant de près d’un milliard d’euros en Île-de-France. Un regroupement nommé « Biosav », réunissant des filiales de Veolia et Suez, a remporté le marché de la modernisation de l’usine de Seine Aval dans les Yvelines, gérée par le Siaap (Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne). Le montant, d’abord évalué à 547 millions d’euros, s’est envolé à 929 millions lors de la phase d’appel d’offres. Une filiale de la Saur, la société Stereau, a ensuite secrètement négocié avec ce regroupement pour récupérer une part du marché. Bilan : une augmentation des tarifs de l’eau de 30 % entre 2010 et 2015 pour les usagers et l’endettement du Siaap auprès de la Banque européenne d’investissement. Pour le cartel de l’eau, les profits coulent à flots.

La mobilisation contre la vie chère continue en Martinique. La gestion coloniale du gouvernement ne s’arrête pas aux prix délirants des denrées alimentaires, en moyenne 40 % plus élevés que dans l’Hexagone, pour le plus grand profit de CMA-CGM et autres Auchan. Cela se traduit aussi par des infrastructures en piteux état : l’année dernière les Martiniquais ont subi de nombreuses coupures et restrictions d’eau en raison de la sécheresse, mais aussi du mauvais état des usines de Rivière Blanche et Directoire. Tout cela malgré un prix de l’eau quatre fois plus élevé que son coût de production, pour le plus grand profit de SME, filiale de Suez.