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Brèves

L’actualité en bref

La sortie d’Éric Zemmour sur Sud Radio selon laquelle l’équipe tricolore « ne représente pas vraiment toute la France », mais surtout « la banlieue et l’immigration arabo-musulmane », n’était pas isolée. Le Canard enchaîné a découvert quelques autres perles du même type à l’extrême droite. Ainsi le magazine Causeur avait ouvert le feu en écrivant : « Adieu le football du terroir, bonjour la mondialisation des crampons » avec comme titre « Foot : place aux remplaçants ». Et dans Valeurs actuelles un plumitif affirmait : « Se faire traiter de “sale français ” dans le RER le matin et retrouver, le soir sur TF1, une sorte de frère jumeau de son agresseur, bouche fermée au moment de La Marseillaise… c’est une scène irritante que trop de Français ont vécu. » Le fait que le Mondial 2026 fasse enrager la fachosphère est sans doute un des rares points positifs de cette compétition.

Des responsables talibans ont été reçus dans la capitale belge par des représentants de la Commission européenne pour discuter du renvoi dans leur pays d’origine d’exilés afghans qui n’ont pas obtenu le droit l’asile. Une visite qui a suscité de vives critiques d’ONG et de défenseurs des droits humains. « On est au-delà du scandale », s’est insurgé Ludovic Laus, d’Amnesty International Belgique, qui appelait à un rassemblement de protestation devant le siège de la Commission. Il a accusé l’Union européenne de « se compromettre avec un régime complètement liberticide, qui piétine les droits humains chaque jour ». De son côté, la militante pakistanaise Malala Yousafzai, lauréate du prix Nobel de la paix, s’est dite « ébranlée et profondément troublée » par cette visite, en accusant les autorités talibanes « d’arrêter, de battre et d’exécuter les femmes qui osent s’exprimer et enfreindre les règles ». S’il arrive parfois à l’Union européenne de condamner la répression menée par le régime d’Afghanistan contre ses opposants, les membres des minorités ethniques ou religieuses et les femmes, cela ne l’empêche pas de pactiser avec le régime pour tenter de se débarrasser des réfugiés afghans présents sur son sol. Une éthique à géométrie très variable. Entre 2013 et 2024, environ un million de demandes d’asile ont été déposées par des Afghans dans des pays membres de l’UE et moins de la moitié a été approuvée.

Lors d’un référendum organisé le 23 juin 2016, les Britanniques décidaient, à une faible majorité de 52 %, de quitter l’Union européenne. C’est ce qu’on a appelé le Brexit. À l’époque, l’économie était en berne, la croissance faible, les services publics sous pression et les classes populaires voyaient leur niveau de vie stagner, voire baisser. C’est sur ces faits que s’appuyèrent nombre de politiciens, appartenant à l’extrême droite mais aussi au Parti conservateur et au Parti travailliste, en promettant que le Brexit, en rompant avec « la dictature » de Bruxelles, amènerait une nouvelle ère de prospérité et de plein emploi. Une décennie plus tard, le constat est accablant et les plus modestes n’ont jamais eu autant de mal à joindre les deux bouts, à se loger décemment, ou à avoir un système de santé efficace. Le Brexit n’y a rien changé et pour cause. L’exploitation féroce dont souffrait une bonne partie de la population laborieuse n’était pas due à l’appartenance à l’Union européenne, mais à une classe dominante britannique avide et impitoyable. Aujourd’hui, l’histoire risque de se répéter puisqu’un peu partout en Europe des partis de droite et d’extrême droite accusent l’Europe de tous les maux pour mieux détourner l’attention du combat contre les exploiteurs « nationaux ». Un piège dans lequel il ne faut pas tomber…

C’est la troisième grève dans l’année scolaire pour le Samu social de Paris, portée majoritairement par les écoutants 115. En plein plan grand froid déjà, elles et ils dénonçaient le manque criant de collègues pour répondre au téléphone, et de places pour répondre aux demandes. Le 23 juin une nouvelle grève a démarré. Elle est cette fois reconductible. La direction du Samu social annonce la suppression de 1200 places en hôtel par la préfecture de Paris. Et ce serait aux écoutants d’annoncer aux personnes accueillies leur expulsion…

Alors qu’ils dénoncent depuis des mois des conditions de travail désastreuses c’est dans des bureaux surchauffés à plus de 30 degrés depuis plusieurs semaines que l’annonce tombe. Résultat : pas un écoutant sur le plateau du 115 le matin du 23 juin. Petite leçon d’écoute pour la direction : quand les travailleurs disent non, c’est non !

Une commission d’enquête mandatée par l’ONU a accusé Israël de « cibler » les enfants palestiniens dans la bande de Gaza, estimant que ces actes s’inscrivent dans le cadre d’un génocide en cours. Les enquêteurs de l’ONU ont conclu qu’Israël prenait pour cible les enfants afin de « s’attaquer à la capacité même du peuple palestinien à exister et à déterminer son avenir ». Dans son nouveau rapport la commission souligne que « le ciblage délibéré des enfants est l’un des éléments clés permettant d’établir l’intention génocidaire des autorités et forces de sécurité israéliennes de détruire le groupe palestinien, dans son ensemble ou en partie, à Gaza ». Comme à son habitude, Israël a qualifié ces accusations de « diffamatoires » et a rejeté sur le Hamas la responsabilité de la situation. Ce dernier n’est pas blanc comme neige mais c’est bel et bien l’armée israélienne qui a tué, blessé ou mutilé plusieurs dizaines de milliers d’enfants dans ce territoire palestinien.

Amnesty International vient de dénoncer la décision de l’Union européenne de renforcer sa coopération avec les autorités libyennes pour empêcher des migrants africains d’atteindre les côtes du Vieux Continent. Ce nouveau rapprochement prendra la forme « d’un projet de création d’un centre de coordination des sauvetages maritimes », les sauvetages en question étant en fait le plus souvent l’arraisonnement brutal des frêles embarcations utilisées par les migrants. L’ONG de défense des droits humains s’indigne du fait que « l’Union européenne cherche à étendre sa coopération avec les autorités libyennes rivales et leurs groupes armés alliés, alors même que ces acteurs mènent une campagne d’une intensité croissante, alimentée par un discours xénophobe, d’arrestations de masse, de détentions arbitraires et d’expulsions collectives illégales ». Face à cela l’Union européenne ferme les yeux et subventionne les États qui, à sa périphérie, traquent les migrants.

Il y a quelques jours, on annonçait l’abandon du projet Scaf, un avion de combat européen qui n’a pas résisté aux rivalités entre les industriels français, allemands et espagnols qui étaient supposés le produire ensemble. Mais qu’à cela ne tienne, on remet le couvert. Paris et Berlin ont fait savoir qu’ils avaient conclu un accord pour la mise au point et la fabrication d’un char commun MGCS à l’horizon… 2040. C’est « une étape décisive pour nos armées, nos emplois industriels et l’autonomie stratégique de l’Europe », ont réagi les ministres des Armées Catherine Vautrin et de l’Économie, Roland Lescure. Il n’y a plus qu’à y croire. Car l’histoire récente a prouvé que la fameuse « autonomie stratégique européenne » était largement un mythe et ne résistait ni aux féroces rivalités qui opposent entre eux les capitalistes des différents pays de l’Union, ni à l’hégémonie de l’impérialisme américain en matière d’armement. Mais ces déclarations lénifiantes ont un but : justifier les subventions pharaoniques qu’encaissent et continueront d’encaisser de chaque côté du Rhin, les marchands de canon.

L’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine a fait savoir au planning familial qu’elle allait lui supprimer 160 000 euros de subventions, estimant que les actions de l’organisation ne sont pas « probantes ». Le planning – également financé par la délégation départementale aux droits des femmes, le département de Gironde et la ville de Bordeaux – développe, outre ses activités traditionnelles liées à la contraception, des actions d’information et d’orientation en matière de santé sexuelle, ainsi qu’un programme précoce de prévention et de promotion de la santé mentale en milieu scolaire. À noter que la Gironde n’est pas un cas isolé. Dans un passé récent plusieurs départements (Drôme, Loiret), région (Pays-de-Loire), voire municipalités (notamment celle de Carpentras, dans le Vaucluse, récemment passée au RN) ont diminué, voire carrément supprimé, les subventions accordées au planning. Des attaques intolérables contre le droit des femmes.

Elle s’appelait Raghad Hussein Ashour et lundi 22 juin, elle devait passer ses épreuves du bac. À 7 h 30, une bombe israélienne l’a fauchée alors qu’elle était en route vers son centre d’examen situé à Al-Rimam, dans le centre de Gaza. Telle est la réalité des milliers de jeunes Gazaouis qui, malgré le génocide toujours en cours, tentent de continuer leur scolarité. Quand ils le peuvent… Le Club des prisonniers palestiniens a en effet recensé au moins 65 étudiants palestiniens dans les prisons israéliennes, empêchés de passer leur bac.