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Brèves

L’actualité en bref

Plus de 250 personnes se sont rassemblées mardi 2 juin en hommage à Noahm, jeune homme de 19 ans passé à tabac dans la nuit du 29 au 30 mai en raison de son homosexualité. L’agression, dont le caractère homophobe transparaît clairement malgré ce que peuvent dire les flics et le procureur, l’a laissé dans un état de mort cérébrale et il est décédé mardi. Le maire de Metz, François Grosdidier, a profité de l’occasion pour remercier les policiers et souligner la nécessité des caméras de vidéosurveillance dans un post Facebook, comme si plus de flics pourrait éviter qu’un tel événement recommence. La mort de Noahm est un énième drame qui témoigne de la violence du système capitaliste qui entretient l’homophobie et toutes les autres discriminations.

Le Parlement européen a donné son feu vert pour renvoyer les migrants en situation irrégulière dans des centres situés à « l’étranger », c’est-à-dire hors de l’Union européenne. Ces « hubs de retour » sont chaleureusement défendus par plusieurs pays. C’est l’Italie qui a donné l’exemple en ouvrant, dès 2024, un centre d’accueil pour migrants dans le port de Shengjin, en Albanie, à environ 60 kilomètres au nord-ouest de Tirana. D’autres pays, comme le Danemark, l’Autriche ou l’Allemagne, commencent déjà à imaginer d’installer ces centres au Rwanda, en Ouganda ou en Ouzbékistan. Le texte approuvé prévoit également des sanctions plus dures pour les migrants refusant de quitter le sol européen, comme des saisies de documents d’identité, une durée de détention prolongée jusqu’à 24 mois et une durée de dix à vingt ans d’interdiction de revenir en Europe. Dans les faits, les droits de ces migrants seront foulés au pied et ils pourront rester emprisonnés pendant des années sans jugement. Une loi scélérate contre les personnes migrantes. Une de plus !

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a estimé que « rien ne peut justifier » la poursuite des opérations militaires et une occupation prolongée d’Israël au Liban, au lendemain de l’annonce par Trump d’un nouvel accord de cessez-le-feu resté jusqu’à présent, comme les autres, lettre morte. Sous prétexte de faire de la diplomatie, Barrot enfonce des portes ouvertes. Car rien ne peut justifier non plus le génocide de Gaza, la colonisation de la Cisjordanie ou les attaques militaires contre l’Iran. Autant de choses que le gouvernement a laissé faire en se contentant de quelques déclarations platoniques tout en continuant à entretenir de fructueuses relations commerciales et militaires avec l’État sioniste.

Vingt-neuf entreprises israéliennes ont déjà loué un stand pour Eurosatory, le plus grand salon mondial de la défense, qui se tient à Villepinte (Seine-Saint-Denis), du 15 au 19 juin. Cependant, à la demande du gouvernement français, elles ne pourront pas exposer d’armes dites « offensives », comme des roquettes, des munitions télé-opérées ou des missiles sol-sol. Seuls seront autorisés à l’exposition des systèmes de défense anti-balistique et anti-aérienne. Cette décision, ainsi que celle d’interdire un stand officiel de l’État hébreu, serait parait-il une preuve de la « fermeté » de Paris dans sa condamnation de l’invasion militaire israélienne au Liban. De la poudre aux yeux. Car les entreprises en question fabriquant à la fois des armes défensives et offensives rien ne les empêchera de passer de fructueuses commandes sans avoir besoin d’exposer l’ensemble de leurs engins de mort.

En avril dernier deux ONG environnementales avaient porté plainte contre l’État, estimant insuffisantes les mesures prises pour protéger l’eau potable. Aujourd’hui, c’est la Conférence nationale des unions régionales des professionnels de santé-médecins libéraux qui tire la sonnette d’alarme. Après avoir rappelé qu’en 2024 environ 19 millions de personnes ont consommé une eau non-conforme aux critères de santé, elle rappelle que la pollution de l’eau potable est due, tout à la fois, aux pesticides, aux « polluants éternels » (PFAS) et aux micro-plastiques, avec des conséquences sur le système hormonal, nerveux et immunitaire, développement des pathologies cardiaques et cancéreuses, des troubles hormonaux et neurodégénératifs, etc. Une nouvelle fois, les médecins demandent aux pouvoirs publics d’agir. Mais ces derniers traînent les pieds, peu désireux de s’en prendre aux lobbies industriels et agricoles, directement responsables de cette pollution.

Amnesty International France vient de publier un rapport sur l’impact de « la précarité des titres de séjour » sur la santé mentale des travailleurs étrangers. La présidente de l’ONG, Anne Savinel-Barras, explique : « On aboutit à des situations ubuesques où des personnes installées depuis vingt ans, avec un emploi et un logement, perdent subitement tous leurs droits et reçoivent une obligation de quitter le territoire français. » Un système largement arbitraire et dysfonctionnel qui laisse libre cours au racisme et à la xénophobie de certains membres de l’administration. Raison de plus pour l’abolir et lutter pour le libre droit au séjour et à l’installation pour tous et toutes.

Le week-end dernier, quelque chose était encore plus prévisible que la victoire du PSG en finale : le mépris social teinté de racisme avec lequel médias et politiques ont condamné « la nuit de violences » qui aurait soi-disant suivi. Cette « nuit » n’a pas été plus violente que celle de l’an dernier, pas plus violente que celle de 1998 où on comptait un mort et quelques commerces pillés, parmi lesquels des boutiques de luxe et des grandes franchises. En revanche, l’arsenal répressif déployé a été plus important, avec ce que cela rajoute de tensions, de provocations et, au bout du bout, de violences de rue. Les vrais responsables de ce « fiasco » sont les mêmes qui en profitent pour faire de la propagande sécuritaire !

Un demi-million de soldats tués. C’est le bilan qu’attribuent désormais les services de renseignement britanniques à l’armée russe depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par Poutine en février 2022. De son côté le Centre pour les études stratégiques et internationales, un cercle de réflexion de Washington spécialisé dans les questions de sécurité, donne le chiffre de deux millions de victimes en incluant de deux côtés les morts civils et militaires, mais aussi les invalides de guerre, les blessés et les disparus. Il ne s’agit que d’estimations, car l’Ukraine comme la Russie classifient « top secret » leurs pertes dans cette guerre. Quoi qu’il en soit, on est face au du pire bain de sang sur le continent européen depuis la Seconde Guerre mondiale, loin devant les guerres de Yougoslavie. Et les puissances capitalistes impliquées ne sont pas près de l’arrêter.

Plusieurs dirigeants d’organisations patronales – du Medef à la FNSEA en passant par la CPME – ont protesté ensemble contre la décision du gouvernement de geler les allègements des cotisations patronales sur les bas salaires, malgré une hausse du Smic de 2,4 %. Et d’écrire : « Les entreprises devront donc absorber la fois une hausse du coût du travail et une baisse mécanique des allègements » censés en limiter l’impact. À vos mouchoirs ! Quand le gouvernement rogne sur le pouvoir d’achat des salariés, des demandeurs d’emplois, des retraités ou autres, le patronat n’a rien à dire. Mais il s’émeut dès qu’on fait mine d’effleurer ses bénéfices. Profiteurs et hypocrites !