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Brèves

L’actualité en bref

Des médecins et des soignants, en première ligne dans la lutte contre la 17e épidémie de la maladie d’Ebola en république démocratique du Congo, affirment ne pas avoir été payés par l’État depuis le début de la crise sanitaire qui a débuté il y a deux mois. Certains menacent maintenant de faire grève. « Depuis le 15 mai, nous nous occupons des malades d’Ebola sans être payés. Nous continuons à les soigner parce que c’est notre serment, mais nous travaillons dans des conditions très difficiles », a témoigné le Dr Pascal Bahoya auprès de l’Agence France-Presse. « Certains collègues sont découragés, mais nous continuons à assurer notre mission par conscience professionnelle », a ajouté son collège, le Dr Jérémie Bataga. Ce qui reflète les conditions difficiles dans lesquelles luttent les médecins dans un pays largement désorganisé, en proie à une guerre civile, des déplacements de population et un système de santé plus que précaire.

C’est le quotidien libanais L’Orient-Le Jour qui nous l’apprend. L’ancien Premier ministre François Fillon, qui traîne derrière lui un certain nombre de casseroles, notamment dans l’affaire d’emplois fictifs dit « Pénélopegate », s’est rendu dans le pays où il a rencontré le président de la République, Joseph Aoun, et le patriarche maronite, Boutros Rahi. Son but : témoigner sa solidarité avec la population agressée par Israël. Mais attention, pas n’importe quelle population. Pour bénéficier de son soutien les gens doivent être de bons chrétiens. Musulmans de toute obédience, druzes ou autres s’abstenir. Il a déjà effectué une douzaine de voyages dans le pays, tous placés sous le signe du goupillon, avec son association « Agir pour la paix avec les chrétiens d’Orient ». À sa modeste échelle, Fillon veut reprendre le flambeau de la France coloniale de jadis qui s’était auto-proclamée « protectrice des chrétiens d’Orient ». Ce sont là les limites de son humanisme. Amen.

Il existe au sein de la préfecture de police une infirmerie psychiatrique, appelée I3P, qui reçoit des personnes amenées sur place le plus souvent dans un contexte de garde à vue ou en raison d’un trouble avéré à l’ordre public, pour évaluer la nécessité d’une hospitalisation en psychiatrie. Si, en règle générale, les conditions d’hébergement dans les cellules des commissariats sont plus que précaires, l’I3P semble avoir battu tous les records, notamment en matière du respect des droits des prisonniers. Suite à une visite dans ses locaux début mars, le contrôleur général des lieux de privation de liberté – une autorité administrative indépendante –, avait dénoncé des « dysfonctionnements majeurs ». Ce qui avait conduit le Syndicat des avocats de France et la Ligue des droits de l’homme à saisir le tribunal administratif en référé-liberté. Et ce dernier leur a donné raison en sommant l’autorité policière de remédier en urgence à des « atteintes graves » aux « libertés » des personnes placées à l’I3P. La justice administrative a « enjoint au préfet de police de prendre un certain nombre de mesures », notamment pour « garantir le respect de la durée maximale légale » de détention de quarante-huit heures à l’I3P, « limiter le recours à la contention », « individualiser la pratique de l’isolement » ou encore « permettre le libre accès des personnes retenues aux sanitaires et à l’eau potable ». Mais le préfet s’y refuse et s’est pourvu devant le Conseil d’État pour gagner du temps. Et pendant ce temps les personnes arrêtées sont toujours détenues dans des conditions indignes.

Alors qu’avec la reprise des hostilités autour du détroit d’Ormuz les prix à la pompe repartent de plus bel, un rapport flash de l’Assemblée nationale montre que les aides carburant instaurées par le gouvernement en faveur des gros rouleurs aux revenus modestes ont été un échec. L’essence avait augmenté fin février, le portail d’aides ouvert fin mai et les gens ont commencé à les toucher en juin. Mais près de trois mois après leur mise en place, seules 24 % des personnes éligibles, soit un peu plus d’un million de personnes, les ont effectivement touchées. Les 76 % restant sont restées le bec dans l’eau. Jusqu’à maintenant, Lecornu s’est toujours refusé à adopter des mesures qui auraient pu bénéficier rapidement à l’ensemble de la population ou à s’en prendre aux bénéfices faramineux du pétrolier TotalEnergies. Au lieu de cela, il a pris quelques mesurettes qui n’ont aidé en rien l’immense majorité de celles et ceux obligés de prendre leurs voitures pour aller travailler.

Comme chaque été, à l’unisson, les responsables politiques déplorent le manque de moyens pour lutter contre les incendies et saluent le courage des pompiers et des autres intervenants de terrain. Gabriel Attal, candidat Renaissance à la prochaine élection présidentielle, n’a pas manqué à la tradition. Sauf qu’à cette occasion, différents responsables de La France insoumise lui ont rappelé, à juste titre, que lorsqu’il était Premier ministre il avait sabré 52,8 millions d’euros dans le budget de la Sécurité civile, ce qui avait mené à l’annulation d’une commande de deux Canadair qui auraient été fort utiles ces jours-ci. Et Attal n’est pas le seul en cause. Depuis des années, les gouvernements successifs ont montré leur incapacité à préparer le pays au réchauffement climatique et n’ont jamais hésité à faire des économies aux dépens de la sécurité civile. Et aujourd’hui ils font semblant de s’apitoyer.

Plusieurs associations et collectifs d’universitaires (European Legal Support Center, la Société des études sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans, l’Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine, le Centre arabe de recherches et d’études politiques, l’Observatoire des mondes arabes et musulmans, la Coordination antifasciste pour l’affirmation des libertés académiques et pédagogiques) ont créé une base de données commune baptisée SAMT (soutenir-archiver-mutualiser-transmettre), mot qui en arabe signifie « silence ». Elle se donne pour but de recueillir, répertorier et faire connaître toutes les mesures de censure et d’intimidation qui, depuis le 7 octobre 2023, brident la production intellectuelle et culturelle sur la Palestine en France et au-delà. Une façon de dénoncer la mécanique liberticide qui vise tous les soutiens au peuple palestinien. Depuis cette date, elle a recensé pas moins de 107 cas de censure, principalement dans le monde universitaire et académique, sous forme d’interdictions, de pressions institutionnelles et de marginalisation touchant les chercheurs, étudiants, artistes, etc. qui travaillent sur la question palestinienne. Si on ajoute les cas de répression chez les militants politiques, syndicaux, associatifs ou élus locaux on doit facilement arriver à 200.

Des milliers de travailleurs espagnols et britanniques vont voir leur vie quotidienne simplifiée avec l’entrée en vigueur d’un traité de libre circulation entre l’enclave britannique de Gibraltar, située dans l’extrême sud de la péninsule ibérique, et l’Espagne. Cet accord a été signé à Bruxelles sous l’égide de la Commission européenne. Il concerne en premier lieu les quelque 15 000 salariés espagnols qui viennent chaque jour travailler dans ce minuscule territoire de 40 000 habitants. Gibraltar a été arraché à l’Espagne et rattaché à la couronne britannique par le traité d’Utrech en 1713, depuis lors, Madrid n’a jamais cessé d’en revendiquer la souveraineté. Mais Londres s’accroche à ce confetti qui abrite une de ses importantes bases militaires et contrôle le détroit du même nom. Une survivance anachronique du passé colonial britannique comme le sont, pour le colonialisme français, la Réunion, les Antilles, la Polynésie ou la Nouvelle-Calédonie.

Joan Sebastian Guerrero, un père de famille colombien de 26 ans, a été tué dans la petite ville de Biddeford, dans le Maine, par un agent de l’ICE, la sinistre agence américaine chargée de mettre en œuvre la politique de répression de l’immigration de Donald Trump. Ce drame survient une semaine après qu’un autre agent de l’ICE a abattu un Mexicain au Texas. Deux associations de défense des droits humains, la Maine Immigrants’ Rights Coalition et Presente Maine, ont indiqué que l’homme était parfaitement autorisé à travailler aux États-Unis. « Nous ne laisserons pas cette mort être réduite à une simple note de bas de page dans les statistiques de cette administration », a déclaré Crystal Cron, directrice exécutive de Presente Maine. Aussitôt après le drame des manifestants ont défilé dans le secteur avec des pancartes proclamant « ICE dehors », avant de se rassembler devant les bureaux d’une sénatrice du Maine, Susan Collins, membre du Parti républicain de Trump.

L’importance de l’épidémie d’Ebola en république démocratique du Congo pourrait dépasser « de deux à quatre fois » les estimations officielles, a fait savoir l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Déclenchée il y a deux mois, l’épidémie d’Ebola a déjà officiellement fait plus de 700 morts pour près de 2 000 cas. Déclarée en Ituri, dans le nord-est du pays, à la frontière du Soudan du Sud et de l’Ouganda, elle s’étend maintenant à quatre autres provinces : le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uélé. Vingt cas ont aussi été répertoriés en Ouganda voisin. « Il s’agit désormais de la troisième plus importante épidémie d’Ebola jamais enregistrée et celle qui connaît la progression la plus rapide en un seul mois de toutes les épidémies d’Ebola que nous avons gérées », a alerté Chikwe Ihekweazu, qui dirige le programme de l’OMS de gestion des situations d’urgence sanitaire. Une épidémie qui ravage un pays dévasté par la guerre, dont les structures médicales sont insuffisantes, alors même que plusieurs pays occidentaux, États-Unis en tête, ont drastiquement réduit leur contribution à l’OMS et à ses agences spécialisées… tout en augmentant leurs dépenses d’armement.