Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Quelques heures après la nomination de Bayrou par Macron au poste de Premier ministre, l’agence de notation financière Moody’s a dégradé la note de la France en s’alignant ainsi sur les autres agences du secteur, S&P et Fitch. Ces notes servent de baromètre aux marchés financiers internationaux. Plus elles sont mauvaises, plus l’État emprunte à des taux élevés. Tout comme les injonctions du Fonds monétaire international, elles servent surtout de prétexte aux différents gouvernements pour justifier leur politique d’austérité contre les couches populaires et leurs attaques à la hache des services publics… tout en continuant à arroser les patrons. C’est ce qu’on appelle chez les politiques l’orthodoxie financière.

Depuis 23 ans l’association « Le Temps d’un film » programme quatre films par an dans le théâtre-cinéma de Mornant, une petite ville au sud-ouest de Lyon. Cette année, elle avait prévu de présenter le film Yallah Gaza ! (Vite Gaza !), un documentaire réalisé par Roland Nurier qui explore la vie et la résilience des habitants de Gaza. Jusqu’à présent, tous les films avaient été diffusés sans difficulté. Mais cette fois Yallah Gaza ! a été déprogrammé à deux reprises par l’exécutif de la communauté de communes du Pays mornantais avant d’être retiré définitivement de l’affiche, malgré les protestations du réalisateur, de l’association organisatrice et de nombreux cinéphiles. Raison mise en avant : « Le film a été tourné avant le 7 octobre, il est donc anachronique avec la réalité d’aujourd’hui. Le diffuser aujourd’hui n’était pas opportun. » Une excuse alambiquée qui cache mal une « censure qui ne dit pas son nom », comme l’affirme l’association qui l’avait mis à l’affiche. Une de plus contre les soutiens du peuple palestinien.

Cinq personnes ont péri dans le naufrage d’un bateau de migrants au large de la Crète et une quarantaine de personnes sont toujours portées disparues. Le pays a connu cette année une augmentation de 25 % du nombre d’arrivée de personnes fuyant la guerre et la pauvreté, avec une augmentation de 30 % rien qu’à Rhodes et dans le sud-est de la mer Égée. Plusieurs incidents semblables se sont d’ailleurs produits au cours des semaines passées, le dernier début novembre, lorsque quatre personnes ont péri près de l’île de Rhodes. Fin octobre, deux autres sont mortes près de l’île de Samos et, quelques jours plus tôt, quatre autres, dont deux enfants en bas âge, avaient perdu la vie près de celle de Kos. Et, malgré ces morts, et à l’instar de l’Union européenne, les autorités helléniques continuent de verrouiller leurs frontières obligeant les migrants à prendre tous les risques.

2024 aura connu un réchauffement au-dessus du seuil de 1,5 degré par rapport à la période pré-industrielle. Et, selon l’observatoire Copernicus, ce sera l’année la plus chaude jamais enregistrée sur Terre. Conséquence : une terrible sécheresse a touché plusieurs régions du monde, comme l’Afrique australe ou la Colombie, des typhons dévastateurs ont ravagé l’Asie, des incendies monstres se sont produits en Californie, en Amazonie mais aussi en Grèce ou en Espagne, et des inondations catastrophiques un peu partout sur les cinq continents. Les résultats quasi-inexistants auxquels sont parvenues les différentes COP ne font que confirmer que le capitalisme entraîne la planète droit dans le mur.

Emmanuel Macron vient de désigner François Bayrou comme Premier ministre pour remplacer Michel Barnier. Il y a plusieurs décennies que le maire de Pau piaffe d’impatience aux portes de Matignon et de l’Élysée. Et pour parvenir à ses fins, le patron du très centriste Mouvement démocrate (Modem) adapte ses idées à l’air du temps. En 2012, il soutient François Hollande contre Nicolas Sarkozy à la présidentielle, avant de l’abandonner pour revenir au bercail de la droite. En 2017, il s’affirme farouche opposant à Macron, dénonçant dans un premier temps sa candidature soutenue, selon lui, par « des grands intérêts financiers incompatibles avec l’impartialité exigée par la fonction politique »… avant de se rallier à lui et devenir un de ses alliés les plus proches. La même année, nommé garde des Sceaux au sein du gouvernement Philippe, il porte un projet de loi sur la moralisation de la vie publique… juste avant d’être contraint de démissionner un mois plus tard, impliqué dans le scandale du financement des assistants parlementaire européens du Modem. En 2018, le Modem, à son instigation, défend un projet de loi visant à interdire les châtiments corporels sur les enfants… après avoir giflé en public un garçon de 11 ans lors d’un bain de foule électoral. Pour lui, être au centre c’est incarner tout et son contraire, mais toujours au service de la bourgeoiseie. Comme nombre de politiciens de droite et de gauche d’ailleurs…

Depuis quelque temps, un jeu est devenu populaire auprès des adolescents, voire des enfants, dans les cours de récréation des établissements scolaires. Son nom : « Le premier qui bouge est gay ! » Son principe : devoir se figer et rester sans bouger le plus longtemps possible sous peine d’être considéré comme « gay », un terme pris comme une insulte dévalorisante et dégradante. Ce qui a fait réagir la ministre démissionnaire de l’Éducation, Anne Genetet, qui a dénoncé « un comportement homophobe » en ajoutant : « Et l’homophobie n’est pas un jeu, c’est un délit. » À la question du Huffington Post qui lui demande : « L’homophobie est-elle très ancrée encore aujourd’hui à l’école ? », Véronique Godet, coprésidente de l’association SOS Homophobie et professeure de français dans un lycée de Marseille, répond ainsi : « Oui, car l’école n’est rien de moins que le reflet de notre société. Ce “jeu” en est le parfait exemple. Il est perpétré par des adolescents qui relaient l’homophobie des adultes. Celle-ci infuse tout, de la culture aux discussions familiales. Personnellement, cela m’a fait penser à un autre jeu qui existait quand j’étais écolière, et qui consistait à dire à un garçon qui perdait qu’il était une fille. Homophobie ou sexisme, ce sont les mêmes mécanismes de dénigrement qui sont à l’œuvre. » Tout est dit !

Cinquante-quatre journalistes ont été tués dans l’exercice ou en raison de leur métier à travers le monde en 2024, dont un tiers par l’armée israélienne, essentiellement à Gaza, selon le bilan annuel de Reporters sans frontières (RSF). Depuis octobre 2023, au total, plus de 145 journalistes ont été tués par les forces sionistes, dont au moins 35 dans l’exercice de leurs fonctions. L’ONG, qui déplore « une hécatombe sans précédent », a déposé quatre plaintes auprès de la Cour pénale internationale contre Israël pour « crimes de guerre commis contre les journalistes ». Outre les journalistes tués, RSF recense aussi ceux qui sont emprisonnés. Ils étaient 550 dans le monde au 1er décembre (contre 513 l’an dernier). Les trois pays qui en emprisonnent le plus sont la Chine (124 dont 11 à Hong Kong), la Birmanie (61) et Israël (41). L’état sioniste est donc dans le peloton de tête non seulement pour les assassinats des professionnels des médias mais aussi pour leur emprisonnement. C’est sans doute ce qu’entend Macron lorsqu’il parle du droit d’Israël à se défendre.

Le média américain Blomberg accuse Greg Lindberg, un milliardaire, d’avoir mis en place un réseau de mères porteuses pour concevoir un grand nombre de bébés blancs. Son projet serait de créer une « famille blanche géante » en sélectionnant des donneuses d’ovocytes, toutes de taille mannequin, cheveux blonds et yeux clairs. Déjà condamné pour fraude et blanchiment d’argent, il recrutait des jeunes femmes par manipulation et tromperie, pour qu’elles fassent don de leurs ovocytes et renoncent à leur droit parental. 25 d’entre elles ont déjà été identifiées. Et, pour se justifier, il explique : « Je suis d’accord avec Elon Musk, l’extinction de la population à cause d’un taux de natalité trop faible représente un risque bien plus élevé que le réchauffement climatique. » Avec un tel maître à penser rien d’étonnant à ce que Lindberg soit eugéniste, raciste et climato-sceptique, en un mot un pauvre type.

En Autriche, une entreprise veut ériger des bâtiments commerciaux sur des vestiges d’une partie des baraquements de Mauthausen, où périrent plusieurs centaines de milliers de personnes durant la Seconde Guerre mondiale. En Allemagne, un agent immobilier, Peter Jugl, a en projet la construction d’un bunker de luxe géant dans des tunnels, creusés par plus de 7 000 prisonniers politiques, qui étaient destinés à devenir une usine de production d’armement. Sur son site internet intitulé « BunkerCoin, le plus grand projet privé de bunker du monde », Jugl parle d’une ville souterraine pourvue « d’hôpitaux, d’écoles, d’ateliers, de casinos, de bars et de spas », et qui disposerait de « chambres de luxe similaires à celles des yachts, qui offriraient un grand confort dans un espace limité, y compris des vues extérieures simulées ». Mais attention, il s’agit d’un projet écolo puisqu’il pourrait servir d’abri… en cas de « catastrophe » climatique. Malgré les protestations des associations de déportés et de leurs familles, ces projets répugnants se réalisent grâce à la complicité de maires qui ont fait une bonne affaire en vendant ces terrains.