Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Il y a quelques semaines, les résultats de la consultation organisée par le Conseil national (parlement) de Monaco ont révélé que 80 % des 27 868 répondants se déclaraient favorables à la légalisation de l’IVG. Depuis 2023, des militantes comme Juliette Rapaire mènent le combat pour sa légalisation à Monaco et brisent le tabou dans la principauté, où la religion catholique reconnue comme religion d’État pèse de tout son poids. Bien que ce soutien populaire ait été perçu comme un soulagement pour les militantes, il reste essentiellement symbolique. Dans un contexte mondial où les droits reproductifs sont de plus en plus remis en question, la légalisation de l’IVG à Monaco, comme ailleurs, ne pourra se concrétiser que grâce à une pression continue et à une mobilisation d’ensemble.

Après la chute du gouvernement Barnier, Macron consulte pour lui trouver un remplaçant à Matignon. Parmi les noms les plus souvent cités, on trouve le centriste François Bayrou, le républicain Sébastien Lecornu, le chiraquien François Baroin et l’ex-socialiste Bernard Cazeneuve. Tous des politiciens blanchis sous le harnais et habitués à mener des politiques anti-ouvrières mais avec lesquels le Parti socialiste n’exclut plus de gouverner. La classe ouvrière n’a vraiment rien attendre de ces gens-là qui ont toujours été les simples commis de la bourgeoisie. Elle ne peut compter que sur ses propres luttes.

Selon le dernier sondage de l’institut YouGov, 73 % des personnes interrogées portent un regard défavorable sur Macron et son action, bien que son indice de popularité, qui s’établit à 22 %, a gagné quatre points grâce au cirque orchestré autour de la réouverture de Notre-Dame. Surtout, il ne fait que retrouver son niveau d’octobre 2024. Si cette enquête d’opinion conforte Mélenchon à gauche et Marine Le Pen à l’extrême droite dans leur désir de remplacer le locataire de l’Élysée, pour la classe ouvrière le véritable changement ne sera pas le départ de Macron, qui sera remplacé par quelqu’un qui fera une politique pas très différente, mais le renversement de la société.

La FNSEA, la principale organisation syndicale du monde agricole, avait promis de cibler les députés qui avaient censuré Barnier coupables, selon elle, d’avoir réduit à néant les promesses que l’ex-Premier ministre devait mettre en œuvre en 2025. Le président de Charente-Maritime de cette organisation avait tenu à préciser : « Rassemblement national, Nouveau Front populaire… on ne fait pas de traitement de différence, on ne fait pas de politique, nous. » Mais, dans les faits, l’immense majorité des députés visés dans cette région et qui ont vu leurs permanences murées, peinturlurées ou recouvertes de fumier, étaient étiquetés « de gauche » : François Hollande à Brive, Fabrice Barusseau (socialiste) à Saintes, Benoît Biteau (Vert) à Rochefort et deux figures de l’opposition aux projets de mégabassines pour l’irrigation agricole, les députées écologistes Delphine Batho (Deux-Sèvres) et Lisa Belluco (Vienne). L’ « apolitisme » de la FNSEA est donc plutôt orienté à droite.

Cette ville bretonne de 7 000 habitants est confrontée, comme beaucoup d’autres, au manque de médecins. Son agglomération ne compte que 5,8 généralistes pour 10 000 habitants, contre 9,6 pour la moyenne nationale. Ce manque de médecins affecte également l’hôpital. L’Agence régionale de santé de Bretagne menace, depuis plusieurs années, de fermer définitivement la maternité invoquant le nombre insuffisant de naissances, de sages-femmes et d’anesthésistes. Malgré plusieurs manifestations locales, elle refuse de reculer. De son côté, le président du conseil de surveillance admet que l’établissement est « à bout de souffle » et manque de chirurgiens, de cardiologues, de pneumologues. L’hôpital le plus proche, celui de Brest, se trouve à plus de cent kilomètres et est lui-même surchargé. Face à cette situation, un conseiller municipal, Gaël Roblin, militant de la gauche indépendantiste, a proposé de faire appel… à des médecins cubains, histoire de déclencher des réactions. Et il a obtenu le soutien de 56 maires. Une action surtout symbolique, mais qui illustre l’état déplorable des hôpitaux publics, en Bretagne comme ailleurs.

Le 6 décembre, une quinzaine de salariés de l’ancien Cora, devenu Carrefour après son rachat, se sont rassemblés devant l’hypermarché de Metz Borny. Leur message est clair : « On met une belle enseigne flambant neuve, mais à l’intérieur rien ne change ! » Un écran de fumée : Alexandre Bompard, PDG du groupe, a profité de la fusion-acquisition pour tirer avantage… des moins bonne conditions des contrats Cora ! Les travailleurs et travailleuses dénoncent le maintien de l’ancienne grille salariale, en deçà de celle des autres magasins, et réclament une mise à niveau. Ils craignent aussi la franchisation annoncée qui morcellera les accords entre sites et précarisera les conditions de travail. Pourtant, les employés refusent de céder au découragement. Pétitions, caisse de solidarité, soutien de nombreux passants… Une perspective évoquée pour rompre l’isolement : faire front en se joignant à la mobilisation du 12 décembre !

Lors d’une visite en Uruguay, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a annoncé avoir finalisé l’accord de libre échange avec le Mercosur, une entente tarifaire et douanière qui regroupe plusieurs pays d’Amérique du Sud (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay, Bolivie, Panama). Le chancelier allemand Olaf Scholz s’est aussitôt réjoui de l’aboutissement des négociations, bientôt rejoint par Madrid, alors que, de son côté, Macron faisait savoir son opposition totale. Il a d’ailleurs indiqué qu’il avait entamé des discussions avec plusieurs pays, dont la Pologne et l’Italie, pour tenter de former une minorité de blocage qui ferait capoter un texte qui, il faut le rappeler, est en discussion… depuis 25 ans. En fait dès qu’ils estiment que leurs intérêts vitaux sont en jeu, les États capitalistes européens pratiquent le chacun pour soi. L’Europe est unie… mais pas trop.

L’Unicef, l’agence onusienne pour l’enfance, a lancé un appel aux dons de 9,9 milliards de dollars (9.4 milliards d’euros) pour aider en 2025 des millions d’enfants victimes de conflits et de crises à travers le monde.  « L’ampleur des besoins humanitaires des enfants est à un niveau historique, avec plus d’enfants touchés chaque jour », a alerté la patronne de l’Unicef, Catherine Russell dans un communiqué. « Nous estimons que 213 millions d’enfants dans 146 pays et territoires auront besoin d’aide humanitaire au cours de l’année 2025 », a-t-elle ajouté. L’aide est principalement destinée à l’accès aux soins de santé primaire, à l’eau potable et à l’éducation, à la détection de la malnutrition, ou encore au soutien psychologique et à la prévention des violences basées sur le genre. Cet appel ne couvre qu’une petite partie seulement de ces besoins, et aiderait environ 109 millions d’enfants. Mais il n’est pas sûr qu’il soit entendu. Car, dans un passé récent, les grandes puissances, qui dépensent sans compter des centaines de milliards en armement de toutes sortes, se sont montrées réticentes à financer des aides, directes ou indirectes, aux populations en situation précaire, souvent de part leur faute. Car profits capitalistes riment rarement avec action humanitaire et solidaire.

Pendant la dernière décennie la fortune des milliardaires a plus que doublé au niveau mondial, constate la très sérieuse banque suisse UBS, affichant une croissance supérieure à celle des marchés boursiers. Entre 2015 et 2024 la fortune cumulée des milliardaires a augmenté de 121 % et leur nombre est passé de 1 757 à 2 682. En 2015, cette fortune globale cumulée s’élevait à 6 300 milliards de dollars (5 990 milliards d’euros) et, en 2024, elle est passée à 14 000 milliards de dollars (13 430 milliards d’euros). Dans le même temps, près de la moitié de la population mondiale vit avec moins de 6,85 dollars (6,34 euros) par jour, et une personne sur quatre, soit près de deux milliards d’hommes, de femmes et d’enfants, avec moins de 3,65 dollars  (3,46 euros). Des chiffres qui condamnent sans appel un système qui accumule une richesse insolente à un pôle et l’extrême pauvreté à l’autre.