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Brèves

L’actualité en bref

L’Observatoire des expulsions de lieux de vie informels (collectif qui regroupe plusieurs associations dont la fondation Abbé-Pierre, Médecins du monde, l’Association nationale des gens du voyage citoyens, etc.) note dans son sixième rapport annuel une hausse des opérations de délogement forcé des campements sauvages, bidonvilles et autres squats. Au total, 1 484 expulsions ont été recensées sur tout le territoire, du 1er novembre 2023 au 31 octobre 2024, une augmentation de 34 % par rapport à l‘année précédente. 68 % de ces expulsions se font « hors cadre légal » et, dans 94 % des cas, réalisées sans qu’un diagnostic préalable des vulnérabilités des habitants n’ait été réalisé, allant à l’encontre de l’instruction du 25 janvier 2018 encadrant la résorption des habitats informels. Elles ont été également accompagnées dans 87 % des cas par la destruction ou la confiscation des biens des habitants ainsi que des violences contre les personnes. Par ailleurs, l’Observatoire constate qu’afin de limiter les risques d’expulsions, ces personnes sont contraintes de s’invisibiliser en s’installant dans des environnements souvent nocifs pour leur santé : proximité de déchetteries et de sites industriels, bordures de routes, sols pollués, zones exposées aux intempéries, etc. Bref, à l’enfer de la misère quotidienne s’ajoute, pour ces pauvres parmi les pauvres, le harcèlement policier. Plus que jamais il faut être solidaires avec eux et affirmer qu’un toit est un droit pour tous.

Une centaine d’agriculteurs de la Confédération paysanne ont manifesté devant le Grand Palais, à Paris, où se tenait une réunion européenne de grands acteurs du commerce des céréales. Selon les journalistes présents, le rassemblement se déroulait dans le calme jusqu’à l’intervention des forces de l’ordre. La police a bloqué les paysans pendant plus d’une heure, donnant lieu à des bousculades et à des heurts. Cinq manifestants ont été interpellés et placés en garde de vue. La Confédération paysanne, syndicat agricole classé à gauche, a souligné la différence de traitement qu’elle subit de la part du ministre de l’Intérieur, qui matraque et arrête ses membres mais laisse ceux de la FNSEA, principale organisation du monde agricole liée à l’agro-business, à la droite et au gouvernement, déverser des pneus et des tombereaux de fumier devant les préfectures, bloquer les routes ou souder les grilles de l’Office français de la bio-diversité. Ce qui ne donne lieu à aucune interpellation. On dit merci qui ?

Dans un rapport très documenté – qui s’appuie sur des recherches de terrain, des images satellites et des déclarations de hauts responsables israéliens – Amnesty International a accusé l’État d’Israël de « commettre un génocide » contre les Palestiniens dans l’enclave. L’ONG de défense des droits humains met en avant les trois actes constitutifs, selon elle, d’un génocide. Le premier est le meurtre d’un groupe ethnique donné, le second la disparition de plusieurs générations sous les bombes et le troisième l’imposition à la population de conditions de vie entraînant une mort lente, du fait notamment de la famine et du manque de soins. Agnès Callamard, la secrétaire générale de l’organisation, a déclaré lors d’une conférence de presse à La Haye : « Mois après mois, Israël a traité les Palestiniens de Gaza comme un groupe de sous-humains, indigne du respect des droits humains et de la dignité, démontrant son intention de les détruire physiquement. » Pendant ce temps, les pays riches, dont la France, continuent de soutenir la politique de l’État d’Israël.

Le Crédit commercial de France (CCF), propriété jusqu’en janvier dernier du groupe bancaire HSBC avant d’être revendu à My Money Group, contrôlé par le fonds de placement américain Cerberus, a annoncé un « plan stratégique 2025-2026 » qui va se traduire par 1 400 licenciements sur un effectif total de 3 900 salariés et la réduction d’un tiers du nombre de ses agences, qui passera de 235 à 151. Selon un communiqué de la direction de la banque « ce projet de transformation profonde » vise à « retrouver le chemin d’une croissance durable ». Pour maintenir à tout prix la rentabilité de leur établissement, les dirigeants du CCF se paient sur la bête, c’est-à-dire sur les travailleuses et les travailleurs. À elles et eux de taper du poing sur la table en se battant pour empêcher ces licenciements.

Henri Borland, survivant des enfants juifs de France déportés à Auschwitz, est décédé à l’âge de 97 ans. Le 15 juillet 1942 il avait été raflé avec son père, son frère Bernard et sa sœur Denise, 17 et 21 ans. Il sera le seul de sa famille à revenir du camp de la mort. Plus tard, devenu médecin, il racontera son expérience aux jeunes générations et les mettra en garde contre l’antisémitisme et le racisme. En 2005, il avait témoigné dans le documentaire de Patrick Rotman, Les Survivants, et, en 2011, il avait écrit un livre, Merci d’avoir survécu. La mémoire de ce terrifiant génocide, perpétré au nom du racisme, doit en effet être perpétuée.

À la fin du mois dernier, l’Ordre des médecins rendait publique une enquête sur les violences sexistes et sexuelles commises par des praticiens. Un rapport révélait une atmosphère inquiétante et délétère dans ce milieu. C’est maintenant au tour du Syndicat de la magistrature de dévoiler la prégnance des préjugés et des mêmes violences au sein de l’institution judiciaire qui est pourtant, en théorie, chargée de les sanctionner et de les combattre. Parmi les comportements rapportés par les victimes et les témoins, on trouve « des baisers forcés au tribunal, sur le lieu de stage ou dans un ascenseur, un maître de stage touchant la cuisse d’une auditrice, y compris pendant une audience, une personne en coinçant une autre contre un mur dans un couloir, ou encore des caresses non consenties sur les fesses ». Sans surprise, sur les 63 faits directement relatés par les victimes, 52 concernent des femmes (soit 82,5 %), et sur les 36 auteurs désignés dont le sexe a été précisé, 33 sont des hommes (soit 91,6 %). Par ailleurs, plus de 70 % des auteurs désignés avaient un lien hiérarchique ou d’autorité avec la victime, ce qui laisse supposer un climat d’impunité. Une image peu glorieuse donnée par la justice.

Macron a accordé un entretien exclusif à deux journalistes du média saoudien en ligne Arab News. Interrogé sur la situation au Moyen-Orient en général, et en Syrie en particulier, le locataire de l’Élysée a estimé que Bachar el Assad « menaçait la sécurité d’Israël et la stabilité du Liban ». On croit rêver. Jusqu’à preuve du contraire c’est l’État sioniste qui bombarde régulièrement la Syrie, et pas l’inverse, et c’est lui qui a mis le Liban à feu et à sang, sans doute pour contribuer à sa « stabilité ». Sans parler des massacres à Gaza. Le cynisme de Macron est dans la droite ligne de celui des autres dirigeants impérialistes, soutiens indéfectibles d’Israël, leur meilleure carte dans la région.

Narges Mohammadi, 52 ans, militante maintes fois condamnée et emprisonnée depuis 25 ans pour son engagement contre le voile obligatoire pour les femmes et contre la peine de mort, a été provisoirement libérée pour raison de santé de la prison d’Evin, dans le nord de Téhéran. Pendant sa détention elle avait continué son combat et avait diffusé en mars un message audio depuis sa cellule dans lequel elle dénonçait une « guerre à grande échelle contre les femmes » dans la République islamique. En juin dernier, elle avait été condamnée à une nouvelle peine d’un an de prison pour « propagande contre l’État ». Elle avait refusé d’assister à l’audience de son procès après avoir demandé, sans succès, que celui-ci soit ouvert au public. Il y a trois semaines, elle avait subi l’ablation d’une tumeur et une greffe osseuse et son état de santé est préoccupant. Elle a déjà passé une dizaine d’années en prison et l’an dernier s’était mise en grève de la faim. Considérée comme une « détenue d’opinion » par Amnesty International, elle s’est vue remettre le prix Nobel de la paix l’an dernier. Ses soutiens demandent sa libération immédiate et sans condition.

Un Palestinien a été blessé et plusieurs bâtiments incendiés dans deux localités du nord de la Cisjordanie lors d’attaques de colons israéliens. Les violences ont eu lieu à Huwara, au sud de Naplouse, où une maison et deux voitures ont été incendiées, ainsi qu’à Beit Fourik, à l’est de la ville, où un entrepôt et deux voitures ont été brûlées. Les colons entendaient ainsi « se venger » contre le fait que l’armée avait démantelé des baraquements provisoires qu’ils avaient érigés près de Beit Fourik. Huit colons ont été arrêtés, suspectés notamment d’avoir attaqué les forces de l’ordre et causé des dommages matériels, selon un communiqué commun de la police et du Shin Bet, le service de renseignement intérieur. Cela dit, ils ne risquent pas grand-chose. Car non seulement la justice est généralement clémente à leur égard mais, il y a quelques semaines, le gouvernement israélien a annoncé qu’à l’avenir la détention administrative – qui permet de détenir sans jugement une personne soupçonnée de crimes ou de délits graves – ne s’appliquerait plus aux colons juifs mais uniquement aux Arabes. Un pas de plus dans la voie de l’apartheid.