Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

La Cour d’appel de Bruxelles a condamné l’État belge en tant qu’ancien pouvoir colonial au Congo (aujourd’hui république démocratique du Congo) pour l’enlèvement et le placement forcé d’enfants métis. Renversant le jugement de première instance prononcé en 2021, la cour a estimé que les faits n’étaient pas prescrits, et que ces « enlèvements systématiques » basés sur l’origine constituaient un « crime contre l’humanité ». Ce procès est le premier dans le pays à mettre en lumière le sort réservé aux enfants métis nés dans les anciennes colonies belges d’Afrique (Congo, Rwanda, Burundi). La plupart d’entre eux n’étaient pas reconnus par leur père blanc et ne devaient se mêler ni aux Blancs, ni aux Africains. À l’âge de deux, trois ou quatre ans, ils étaient retirés de force à leur famille maternelle pour être placés dans des institutions généralement gérées par l’Église catholique et envoyés plus tard en métropole. Ces enlèvements d’enfants, encouragés par les autorités, se sont poursuivis pendant des décennies.

L’offensive militaire menée par les rebelles islamistes dans le nord du pays leur a permis, pour la première fois depuis 2011, de s’emparer d’Alep, la seconde ville syrienne, et de vastes régions aux alentours. Cette opération fait craindre une reprise des hostilités après une guerre civile qui a ravagé le pays pendant dix ans, fait au moins 500 000 morts et contraint 6,6 millions de personnes à fuir le pays, notamment vers la Turquie, le Liban, la Jordanie, l’Irak et l’Égypte. Mais, au-delà des appels traditionnels hypocrites des États-Unis et de l’Union européenne à « tous les pays » à œuvrer pour une « désescalade », il est probable que, non seulement la Turquie, mais Israël et les États-Unis appuient les insurgés. En effet, l’assaut lancé en commun par des groupes islamistes et d’autres soutenus par la Turquie (membre de l’Otan) n’a été rendu possible que du fait de l’affaiblissement des deux soutiens traditionnels de Bachar al Assad : la Russie et l’Iran. La première a rapatrié de Syrie une partie de son aviation pour les envoyer sur le front ukrainien. Quant aux dirigeants iraniens, après les pertes subies par le Hezbollah, leur allié libanais, ils font face à des attaques et à des menaces croissantes de la part d’Israël qui les occupent désormais en priorité. Tout cela souligne un peu plus l’isolement d’Assad, dont le régime dictatorial est bien utile aux grandes puissances lorsqu’il s’agit de réprimer les soulèvements populaires, mais dont Washington et ses alliés veulent décourager toute velléité de jouer plus avant la carte russe dans un Moyen-Orient largement dominé par l’impérialisme américain.

Aude, aide-soignante en France depuis plus de neuf ans n’arrivait pas à obtenir le renouvellement de son titre de séjour, comme bien trop de travailleurs. Ces démarches administratives, très longues et complexes, sont le lot commun et se soldent souvent par des échecs ou des promesses de rendez-vous renvoyés aux calendes grecques… Pourtant ,Aude et ses collègues ont trouvé la solution : elles se sont mobilisées devant la sous-préfecture de la Tour-du-Pin, en blouses blanches et à plus d’une dizaine, pour réclamer le renouvellement du titre de séjour. Et là… miracle ! La sous-préfecture a assuré dans l’heure à Aude qu’elle aurait son récépissé sous moins de 48 heures, alors qu’elle faisait des demandes… depuis le mois d’avril. 

Comme quoi, pour aider nos collègues privés de droits et de papiers, le chemin est simple : celui de la solidarité et de la mobilisation.

… d’après le bulletin CHU Grenoble

Le tribunal correctionnel de Fort-de-France a condamné à dix mois de prison ferme aménageable le leader du mouvement contre la vie chère en Martinique, Rodrigue Petitot, dit « Le R ». président du Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens (RPPRAC), et, à ce titre, leader du mouvement « anti-vie chère » qui secoue l’île. Depuis des mois, Petitot est devenu la bête noire des autorités. Il a été reconnu coupable « d’intimidation » à l’encontre des maires martiniquais pour leur avoir demandé de fermer leurs mairies en signe de solidarité avec le mouvement de protestation. Depuis début septembre, le RPPRAC réclame l’alignement des prix des produits alimentaires vendus en Martinique sur ceux pratiqués dans l’Hexagone. Mais, peu désireux de toucher aux profits faramineux des grandes familles békés qui contrôlent le commerce, les autorités préfèrent recourir à la répression. Solidarité avec la population martiniquaise et liberté pour Petitot !

Le président américain s’est dit « dévasté et indigné » par la mort d’un soldat israélo-américain Omer Neutra, tué le 7 octobre 2023 lors de l’attaque du Hamas sur Israël et dont le corps aurait été emporté à Gaza. Le même jour, au Caire, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, lors d’une conférence visant à accélérer l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, déclarait : « Gaza compte désormais le plus grand nombre d’enfants amputés par habitant dans le monde, beaucoup perdant leurs membres et subissant des interventions chirurgicales sans anesthésie. Ce à quoi nous assistons pourrait bien être l’un des crimes internationaux les plus graves. » Mais là, cela ne semble pas spécialement indigner le locataire de la Maison-Blanche.

Macron effectue une visite officielle de trois jours en dans le royaume wahhabite, accompagné d’une cinquantaine de patrons de grands groupes (EDF, Total, Veolia…) et de start-ups. Son but est, à la fois, de rechercher de nouveaux marchés et de tenter de positionner ses industriels dans la future reconstruction d’un Moyen-Orient en proie à la guerre. Mais, au-delà, tout fier d’avoir apposé sa signature avec celle de Washington au bas du communiqué annonçant une trêve dans la guerre que mène Israël au Liban, il veut tenter de faire regagner un peu de lustre à la diplomatie française qui ne joue plus guère de rôle dans la région. Ce n’est pas gagné. En attendant, il fait les yeux doux à Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, monarque sanguinaire à la tête d’un des régimes les plus répressifs de la région mais dont l’immense richesse fait, aux yeux du locataire de l’Élysée, quelqu’un de tout à fait fréquentable.

Après deux ans de pourparlers, les représentants de plus de 170 pays, réunis à Busan, en Corée du-Sud, ne sont par parvenus à s’entendre pour parvenir à un traité mondial contre la pollution plastique que l’on retrouve partout, du fond des océans aux nuages en passant par le corps humain. Selon une étude de l’OCDE, cette pollution, qui représentait 400 millions de tonnes en 2019, pourrait atteindre 1,2 milliard de tonnes d’ici 2060. Menés par la Russie, l’Iran et l’Arabie saoudite, les pays gros producteurs de pétrole (qui sert à fabriquer les plastiques), ne veulent pas entendre parler de limitation de la production mais simplement du traitement et du recyclage des déchets. Ce qui ne résoudra en rien le problème de fond. Mais la société capitaliste, dans ses différentes variantes, n’agit qu’en fonction de ses profits, pas de la bonne santé de la population et de son environnement.

Cinq ans et demi après l’incendie de la cathédrale, les deux juges d’instruction chargés de l’enquête sont quasiment sûrs que le feu a été déclenché par un court-circuit dû à des câbles électriques installés par le clergé en 2007 malgré les réserves de l’architecte en chef des monuments historiques. Cette installation provisoire était destinée à électrifier des petites cloches installées au-dessus de la croisée du transept afin de prendre provisoirement le relais des carillons des tours alors en chantier. Mais, à la fin des travaux, les responsables avaient oublié de couper le courant. Circonstance aggravante : pour cause d’économie, le service de surveillance incendie était assuré par un seul agent. Les juges ont donc dans leur dossier de quoi inculper du beau linge pour « dégradations involontaires par incendie, par violation manifestement délibérée d’une obligation de prudence ou de sécurité ». Mais, à quelques jours de la réouverture officielle en grande pompe de la cathédrale, mettre en examen les anciens archevêques de Paris et les responsables de l’époque de la Direction régionale des affaires culturelles ferait mauvais genre et jetterait un froid. Donc on attend.

Biden vient de profiter de ses derniers jours à la Maison-Blanche pour gracier son fils Hunter. Le rejeton présidentiel, 54 ans, était sous le coup de deux menaces de condamnation à la prison ferme. L’une pour détention illégale d’armes et de drogue, l’autre pour fraude fiscale. Cette grâce présidentielle rend un grand service à Trump qui va pouvoir se réclamer de ce précédent pour gracier tous ses copains, à commencer par ceux qui avaient envahi le Capitole pour contester l’élection de Biden. D’ailleurs, à la fin de son précédent mandat, Trump avait déjà gracié ses proches, dont le père de son gendre. La seule alternative à ce népotisme dégoûtant serait l’irruption des travailleurs sur la base de leurs intérêts que ne défendent ni les Républicains ni les Démocrates.