Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Carlos Tavares vient de démissionner de son poste de PDG de Stellantis sous la pression du conseil d’administration. Stellantis, quatrième constructeur automobile mondial, compte 14 marques et 250 000 salariés. Officiellement, on lui reprocherait des méthodes brutales. Pourtant, ces méthodes ne dérangeaient pas jusqu’ici les actionnaires et administrateurs du groupe quand celui-ci réalisait des « bénéfices historiques » en 2023. C’est quand il a annoncé que les marges allaient retomber à 5 % ou 7 %, ce qui est déjà considérable, qu’ils se sont alarmés. Qu’on ne s’inquiète pas pour lui : on ne connait pas encore avec précision ses indemnités de départ, mais elles s’élèveront à plusieurs dizaines de millions.

Profitant de l’affaiblissement des alliés du dictateur de Syrie Bachar el-Assad, les groupes djihadistes réfugiés dans la région d’Iblid viennent de s’emparer de la ville d’Alep. Ces djihadistes seraient sponsorisés par la Turquie, qui espère s’emparer de régions frontalières et neutraliser les nationalistes kurdes, et en sous-main par les États-Unis et Israël qui bombarde régulièrement la Syrie. Cette offensive réjouit visiblement un certain nombre de politiciens et de médias d’ordinaire connus pour leur islamophobie. On nous passe par exemple des reportages d’habitants d’Alep heureux d’avoir été « libérés ». Il est pourtant à craindre que la dictature des héritiers d’Al-Qaïda ne soit pas moins féroce que celle d’Assad. Entre la peste et le choléra, il n’y a pas de bon choix possible. Seuls les travailleurs et les peuples du Moyen-Orient auraient les moyens de changer leur sort en se mobilisant à la fois contre les intégristes religieux et les dictatures militaires.

Nous étions 3000 le 25 novembre rassemblés devant l’hôtel de région des Pays de la Loire, avec les professionnels de la culture et les associations ciblées par la coupe budgétaire prévue par la présidente de région, Christelle Morançais. Alors que l’État demande aux collectivités 40 millions d’économies, elle fait dans la surenchère et en propose 100 millions. Une belle occasion pour cette élue de droite radicale de taper dans les budgets de la culture, du sport et de l’égalité femmes-hommes. Des secteurs dont les actions promeuvent l’émancipation et l’épanouissement des individus.

Le sport et la culture ne doivent pas être réservés à une poignée de riches. La lutte pour l’égalité hommes-femmes ne doit pas être une variable d’ajustement. La richesse de ce pays, c’est nous qui la produisons, à nous de décider ce qu’on en fait !

… d’après le bulletin Caisse d’allocations familiales de Loire-Atlantique (Nantes)

Les puissances occidentales se sont réjouies du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, entré en vigueur le 27. Le ministre français des Affaires étrangères se félicite même d’un « succès de la diplomatie française ». Mais cet accord, précédé par des bombardements d’une violence inédite dans le centre de Beyrouth, est loin d’être un pas vers la paix. Pour Netanyahou, qui estime avoir suffisamment affaibli l’ennemi, c’est surtout une manière de reconcentrer les opérations sur Gaza et la Cisjordanie. Et dès les jours suivants, Israël a violé son propre accord, en menant de nouvelles frappes au Liban ! Pour l’arrêt du massacre, le minimum serait un cessez-le-feu inconditionnel et immédiat, la fin de la colonisation et le retrait des troupes israéliennes du Liban !

Plus d’un an de massacres génocidaires contre la population de Gaza, avec plus de 42 000 morts. Deux mois de bombardements au Liban, qui ont fait au moins 2 800 morts. Et malgré l’annonce d’un cessez-le-feu, l’armée israélienne continue à frapper. En Cisjordanie, la politique de colonisation de l’État d’Israël s’accélère. Pour dire notre opposition à la politique guerrière de Netanyahou, il faut amplifier la mobilisation. Soyons nombreuses et nombreux aux manifestations du 7 décembre.

Dans les écoles primaires et maternelles, la grève du 5 décembre prochain s’annonce comme un succès. Un peu partout, les grévistes s’adressent aux parents par des tracts qui disent à propos du passage de un à trois jours de carence en cas d’arrêt maladie d’un salarié du public, par exemple : « C’est un alignement entre le public et le privé, mais avec la suppression des jours de carence pour toutes et tous, que nous voulons gagner. »

Le Tchad a annoncé rompre ses accords de défense avec la France et, qu’en conséquence, ses troupes devraient quitter le pays. C’est le dernier en date des pays africains à prendre cette décision après le Mali, le Burkina Faso et le Niger. On peut évidemment fortement douter de la sincérité des sentiments anti-colonialistes du président Mahamat Idriss Déby, longtemps homme-lige de la Françafrique, ainsi que ceux de ses voisins arrivés au pouvoir après une série de coups d’État. Si ces décisions comportent une bonne part d’opportunisme, il est incontestable que le départ des contingents français suscite l’approbation, voire l’enthousiasme, des peuples concernés. Car ils n’ont toujours pas digéré les décennies de féroce domination post-coloniale de l’impérialisme français. Aujourd’hui ses troupes s’en vont. Bon débarras !

Les présidents des conseils de surveillance des 32 Centres hospitaliers universitaires (CHU) viennent d’écrire au Premier ministre pour attirer son attention sur « la situation financière inquiétante » de ces établissements. Leur déficit cumulé est passé de 200 millions d’euros en 2021 à 1,1 milliard d’euros en 2024. En cause « de nouvelles charges exceptionnelles » au moment où les établissements « étaient eux-mêmes fragilisés par les effets induits par la crise Covid ». Conséquence : sans une aide conséquente de l’État ils seront incapables de mettre en œuvre les projets de rénovation des grandes infrastructures qui se détériorent rapidement. Un autre exemple de la grande misère de l’hospitalisation publique.

Préoccupé avant tout de sauver son gouvernement d’une éventuelle motion de censure, Michel Barnier vient de faire un nouveau geste en direction du Rassemblement national. Il a fait savoir qu’il avait décidé de baisser le nombre de soins accessibles grâce à l’aide médicale d’État, qui concerne essentiellement les étrangers en situation irrégulière et leur permet de bénéficier d’un accès gratuit aux soins. L’économie réalisée par cette mesure scélérate sera minime mais atteindra en priorité les plus fragiles. Un condensé de la politique sociale du gouvernement.