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Brèves

L’actualité en bref

À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, un rapport de l’ONU alerte sur les féminicides. En 2023, au moins 85 000 femmes ont été tuées de manière intentionnelle. Parmi les victimes décomptées par l’étude à travers le monde, 60 % ont été tuées par leur conjoint ou d’autres membres de leur famille. En un an, cela représente 140 femmes chaque jour, une toutes les dix minutes. Le rapport souligne que de nombreuses victimes ont signalé des violences physiques, sexuelles ou psychologiques avant leur mort sans que les autorités interviennent. Les féminicides ne sont que l’aspect ultime des violences sexistes et sexuelles subies par les femmes dans tous les pays et qu’il s’agit de combattre sans relâche dans les familles, à l’école, sur les lieux de travail, dans la sphère culturelle et sportive et partout ailleurs dans la société.

178 pays viennent d’entamer à Busan, en Corée du Sud, le dernier cycle des négociations sur un traité mondial contre la pollution plastique. Ils sont supposés s’entendre sur des sujets tels que le plafonnement de la production de plastique, l’interdiction éventuelle de substances chimiques toxiques ou encore le financement des mesures qui seront prévues par le futur traité. Tout le monde s’accorde pour reconnaître la gravité du problème. La pollution plastique est si répandue qu’elle a même été détectée dans les nuages, dans les plus profondes fosses océaniques, et dans pratiquement toutes les parties du corps humain, y compris le cerveau et le lait maternel. Plus de 90 % du plastique n’est jamais recyclé, et plus de 20 millions de tonnes finissent chaque année dans la nature. Mais il y a fort peu de chances que cette conférence aboutisse à un résultat concret, nombre de pays voulant limiter le débat au seul traitement des déchets plastique sans remettre en cause sa production car cela met en jeu des centaines de milliards d’euros. Après l’échec de la dernière COP29 sur le climat, on s’achemine donc vers un nouvel échec, compensé par quelques déclarations lénifiantes qui n’engageront à rien. Ce n’est ne pas seulement du plastique qu’il faut préserver la planète, mais du capitalisme.

Un policier marseillais a été condamné à huit mois de prison avec sursis pour avoir tabassé un manifestant deux ans plus tôt. L’homme participait à une manifestation dans la cité phocéenne le 24 décembre 2022, au lendemain de l’assassinat de trois militants kurdes à Paris. La victime avait eu le nez fracturé et souffrait d’une amnésie partielle qui faisait qu’il ne se rappelait plus de son agression. De plus, après coup, le policier avait rédigé un faux procès-verbal d’interpellation. Au cours des débats, la procureure était venue à son secours en estimant que l’interpellation était justifiée mais disproportionnée et que le policier était « de bonne foi ». Le policier, aujourd’hui en poste à Bobigny (Seine-Saint-Denis), a également une interdiction d’exercer sur la voie publique pendant un an. Il avait déjà été condamné, le 31 mai dernier, par la même chambre correctionnelle, à six mois de prison avec sursis pour des faits similaires, cette fois-là sur un jeune couple en marge d’une manifestation pour les retraites. Là encore il avait matraqué « de bonne foi ». L’enfer policier est toujours pavé de bonnes intentions.

Après plus d’un an de massacres génocidaires contre la population de Gaza et d’accélération de la colonisation en Cisjordanie, l’État d’Israël attaque maintenant aussi toute la population du Liban. Des villages, des camps de réfugiés et des centre-villes densément peuplés sont bombardés, faisant plus de 2 800 morts, qui s’ajoutent aux plus de 42 000 morts de Gaza. En France, la mobilisation reprend, en particulier dans les universités, étendons la lutte !
Tous et toutes aux manifestations du 7 décembre !

Sourires, étreintes et apartés complices, Macron et Milei n’ont pas été avares de démonstrations d’amitié avant et pendant le G20. Pas étonnant, ils sont tous les deux artisans d’une politique de coupes drastiques dans les services publics. Cette comédie a continué durant tout le forum entre les représentants des vingt pays les plus riches du monde. En fin de compte et au bilan : quelques déclarations creuses qui n’engagent à rien. Ces dirigeants qui s’entendent si bien peuvent certes être parfois concurrents, voire adversaires, mais ils connaissent leurs priorités : faire perdurer leur ordre d’exploitation et de misère.

En marge de la réunion du G20 à Rio-de-Janeiro, Macron a déclaré que les Haïtiens étaient « complètement cons » pour avoir limogé leur Premier ministre et, qu’en outre, ils étaient responsables de la misère de leur île, « oubliant » au passage que l’ex-puissance coloniale, la France, avait imposé le paiement d’énormes réparations au pays, lors de l’indépendance, en 1804, dont les remboursements avaient continué… jusqu’en 1952. Insultes et mépris, voilà ce que tient en réserve la bourgeoisie française à destination des travailleurs et des peuples qu’elle exploite dans le monde entier et qui sont la source de sa richesse.

Le locataire de l’Élysée est décidément un habitué des petites phrases dégradantes. Quelques jours avant la réunion du G20, lors d’un discours devant l’Académie française à l’occasion de la sortie du nouveau dictionnaire, il avait affirmé : « Les langues régionales sont un instrument de division », ce qui a choqué, à juste raison, des millions de locuteurs et militants qui œuvrent pour la sauvegarde de ces 25 langues menacées, du breton au basque en passant par l’alsacien, le flamand, le corse, le béarnais et autres. Toutes font partie de la richesse culturelle du pays. Mais que Jupiter, adepte par ailleurs du franglais, fasse preuve d’une mentalité franchouillarde n’étonne plus personne.

Macron adore les cérémonies solennelles au cours desquelles il peut se mettre en scène avec décorum, sans craindre la contradiction, en attirant la lumière sur lui. Il va donc recommencer. À l’occasion des célébrations du 80e anniversaire de la libération de Strasbourg, il a annoncé que le grand historien et résistant Marc Bloch allait entrer au Panthéon. Issu d’une famille juive alsacienne, fondateur avec Lucien Febvre des Annales d’histoire économique et sociale en 1929, il a renouvelé en profondeur le champ de la recherche historique en l’étendant à la sociologie, la géographie, la psychologie et l’économie. Arrêté et torturé, il a été exécuté par la Gestapo le 16 juin 1944. Mais sa famille avait mis une condition avant de donner son accord : « [que] l’extrême droite, dans toutes ses formes, soit exclue de toute participation à la cérémonie. » Cela pour éviter que ne se reproduise ce qui était arrivé lors de la panthéonisation du résistant PCF, Missak Manouchian, où Marine Le Pen était présente avec une délégation du Rassemblement national. Mais c’est un peu la loi du genre. Car ce type cérémonie est toujours l’occasion d’une débauche de déclarations patriotardes, de drapeaux tricolores et de Marseillaises, quelle que soit par ailleurs la valeur de la personnalité que l’on honore. Très peu pour nous…

La ville bretonne célèbre ces jours-ci et jusqu’au début janvier le centième anniversaire de la grève des ouvrières des conserveries de sardines qui dura six semaines et aboutit à une victoire. Débuté le 21 novembre 1924 pour réclamer une augmentation de salaire, le mouvement entraina jusqu’à 2 000 personnes. Pour tenter d’en venir à bout, les patrons firent venir des briseurs de grève de Paris, certains armés. De leur côté celles que l’on appelait « Pen Sardin » (têtes de sardine) reçurent l’appui de la CGT unitaire, syndicat révolutionnaire à l’époque, animé notamment par des militants du tout jeune Parti communiste et des anarchistes. Pendant plusieurs semaines, la grève fut largement relayée par la presse nationale et eut un retentissement dans tout le pays. Les sardinières demandaient une augmentation de 20 centimes de l’heure alors qu’elles étaient payées 80 centimes, contre 1,5 franc pour les ouvrières non qualifiées en région parisienne. Les patrons finirent par céder le 6 janvier 1925, accordant l’augmentation demandée, signant un contrat collectif et acceptant de majorer les heures de nuit. Et la mémoire de cette lutte est toujours vivante, bien au-delà de la Bretagne.