Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Manuel Valls, ex-Premier ministre socialiste à Paris devenu macroniste, puis ex-candidat centriste à la mairie de Barcelone, refait parler de lui après être resté dans l’ombre pendant de longs mois, faute d’avoir réussi un come-back politique. C’est Mediapart qui l’a révélé. Il a été recruté l’été dernier comme consultant pour le royaume de Bahreïn, un État pétrolier du golfe Persique, autocratique et féodal qui applique la charia, la loi religieuse islamique. Comme l’a rappelé à maintes reprises Amnesty International, les droits démocratiques y sont bafoués et les opposants emprisonnés. Mais Valls n’en a cure, dans la mesure où il est grassement payé pour mettre ses réseaux à la disposition du souverain. Ainsi pour un séjour de trois jours dans cet émirat, il a touché pas moins de 30 000 euros versés par une entreprise offshore, enregistrée à Hong Kong sous un prête-nom, pour masquer ses propriétaires. Tout ça sent la magouille et l’évasion fiscale. Bon appétit quand même !

En cette fin d’année, la direction de Stellantis Borny a décidé la fermeture d’un atelier sur deux. Pour faire passer la pilule, la plupart des salariés affectés à ces ateliers sont poussés vers la coentreprise (joint-venture) E-Transmissions avec changement de contrat. À Tremery, même stratégie de la direction avec la coentreprise Emotors. Ces coentreprises appartiennent à 50 % à Stellantis et se trouvent à l’intérieur des usines Stellantis. Leur seul intérêt est donc le suivant : tenter de casser, au sein même d’une usine, les liens entre salariés, syndicats et conquis sociaux. Pour faire simple, Stellantis utilise ces coentreprises pour mettre en place son plan social qui entend, à terme, supprimer pas loin de 3000 emplois sur les deux sites.

Face à ça, travailleurs et travailleuses doivent construire une solidarité ouvrière qui pourra unir les luttes contre les licenciements, que ce soit au sein même des sites Stellantis, mais aussi entre les sites de la boite et avec les sous-traitants. Contre la rapacité des capitalistes, solidarité ouvrière !

… d’après le bulletin auto (Lorraine)

Dans les trains Ouigo il est désormais interdit d’avoir, en plus de son bagage à main, plus d’une valise avec soi (55 × 35 × 25 maximum !) à moins de payer cinq euros de plus, sans quoi un contrôleur vous en fera payer quinze. Les prix des billets ne sont-ils pas déjà suffisamment élevés ? Le tout sous l’œil attentif d’une équipe de la sécurité ferroviaire, gros bras armés chacun d’un pistolet automatique, d’une gazeuse et d’une matraque télescopique. Vont-ils faire feu sur les usagers refusant de payer toujours plus ?

Alors que la liste des plans de licenciement s’allonge, le gouvernement Barnier veut faire 400 millions d’économies supplémentaires sur le budget de l’assurance chômage. C’est aux séniors et aux frontaliers cette fois-ci qu’il s’attaque : l’âge pour toucher une indemnisation longue est relevé de deux ans dans la foulée de la réforme des retraites qui a porté l’âge de départ de 62 à 64 ans. Les frontaliers ne seront plus indemnisés sur la base du salaire du pays où ils travaillent, souvent plus élevé. Et pour finir, tous les chômeurs vont perdre cinq à six jours d’indemnisation par an. Et il se trouve des directions syndicales pour signer de tels reculs alors que c’est dans les profits des groupes capitalistes et dans la poche des riches qu’il faut taper !

Rodrigue Petitot, le président du collectif qui a lancé une mobilisation populaire contre la vie chère début septembre, a été interpellé et placé en garde vue pendant 48 heures avant d’être relâché. Au terme d’une audience de près de cinq heures, le tribunal de Ford-de-France a rejeté la demande de placement en détention provisoire faite par le ministère public. Petitot, dit « Le R », reste cependant sous contrôle judiciaire et son procès a été fixé au 21 janvier 2025. Avec trois autres militants, dont une qui filmait la scène pour la diffuser en direct sur les réseaux sociaux, il avait tenté de rencontrer à la résidence du préfet François-Noël Buffet, le ministre chargé des Outre-mer, qui effectuait un déplacement de quatre jours en Martinique. Il en avait été empêché physiquement par le préfet, qui aujourd’hui l’accuse de violences contre une personne dépositaire de l’autorité publique, d’actes d’intimidation et d’outrage. « Je n’ai agressé personne. Je n’ai violé aucun domicile : on a été autorisés à entrer », a-t-il affirmé lors de l’audience en appelant à poursuivre la lutte.

Le ministre de la Fonction publique, Guillaume Kasbarian, axe depuis des semaines une communication parfaitement démagogique sur l’absentéisme supposé exagéré des fonctionnaires. D’où ses « solutions » de lutter contre ce « fléau » qui exploserait : porter à trois jours (contre un actuellement) le nombre de jours de carence et abaisser de 100 % à 90 % l’indemnisation des agents du service public lors d’arrêts maladie. Malheureusement pour lui, la direction générale de l’administration et de la fonction publique vient de révéler que les fonctionnaires se sont absentés 12 jours en moyenne en 2023, soit seulement 1,7 jour de plus que les salariés du privé (10,3 jours). Selon elle si les fonctionnaires demeurent légèrement plus absents que les salariés du privé, cela tient à deux facteurs : « Les effets de structure (davantage de femmes et des agents plus âgés) » ainsi que « la présence de métiers à forte pénibilité » (aides-soignantes, infirmières, agents d’entretien…) dans la fonction publique. De plus, elle constate que le nombre d’absences pour raison de santé est en baisse. Mais Kasbarian s’en moque, son seul but est de faire des économies sur le dos des fonctionnaires, l’absentéisme n’étant qu’un grossier prétexte.

Paris a demandé « des comptes aux autorités israéliennes » après la démolition du centre de l’Association al-Bustan dans le quartier de Silwan, peuplé en majorité d’une population palestinienne. Soutenu et financé par le ministère français des Affaires étrangères et 21 collectivités locales de l’Hexagone, ce centre « a fourni à plus d’un millier d’enfants et de jeunes des activités culturelles, sportives ainsi qu’un soutien scolaire et psychologique essentiel », a expliqué le porte-parole du Quai d’Orsay. Et au-delà de cette protestation platonique ? Rien, comme d’habitude. Cette destruction s’inscrit dans la volonté du gouvernement israélien de « judaïser » les quartiers arabes de la ville en chassant la population d’origine. Un nettoyage ethnique qui se poursuit depuis des années.

Onze entreprises de presse viennent de racheter l’École supérieure de journalisme (ESJ) de Paris, le premier établissement du pays dans cette branche et aussi le plus ancien puisqu’il a été créé en 1899. Parmi les repreneurs, on trouve quelques-uns des milliardaires qui ont déjà la main sur une bonne partie des médias du pays : Vincent Bolloré, Rodolphe Saadé, Bernard Arnault et la famille Dassault. Les nouveaux propriétaires ont aussitôt nommé à la tête de l’établissement Vianney d’Alançon, un entrepreneur lyonnais, connu pour ses convictions catholiques intégristes. Cependant Nassira El Moaddem, journaliste pour le site spécialisé dans la critique médias, Arrêt sur images, tient à mettre les choses en perspective en déclarant : « L’ESJ Paris n’est pas reconnue par la profession et le journalisme d’excellence n’y a pas sa place depuis longtemps. Demandez aux étudiants et aux professionnels qui y sont passés. En revanche, l’objectif politique d’une telle démarche est clair. » Un objectif qui se résume à former des journalistes biens pensants et aux ordres, capables d’intégrer sans état d’âme la presse la plus réactionnaire.

La Commission européenne a été sommée de s’expliquer, devant le tribunal de l’Union européenne, à Luxembourg, sur des textos échangés entre sa présidente, Ursula von der Leyen, et Albert Bourla, le patron des laboratoires géants Pfizer, à propos des commandes de 300 millions de doses de vaccins contre le Covid-19 en 2021. Ces commandes, et celles passées à d’autres laboratoires, se chiffraient en dizaines de milliards d’euros et ont été négociées en toute opacité. C’est le quotidien The New York Times qui avait levé le lièvre il y a trois ans en invoquant un règlement européen de 2001 pour demander l’accès à ces documents. Mais la Commission européenne avait refusé de s’exécuter affirmant à l’époque « avoir égaré » ces textos, selon elle sans importance, qui sont toujours introuvables. Le journal new-yorkais avait alors porté plainte au nom de la liberté d’informer, liberté qui se heurte une nouvelle fois au sacro-saint secret commercial, même lorsque c’est de l’argent public qui est en jeu.