Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Plusieurs sites avec des taux de grévistes entre 30 et 50 %, des piquets de grève devant plusieurs sites, une certaine de collègues réunis devant la direction générale : la journée du 12 novembre est réussie ! La colère est bien là, face à la politique de la direction générale qui préfère arroser par millions les boîtes privées plutôt qu’embaucher des conseillers ! Une délégation a finalement été reçue… Pas de réponse précise sur les salaires et seulement l’annonce que 120 agents en CDD obtiendraient un CDI au 1er janvier. Cette première journée (non relayée par l’intersyndicale nationale) est un point d’appui pour préparer la grève nationale du 5 décembre.

À l’occasion de la cérémonie du 11 novembre, le Premier ministre britannique et Emmanuel Macron ont déposé une gerbe sur la tombe du soldat inconnu et ravivé la flamme sous l’Arc-de-Triomphe à Paris. Cela pour célébrer le 106e anniversaire de l’armistice de 1918. Et s’il est de bon ton de mettre en avant le courage et le sacrifice des soldats, la Première Guerre mondiale fut avant tout une série de massacres qui coûtèrent la vie à neuf millions de civils et à dix millions de militaires dans les deux camps, firent vingt-et-un millions de blessés parmi les soldats et au moins autant parmi les civils, sans compter les disparus et les destructions sans nombre. Une guerre due à la volonté des grandes puissances capitalistes de se partager le monde, volonté qui conduisit la planète à une nouvelle boucherie 21 ans plus tard. Alors pour nous il n’y a vraiment rien à célébrer, sinon faire vivre la mémoire des militants internationalistes qui s’opposèrent à ces deux guerres tout en luttant pour le renversement du capitalisme.

La 29 conférence internationale des Nations unies pour le climat s’est ouverte à Bakou. 198 pays sont supposés s’accorder d’ici le 22 novembre sur des engagements permettant de limiter le réchauffement climatique. On peut toujours rêver. L’an dernier, la COP28, qui se déroulait à Dubaï, était présidé par Sultan Ahmed Al-Jaber, le PDG d’un grand groupe pétrolier local. Cette année, les débats seront placés sous la houlette de Mukhtar Babayev, le ministre de l’Écologie et des Ressources naturelles qui a aussi travaillé 16 ans pour la compagnie pétrolière nationale, la Socar. dans un pays qui tire historiquement ses revenus du pétrole et du gaz. La lutte contre les énergies fossiles est mal barrée…

L’ancien candidat à la présidentielle du 6 octobre en Tunisie, Ayachi Zammel, s’est vu infliger une nouvelle condamnation de 32 mois de prison, ce qui porte à 35 ans d’emprisonnement le total des peines prononcées à son encontre. Cet ingénieur, inconnu du grand public et ancien chef d’un petit parti libéral, avait osé se présenter contre le président sortant Kaïs Saïed, qui l’avait fait aussitôt emprisonner pour l’empêcher de faire campagne. Il avait malgré tout récolté 7,35 % des voix. Trois autres candidats avaient été disqualifiés. Depuis, les condamnations à l’encontre de Zammel s’accumulent, pour des pseudo « violations des règles électorales ». Des ONG tunisiennes et étrangères dénoncent depuis trois ans le président Kaïs Saïed pour notamment l’arrestation de plus d’une vingtaine d’opposants ainsi que de syndicalistes, militants de la société civile et journalistes.

Le chef spirituel des anglicans, Justin Welby, est sur la sellette. Il est accusé d’avoir camouflé un scandale qui a fait plus d’une centaine de victimes, essentiellement des garçons mineurs, abusés physiquement et sexuellement par un homme lié à l’institution religieuse. Entre les années 1970 et le milieu des années 2010, John Smyth, un avocat qui présidait une association caritative gérant des camps de vacances avec l’Église d’Angleterre, a agressé 130 garçons et jeunes hommes au Royaume-Uni puis en Afrique, notamment au Zimbabwe et en Afrique du Sud, où il s’était installé. Aujourd’hui décédé, il faisait par exemple venir de jeunes garçons à son domicile où il les battait avec une canne, parfois jusqu’au sang, invoquant des justifications théologiques. Des responsables de l’Église avaient eu connaissance des faits dès le début des années 1980 mais se sont tus dans le cadre d’une campagne de dissimulation. Car ce n’est pas un cas isolé. Cet été déjà avait été révélé le cas d’un prêtre pédophile qui s’était vu proposer une forte somme d’argent pour quitter ses fonctions. Aujourd’hui une pétition demande la démission de Welby. Mais c’est l’institution elle-même qui est gangrenée par la pédophilie, et ce depuis des siècles.

Les présidents de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, et du Sénat, Gérard Larcher, sont en terre calédonienne pour une mission dite « concertation » durant laquelle ils rencontrent les leaders loyalistes et indépendantistes. Ils discuteront de tout et de rien, en évitant la seule question qui vaille : celle de la reconnaissance du droit du peuple kanak à disposer de lui-même ce qui implique, dans un premier temps, le rapatriement des militants indépendantistes emprisonnés en métropole et la libération de toutes les personnes arrêtées depuis mai pour avoir protesté contre le projet de Macron d’élargir le corps électoral afin de diluer le vote kanak. Preuve que Paris refuse toujours la volonté des peuples autochtones de se défaire du joug de la puissance coloniale.

Michelin et Auchan viennent d’annoncer la suppression de plus de 3 600 emplois.
Michelin, qui annonce la fermeture des sites de Cholet (950 salariés) et de Vannes (300 salariés) avec 2 milliards de bénéfices net cette année n’est pas plus « en difficulté » que la famille Mulliez, propriétaire d’Auchan qui menace 2 500 emplois. Aucune de ces deux entreprises ne parle de délocalisations : gains de productivité, compétition internationale, augmentation et rentabilité suffisent à tout justifier.

Les annonces s’accumulent dans l’automobile, dans la chimie, l’aéronautique et la grande distribution. Pas moins de 150 000 emplois menacés en France… Tous en même temps, s’inquiètent le patronat et le gouvernement !

Alors oui, comme ils le redoutent, c’est bien le « tous ensemble » qui permettra aux ouvriers d’obtenir des indemnités acceptables, le maintien des sites et surtout des emplois. Entreprise par entreprise, site par site, ils risquent d’être vaincus. Mais en se coordonnant, ils pourraient construire un rapport de force qui rende crédible jusqu’à l’interdiction des licenciements !

Le Canard enchaîné a révélé que deux amendements au budget de la France doivent être validés par l’Union européenne. Il s’agirait de 141 millions d’euros d’aides à la compagnie qui dessert notamment les Antilles françaises. L’État abandonnerait les 103 millions de dettes de Corsair, et rajouterait 38 millions de crédit d’impôts. La compagnie a été rachetée par un groupe de patrons qui contrôlent déjà une bonne partie de l’économie, de la Guyane à la Guadeloupe en passant par la Martinique. Autant dire qu’ils n’ont pas besoin des aides de l’État.

Une foule d’au moins 130 000 personnes a manifesté dans les rues de Valence samedi soir, jusqu’aux portes de la Généralité, siège du gouvernement local. Aux cris de « assassins », « démission », les habitants, meurtris par les inondations dévastatrices de la semaine passée qui ont fait plus de 220 morts, ont exprimé leur colère face aux négligences des autorités dans la gestion de la crise. Chacun en pris pour son grade : le gouvernement local de droite qui a lancé l’alerte beaucoup trop tard, comme le gouvernement central socialiste qui n’a pas voulu prendre d’initiatives pour ne pas empiéter sur les plates-bandes du gouvernement régional, ou les patrons qui ont obligé leurs salariés à continuer à travailler malgré la tempête. Tout un monde qu’il faudra aussi déblayer, après la boue et les décombres.