Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le « cheminots-bashing » recommence dans les médias alors que les syndicats du secteur appellent à une journée de grève nationale le 21 novembre puis à une éventuelle grève reconductible mi-décembre. Les cheminots sont appelés à se battre contre de nouvelles attaques faites au nom de « l’ouverture à la concurrence » : celle-ci va mener à une dégradation des conditions de travail pour les cheminots concernés et au démantèlement de l’activité de fret ferroviaire de la SNCF, une complète aberration en pleine crise écologique. Un combat plus que légitime ! 

Après l’annonce de la fermeture du site, les travailleurs de Michelin à Cholet se sont mis en grève et ont refusé d’accueillir sur leur piquet le ministre de l’Industrie venu les rassurer… à moins que ce ne soit pour les « balader » comme l’ont scandé les grévistes avant de défiler dans la ville. Le site Michelin de Clermont-Ferrand leur a emboîté le pas avec une grève de soutien, histoire aussi de rappeler que le groupe a reçu 42 millions d’euros de l’État en 2023.

Aux élections de mi-octobre, le parti Frelimo – au pouvoir depuis 50 ans – l’a remporté officiellement à l’issue d’un scrutin unanimement jugé comme truqué et frauduleux par les observateurs. La colère a explosé : émeutes et manifestations secouent le pays, avec notamment une grande journée de mobilisation dans la capitale, Maputo, le 7 novembre. La réponse du régime a été sanglante. Plus de trente morts avant le 7 novembre, dont des assassinats ciblés de militants de l’opposition. Mais la détermination des manifestants n’est pas entamée. « Povo no poder » est devenu le slogan omniprésent sur les pancartes : « Le pouvoir au peuple ! »

Depuis un naufrage survenu le 23 octobre dans la Manche, qui avait fait officiellement trois victimes, la mer ne cesse de rejeter sur les plages du Pas-de-Calais les corps de migrants morts noyés. Quinze personnes ont été portées disparues par leurs proches. La France et le Royaume-Uni multiplient les mesures pour rendre le bras de mer qui les sépare infranchissable, ce qui a pour seul effet de rendre toujours plus dangereuse la traversée, à bord de simples canots pneumatiques. Seule la libre circulation pour tous les exilés mettrait fin à cette politique inhumaine.

Le jeudi 7 novembre, le ministre des Affaires étrangères était en déplacement en Israël et devait se rendre dans une église de Jérusalem, possession française héritée du passé colonial. Mais un incident a perturbé la visite. Deux gendarmes français ont été mis à terre, puis brièvement embarqués après avoir voulu empêcher la police israélienne d’entrer sur le lieu. Un « refus d’obtempérer », en quelque sorte… et une expérience inattendue des violences policières. Le ministre s’est offusqué de cette « entrée armée sur le territoire français », avec nettement plus d’indignation que face aux massacres à Gaza. Rapidement libérés, les gendarmes victimes de répression policière pourront toujours saisir l’IGPN…

Depuis le 8 novembre, les femmes travaillent « bénévolement » en raison des inégalités salariales entre hommes et femmes comme le révèle la newsletter féministe Les Glorieuses. La surexploitation des femmes est un des piliers de l’économie capitaliste. Pour abolir ces inégalités, c’est tous et toutes ensemble qu’il va falloir s’organiser pour prendre sur les profits !

Les présidents de quatre associations iraniennes de santé mentale ont écrit une lettre ouverte au chef du pouvoir judiciaire, Gholam-Hossein Mohseni Ejei, dans laquelle ils accusent la justice « d’abuser de la psychiatrie » à des fins qui ne relèvent pas de la santé. « Le diagnostic des troubles mentaux relève de la compétence d’un psychiatre, pas d’un juge » ont-ils dénoncé. Dernier exemple en date, celui de l’étudiante Ahou Daryaei qui s’est dévêtue pour protester d’avoir été harcelée par des agents de l’université estimant qu’elle ne respectait pas le strict code vestimentaire islamique obligatoire. Après avoir été arrêtée par la police, la jeune femme a été transférée de force dans un hôpital psychiatrique. En juillet 2023 l’actrice Afsaneh Bayegan et deux autres femmes avaient été jugées « atteintes de maladie mentale » par un tribunal de Téhéran après avoir défié les lois islamiques sur le port du voile. À la même époque, le rappeur kurde Saman Yasin, avait été arrêté pendant les manifestations du mouvement « Femme, Vie, Liberté » et hospitalisé de force en psychiatrie. Comme l’affirme Hadi Ghaemi, directeur exécutif du Centre pour les droits humains en Iran, « les autorités iraniennes utilisent systématiquement l’hospitalisation psychiatrique sous contrainte comme un moyen de supprimer la dissidence et de saper la crédibilité des opposants ». Le recours du régime à ce type de pratique est également l’aveu d’échec des autorités, incapables de faire respecter la loi sur le voile, malgré la répression.

Le dernier rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme a mené une minutieuse vérification d’un décompte partiel des victimes – 8 119 sur plus 34 500 au total – pendant les six premiers mois de la guerre menée par Israël. Sur les décès vérifiés, 3 588 étaient des enfants, 2 036 des femmes et 2 495 des hommes. « Ce niveau sans précédent de morts et de blessés parmi les civils est une conséquence directe du non-respect des principes fondamentaux du droit international humanitaire », a accusé le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk et bat en brèche l’affirmation d’Israël selon laquelle ses opérations à Gaza ne visent que les combattants du Hamas. Le rapport souligne en effet que les décès vérifiés reflètent largement la composition démographique de la population générale gazaouie, et pas celle des combattants. Ce qui n’étonnera personne.

130 000 personnes ont manifesté samedi à Valence et dans d’autres villes (Madrid, Alicante, Barcelone…) pour protester contre la classe politique, accusée d’avoir alerté trop tard la population, sous-estimé les risques et envoyé tardivement les secours après les inondations meurtrières dans le sud-est du pays. Au moins 220 personnes sont mortes et près de 80 sont toujours portées disparues. Pendant quatre jours les habitants ont été livrés à eux-mêmes, nettoyant les rues, les maisons, s’entraidant et recherchant les rescapés. Les manifestants ont réclamé la démission du chef de l’exécutif régional, Carlos Mazon (Parti populaire – droite) mais aussi celle du Premier ministre socialiste Pedro Sanchez. Ces deux politiciens et le couple royal avaient déjà été accueillis par des jets de boue et des huées aux cris d’« assassins » lorsqu’ils étaient venus sur place après le drame. Le slogan « Solo el pueblo salva el pueblo » (Seul le peuple sauve le peuple) est devenu populaire dans la région après la vague spontanée de solidarité dans la population qui s’est organisée pour palier les errements des autorités. Une vérité qui ne devrait pas seulement s’appliquer en période de catastrophes naturelles.