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Brèves

L’actualité en bref

Membre des Républicains, David Lisnard est maire de Cannes depuis 2014, vice-président du conseil départemental des Alpes-Maritimes depuis 2015, président de la communauté d’agglomération Cannes Pays de Lérins depuis 2017 et président de l’Association des maires de France depuis 2021. Mais cela ne lui suffit pas et il va sans doute bientôt postuler au titre de « monsieur météo ». En effet dans le quotidien Nice-Matin il s’en est pris à Météo France à qui il reproche d’avoir placé le département des Alpes-Maritimes en vigilance rouge jeudi alors qu’il n’était « tombé que 23 mm d’eau en dix heures ». Et d’appeler, dans la foulée, à un audit de Météo France, « pour analyser de façon précise et objective le problème ». Ces attaques ont suscité l’ire des scientifiques, dont le climatologue Christophe Cassou, directeur de recherche au CNRS, qui a laissé transparaître sa colère en imaginant un semainier inspiré des reproches entendus chez les politiques : « Lundi : Le Giec exagère. Mardi : On est sous l’eau. Mercredi : Trop de postes à Météo France. Jeudi : Scandale, ils n’ont pas prévu. » De son côté, la chercheuse Magali Reghezza, qui est née et a vécu dans les Alpes-Maritimes, a tenu à rappeler que le vrai problème n’est pas le système de prévision de Météo France, mais « les permis de construire en zone inondable, l’imperméabilisation des sols et désormais le changement climatique ». Autant de questions dont Lisnard et ses amis ne veulent pas entendre parler.

Alors que les mobilisations contre la vie chère se poursuivent, la préfecture de l’île a annoncé la prolongation du couvre-feu de minuit à 5 heures jusqu’au 28 octobre sur l’ensemble du territoire. C’est la troisième fois qu’une telle mesure est reconduite. Après un premier couvre-feu partiel mis en place du 18 au 26 septembre, le préfet avait décrété l’interdiction des déplacements nocturnes sur l’ensemble du territoire à compter du 10 octobre. Ces mesures, en vigueur jusqu’à lundi 21 octobre au matin, viennent donc d’être prolongées d’une semaine. Mais cela ne semble pas entamer la combativité des manifestants qui, à l’appel du Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens, poursuivent les blocages des routes et les manifestations de rue.

La cour d’appel de Paris va examiner deux questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) dans l’affaire du chlordécone, un insecticide utilisé dans les champs de cannes à sucre de 1972 à 1993 en Martinique et en Guadeloupe. Des milliers d’hectares de terre avaient été contaminés. Ce poison étant non biodégradable, les dommages consécutifs à son épandage se font toujours sentir, et pour 500 ans au moins : des zones côtières impropres à la pêche et des dizaines de milliers de personnes infectées, développant notamment des cancers. Ce qui n’avait pas empêché la justice de prononcer un non-lieu en janvier 2023 en mettant en avant que ce type de crime était prescrit au but de dix ans, blanchissant du même coup les fabricants de ce produit, ceux qui l’utilisaient sur leur culture et l’État qui les avait couverts, même après l’interdiction du chlordécone en 1990. Une étape qui pourrait relancer la procédure judiciaire autour de ce désastre sans précédent. La décision a été mise en délibéré au 13 novembre.

On vient d’apprendre, selon un communiqué officiel, que « le président de la République français Emmanuel Macron s’est entretenu par téléphone avec le Premier ministre israélien, M. Benyamin Netanyahou, ce lundi 21 octobre 2024. Lors de cet échange, le président de la République a tout d’abord exprimé sa solidarité au Premier ministre israélien suite à l’attaque de drones inacceptable qui a visé son domicile personnel ». On croit rêver. Alors que le Premier ministre israélien non seulement a fait assassiner en masse des Palestiniens et des Libanais, mais aussi détruit des dizaines de milliers d’habitations, d’écoles, et d’hôpitaux à Gaza, en Cisjordanie et au Liban, le locataire de l’Élysée le réconforte et lui fait part de sa solidarité pour les dommages qu’a subis sa résidence secondaire. Tant de morgue et de manque d’empathie donnent envie de vomir…

Conséquence directe de la révocation, en juin 2022, par la Cour suprême de la garantie fédérale du droit à l’avortement, la mortalité infantile a fortement augmenté, de 7 %, selon une nouvelle étude qui vient de paraître. Écrite par Maria Gallo, professeure d’épidémiologie spécialiste de la santé reproductive, et Parvati Singh, de l’université de l’Ohio, elle a été publiée dans le supplément pédiatrique du Journal de l’Association médicale américaine. Elle analyse une base de données nationale et ses résultats sur les conséquences des restrictions à l’IVG dans au moins 20 États américains, notamment au Texas où l’avortement est désormais interdit, y compris en cas d’inceste ou de viol. Faute de pouvoir interrompre leur grossesse, nombre de femmes donnent naissances à des bébés atteints d’anomalies congénitales qui décèdent rapidement. « Ce sont des cas dans lesquels, avant la décision de la Cour suprême, il aurait été possible d’avorter plutôt que de mener la grossesse à terme et de devoir assister à la mort de son enfant », souligne Maria Gallo. Une décision de la Cour suprême supposée « protéger la vie » mais qui s’avère en fait mortifère.

Les « négociations » sur une énième réforme de l’assurance-chômage et l’emploi de seniors ont débuté aujourd’hui à l’Unédic entre organisations patronales et syndicales. L’objectif avancé par le gouvernement et le patronat est de 400 millions d’euros d’économies… alors qu’à peine 40 % des inscrits à France Travail sont indemnisés. La CGT chômeurs organise une première journée de mobilisation dans de nombreuses villes le 30 octobre et demande une augmentation des allocations de 10 euros par jour. 300 euros minimum d’augmentation, c’est bien ce qu’il faudrait pour l’ensemble des travailleurs, avec ou sans emploi !

La SNCF va organiser des spectacles d’humour au wagon-bar sur certains trajets. La réunion d’où émane cette idée mérite sûrement son pesant d’or. Ça ressemble furieusement à une manière de justifier le prix des billets… en essayant de faire oublier le manque de moyens accordés pour faire tourner le réseau. Mais tenter de faire rire les usagers ne calmera pas leur colère devant l’état du service.

… d’après le bulletin SNCF Paris Sud-Est

Le 14 novembre 2015, lors d’une marche d’essai, une rame TGV déraillait à Eckwersheim (Bas-Rhin), faisant 11 morts et 42 blessés. Le verdict est tombé jeudi dernier : la SNCF écope de 400 000 euros d’amende, Systra (société d’ingénierie ferroviaire) de 225 000, SNCF Réseau de 150 000, le cadre traction de 15 mois de prison avec sursis et le conducteur de 7 mois avec sursis. L’accident aurait été causé par l’impatience, l’empressement et l’absence de vigilance des entreprises pour ouvrir le second tronçon LGV Paris-Strasbourg au service commercial. Comme toujours, la direction a priorisé les profits sur la sécurité et, comme toujours, les directeurs et autres donneurs d’ordre n’ont pas été inquiétés !

… d’après le bulletin SNCF Paris Sud-Est

Après Paris-Lyon, la compagnie ferroviaire italienne Trenitalia s’apprête à lancer des Paris-Marseille. Cet axe très rentable attire les convoitises, dont celle de l’espagnole Renfe. Le gouvernement espagnol a même reproché aux autorités françaises de « tout mettre en œuvre pour empêcher un véritable processus de libéralisation sur son marché ». La Renfe s’apprête aussi à entrer sur le marché italien… sur lequel est déjà positionnée la SNCF ! Les multinationales, soutenues par leurs États respectifs, tentent de s’approprier les parts de marché des unes et des autres. Cette concurrence sert de prétexte à tous les reculs au nom de la défense de « notre » entreprise. Mais, peu importe la boîte pour laquelle nous travaillons, nous partageons un intérêt commun : nous battre pour des meilleures conditions.

… d’après le bulletin SNCF Paris Sud-Est