Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Au nom d’un « déficit budgétaire zéro » qui vise à faire payer aux classes populaires une crise économique provoquée par la rapacité d’un patronat argentin sous perfusion du FMI, le président Milei a gelé le budget des universités, alors que l’inflation dépasse les 200 % annuels. Une immense mobilisation en avril avait obligé à quelques réajustements. Mais quand le Parlement (où Milei est minoritaire) a voulu réévaluer le budget à la hausse, le président a opposé son veto. Depuis le 14 octobre, les étudiants et le personnel des universités ont répondu par l’occupation de près d’une centaine de campus dans tout le pays. C’est bien la voie à suivre pour combattre ce gouvernement d’austérité et anti-ouvrier.

Le géant Amazon a décidé de ne pas renouveler le contrat de sous-traitance qui le liait à ID Logistics pour les livraisons d’une partie des Bouches-du-Rhône. Sur le site de Saint-Antoine à Marseille qui en dépendait quasi exclusivement, la direction a choisi de fermer l’entrepôt d’ici fin octobre, et proposé une mutation à Bollène aux 47 salariés du site, au nom d’une clause de mobilité. À celles et ceux qui refusent de partir à 135 kilomètres de chez eux, sur un site qui de toute façon ne pourra pas accueillir tout le monde, elle promet un licenciement pour faute grave ! Face au donneur d’ordres et au sous-traitant qui se moquent totalement de la vie des salariés, ceux d’ID Logistics à Saint-Antoine répondent par la grève illimitée pour dénoncer un licenciement économique déguisé.

À partir du 1er novembre quelque 230 000 fonctionnaires payés au salaire minimum vont voir leur rémunération mensuelle augmenter de… six centimes d’euros. Ce n’est pas une blague. Cette augmentation devrait permettre de combler la différence entre le salaire brut plancher des fonctionnaires, qui est de 1 801,74 euros, et le smic qui, au début du mois prochain, va augmenter de 2 % pour passer à 1 801,80 euros, soit environ 1400 euros net. Pas de quoi fêter ça au champagne, mais raison de plus de se battre pour qu’aucun salaire net soit inférieur à 2 000 euros par mois.

Cuba endure depuis plusieurs jours une panne totale d’électricité qui a privé de courant 10 millions d’habitants après l’arrêt de la principale centrale thermique de l’île, qui se trouve en situation d’« urgence énergétique ». Lazaro Guerra, le directeur général de l’électricité au ministère de l’Énergie et des mines, a précisé que quand la centrale électrique s’est arrêtée « le système s’est effondré », provoquant une panne géante. Dans l’île, les pannes et coupures d’électricité sont courantes du fait de la vétusté des installations et de la difficulté de se procurer des combustibles. Car le blocus économique, imposé par les États-Unis depuis février 1962 à la suite de nationalisations expropriant des compagnies américaines, empêche l’arrivée de matériel technique et de pièces de rechange et impacte l’ensemble de la population, provocant des pénuries récurrentes y compris dans des domaines comme l’alimentation ou les médicaments. Un blocus meurtrier, qui s’ajoute à la gestion extrêmement bureaucratisée et autoritaire du Parti communiste cubain.

À l’issue d’une réunion à Berlin, le chancelier allemand Olaf Scholz, le Premier ministre britannique Keir Starmer, le président américain Joe Biden et Emmanuel Macron ont appelé à mettre fin à la guerre à Gaza, suite à la mort du chef du Hamas, Yahya Sinouar. Ils ont souligné « la nécessité immédiate de ramener les otages (israéliens) dans leurs familles, de cesser la guerre à Gaza et de garantir que l’aide humanitaire atteigne les civils ». En laissant tout cela au bon vouloir de Netanyahou que Biden avait d’ailleurs tenu à féliciter au téléphone après l’assassinat de Sinouar. En fait ils font tous mine de s’apitoyer sur les victimes et de vouloir réfréner les ardeurs meurtrières de l’État sioniste tout en continuant à le soutenir militairement et économiquement. Une hypocrisie qui ne trompe plus grand monde.

L’Agence européenne de l’environnement a lancé un appel à mieux gérer les ressources en eau sur le Vieux Continent, alors que seulement 37 % des eaux de surface ne sont pas contaminées. Pour le dire autrement, près des deux tiers des lacs, des fleuves et des rivières sont contaminés. L’eau de surface est menacée par la pollution atmosphérique (combustion du charbon, émissions des véhicules, etc.) et l’agriculture, qui déverse quantité de déchets contaminant les sols. L’Agence recommande une réduction drastique d’au moins 50 % du recours aux pesticides d’ici 2030 et un virage vers « des pratiques naturelles et agroécologiques plus durables ». Fort bien. Mais si elle compte sur les industriels, l’agrobusiness et les États pour parvenir à cet objectif, la partie est perdue d’avance.

Un reportage de Complément d’enquête, diffusé sur France 2, accuse le géant de l’agro-alimentaire, Ferrero, d’avoir minimisé l’ampleur des contaminations aux salmonelles dans certains produits qu’il fabriquait, notamment les barres chocolatées Kinder. La présence de salmonelle, imputée à « un filtre à la sortie de deux réservoirs de matières premières », avait été détectée dans son usine d’Arlon, en Belgique. Ce site de production avait été fermé quelques jours en 2022, puis à nouveau en juillet 2023, mais la commercialisation des Kinder s’était poursuivie. Le groupe fait désormais l’objet de plusieurs enquêtes judiciaires. Mais a-t-on déjà vu un industriel de ce secteur faire passer la santé des consommateurs avant ses profits ?

Un nourrisson a été retrouvé mort après le naufrage d’une embarcation surchargée de migrants tentant de rejoindre clandestinement l’Angleterre. Ce décès porte à au moins 52 le nombre de personnes décédées dans des tentatives de traversée en 2024. Parmi ces victimes figurent régulièrement des enfants. Et, malgré cela, Paris et Londres continuent de renforcer leurs législations anti-migrants en se lavant les mains des conséquences meurtrières de leur politique.

Une cinquantaine d’associations, collectifs ou syndicat féministes – dont le Planning familial, Osez le féminisme, la Fondation des femmes, l’Amicale du Nid ou la CGT – ont annoncé former une « coalition » portant près de 130 mesures pour construire « une loi intégrale » contre les violences sexuelles. Pour soutenir cette initiative des rassemblements sont prévus aujourd’hui samedi à l’appel de plusieurs organisations dans une vingtaine de villes, d’Avignon à Toulouse, de Nice à Narbonne, en passant par Paris, Lyon, Marseille, Rennes ou Clermont-Ferrand. Dans la foulée du procès des viols de Mazan, elles estiment qu’un changement profond de la manière dont les viols et violences sexuelles sont jugés est nécessaire, face à « une institution [judiciaire] en manque cruel de moyens et marquée par les préjugés sexistes ». Et de rappeler qu’« alors que les plaintes ont explosé (+ 164 % entre 2018 et 2022), le nombre de condamnations reste extrêmement faible et 94 % des affaires de viol ont été classées sans suite en 2021 », dernière année pour laquelle on possède des données fiables. Il faudra bien sûr plus qu’une loi pour les choses changent. Mais toute mobilisation susceptible de sensibiliser l’opinion à la question du viol et des comportements sexistes est une bonne chose.