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Brèves

L’actualité en bref

Les députés de la commission des Finances ont approuvé le renforcement de l’« exit tax », un impôt créé en 2011 pour freiner l’exil fiscal des contribuables les plus riches. Son effet dissuasif avait été des plus limités mais, en 2018, Macron avait décidé de considérablement l’assouplir pour ne pas faire fuir les grosses fortunes. L’objectif de l’amendement voté en commission par Les Républicains, le Nouveau Front populaire et le Rassemblement national est de « lutter contre les personnes qui transfèrent leur domicile hors de France simplement et uniquement pour éviter l’imposition ». Ce texte ne semble guère effrayer les personnes qu’il vise, à l’exemple de Carlos Tavares, le directeur général de Stellantis, qui s’est vanté il y a quelques jours de ne pas payer le (modeste) impôt sur les riches voulu par Barnier malgré une rémunération de 36 millions d’euros par an, car il est domicilié fiscalement au Portugal. Car ces gens-là disposent, outre la complicité bienveillante des hautes sphères de l’État, d’une armée d’avocats fiscalistes qui leur permet d’échapper à l’impôt.

La rétention des douze premiers demandeurs d’asile que Rome avait transférés cette semaine dans des centres de rétention albanais a été invalidée par un tribunal italien. Ce dernier a invoqué un récent arrêt de la Cour européenne de justice en vertu duquel les migrants concernés, originaires du Bangladesh et d’Égypte, ne remplissent pas les critères de rétention prévus par l’accord entre Rome et Tirana. L’ONG Sea-Watch s’est félicitée que « le spectacle médiatique organisé par le gouvernement Meloni se heurte au droit national et international ». À l’opposé, le parti d’extrême droite Frères d’Italie a qualifié la décision d’« absurde » en s’en prenant à « certains magistrats politisés…[qui] voudraient abolir les frontières de l’Italie ». Il est probable que le gouvernement trouvera un moyen de contourner le jugement, mais il s’agit, pour l’instant, d’une petite victoire pour les défenseurs des migrants.

Le Sénat a voté le renforcement de l’interdiction de la gestation pour autrui en la rendant illégale, même à l’étranger. Le texte stipule que les Italiens qui recourent à une mère porteuse à l’étranger feront l’objet de poursuites judiciaires à leur retour. Il a été défendu, sans surprise, par le parti d’extrême droite Frères d’Italie de la Première ministre Giorgia Meloni. Jusqu’à présent toute personne ayant recours à la GPA dans le pays encourait de trois mois à deux ans de prison et une amende allant de 600 000 à 1 million d’euros. Des peines qui s’appliqueront à l’avenir à celles et eux qui y ont recours hors du pays.

Les rapports des organismes internationaux sur la pauvreté dans le monde se suivent et se ressemblent, tous pointant dans la direction d’une aggravation de la situation. Après la Banque mondiale c’est au tour du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), associé au centre de recherche Initiative d’Oxford sur la pauvreté et le développement humain (Ophi) de dresser un tableau des plus sombres. Selon eux, plus d’un milliard de personnes dans le monde souffrent de « pauvreté aiguë », dont la moitié sont des mineurs. L’indice de pauvreté retenu inclut des indicateurs tels que le manque de logements adéquats, de systèmes d’assainissement, d’électricité, de combustibles pour la cuisine, d’alimentation et de systèmes scolaires. Et d’ajouter : « Dans les pays déchirés par la guerre, les taux de pauvreté sont trois fois plus élevés que ceux des (pays) en paix », alors qu’il n’y a jamais eu, depuis la Seconde Guerre mondiale, autant de conflits armés sur terre. De son côté Sabina Alkire, la directrice de l’Ophi, a exhorté « la communauté internationale […] à réduire à zéro la pauvreté tout en favorisant la paix ». Mission impossible, car la guerre fait partie intégrante de l’ADN du capitalisme.

Le commandant adjoint des forces terrestres de l’armée, le général Nozar Nemati, a indiqué que « plus de 10 kilomètres de mur ont été construits à la frontière avec l’Afghanistan et 50 kilomètres supplémentaires sont prévus ». Les Iraniens craignent-ils une attaque de l’armée afghane ? Certes non, il s’agit de tenter de freiner le flux de migrants dont le nombre n’a cessé d’augmenter depuis la prise de Kaboul par les talibans en 2021. Selon les derniers chiffres du gouvernement, publiés en août, le pays accueille « plus de 2,7 millions de réfugiés afghans en situation régulière » mais on évalue leur nombre total entre 6 et 7 millions. Et, le mois dernier, le porte-parole de la Commission parlementaire de sécurité nationale, Ebrahim Rezaï, a annoncé que la police prévoyait d’« expulser dans un avenir proche plus de deux millions de clandestins ». Sur les cinq continents les migrants sont les damnés de la terre et pour eux le monde est une planète sans visa.

Réunis à Bruxelles lors d’un nouveau sommet, les leaders des différents pays européens ont discuté d’un nouveau tour de vis de la politique migratoire, cinq mois seulement après l’adoption du pacte sur l’immigration prévoyant un durcissement du « filtrage » aux frontières. Car plusieurs pays, dont la France et l’Allemagne, réclament désormais de simplifier les règles en matière d’expulsion des migrants en situation irrégulière. De son côté, la cheffe de l’exécutif européen, Ursula von der Leyen, invite à explorer des « solutions innovantes », comme des « hubs de retour », des centres d’accueil en dehors de l’Union européenne où seraient renvoyés les migrants. Ce que vient de faire l’Italie de Giorgia Meloni avec l’Albanie, avec le soutien enthousiaste du nationaliste hongrois Viktor Orbán, à la tête de la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne jusqu’à fin décembre et qui recevra le prochain sommet le 8 novembre à Budapest. Plus que jamais, les migrants ont besoin de la solidarité du mouvement ouvrier pour faire face à ces attaques et gagner le droit de s’installer où et comme ils veulent.

Les éditions Fayard, passées dans le giron du milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré, vont sortir le 9 novembre un livre du président du Rassemblement national, Jordan Bardella, Ce que je cherche. À cette occasion son portrait sera affiché dans 13 gares de la capitale, 54 gares en banlieue parisienne et 47 gares en province. Cet affichage a été négocié entre Fayard et Mediatransports, la régie publicitaire de la RATP et de la SNCF. Aussitôt la CGT et SUD-Rail sont montés au créneau pour demander l’annulation de cette campagne d’affichage. La régie publicitaire a mis en avant sa « neutralité politique » pour passer outre. Sur ce point les syndicalistes rappellent qu’en début d’année, Mediatransports avait fait retirer les affiches de l’humoriste Waly Dia, chroniqueur de Mediapart et classé à gauche, car cette campagne publicitaire présentait, selon la régie, « un caractère politique incompatible avec le devoir de neutralité qui s’impose dans les transports publics et pourrait être considérée comme diffamatoire ou injurieuse ». À l’évidence, ce devoir de neutralité s’applique à l’égard de la gauche, mais pas de l’extrême droite.

Le gouvernement israélien a accusé Emmanuel Macron de faire « honte » à la France après la décision d’interdire à des entreprises israéliennes d’exposer leurs matériels lors du salon de défense navale Euronaval qui se tiendra du 4 au 7 novembre à Villepinte, en Seine-Saint-Denis. « La décision de faire… de la discrimination à l’encontre de l’industrie de défense israélienne en France aide les ennemis d’Israël en temps de guerre », a affirmé le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant, estimant que l’État français « a adopté et applique une politique hostile envers Israël ». Macron ne doit pas être mécontent de cette polémique qui lui permet d’apparaître, à bon compte et sans aucune conséquence pratique, comme critique d’Israël tout en continuant à exclure toute sanction économique à son encontre, notamment au niveau européen, où il ne songe nullement à abroger les accords commerciaux qui font de l’Union européenne son premier partenaire commercial.

La semaine dernière, le ministre des Transports a fait l’honneur d’une visite à la gare de Strasbourg. Il s’est rendu au PAI (poste d’aiguillage informatisé) avec courtisans et gardes du corps pour dévoiler à la presse ses « ambitions pour le train ». Évidemment, il ne s’est pas approché des cheminots, mais grâce à France Bleu Alsace, on a quand même compris l’idée. Le nouveau ministre plaide pour « une alternative au train » et propose un « nouveau modèle » : le car. Pour la nouveauté, on repassera. Dix ans après les cars Macron, on nous ressort toujours les mêmes recettes pour limiter les coûts. Ce n’est pas ça qui va améliorer le moins du monde la situation des cheminots ni des voyageurs. Bien au contraire.

… d’après le bulletin SNCF secteur de Strasbourg