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Brèves

L’actualité en bref

Un collectif d’anciens élèves du réseau d’enseignement catholique de la Congrégation des Frères des écoles chrétiennes, les Lasalliens, a publié, un mois après son appel de à témoins en février, un compte rendu détaillé des abus survenus depuis les années 1950. Selon ce communiqué, 165 victimes mineures ont été recensées dans 46 établissements de la congrégation, répartis dans toute la France (Rueil‑Malmaison, Bordeaux et Talence, Quimper, Béziers Rouen, etc.). Certains établissements sont qualifiés de « clusters effroyables ». Les faits remontent à la période où les enfants avaient entre 5 et 15 ans au moment des agissements, et incluent des viols, tabassages, tortures, privation de nourriture et de sommeil, actes de barbarie, décrits comme permis par un « climat de terreur institutionnalisé ». Les témoignages de 27 anciens élèves ont permis d’identifier au moins cinq pédocriminels et une dizaine de bourreaux potentiels. Rappelons que la plupart de ces établissements sont sous contrat avec l’État qui ne les contrôle pratiquement pas.

La cour d’appel de Douai a relaxé Jean-Paul Delescaut, secrétaire général de l’union départementale CGT du Nord, qui avait été accusé d’apologie de terrorisme et de provocation à la haine antisémite. On lui reprochait un communiqué syndical du 10 octobre 2023 où il affirmait sa solidarité avec la lutte du peuple palestinien. Saisi par le préfet du département et un mouvement sioniste, l’Organisation juive européenne, il avait été condamné en première instance à un an de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Lille. La cour d’appel a remis les pendules à l’heure. Plus que jamais il faut affirmer que le soutien au peuple palestinien n’est ni un délit, ni un crime !

Avec 86 645 détenus au 1er février pour seulement 63 289 places, le pays s’érige au rang d’un des plus grands pénitenciers d’Europe. Le taux de densité carcérale atteint les 136,9 %, obligeant des détenus à vivre dans des conditions d’enfermement indignes et insalubres. Cette surpopulation concerne principalement les maisons d’arrêt (167 % de densité carcérale), où sont enfermés les détenus en attente de jugement et donc présumés innocents, et ceux condamnés à de courtes peines. Elle dépasse les 200 % dans 25 établissements. En conséquence, 6 596 prisonniers sont obligés à dormir sur un matelas au sol, contre 4 490 il y a un an (+47 %). Fin janvier, le Conseil de l’Europe avait dénoncé l’état des prisons françaises et depuis 2013, la France a été condamnée à neuf reprises par la Cour européenne des droits de l’homme pour ses conditions de détentions. Ce qui n’empêche pas le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, de continuer de prôner le tout sécuritaire et à s’opposer aux libérations anticipées en aggravant encore les choses.

Alors même qu’en compagnie des Israéliens l’aviation et la marine américaines bombardent non stop l’Iran, Melania Trump, l’épouse du locataire de la Maison-Blanche, a eu le culot de présider à l’ONU une séance du Conseil de sécurité consacrée à la protection des « enfants pris dans les conflits ». On pourrait citer, pour illustrer son propos, le bombardement d’une école de jeunes filles à Minab, dans le sud iranien, qui aurait fait 165 décès parmi les écolières ou nombre de bâtiments civils touchés par les frappes dans lesquels sont décédés de nombreux enfants. Ce qui n’a empêché Melania Trump d’affirmer sans rire et toute honte bue : « Les États-Unis se tiennent aux côtés de tous les enfants du monde. » Si c’était vrai, les enfants du monde auraient du souci à se faire.

Une vingtaine de militants de Greenpeace ont voulu dénoncer le commerce d’uranium entre la Russie et la France, en bloquant pendant cinq heures le cargo russe Mikhail Dudin dans le port de Dunkerque, avant d’être interpellés. Depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, Greenpeace dénonce la poursuite de contrats liant l’industrie nucléaire française avec la Russie via son géant nucléaire public Rosatom. Ce qui montre que les sanctions européennes contre Moscou sont à géométrie variable et n’empêchent pas des grandes entreprises comme EDF ou Orano (ex-Areva) de continuer de faire de fructueux bénéfices avec le régime de Poutine. Les affaires sont les affaires…

Le procès de François Thierry, ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants, s’est ouvert devant le tribunal correctionnel et se poursuivra jusqu’au 31 mars. Avec 17 autres prévenus, l’ancien « grand flic », comme le baptisait la presse à époque de sa gloire, est jugé pour « complicité de trafic de drogue » et « destruction de preuves ». Il est accusé notamment d’avoir aidé son principal indic, Sofiane Hambli, à importer en France… 15 tonnes de cannabis en 2015. Une paille. Thierry joue la bonne foi et jure qu’il n’a pas touché un centime de ce trafic. Bref il a trafiqué à l’insu de son plein gré. Il n’y a plus qu’à le croire. Encore un exemple des liaisons dangereuses entre flics et truands.

Patrice Adam, le président de l’Association française de droit du travail et de la sécurité sociale, explique dans Le Parisien que, lors des entretiens d’embauche, certains recruteurs se livrent à des pratiques totalement illégales comme demander à une candidate de vider le contenu de son sac à main. Une pratique qui vient des États-Unis et qui est supposée permettre au recruteur de déterminer si la candidate est soigneuse et organisée. Mais demander de vider littéralement son sac devant soi, ou même de jeter un œil à son contenu, peut donner des informations confidentielles telle que sa situation familiale, son état de santé ou ses finances. Cela représente une atteinte à la vie privée, protégée par le Code civil, le droit européen et le Code du travail. De plus cela constitue une discrimination sexuelle puisque cet accessoire est majoritairement porté par des femmes. Ce qui n’empêche pas un nombre croissant de DRH et d’agences de recrutement de l’utiliser.

Éric Woerth, ancien ministre de l’Aménagement du territoire, de la Décentralisation et du Logement dans le gouvernement de Sébastien Lecornu vient de démissionner de son mandat de député. En effet, il brigue la présidence du Pari mutuel urbain (PMU), la structure qui détient le monopole des paris hippiques. Quel rapport avec les activités passées de Woerth ou ses compétences ? Aucun. Mais en cette période de fin règne, Macron place ses copains à des postes lucratifs. Comme ses prédécesseurs d’ailleurs…

Si le mois de mars rime avec le retour du printemps, il se conjugue aussi avec l’application de mesures qui ont des conséquences directes sur nos finances. Depuis le début du mois, le prix du gaz est en hausse de près de 4 %, une taxe de deux euros par article est appliquée aux petits colis en provenance de pays situés hors de l’Union européenne, le forfait journalier hospitalier est passé de 20 à 23 euros, le coût de la carte grise a augmenté dans plusieurs régions (Nouvelle-Aquitaine, Corse, Provence-Alpes-Côte d’Azur, La Réunion…) et certains foyers ont vu leurs allocations familiales diminuer. En effet la majoration des aides liée à l’âge de l’enfant est désormais versée à partir de 18 ans, contre 14 ans auparavant. Autant de mauvais coups contre les classes populaires. Dans ces conditions plus que jamais s’imposent une augmentation de 400 euros nets pour tous et toutes et pas de salaires, pensions ou allocations inférieurs à 2000 euros.