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Brèves

L’actualité en bref

Patrick Hetzel, le ministre de l’Enseignement supérieur, a mis en garde face à d’éventuelles mobilisations en faveur de la Palestine, en lien avec le premier anniversaire de l’attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023. Selon lui ces manifestations iraient « à l’encontre des principes de neutralité et de laïcité » des universités. « La politique est-elle interdite à l’université ? » lui a demandé Éric Fassin, professeur de sciences politiques à Paris 8. L’ancien rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité a aussi dit son inquiétude face à « une méconnaissance du principe constitutionnel de laïcité ». Et de rappeler que le Conseil d’État a déjà souligné que les usagers de l’enseignement supérieur disposent de la  « liberté d’expression à l’égard des problèmes politiques ». En fait, la sortie de Hetzel n’a qu’un seul but : intimider les soutiens aux Palestiniens pour freiner les mobilisations. Eh bien c’est raté.  « Nous ne nous tairons pas » a ainsi réagi L’Union étudiante. De son côté la Fédération syndicale étudiante a affirmé : « Le soutien des étudiant-e-s à la résistance palestinienne est nécessaire : il continuera à exister et à se renforcer jusqu’à la décolonisation. » Bien dit !

Dans le cadre d’une émission consacrée à la francophonie, Emmanuel Macron a abordé la question du Moyen-Orient sur France Inter en déclarant : « Je pense qu’aujourd’hui, la priorité, c’est qu’on revienne à une solution politique, qu’on cesse de livrer les armes pour mener les combats sur Gaza. » Et d’ajouter aussitôt : « La France n’en livre pas. » Pieux mensonge. Selon les sites Disclose et Marsactu, Paris a fourni des composants de munitions utilisés par l’armée israélienne à Gaza. Le ministère des Armées a plusieurs fois démenti, assurant que l’aide française consistait uniquement en des pièces utilisées « pour la défense d’Israël ». C’est exactement la même chose que dit Biden. Les armes américaines, livrées en flot continu, ne seraient destinées qu’à « permettre à Israël de se défendre ». On se demande alors où l’État sioniste trouve des armes pour continuer ses massacres à Gaza, en Cisjordanie et au Liban.

Selon un rapport publié par l’institut statistique turc, la pauvreté et l’exclusion sociale ne cessent de s’aggraver d’année en année. Aujourd’hui, au moins un tiers de la population, soit 30 millions de personnes environ, est pauvre ou très pauvre. Et les choses ne risquent pas de s’arranger dans les mois qui viennent, en raison d’une inflation galopante qui fait flamber les prix à la consommation, notamment alimentaire. Elle a été officiellement un peu inférieure à 50 % en septembre selon le gouvernement, un chiffre contesté par les économistes indépendants du Groupe de recherche sur l’inflation en Turquie, qui, eux, l’ont estimée à 88,63 % sur un an. Quant au salaire minimum, il n’a pas été revalorisé depuis janvier. Pour tenter de freiner le déficit budgétaire, l’AKP, le parti islamo-conservateur au pouvoir, prône des coupes claires dans les services publics mais, dans le même temps, passe des contrats d’infrastructures (construction et gestion d’autoroutes, ponts, hôpitaux ou aéroports) avec des entreprises proches du pouvoir qui s’accompagnent de garanties avantageuses pour les prestataires, comme la compensation par l’État de leurs revenus en cas de manque d’utilisateurs. Là-bas, comme ailleurs, la précarité est réservée aux pauvres.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de mille morts depuis le 23 septembre, selon le ministère libanais de la Santé, et obligé des centaines de milliers de personnes à fuir leur domicile. Mais l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui dépend de l’ONU, a attiré l’attention sur le sort des migrants, travaillant comme domestiques, principalement des femmes. Elles se sont retrouvées enfermées dans des maisons par leurs patrons qui ont fui les raids aériens israéliens. « Nous avons vu dans le sud que les employeurs partaient mais qu’ils laissaient leurs employées de maison dans la rue, sans les emmener avec eux ou, pire, qu’ils les enfermaient dans la maison pour s’assurer qu’elle était gardée pendant qu’ils vont chercher la sécurité ailleurs », a déploré Mathieu Luciano, le chef du bureau de l’OIM dans le pays. La plupart des 170 000 travailleurs migrants sont des employés de maison en provenance d’Éthiopie, du Kenya, du Sri Lanka, du Soudan, du Bangladesh ou des Philippines. Leurs patrons leur confisquent souvent leurs papiers pour les obliger à rester à leur service. Pendant la guerre, l’exploitation sans frein continue…

À Hénin-Beaumont, une troupe de théâtre – réunissant comédiens et techniciens – qui devait se produire au théâtre de l’Escapade s’est mise en grève illimitée à l’appel de la CGT Spectacle. Les grévistes entendent ainsi protester contre les ingérences de la mairie Rassemblement national, dirigée par un dirigeant en vue du parti d’extrême droite, Steeve Briois, et les menaces qui pèsent sur l’indépendance de la programmation du théâtre local. Les membres du collectif l’Intruse, qui regroupe de nombreux grévistes, ont affirmé : « Nous voulons continuer à créer, jouer, et diffuser des spectacles vivants sans nous sentir constamment menacé.es par les pouvoirs politiques. » Steeve Briois a affirmé qu’il s’agissait d’une « manœuvre politique » destinée à lui nuire. Sans nier pour autant sa tentative de reprendre le théâtre en main. S’il y parvient, c’est la culture qui va en prendre un coup.

La Cité internationale de la langue française à Villers-Cotterêts (Aisne) accueille actuellement le 19e sommet de la francophonie auquel participent une cinquantaine d’États et de gouvernements représentant quelque 320 millions de francophones vivant sur les cinq continents. A priori, le fait que de nombreux peuples puissent participer à une même culture pour l’enrichir et parler une même langue pour la métisser n’est pas une mauvaise chose. Mais ici le prétexte culturel cache surtout une volonté d’utiliser la langue pour renforcer, dans la mesure du possible, la position de l’impérialisme français dans le monde. C’est d’ailleurs ce que Macron a reconnu dans son style ampoulé habituel : « La Francophonie est un espace d’influence diplomatique qui nous permet d’embrasser les enjeux du siècle. » Une influence diplomatique tout au service des industriels et des banquiers tricolores soucieux de défendre leurs derniers pré-carrés menacés partout dans le monde.

Nouvelle bourde de la ministre de l’Éducation nationale, Anne Genetet. Sur le plateau de RTL, elle avait annoncé qu’un « temps de recueillement et de réflexion » serait organisé le 7 octobre dans les établissements scolaires en lien avec le premier anniversaire de l’attaque du Hamas contre Israël. Elle évoquait « un temps de travail pour réfléchir à ce que signifie défendre la laïcité ». On ne voyait pas trop le rapport entre les deux. Et pour cause. Quelques minutes plus tard son cabinet effectuait un rétropédalage en expliquant que la ministre avait confondu la guerre de Gaza avec le temps d’hommage qui sera consacré à Samuel Paty et Dominique Bernard (deux professeurs tués lors d’attentats islamistes), prévu mi-octobre dans les établissements scolaires pour la seconde année consécutive. Auparavant elle avait dû annuler à la dernière minute l’invitation d’un vidéaste ayant tenu des propos homophobes sur les réseaux sociaux. Enfin, rencontrant les recteurs d’académies après la publication des chiffres sur la progression des actes racistes à l’école, elle leur avait demandé « la plus grande vigilance et une remontée précise des actes antisémites » en minimisant les autres actes racistes (notamment islamophobes) qui sont pourtant les plus nombreux. Mais à chaque fois, et ce n’est pas une surprise, elle dérape sur la droite…

C’est le site InfoMigrants qui tire la sonnette d’alarme. Un mois après la fin des Jeux olympiques, de nombreux migrants, dont une majorité de mineurs isolés, reviennent dans la capitale. Mais leurs campements sont systématiquement démantelés par les forces de l’ordre en quelques heures. Surtout, aucune solution de logement ne leur est proposée, non reconnus mineurs par l’État et livrés à eux-mêmes. Des associations comme Utopia 56 ou Le Revers de la médaille alertent sur le fait que non seulement les campements sur l’espace public (dans les parcs, sous les ponts, dans les rues) restent interdits, mais qu’en plus ces jeunes ne reçoivent plus aucune proposition de « mise à l’abri » – contrairement aux majeurs, envoyés en province. De plus ils ne sont pas pris en charge par l’aide sociale à l’enfance (tant qu’ils ne sont pas reconnus « mineurs » par l’État) et ne peuvent s’adresser au 115, un numéro de téléphone gratuit et accessible en permanence pour les personnes ou les familles en difficulté sociale, qui n’accueille que les publics adultes. Alors ces jeunes restent à la rue où ils sont pourchassés non stop par la police. Et avec le gouvernement Barnier et Retailleau à l’Intérieur, leur situation risque d’empirer.

Non content d’avoir incité la justice et la police à ne pas s’encombrer des lois et de l’État de droit pour expulser les migrants, Retailleau, le ministre de l’Intérieur, s’attaque aux associations qui leur viennent en aide. Celles-ci, telles la Cimade, France terre d’asile, SOS Solidarité, sont en effet subventionnées pour apporter une assistance, notamment juridique, aux migrants détenus dans des centres de rétention administrative. C’en est trop pour Retailleau qui voudrait que cette assistance soit confiée à l’Office français de l’immigration et l’intégration, c’est-à-dire à l’institution qui traite leurs dossiers. Le ministre de l’Intérieur voudrait aussi allonger la durée de détention sans jugement, qui passerait de deux mois à sept. L’objectif est bien évidemment de flatter la xénophobie du Rassemblement national, dont les voix sont indispensables au gouvernement Barnier. Exigeons le droit de libre circulation et d’installation pour toutes et tous !