Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

L’enseigne de vêtements Kiabi, qui appartient à la famille Mulliez (Auchan, Décathlon, Saint-Maclou, etc.), s’est fait escroquer de 100 millions d’euros par une ancienne comptable qui menait grande vie à Miami et s’affichait sur les réseaux sociaux. Elle a finalement été arrêtée. Il a fallu plusieurs mois à l’entreprise pour s’apercevoir du vol. La direction a tenu à affirmer dans un communiqué que « cette fraude ne remet en aucun cas en cause (sa) solidité financière ». Pour une entreprise qui a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 2,2 milliards d’euros, a un réseau de 616 points de vente dans 28 pays et exploite des milliers de salariés à travers le monde, 100 millions d’euros c’est finalement une somme modeste… comparée à ce qu’elle vole sur le dos des travailleurs.

Bram, une petite commune de l’Aude, réunit ce week-end différentes personnalités de gauche autour de Carole Delga, la présidente socialiste de la région Occitanie. On peut notamment y croiser François Hollande, Bernard Cazeneuve, Raphaël Glucksmann, Benoît Payan (maire de Marseille) et Karim Bouamrane (maire de Saint-Ouen). Tout ce beau monde à un point commun : l’opposition à l’alliance avec Mélenchon et La France insoumise. Le but de la rencontre est de se mettre d’accord sur le nom d’un candidat social-démocrate à la prochaine élection présidentielle de 2027. Dans une interview à Libération, Glucksmann a annoncé la couleur : « Je travaille à une reconstruction de la social-démocratie, une gauche sociale, européenne, humaniste, écologiste et féministe. » La social-démocratie en question, après avoir abandonné l’internationalisme en 1914 pour se rallier à la guerre, n’a cessé depuis lors de trahir les travailleurs, dans l’opposition comme au gouvernement, en défendant bec et oncles les intérêts de la bourgeoisie dans tous les pays où elle existe. Elle s’est opposée à la révolution russe, a bradé la grève générale de juin 1936, a appuyé le colonialisme français en Algérie, a été à l’Élysée et au gouvernement sous la Ve République pour mener des politiques anti-ouvrières, etc. Alors reconstruire la social-démocratie ? Non merci, le mouvement ouvrier a déjà donné !

Le 14 septembre, un faux plafond est tombé sur un lit dans l’unité d’hospitalisation de courte durée des urgences du groupe hospitalier de Pellegrin. Par chance, la patiente et son accompagnant présents n’ont pas été blessés. Cet « incident malheureux », pour reprendre les propos de la direction, est une nouvelle illustration du délabrement non seulement du CHU de Bordeaux mais de l’ensemble du système de santé. La nouvelle ministre de la Santé, Darrieussecq, a déjà annoncé : « Je ne suis pas une fée […] les enveloppes n’augmenteront jamais à la hauteur que tout le monde espérait. » Les « fées » du gouvernement préfèrent se pencher sur d’autres berceaux, comme Sanofi, qui vient de bénéficier de 240 millions d’euros d’« aides » de l’État…

La multinationale Lactalis a annoncé qu’elle allait réduire, dès cette année, les quantités de lait collecté auprès des élevages, faisant baisser de 9 % (soit de 450 millions de litres) sa collecte qui s’élève à 5,1milliards de litres chaque année. La raison de cette baisse, d’après la direction du groupe : « La nécessité de se recentrer sur les produits de grande consommation français, mieux valorisés car moins sujets aux aléas des marchés mondiaux. » La Confédération paysanne a déploré dans un communiqué « la dépendance économique structurelle des producteurs face aux laiteries ». Et d’ajouter : « Cette diminution de la collecte sert pour Lactalis à éliminer des producteurs et à faire pression sur celles et ceux qui restent. » Le groupe Lactalis, qui possède de nombreuses marques (Président, Lactel, Bridel, La Laitière, Lou Pérac, Galbani, Bridelight, Salakis, etc.), et emploie 85 000 salariés dans 51 pays est le premier groupe mondial de produits laitiers et fromagers. Il aurait les reins suffisamment solides pour absorber les soubresauts du marché. Mais il préfère améliorer sa rentabilité sur le dos des producteurs, et plus particulièrement des plus fragiles d’entre eux, en leur faisant payer les fluctuations des cours.

Dans une étude qui vient de paraître, l’association 60 millions de consommateurs estime que les grandes banques comme BNP Paribas, le Crédit agricole et la Société générale ont des pratiques « les plus critiquables dans des domaines comme le social, la transparence et l’environnement ». Les recherches ont été réalisées à partir de plusieurs critères en matière sociale (frais bancaires, égalité hommes-femmes, écarts de rémunération), de transparence (optimisation fiscale, vigilance au blanchiment et financement du terrorisme) et d’environnement (financement de projets liés aux énergies fossiles, de la déforestation…). La BNP Paribas et la Société générale ont les attitudes les plus dures avec les clients les plus pauvres. Cette dernière banque bat les records en termes d’écarts de salaire entre dirigeants et salariés, son PDG, Slawomir Krupa, percevant 45 fois la rémunération annuelle moyenne de son personnel. Quant au Crédit agricole, il se distingue pour avoir investi 243 millions dans des entreprises responsables de la déforestation. Rien de vraiment étonnant. Mais il est plus que temps d’arrêter ces comportements délétères en expropriant les banques privées et en les plaçant sous le contrôle de leurs salariés.

C’est le 30 septembre que 27 dirigeants et cadres du Rassemblement national vont comparaître devant le tribunal judiciaire de Paris. Ils sont accusés d’avoir monté un système frauduleux – qui leur a rapporté sept millions d’euros – en faisant rémunérer par le Parlement européen des prétendus « attachés parlementaires » qui ne mettaient jamais les pieds à Bruxelles et travaillaient en fait comme permanents du parti. Marine Le Pen sera sur les bancs des accusés mais pas son père, Jean-Marie, dispensé de comparaître pour raison de santé. Il avait nommé assistant parlementaire… son chauffeur. Bien entendu la direction du RN prétend qu’il s’agit d’une chasse aux sorcières et d’un procès politique où les dés sont pipés. Bref une nouvelle affaire Dreyfus. Sortez vos mouchoirs…

L’association Accueil et réinsertion sociale emploie 300 personnes, principalement autour de Nancy et dans le sud de la Meurthe-et-Moselle, pour mener des actions autour de l’urgence sociale, l’hébergement, le médico-social et l’accompagnement vers l’emploi et le logement. Le 10 août dernier, son conseil d’administration a modifié son règlement intérieur, y ajoutant notamment une clause de neutralité religieuse, politique et philosophique. Dans la foulée, la présidente de l’association a convoqué deux salariées de confession musulmane qui portent le voile. Elle leur a proposé soit de l’enlever, soit une rupture conventionnelle, soit d’être licenciées. Les deux femmes ont aussitôt reçu l’appui de leurs collègues et du syndicat Sud de l’entreprise qui a dénoncé « la brutalité de la situation ». Et d’ajouter : « Comment accepter une limitation des libertés individuelles, des avis politiques, des pensées philosophiques dans un secteur perpétuellement animé et traversé par les questions sociales, sociétales, politiques, religieuses et philosophiques ? » Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a tenu à apporter son soutien à la direction en déclarant : « Je vais lutter sans relâche pour faire reculer le séparatisme. » Islamophobe un jour, islamophobe toujours.

La direction SNCF de la région Paris-Saint-Lazare a annoncé la disparition d’ici juin 2025 des « chefs de service ». C’est osé, d’autant plus dans une des gares parisiennes les plus engorgées, tout particulièrement sur la banlieue, où il y a énormément de passage sur une surface réduite, avec des quais étroits. Prétexte invoqué pour cette suppression de personnel : les trains sont de plus en plus équipés de caméras au niveau des portes, ce qui permettrait aux conducteurs de se passer de la surveillance et de l’intervention de personnel à quai. Un raisonnement démenti par l’intervention, plus d’une fois, de chefs de service pour éviter des accidents potentiellement graves voire mortels… y compris sur des trains déjà équipés de caméras. Mais pour la direction, aux conducteurs de tout faire à la fois : vérifier les quais, s’assurer de l’absence de tout problème à bord, garantir la sécurité des usagers… et accessoirement, conduire leur train ?

… d’après le bulletin SNCF Paris Saint-Lazare

Alors qu’en France 51 hommes sont en procès pour avoir violé Gisèle Pélicot sous soumission chimique avec, et à l’instigation, de son mari, aux États-Unis le rappeur Sean Combs (P. Diddy) a été arrêté pour trafic sexuel et viols. Il aurait depuis 20 ans, organisé de nombreuses soirées « orgiaques » au cours desquelles des dizaines d’hommes et de femmes étaient drogués et violés. C’est une dizaine de plaintes pour viol dont certaines sur mineures qui ont été déposées contre le rappeur et on attend encore de connaitre l’étendue des faits. Encore un exemple de ce que la société patriarcale produit de plus abject, et un rappel qu’aucun milieu n’est épargné.