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Brèves

L’actualité en bref

Les députés Paul Vannier (LFI) et Violette Spillebout (Ensemble pour la République) avaient élaboré un projet de loi visant à prévenir et à lutter contre les violences physiques, psychologiques et sexuelles commises sur des enfants en milieu scolaire et périscolaire, notamment dans les établissements privés sous contrat et les internats. Le texte signé par 142 députés issus de neuf groupes politiques différents, incluait la création d’un fonds national d’indemnisation et d’accompagnement, un contrôle renforcé du pédigrée du personnel et des bénévoles, ainsi que des contrôles étatiques plus stricts. Le texte n’a finalement pas été plus loin que la conférence des présidents qui l’a rejeté à la majorité. Sans surprise la droite, l’extrême droite, Horizons et le Modem de François Bayrou – pour lesquels il n’est pas question de toucher à l’enseignement catholique – ont voté contre. La gauche et les écologistes pour. Mais le texte a finalement été repoussé grâce à l’abstention de Gabriel Attal qui appartient pourtant au même groupe que Spillebout mais est à couteaux tirés avec elle. En outre il n’avait pas caché qu’il voulait profiter de l’occasion pour infliger un camouflet à LFI, via Vannier. Quant aux enfants victimes de violences scolaires… il s’en fout. Un certain nombre de collectifs (Association des victimes de Bétharram, collectif MeeTooEcole, Collectif des victimes des Lasalliens) ont dénoncé le rejet comme une « blessure de plus » pour les milliers de personnes concernées.

Lors d’une législative partielle, le Parti travailliste a perdu au profit des Verts son siège à la Chambre des communes dans la circonscription de Gorton and Denton, située au sud de Manchester. Une circonscription jugée jusqu’alors imprenable et dans l’escarcelle du Labour depuis plusieurs décennies. L’élection avait été déclenchée par la démission pour raisons de santé du député sortant, Andrew Gwynne. Mais le leader du parti, le Premier ministre Keir Starmer, s’était alors opposé à la candidature du maire travailliste du Grand Manchester, Andy Burnham, craignant que, s’il était élu, il représente un concurrent potentiel à son leadership au sein du groupe parlementaire. À cela il faut ajouter le mécontentement d’une partie croissante des classes populaires face à la politique anti-sociale du gouvernement, ses mesures anti-migrants, mais aussi ses positions pro-israéliennes dans une circonscription où 28 % de la population se déclare musulmane. Les Verts n’ont guère eu de mal à paraître plus à gauche en promettant notamment de taxer les riches et de refinancer le service national de Santé en crise depuis des années. Il faut ajouter que leur candidate, Hannah Spencer, a multiplié les déclarations de soutien à la Palestine. Elle l’a emporté avec 41 % des voix contre 29 % au candidat d’extrême droite du Reform Party et de 25 % pour le Labour qui a perdu près de la moitié de ses voix depuis la dernière législative. Ce qui laisse augurer une défaite probable des travaillistes aux élections locales de mai prochain alors que le Reform Party d’extrême droite continue de progresser dans tous les sondages.

Rachida Dati, candidate aux municipales à Paris, se présente comme une protectrice des enfants face aux agressions sexuelles dans le périscolaire parisien qui se sont invitées dans la campagne après plusieurs signalements à la justice. Elle accuse son adversaire socialiste d’être « responsable du recrutement de pédocriminels ». Pas moins. De plus, elle met en avant son action passée aux côtés de l’ancien président du tribunal pour enfants de Bobigny. Mais, interrogé par Mediapart, ce dernier n’a aucun souvenir d’elle. Gênant ! En fait elle aurait, tout ou plus, effectué un stage de deux ou trois mois dans ce tribunal sans laisser une trace indélébile. Mais ce n’est ni la première, ni la dernière fois, que Dati enjolive son CV.

Le gouvernement pakistanais a déclaré la « guerre ouverte » aux autorités talibanes d’Afghanistan après une offensive afghane lancée la veille à sa frontière, qui a conduit Islamabad à bombarder notamment Kaboul en représailles. Les affrontements entre les deux pays sont réguliers depuis août 2021 et le retour des talibans au pouvoir. Le Pakistan les accuse notamment d’abriter des activistes armés – qui se dénomment eux-mêmes « les talibans pakistanais » – qui lancent des attaques sur son territoire. Les deux gouvernements profitent du conflit pour faire oublier à leurs populations la misère dans laquelle elles vivent et tenter de susciter une union sacrée. Mais, quel que soit le résultat de ces affrontements, à la fin, les grands perdants seront les masses populaires des deux pays.

Jean-Luc Mélenchon s’est attiré un nouveau procès en antisémitisme en brocardant, lors d’un meeting électoral tenu à Lyon, le nom de Jeffrey Epstein, le criminel sexuel new-yorkais, au centre d’un scandale qui éclabousse des responsables économiques et politiques du monde entier. Il a ironisé sur la prononciation anglaise du nom « Epstein » en déclarant : « Je voulais dire “Epstine” pardon, ça fait plus russe “Epstine”. Alors maintenant, vous direz Epstine au lieu d’Epstein, Frankenstine au lieu de Frankenstein » avant d’ajouter : « eh bien voilà, tout le monde comprend comment il faut faire », devant une salle hilare. Ce type de remarques lui a valu une avalanche de critiques, à droite surtout mais aussi à gauche. Et dans la foulée l’accusation d’antisémitisme a resurgi. Ce que lui et ses camarades de la LFI ont farouchement nié. Donc acte. Il n’empêche qu’ironiser sur le changement de la prononciation traditionnelle d’un nom se terminant par « stein », c’est tendre le bâton pour se faire battre. Et Mélenchon ne pouvait l’ignorer.

C’est l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) qui l’affirme : les femmes gagnent en moyenne nettement moins que les hommes (−21,8 %). La dernière étude, qui porte sur l’année 2024, montre que dans le privé ce revenu annuel, qui prend en compte la rémunération nette tirée de l’ensemble des activités salariées, s’élève à 22 060 euros pour les femmes, contre 28 220 euros pour les hommes, soit un écart de plus 6 000 euros annuels. L’écart de salaire s’explique aussi en grande partie par la « ségrégation professionnelle » qui fait que les femmes exercent souvent des métiers moins rémunérateurs que les hommes. Les premières représentent ainsi 42 % des postes salariés du privé en équivalent temps plein, mais elles occupent seulement 1 % des postes les mieux rémunérés. À temps de travail identique, l’écart au détriment des femmes était donc de 14 % en 2024, contre 22,1 % en 1995. À ce rythme, il faudra 54,5 années avant que cet écart moyen – dû en grande partie aux métiers moins rémunérateurs et aux temps partiels davantage exercés par les femmes – ne soit entièrement résorbé. Mais les travailleurs, et surtout travailleuses, n’attendront pas encore un demi-siècle pour faire triompher l’égalité salariale femmes-hommes.

Le budget 2026 introduit une contribution financière, due par la partie qui introduit une nouvelle instance. Il faudra donc débourser 50 euros pour saisir un tribunal judiciaire ou le conseil des prud’hommes. Le seul moyen d’y échapper est de bénéficier de l’aide juridictionnelle, encore faut-il y avoir accès. Un nouvel obstacle pour les travailleurs qui dénoncent des licenciements abusifs et toutes les magouilles du patronat. Le gouvernement et les patrons veulent gêner les travailleurs quand ils se défendent, mais notre meilleure défense, c’est notre solidarité.

L’ancien ministre de l’Économie, Éric Lombard, avait jeté un pavé dans la mare en janvier dernier en affirmant, chiffres à l’appui, dans Libération que plus de 13 000 foyers très fortunés ne payaient aucun impôt sur le revenu. Et il vient de remettre le couvert sur RTL en précisant que ce chiffre de 13 000 contribuables est un minimum qui pourrait monter jusqu’à 100 000. Ces foyers fortunés non-imposables sur le revenu profitent, en toute légalité, des différents mécanismes d’optimisation fiscale spécialement conçus pour les plus riches. Si le gouvernement cherche de l’argent pour boucler son budget, il sait où le trouver.

C’est le ministère de la Santé qui l’annonce. La toxine céréulide, au cœur de la vague actuelle de rappels de laits infantiles, a pour la première fois été identifiée chez un bébé hospitalisé en France après consommation d’un produit impliqué. Mais, selon le ministère, cela serait insuffisant pour établir un lien de cause à effet. La présence de céréulide avait déjà été signalée voici une dizaine de jours en Belgique chez huit nourrissons. L’extrême réserve des autorités médicales de l’Hexagone dans cette affaire contraste avec les critiques virulentes lancées par les associations de défense de l’enfant et d’autres ONG contre les entreprises alimentaires impliquées dans ces empoissonnements. Depuis fin novembre, début de l’alerte sanitaire, le ministère de la Santé s’est bien gardé de mettre en cause les grands groupes comme Nestlé, Lactalis ou Danone, leur décernant même un certificat de bonne conduite pour leur réactivité. Idem pour les associations de pédiatres, financées en partie par les mêmes groupes. Petites compromissions entre gens de bonne compagnie.