Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Saisi par l’association Droit au logement, le Conseil d’État a annulé un décret de 2023 qui voulait autoriser la location de logement avec une hauteur de plafond de 1 mètre 80 au lieu de 2 mètres 20. C’est le ministre du Logement qui souhaitait cet « assouplissement » pour mettre sur le marché des « biens atypiques ». Alors qu’au moins 3,8 millions de personnes vivent en situation de mal logement et que 3,1 millions de logement restent vides, le gouvernement ne manque pas « d’idées » sur le sujet… mais n’a pas la lumière à tous les étages.

Les Jeux paralympiques ont contribué à rendre visibles les personnes en situation de handicap, et laissé entrevoir quelques-uns des moyens techniques qui permettraient de rendre la vie bien plus aisée à des personnes même lourdement handicapées. Ils ont aussi surtout mis en lumière un contraste saisissant avec la réalité du quotidien : accessibilité des transports ou des lieux publics, accès au logement, à l’emploi (ou même au sport !), précarité et discriminations… loin de l’habituel parcours du combattant des personnes handicapées. Plus que de beaux discours sur l’inclusion, les millions de personnes concernées par le handicap ont surtout besoin d’une société qui y mettrait les moyens nécessaires.

Cette femme, victime pendant dix ans de 200 viols, voit défiler en ce moment 51 de ses agresseurs, recrutés par son mari sur Internet. Ce dernier affirme que lorsqu’il proposait à des inconnus de violer Gisèle « à son insu », d’après le nom du forum de discussion, sept sur dix acceptaient. L’un d’eux est allé jusqu’à expliquer au procès que ce n’était pas du viol puisque le mari était là et que celui-ci faisait bien ce qu’il voulait de sa femme. C’est l’oppression de la femme qui permet que de telles horreurs puissent surgir. À bas le patriarcat !

Selon une étude de la CGT-chômeurs publiée en août, 90 % du million d’offres d’emploi publiées par le service France Travail sont à temps partiel. Pire, plus de la moitié sont bidon ! Soit elles comportent des mentions fausses, soit elles sont déjà pourvues mais pas retirées du site. Macron disait qu’il suffisait de traverser la rue pour trouver du boulot… apparemment il faut aussi passer quelques heures à faire décrypter les mensonges des agences.

350 kilomètres dans l’ambulance des pompiers, c’est la distance parcourue par une patiente bretonne avant d’être enfin prise en charge à l’hôpital, au terme d’un périple de quatre heures et demie (Callac, Carhaix, Guingamp, Brest, Noyal-Pontivy) pendant lequel l’ambulance s’est vu refuser l’accès à trois hôpitaux faute de lit disponible ou d’urgences ouvertes ! Mais à l’heure où les équipes syndicales des hôpitaux de la région – comme bien d’autres sur l’ensemble du territoire – ne cessent de dénoncer le manque de personnel et de lits, l’augmentation inacceptable du temps d’attente aux urgences qui en résulte ou encore les morts qui auraient pu être évitées, l’ex-ministre Frédéric Valletoux continue d’affirmer qu’il n’y a « pas eu de situation catastrophique » cet été. Tant qu’il y a de l’essence, on avance !

L’État français persiste dans sa politique de criminalisation et de répression contre toutes celles et ceux qui soutiennent les Palestiniens. Instrumentalisant la tentative antisémite d’incendie d’une synagogue, le préfet de l’Hérault a interdit le week-end du 1er septembre deux manifestations de solidarité avec le peuple palestinien à Montpellier et Béziers. La semaine dernière, un enseignant de la Toulouse School of Economics a été suspendu avec ouverture d’une enquête pour « apologie du terrorisme »… pour avoir dénoncé le massacre en cours à Gaza devant sa classe. À Paris, la manifestation du 8 septembre a été interdite par la préfecture qui n’a autorisé qu’un rassemblement statique. Malgré ces intimidations, nous ne nous tairons pas et continuerons à manifester et dénoncer la complicité des grandes puissances, dont la France, dans le massacre en cours.

Un peu partout en France, la rentrée est l’occasion pour les conducteurs et conductrices de bus scolaires de taper du poing sur la table. Les journées à forte amplitude mais peu d’heures de travail génèrent des paies inférieures à 1 000 euros, alors que les grandes sociétés de transport empochent des bénéfices confortables. Dans l’Hérault, les débrayages touchent les agences Keolis de Sète, Agde, Béziers ou Pézenas avec jusqu’à 80 % de grévistes. En se coordonnant à l’échelle du pays, et en passant à la grève illimitée, les travailleurs du transport – et d’ailleurs ! – mettraient de leur côté tous les moyens de gagner.

En Algérie, dans le milieu populaire, on parle avec humour de trois types de levure : la boulangère, la chimique et l’électorale. La dernière a permis de présenter comme un succès la réélection du président algérien sortant, Abdelmadjid Tebboune avec le score à peine croyable de 94,65 % des votants. Mais la participation ? Le jour du scrutin à 13 heures, seuls 13,11 % des électeurs s’étaient déplacés, à 17 heures, ce n’était encore que 26,45 %. Mais la levure et quelques bricolages aidant, c’est 48,4 % qui étaient annoncés, « un taux moyen, selon un chiffre préliminaire » ! Tebboune, qui a été élu (et déjà très mal élu) fin 2019 pour étouffer le mouvement du Hirak, reste aussi impopulaire en Algérie que Macron en France.

Cela fait deux mois et demi que l’État français retient dans des prisons de métropole sept leaders de la contestation en Nouvelle-Calédonie, accusés d’avoir organisé des émeutes contre le projet de dégel du corps électoral en Kanaky. Une incarcération à 17 000 kilomètres de leur famille, contraire au droit européen. La répression féroce du pouvoir et des milices coloniales a fait officiellement onze morts, des centaines de blessés et des sanctions pénales disproportionnées. La détermination des manifestants ne faiblit pas pour autant : le mouvement a obtenu que le projet soit mis de côté et les actions de blocage continuent.