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Brèves

L’actualité en bref

Le groupe SEB, spécialiste des cocottes minutes et du petit électroménager – et qui possède également les marques Tefal, Rowenta et Moulinex – a annoncé qu’il va supprimer jusqu’à 2 100 postes dans le monde, dont 1400 en Europe et 500 en France. L’objectif de ce qui est présenté comme un « plan rebond » est de réaliser 200 millions d’euros d’économies annuelles. Et de mettre en avant le fait que le groupe d’électroménager a enregistré l’an dernier un chiffre d’affaires en recul de – 1,2 %. Sans trop insister sur le fait que, dans le même temps, son bénéfice net a fait un bond de 5,6 %, soit 245 millions d’euros. En fait, il s’agit, ni plus ni moins, de licenciements boursiers destinés à faire monter la valeur de l’action. Et cela n’a pas tardé. Le jour même de l’officialisation de ce plan d’économie, la Bourse de Paris a réagi favorablement à cette annonce et le cours de l’action SEB a bondi de 10 % dès les premières heures de cotation.

Adopté au Sénat en novembre 2025, l’examen du projet de loi de lutte contre la fraude sociale et fiscale a débuté à l’Assemblée nationale. Le gouvernement entend récupérer au moins deux milliards d’euros, grâce à un arsenal législatif renforcé. Mais, pur hasard évidemment, la fraude fiscale ne concerne qu’un tiers des articles. Les 18 000 super-riches qui ne paient pas d’impôt sur le revenu et ceux qui ont fait de l’évasion fiscale une spécialité peuvent continuer de dormir tranquilles. Par contre le volet social occupe plus des deux tiers des articles et prévoit notamment des mesures comme la suspension immédiate des allocations chômage aux demandeurs d’emplois en cas d’« indices sérieux » de fraude. En résumé un texte qui vise et stigmatise les plus pauvres. Une vieille habitude du gouvernement.

L’ex-ministre de la Culture, Rachida Dati, a quitté le gouvernement pour se consacrer à la campagne des municipales à Paris où elle est candidate. Elle n’a donc pas pu mener à bien son projet de réforme de l’audiovisuel public qui consistait à créer une holding regroupant France Télévisions, Radio France et l’Institut national de l’audiovisuel et qui se serait traduit par des centaines de licenciements. Une réforme qui avait suscité la colère du personnel et des syndicats qui avaient multiplié les grèves. Pour l’instant le projet est mis de côté, mais pas abandonné. Véritable serpent de mer, il figurait déjà dans le programme de Macron lors de l’élection présidentielle de 2017 mais n’a jamais été inscrit au calendrier parlementaire. Mais la droite et l’extrême droite, qui y sont favorables, pourraient bien le ressortir de leur chapeau un jour ou l’autre.

C’est par un simple message sur X que la députée d’extrême droite de la Drôme, Lisette Pollet, a annoncé qu’elle se séparait de son collaborateur Vincent Claudin suite aux révélations de Mediapart de tweets antisémites, racistes et xénophobes rédigés par ce dernier et faisant l’apologie du nazisme. Claudin se présentait également comme un des meilleurs amis de Quentin Deranque, le militant néo-fasciste lyonnais tué lors d’affrontements avec des antifascistes. Mais la parlementaire du Rassemblement national n’est pas tirée d’affaire pour autant. En effet, l’Humanité a révélé en juillet dernier qu’une autre de ses collaboratrices, Clotilde Guéry, était une militante d’un groupuscule identitaire, Auctorum. Au Rassemblement national, on a beau chasser les idées fachos, elles reviennent toujours au galop.

L’Inde et Israël sont déterminés à « s’opposer côte à côte » au « terrorisme dans le monde », a affirmé sans rire le Premier ministre indien, Narendra Modi, en achevant une visite de deux jours à Jérusalem durant laquelle il s’est longuement entretenu avec Benyamin Netanyahou. Une telle déclaration prêterait à sourire si elle n’était pas tragique. Car les deux premiers ministres sont unis dans leur haine commune des musulmans, assimilés peu ou prou à des « terroristes ». Netanyahou le montre chaque jour en Cisjordanie, à Gaza, au sud Liban ou en Syrie. Quant à Modi, à la tête d’un parti hindouiste intégriste, il n’a cessé depuis son arrivée au pouvoir de pratiquer à l’égard des musulmans de son pays – une minorité forte de près de 200 millions de personnes – une politique de persécution faite d’exclusions légales, de discriminations quotidiennes, de marginalisation socio-économique et de recours à des conversions forcées. Quant aux milices hindouistes à ses ordres, elles sont responsables de dizaines de pogroms anti-musulmans dans tout le pays qui ont fait des milliers de victimes. Dans leur genre, les deux compères sont donc de vrais spécialistes du terrorisme qu’ils pratiquent assidûment.

Au terme d’une ultime journée de négociations, et sous la pression du gouvernement, trois organisations patronales d’un côté, la CFDT et la CFTC de l’autre, ont trouvé un accord. pour « réduire la facture de l’assurance chômage » et économiser 400 millions d’euros. Si le texte est validé par les instances des organisations signataires puis adopté par le Parlement, alors les salariés quittant leur entreprise via une rupture conventionnelle verront leurs droits réduits. Ces ruptures conventionnelles, que le gouvernement juge trop coûteuses, permettent à un salarié et à son employeur de mettre fin à un CDI à l’amiable, tout en ouvrant droit aux allocations chômage. Le projet d’accord prévoit de réduire la durée maximale d’indemnisation qui passerait de 18 à 15 mois pour les moins de 55 ans et de 22,5 à 20,5 mois pour les plus de 55 ans. Encore une fois, les salariés seront perdants. Selon la CGT, les droits des chômeurs ont déjà baissé de 25 % depuis 2017. Lutter contre le chômage en tapant sur les chômeurs est la seule ligne de conduite du gouvernement.

Le ministère de la Santé a annoncé que les forfaits hospitaliers payés par les patients allaient augmenter à partir du 1er mars. Ceux qui n’ont pas de complémentaire santé vont être percutés de plein fouet. Le forfait journalier hospitalier, reste à charge pour les patients hospitalisés au titre des frais d’hébergement et d’entretien, augmentera ainsi de 20 à 23 euros par jour. Certains patients en sont exonérés (les femmes enceintes en fin de grossesse, les nouveau-nés ou les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire) et ceux disposant d’une mutuelle seront dans la plupart des cas remboursés. Mais ce ne sera pas le cas des 2,5 millions de personnes ne disposant pas d’une mutuelle. Ils devront donc sortir cet argent de leur poche et payer plein pot alors que ce sont justement les plus fragiles sur le plan économique. But de l’opération : renflouer les caisses de la Sécurité sociale de 450 millions d’euros… en s’en prenant aux plus modestes. Comme d’habitude…

Le dernier numéro du Canard enchaîné nous apprend que le très droitier sénateur Laurent Duplomb, auteur de la loi sur la réintroduction de certains pesticides en agriculture, aime à se présenter comme « un petit paysan ». Tout est relatif. Le monsieur est en effet à la tête d’une ferme de 180 hectares dans l’Eure alors que la taille moyenne d’une exploitation dans l’Hexagone est inférieure à 70 hectares. On y trouve 300 bovins, dont 130 vaches laitières, ce qui le place dans les 10 % des plus gros éleveurs. En outre, il a empoché plus d’un million d’euros d’aides publiques en cinq ans venant notamment… des fonds européens qu’il voue officiellement aux gémonies. Et l’an dernier, il a affiché son mépris pour tous les agriculteurs dont le chiffre d’affaires est inférieur à 25 000 euros par an (soit le tiers d’entre eux) les qualifiant d’« assistés »… Avec un tel défenseur, le monde paysan n’a vraiment pas besoin d’ennemis.

Déclenchée le 24 février 2022 avec l’attaque de l’armée russe décidée par Vladimir Poutine, la guerre d’Ukraine vient d’entrer dans sa cinquième année. Et le bilan est déjà effroyable puisqu’on estime qu’elle a fait entre 500 000 et 600 000 victimes, le pire bain de sang qu’a connu l’Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elles sont bien loin les fanfaronnades d’un Poutine, prétendant régler le conflit en quatre jours, ou celles d’un Trump se vantant de pouvoir faire la paix en 48 heures. Cette guerre est aussi le prétexte pour les nations impérialistes, notamment européennes, de se réarmer à tour de bras et de se livrer à une propagande militariste et belliciste pour préparer leurs populations au pire. Nul ne peut savoir si le conflit ukrainien sera le prélude à un nouveau conflit mondial. Mais les capitalistes s’y préparent. À nous de contrer leurs plans et à aider les classes laborieuses à s’y opposer par tous les moyens. Guerre à la guerre !