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Brèves

L’actualité en bref

En début de semaine, le super-yacht du magnat britannique de la tech, Mike Lunch, a coulé au cours d’une tempête au large de la Sicile. Selon le dernier bilan, six personnes sont mortes (dont Lynch lui-même), deux sont portées disparues et quinze ont été secourues. Aussitôt les autorités italiennes ont mobilisé gardes-côtes, pompiers, plongeurs, etc. et la presse a suivi, d’heure en heure, les opérations de sauvetage. Lesdites autorités font beaucoup moins d’efforts pour secourir les migrants qui se noient chaque jour en Méditerranée, au large de leurs côtes. En dix ans plus de 27 000 personnes sont mortes ou ont été portées disparues en mer dans ces zones. De cela, les autorités se lavent les mains et nombre de médias ne rapportent même plus les naufrages.

Le site de Mediapart vient de publier un appel, signé dans un premier temps par plus de 70 personnalités d’origine juive de France, d’Israël, de Belgique, d’Espagne, des Pays-Bas, de Suède, d’Allemagne, etc. appelant à la solidarité avec les Palestiniens et au jugement des criminels de guerre et de leurs complices. Cet appel dit notamment :
« Depuis plus de dix mois, tous les jours à Gaza, des vieillards, des femmes, des enfants, des hommes sont sciemment visés et tués. L’occupant attaque les écoles, les hôpitaux, les campements de réfugiés. Il s’acharne sur les médecins, les journalistes, les athlètes. Il organise la famine. L’occupant torture les prisonniers comme l’a démontré le rapport de B’Tselem… Le monde sait et les dirigeants se taisent… Pire, ils continuent de fournir armes et munitions aux génocidaires… Nous, Juives et Juifs, parce que le crime se commet en notre nom, parce que nous refusons d’être complices de ce crime atroce, parce que nous refusons que l’antisémitisme (qui est notre histoire intime) soit utilisé pour justifier l’horreur. Nous appelons à la solidarité concrète avec la population de Gaza martyrisée, nous appelons à exiger le cessez-le-feu et l’arrêt de cette tuerie, nous appelons tous les pays à sanctionner l’État d’Israël, nous appelons au jugement des criminels de guerre et de leurs complices. »

Les soignants du centre hospitalier ont décidé de coller sur un mur des feuilles A4 portant les prénoms et initiales des personnes âgées de plus de 75 ans qui ont patienté plus de 12 heures aux urgences avant d’être pris en charge, dont une quarantaine ont attendu plus de 23 heures. Stéphane Vialas, infirmier du bloc opératoire et représentant syndical CGT, rappelle qu’une étude de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris explique « qu’une nuit passée sur un brancard aux urgences augmente la mortalité de plus de 40 % pour les patients de plus de 75 ans ». La direction du CHU brestois a transmis un communiqué à France Bleu où elle en indique qu’« entre le 10 juillet et le 7 août, 969 patients de +75 ans ont été accueillis aux urgences avec un délai moyen de prise en soins de 10 h 58. 71 patients de +75 ans (soit 7 %) ont été pris en soins sur une durée supérieure à 23 heures ». Cette situation scandaleuse et mortifère n’existe pas seulement en Bretagne mais un peu partout dans le pays où certains services d’urgence ferment parfois la nuit ou le week-end, faute de lits et de personnel soignant. Selon le ministre délégué à la Santé démissionnaire, Frédéric Valletoux, une cinquantaine d’hôpitaux seraient dans ce cas. Ce qui ne semble pas trop le perturber…

À l’occasion des Jeux olympiques, le prix du ticket de métro avait bondi de 2,15 à 4 euros. Île-de-France Mobilités, qui gère le réseau, expliquait qu’il s’agissait de faire payer aux touristes présents les frais engagés pour augmenter le confort et la fiabilité du réseau. Une fois la grande manifestation sportive terminée tout aurait dû revenir « à la normale ». Mais ça n’a pas été le cas. Invoquant « des difficultés techniques », la direction de la RATP a décidé de maintenir le prix de 4 euros… au moins jusqu’à la fin des Jeux paralympiques. Et après ? Rien de précis. Entre-temps, les usagers se sont aperçus que les améliorations constatées pendant les JO (ponctualité, meilleure fréquence des rames, moins d’annulation de trains, etc.) disparaissaient peu à peu. Donc retour à la galère… mais cette fois au prix fort.

Certains candidats au concours d’entrée de l’Institut national du service public (qui a remplacé l’ENA) ont dû plancher dans leur épreuve de culture générale sur une phrase prononcée par Emmanuel Macron le 31 décembre 2022 et qui l’avait… ridiculisé. Dans ses vœux aux Français il avait en effet lancé cette interrogation : « Qui aurait pu prédire… la crise climatique aux effets spectaculaires encore cet été dans notre pays. » Or, à cette date, cela ne faisait guère plus d’un demi-siècle que scientifiques, spécialistes de l’environnement et écologistes tiraient la sonnette d’alarme sur le changement climatique. Cette petite phrase avait d’ailleurs été sélectionnée pour le prix de l’humour politique. Et c’est sans doute aussi par humour que les hauts fonctionnaires chargés de sélectionner les sujets ont fait plancher les étudiants sur le thème suivant : « “Qui aurait pu prédire… ?” Science, expertise et action publique. » On ne sait pas si Macron a trouvé ça amusant. Nous si.

Ça n’a pas tardé. Quelques semaines après être revenu au gouvernement après 14 ans de gouvernements conservateurs, les travaillistes, sous la direction de Keir Starmer, viennent d’annoncer leur intention d’augmenter le nombre d’expulsions de migrants, légaux et illégaux. La ministre de l’Intérieur, Yvette Cooper, veut atteindre le niveau d’expulsions qui existait en 2018, soit 14 000 par an. C’est pourquoi quelque 300 agents ont été « réaffectés à l’examen de milliers de dossiers de demandeurs d’asile déboutés et de retours, y compris les retours forcés et volontaires ». Sur ce plan les travaillistes sont aussi xénophobes que les conservateurs. Heureusemennt que les mouvements de soutien aux migrants n’ont cessé de se renforcer dans le pays ces dernières années avec un seul mot d’ordre : « Les migrants sont les bienvenus ! »

Paul Watson, le défenseur des baleines et le créateur de l’ONG Sea Sheperd (berger des mers), est toujours en attente de son extradition vers le Japon dans une prison du Groenland. La justice japonaise l’accuse de « mise en danger de la vie d’autrui » pour s’être opposé aux chasseurs de baleines nippons. Cette accusation, vieille de 14 ans, repose sur le témoignage d’une seule personne, torturée en prison et qui s’est rétractée par la suite. Cela n’a pas empêché Interpol, à la demande de Tokyo, de lancer et de maintenir un mandat international à son encontre. Le 5 septembre, les juges danois se prononceront sur l’affaire. Et il n’est pas sûr qu’ils se montrent très compréhensifs à son égard, lui qui accuse également les pêcheurs danois de « massacrer des familles entières de dauphins » aux îles Féroé. Ce qui lui vaut d’être qualifié « d’écoterroriste » par ses ennemis. Darmanin fait des émules.

J’habite en province. Légèrement inquiet de bronchites chroniques, je demande à mon médecin une ordonnance pour consulter un spécialiste, un pneumologue. Pas moyen d’avoir un rendez-vous où j’habite, les pneumologues ne sont qu’une poignée et il n’y a aucun créneau disponible en ligne. Les quelques secrétariats que j’ai réussi à appeler me répètent d’ailleurs en boucle la phrase fatidique : « Nous ne prenons pas de nouveaux patients. » Les trop peu de médecins qui sortent de l’école peuvent en effet s’installer là où ils et elles le veulent, et trop souvent dans les très grandes villes. Je trouve donc un rendez-vous à Paris, chez un des rares spécialistes qui refuse de s’en mettre plein les poches en dépassement d’honoraires et pratique la tarification secteur 1. Pour autant, ce rendez-vous me coûte déjà 80 euros de plus qu’à un Parisien à cause des billets de train. Je peux me le permettre, mais peut-être pas tout le monde.

L’histoire commence réellement le matin de mon rendez-vous. Un problème d’alimentation sur les voies et une caténaire arrachée ont raison de mon train, il est annulé et tous les trains de la journée sont retardés d’au moins une heure trente. Est-ce la faute à pas de chance ? Ou à l’orage et la pluie ? Ou peut-être aussi au mauvais entretien des infrastructures ? Difficile à dire, toujours est-il qu’il m’est impossible d’arriver à temps à Paris, je dois annuler mon rendez-vous. Le médecin aura donc perdu son rendez-vous, ça m’étonnerait qu’à quelques heures du créneau quelqu’un d’autre le reprenne. Mon prochain rendez-vous sera dans six mois, toujours à Paris, si les trains fonctionnement normalement ce jour-là.

Ainsi en va-t-il des tribulations du – pas encore ! – malade dans un pays dont les gouvernants laissent les services publics se dégrader, lentement mais sûrement, depuis des dizaines d’années.

Trois orateurs vedettes étaient programmés le premier jour de la Convention démocrate qui se tient à Chicago : Joe Biden, Hillary Clinton et Alexandria Ocasio-Cortez. Cette dernière, députée de New-York à la Chambre des représentants, était censée représenter l’aile « sociale-démocrate » du parti, c’est dire « sa gauche ». Mais celles et ceux qui attendaient à ce qu’elle s’en prenne au flou du programme social de Harris en ont été pour leurs frais. En un discours enflammé, elle a cloué au pilori Donald Trump, ce qui était attendu, puis a clairement pris position pour Harris en prétendant, contre toute évidence, que cette dernière défendait la classe ouvrière et la classe moyenne face à un Trump qui, selon elle, se bat uniquement pour les riches et les grandes entreprises. De plus, alors même que des milliers de personnes manifestaient en dehors de la Convention pour exiger l’arrêt d’envoi d’armes américaines à Israël, elle n’a pas eu un mot pour défendre les Palestiniens. Une façon peu glorieuse de rentrer dans le rang.