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Brèves

L’actualité en bref

Plus de 10 000 procédures judiciaires ont été ouvertes en Russie pour « discrédit » de l’armée depuis février 2022 et le début de l’invasion de l’Ukraine, a rapporté le média indépendant Mediazona à partir de données des tribunaux. Un chiffre qui montre la répression tous azimuts lancée par les autorités qui punissent sévèrement la diffusion de ce qu’elles jugent être de « fausses informations » sur l’armée ou jeter le « discrédit » sur ses forces armées. Dans la pratique, toutes les voix qui s’opposent à la guerre sont sévèrement réprimées. Fin 2022, la police russe avait ouvert 5 614 procédures contre des individus accusés d’avoir calomnié l’armée et 8 590 au total fin 2023. Le seuil des 10 000 procédures a été dépassé « au cours de la première semaine d’août », a indiqué le média. Depuis février 2022, des milliers de personnes ont été menacées, sanctionnées ou condamnées, parfois lourdement, pour leur opposition au Kremlin et à son invasion de l’Ukraine. Selon l’ONG Memorial, la Russie compte actuellement 762 prisonniers politiques. Ce qui n’empêche pas les opposants à la guerre de continuer de protester.

Durant les Jeux olympiques, des émeutes racistes ont ravagé le Royaume-Uni après l’horrible assassinat de trois fillettes. Le site spécialisé Arrêt sur image a calculé qu’entre le 31 juillet et le 5 août, sur quinze heures d’information, les journaux télévisés de TF1 n’avaient accordé que moins de neuf minutes à la situation outre-Manche. Mais la chaîne commerciale est battue à plate couture par la chaîne publique France 2 qui, elle, n’a consacré à ces tragiques évènements… que moins de cinq minutes. Une conception pour le moins curieuse du journalisme d’information.

L’association anti-corruption Anticor vient d’obtenir de la justice le réexamen de sa demande d’agrément par le gouvernement. Il faut rappeler qu’en juin de l’an dernier, sur incitation de Grabiel Attal, le tribunal administratif de Paris avait annulé cet agrément qui permet à Anticor de se porter partie civile dans les procès de corruption, tant ceux portant sur des malversations dans le domaine public (scandale des sondages de l’Élysée sous Sarkozy) ou privé (les pratiques du groupe Bolloré en Afrique). À l’heure actuelle, l’association est partie prenante dans 150 procédures pénales en cours, d’importance locale ou nationale. Jusqu’à présent le gouvernement n’a pas répondu à la demande d’un nouvel agrément et fait la sourde oreille depuis six mois. C’est cette attitude que viennent de sanctionner les juges de référé en sommant Matignon de prendre position avant la fin du mois d’août. Depuis 2010, Anticor poursuit son combat contre la corruption et agit comme un poil à gratter chez les magouilleurs de toute sorte tout en mettant sur la place publique des pratiques que certains aimeraient garder confidentielles.

Alors que l’an dernier l’Unef alertait sur une augmentation « jamais vue » du coût de la vie étudiante, les choses ne devraient pas s’améliorer à la rentrée 2024. Selon l’enquête annuelle que le syndicat étudiant vient de publier, le prix d’une année d’études va encore grimper de 2,25 % par rapport à l’an dernier, ce qui représente 482,16 euros par an, soit 40,18 euros par mois. En cause, l’augmentation du coût de la vie, mais aussi celle des frais d’inscription universitaire et de la contribution de vie étudiante et de campus (CVEC), une participation obligatoire pour les étudiants depuis 2018. Pour la rentrée 2024, les tarifs d’inscription à l’université seront plus élevés de 2,93 %, la CVEC passant à 103 euros (son coût était de 100 euros en 2023 et de 92 euros en 2021). Les étudiants font aussi les frais de l’augmentation du coût de l’énergie (+ 4,8 %), et des loyers dans les résidences des Crous (+ 3,5 %) et hors résidences Crous (+ 1,08 %). L’inflation modérée des prix des produits alimentaires (+ 0,82 %) pèsera également sur leur budget. Depuis 2017, le coût de la vie étudiante a augmenté de 27,76 %, selon l’Unef. Une réalité qui oblige un étudiant sur deux à avoir un travail salarié en plus de ses études, alors même que les étudiants qui travaillent ont un taux d’échec à l’université 40 % plus élevé que ceux qui peuvent se concentrer uniquement sur leurs études. L’image d’une vie étudiante insouciante appartient au passé.

Des milliers de personnes ont manifesté à l’appel du mouvement No Ponte (Pas de pont) contre un projet de pont gigantesque qui devrait relier la Calabre à la Sicile en enjambant le détroit de Messine sur 3,5 kilomètres. C’est en 2011 que le gouvernement de Silvio Berlusconi avait approuvé le projet, puis celui-ci avait été suspendu avant d’être relancé l’an dernier par le gouvernement de Giorgia Meloni. La construction du pont entrainerait la destruction de près de 250 maisons de Torre Faro, commune située à l’extrême pointe nord-est de l’île et qui compte près de 2 500 habitants. Le ministre des transports, Matteo Salvini, l’a qualifié de « joyau planétaire ». Son coût a été multiplié par trois depuis le lancement du projet et Rome veut maintenant consacrer une enveloppe de 12 milliards d’euros pour ce que les habitants et les ONG considèrent comme une aberration écologique et économique.

Le coût des fournitures scolaires pour un élève entrant en collège s’élèvera en moyenne à 223,46 euros pour la rentrée de septembre 2024, a calculé l’association Familles de France, dans une étude dévoilée par France Bleu. Pour les familles, c’est 2,87 euros de moins à débourser par rapport à 2023, où le prix des fournitures s’élevait à 226,33 euros. Mais cette baisse est loin de faire revenir le coût d’une entrée au collège au niveau observé au début de la décennie. Soulignant que 2023 et 2024 ont été « rythmées par une inflation grandissante », Familles de France rappelle que les rentrées 2022 (208,12 euros en moyenne par enfant) et 2021 (199,64 euros) étaient moins onéreuses pour les parents. Les trois grands pôles de dépenses sont, en première position, les fournitures « non papetières », soit le cartable ou la trousse avec 112,02 euros dépensés en moyenne, en deuxième position les articles de sport (66,20 euros par enfant) et enfin 45,25 euros pour les fournitures de bureau (crayons, feuilles, classeurs…). La scolarité gratuite pour tous les enfants n’est pas encore pour demain…

Dans une analyse basée sur des données de l’Union européenne, la Confédération européenne des syndicats montre qu’un nombre croissant de travailleurs ne partent pas en vacances, d’abord pour des raisons économiques. En 2022, dans les pays de l’Union européenne, 40 millions de personnes n’ont pas pu prendre de vacances hors de chez eux soit 14 % de plus que l’année précédente. L’Irlande arrive en tête de ce triste classement suivie par… la France. Et, selon l’Observatoire des inégalités, en France seules 42 % des personnes gagnant moins de 1285 euros par mois sont parties en vacances en 2023 contre 76 % de ceux qui gagnent plus de 2 755 euros. Moins de la moitié des ouvriers passent leurs vacances hors de chez eux contre 80 % des cadres supérieurs. Parmi les travailleurs les plus touchés par les non-départs en vacances figurent les « micro-entrepreneurs » (comme les livreurs de pizzas pour les plates-formes ou les chauffeurs de VTC) qui ne disposent pas de congés payés et ne prennent souvent pas de vacances du tout.

Lors du week-end de clôture des Jeux olympiques étaient organisés deux courses – l’une de 42 kilomètres, l’autre de 10 – auxquelles pouvaient prendre part les amateurs. Et cela a été un franc succès. Plus de 20 000 personnes ont participé à chacun de ces deux « marathons pour tous ». Ceux qui franchissaient la ligne d’arrivée se voyaient offrir une médaille commémorative. Et, à peine la course terminée, nombre de petits malins ont mis en vente leurs médailles sur le site Vinted. La majorité d’entre elles ont été revendues entre 100 et 200 euros. L’afflux a été tel que Vinted a finalement décidé d’interdire toutes les annonces. Les vendeurs se sont alors rabattus sur le site américain eBay. En vente également les bobs des bénévoles et les gobelets donnés aux participants du 10 kilomètres. Bref, aux JO, comme ailleurs, tout se vend. Mais cela reste bien modeste comparé aux centaines de millions d’euros de bénéfices qu’ont engrangés les grandes sociétés sponsors sous forme de retombées marketing, publicitaires et de notoriété.

Lors de la réception organisée à l’Élysée pour remercier les différents acteurs engagés dans l’organisation des Jeux olympiques, Macron s’est félicité des « centaines d’actions » dangereuses empêchées par des policiers chargés de la prévention des actes de violence ou terroristes. Il ne s’est pas attardé sur ce qu’étaient exactement ces actions mais a mis en avant le fait que plus « d’un million d’enquêtes administratives » ont été réalisées, permettant d’« écarter » près de 5 600 personnes potentiellement dangereuses. Le chiffre du million d’enquêtes laisse rêveur, car en supposant que 1 000 policiers aient été affectés en permanence à cette tâche on aboutit à 1000 enquêtes en moyenne par policier sur une période de deux semaines. Des surhommes ! Quant aux 5 600 personnes « potentiellement dangereuses » la presse a indiqué que parmi elles se trouvaient nombre de militants, écolos ou autres, dont le grand tort avaient été de protester contre les JO. Encore une fois Macron fait de la gonflette.