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Brèves

L’actualité en bref

La Knesset, le parlement israélien, vient d’adopter une nouvelle loi portée par Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale, raciste représentant de l’extrême droite religieuse. Celle-ci permettra de condamner à mort les Palestiniens accusés de meurtre commis dans le cadre d’actions « terroristes ». Après les dizaines de milliers de Palestiniens massacrés dans le génocide à Gaza, abattus par les colons sous le regard bienveillant de l’armée en Cisjordanie, les morts des bombardements sur le Liban et les décès survenus en prison à la suite de tortures et de mauvais traitements, voilà que l’État d’Israël s’arroge le droit de tuer légalement (sachant ce que vaut sa loi !) tout Palestinien qui lui déplairait : il suffira de le reconnaître coupable de meurtres commis au nom du refus de « l’existence d’Israël ». La barbarie à l’état pur. Mais Ben Gvir a fêté ça en débouchant une bouteille de champagne, nous dit-on.

Selon le New York Times, l’administration Trump a passé un accord avec le dictateur camerounais, Paul Biya, 93 ans, au pouvoir depuis 40 ans et qui vient d’être réélu à la présidence grâce à des fraudes massives, pour que ce dernier accepte sur son territoire des migrants de diverses nationalités expulsés des États-Unis. Selon le quotidien, l’accord avait deux volets : le premier était le versement d’une somme de 30 millions de dollars (26 millions d’euros) à Biya, via le Haut-Commissariat pour les réfugiés du Cameroun, le second l’engagement de Washington de garder le silence à propos de la répression tous azimuts qui touche de larges pans de la population. Selon le Sénat américain, 25 autres États ont déjà accepté un tel « deal », accueillant des migrants expulsés alors qu’ils ne sont pas ressortissants du pays de destination. L’Union européenne, qui ne veut pas être en reste, poursuit de son côté la création d’« hubs de retour » dans des pays tiers qui auront la même finalité. En résumé, on traite les migrants comme des déchets qu’il faut expédier le plus loin possible. Un condensé de l’humanisme capitaliste.

Le juge d’instruction près la Cour de justice, Tarek Bitar, a conclu son enquête sur la double explosion meurtrière du 4 août 2020 qui avaient ravagé le port et une partie de la ville. Le bilan avait été effroyable : 235 morts, plus de 6 500 blessés et des dizaines d’immeubles ravagés. Dès le début, l’enquête révélait que l’énorme déflagration avait été causée par un incendie dans un entrepôt où étaient stockées, sans précaution depuis des années, des centaines de tonnes de nitrate d’ammonium, malgré des avertissements répétés aux plus hautes autorités. Soixante-dix personnes avaient été mises en cause, dont une grande partie appartenant à la classe politique. Et tout fut mis en œuvre pour empêcher le travail des enquêteurs. Bitar fut l’objet d’une avalanche de plaintes lancées contre lui par une partie des personnes impliquées et visant à le dessaisir du dossier. Bien mieux, en janvier 2023, le procureur général, Ghassan Oueidate, avait accusé Bitar d’« usurpation de la qualité de juge d’instruction et abus d’autorité ». Jusqu’ici, le petit juge a malgré tout tenu bon mais rien n’indique que la classe politique libanaise, connue pour sa corruption, ne finira pas par avoir sa peau. Les responsables de ce drame ne sont pas prêts de comparaître en justice.

L’humoriste Julie Conti a fait savoir qu’elle avait été obligée de quitter France Inter après avoir qualifié la chroniqueuse Sophia Aram d’islamophobe. C’est dans le cadre de l’émission de Nagi La Bande originale diffusée il y a deux semaines à l’occasion de la Journée internationale contre l’islamophobie, qu’elle avait critiqué sa consœur, qui, à plusieurs reprises dans ses chroniques, s’était moquée du féminisme des Saoudiennes obligées de porter un niqab ou de l’athlète néerlandaise Sifan Hassan, qui, pendant les Jeux olympiques de Paris, participait aux compétitions la tête voilée. Sans oublier sa position plus qu’équivoque sur le conflit israélo-palestinien. Depuis cette émission, Conti a reçu insultes en tout genre, menaces de mort et de viol. Elle a préféré jeter l’éponge.

Depuis son élection à la tête de la seconde ville en importance de la région parisienne (150 000 habitants) le nouveau maire, Bally Bagayoko, élu sous l’étiquette de la France insoumise, fait l’objet d’une déferlante de commentaires racistes et xénophobes du fait de la couleur de sa peau. Les réseaux sociaux s’en sont donnés à cœur joie, relayés par la chaine de télévision CNews qui, comme à son habitude, s’est surpassée dans ce domaine. Sur son antenne, le nouvel édile a été qualifié de « singe », de « mâle dominant », de « chef de tribu », etc. Et les protestations de certains responsables politiques et gouvernementaux ont été, c’est le moins que l’on puisse dire, tardives. Pour protester contre ce racisme débridé un grand rassemblement se tiendra samedi 4 avril à 14 heures sur la parvis de l’hôtel de ville dionysien.

Mercredi 1er avril prend fin la « trêve hivernale ». Cela veut dire que les procédures d’expulsion à l’égard des personnes qui ne peuvent acquitter leur loyer vont reprendre de plus belle. L’an dernier, on avait enregistré 30 500 expulsions locatives, un chiffre record qui représente une hausse de 60 % sur les deux années précédentes. Cette augmentation souligne la pression croissante sur le marché locatif qui impacte les ménages les plus vulnérables. La tendance risque de se poursuivre cette année. Un toit est un droit : non aux expulsions, des logements décents pour tous et toutes !

Samedi dernier s’est déroulé à Londres ce qui est considéré comme la plus importante manifestation contre l’extrême droite qu’ait connue le pays. Plusieurs centaines de milliers de personnes (50 000 selon la police, 500 000 selon les organisateurs) se sont retrouvées dans le centre de la capitale derrière une banderole qui proclamait « Non à la haine ». Les manifestants, réunis à l’appel d’une dizaine d’organisations rassemblées dans l’Alliance Together (collectif ensemble), étaient venus de tout le pays notamment d’Écosse, du Pays de Galles, des Midlands et, bien sûr, de la région du Grand Londres. Les bannières syndicales côtoyaient les banderoles des organisations de gauche et anti-racistes, celles des collectifs de défense des migrants et du mouvement LGBT, alors que des slogans affirmaient la solidarité avec la Palestine et la condamnation de l’intervention israélo-américaine en Iran. Ce rassemblement monstre se voulait une réponse à celui organisé par l’extrême droite le 13 septembre dernier et qui avait réuni 150 000 personnes dans les rues de la capitale. Une manifestation réussie, mais qui ne doit être qu’un début dans la lutte contre la guerre et contre l’extrême droite qui a le vent en poupe.

Depuis le début de la guerre avec l’Iran, chaque samedi, des manifestations ont lieu en Israël. Au début, elles ne rassemblaient que quelques dizaines de manifestants pacifistes, des membres du Parti communiste d’Israël ou de l’organisation trotskiste Lutte socialiste. Samedi 28 mars, les manifestations ont pris de l’ampleur, avec le soutien de la coalition « Partenariat pour la paix ». Elles ont eu lieu dans une trentaine de localités à travers le pays, rassemblant notamment plusieurs centaines de personnes à Tel Aviv et Jérusalem, et une centaine à Haïfa. Cela bien que beaucoup d’organisations opposées à la politique de Netanyahou s’abstiennent d’y appeler. La police est intervenue pour disperser violemment ces manifestations, déclarées illégales. Treize manifestants ont été arrêtés à Tel Aviv et huit à Haïfa.

Mais ni la répression policière, ni le fait d’être à contrecourant dans l’opinion publique ne découragent celles et ceux, plus nombreux chaque semaine, qui descendent dans la rue pour s’opposer à la politique criminelle de leur gouvernement et dire que cette sale guerre n’est pas la leur.

Des millions de manifestants ont défilé dans les rues des grandes villes des États-Unis le 28 mars pour s’opposer à la politique autoritaire de Trump, aux rafles de migrants et à la guerre d’Iran. Cette démonstration puissante vient après la victoire remportée à Minneapolis contre les milices ICE, chargées de rafler les migrants et de terroriser la population. Les sbires de Trump, le « clown orange » comme l’appellent les manifestants, avaient été contraints de quitter la ville. Ces mouvements montrent qu’il existe au cœur du plus grand État impérialiste du monde des forces capables, non seulement de faire reculer le pouvoir, mais de l’empêcher de poursuivre son escalade sanglante. Aux États-Unis comme ailleurs, les travailleurs, s’ils s’en donnent les moyens, peuvent abattre la société capitaliste avant qu’elle ne nous mène au désastre.