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Brèves

L’actualité en bref

civiques pour dix ans. De plus le texte prévoit de punir « toute personne » accusée, y compris « sans preuve ». Les peines prévues passeront d’un à cinq ans actuellement à cinq à dix ans dans le projet de loi. En plus de condamner tout acte pouvant être qualifié de sexuel entre deux personnes de même sexe, le projet de loi envisage de sanctionner désormais « toute personne qui aura fait [son] apologie » d’une peine d’« emprisonnement de trois à sept ans ». L’association islamique Jamraa a apporté son plein soutien au Premier ministre et a menacé de rendre publique une liste de 650 noms de personnes présumées homosexuelles. Le Sénégal rejoint un mouvement continental où plusieurs pays africains (Burkina Faso, Mali, Ghana, Kenya, Ouganda) ont durci leurs lois homophobes ces dernières années.

Trois représentants du Parti républicain dans l’État du Tennessee ont présenté un texte pour que les femmes ayant eu recours à l’IVG puissent être condamnées à une peine d’emprisonnement à vie ou à la peine de mort. Un amendement a été déposé, en fin de semaine dernière, à l’Assemblée législative locale en vue d’une mise en place dès juillet prochain. L’un des signataires, le sénateur Jody Barrett, souhaite que soient appliquées les mêmes peines pour les femmes « impliquées dans l’homicide de leur propre enfant à naître » que pour les accusés inculpés d’homicide. Un exemple parmi d’autres de l’offensive masculiniste et réactionnaire qui secoue le pays depuis le retour au pouvoir de Trump.

Malgré la répression féroce qui a frappé des milliers de manifestants ces dernières semaines, la mobilisation se poursuit dans le pays notamment dans les universités. Lundi dernier, des vidéos ont montré plusieurs centaines d’étudiantes participant à un rassemblement antigouvernemental à l’université féminine Alzahra, à Téhéran. D’autres rassemblements ont eu lieu dans plusieurs universités, notamment dans la capitale, depuis la reprise des cours samedi. Les médias locaux ont diffusé des images montrant des étudiants en train de brûler le drapeau de la République islamique. Ces rassemblements, qui pour certains ont donné lieu à des affrontements, s’inscrivent dans la continuité du vaste mouvement qui a débuté en décembre avec des revendications initialement économiques mais a pris début janvier une tournure anti-pouvoir sans précédent. Ce regain de mobilisation a été reconnu par le gouvernement lui-même dont la porte-parole, Fatemeh Mohajerani, a déclaré que les étudiants « ont naturellement le droit de manifester » mais ne doivent pas franchir des « lignes rouges ». Mais ce n’est pas ce genre d’avertissements qui va les intimider.

La fondation pour le Logement des défavorisés révèle qu’il existe deux fois plus de discriminations envers les personnes en situation de handicap qui recherchent un logement. Des discriminations qui visent des personnes atteintes de handicaps moteurs, vis-à-vis de l’adaptation des logements pour les fauteuils roulant par exemple, mais aussi envers les personnes dont les handicaps sont moins visibles : les malentendants, non-voyants ou ayant des troubles psychiques ou intellectuels. Les personnes âgées qui ont du mal à accomplir les gestes du quotidien sont également concernées. En 2005, il y a plus de vingt ans, avait été adoptée une « grande loi » sur le handicap supposée améliorer les choses. Mais, depuis lors, pas grand-chose a changé. Dans les faits il y a deux fois plus de déclarations de discriminations subies déposées par des personnes en situation de handicap (8,5 %) que par l’ensemble de la population (4,2 %). Quant à l’offre de logements sociaux adaptés, elle est insuffisante puisque seuls 18 % des logements sont considérés comme accessibles aux handicapés. Tant que le logement sera considéré comme une marchandise comme une autre, les plus faibles seront toujours les perdants.

Selon une enquête menée en janvier-février auprès de 5 644 étudiants par la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), 22,3 % d’entre eux déclarent vivre avec moins de 100 euros par mois et 52,2 % avec moins de 200 euros. Leur loyer atteint en moyenne 491 euros – 712 euros à Paris – absorbant généralement la moitié de leur budget. Parmi les boursiers, 61 % se trouvent dans cette situation et 5 % démarrent le mois à zéro ou à découvert. Beaucoup se voient dans l’obligation de « faire des coupures énormes » sur l’alimentation ou la santé. Par ailleurs, un étudiant sur deux déclare travailler en parallèle, souvent au détriment des études. À cette fragilité financière s’ajoute un habitat souvent dégradé. Un étudiant sur trois dit vivre en situation de mal‑logement, confronté à l’une de ces situations : des moisissures (18,3 %), des dégâts des eaux (16,5 %), la présence de nuisibles (13,3 %) ou des matériaux dangereux (1,2 %). À cela s’ajoutent des difficultés plus structurelles : plus de quatre étudiants sur dix occupent un logement mal isolé et près d’un tiers ne disposent pas d’une connexion internet stable, un manque qui complique l’accès aux cours en ligne et accentue les inégalités. Il est bien loin le temps où la vie étudiante était supposée être synonyme d’insouciance.

Charles Alloncle, député du parti d’extrême droite d’Éric Ciotti et rapporteur de la commission sur l’audiovisuel public, a fustigé la « ligne éditoriale » de France Culture qui « présente des centaines d’heures de programmes payés par les Français et consacré à l’islam ». Et de poursuivre : « Lorsqu’on examine de près la programmation de France Culture, je pense qu’on peut s’interroger sur la place particulièrement importante accordée au contenu consacré à l’islam et à la condition des musulmans en France. » Il a égratigné au passage Ghaleb Bencheikh, producteur de l’émission Questions d’islam qu’il a accusé, sans aucune preuve, d’être « proche des Frères musulmans ». Face à cela les responsables de Radio France ont eu beau jeu de montrer que leurs obligations de service public les obligeaient à traiter toutes les religions sur un pied d’égalité et qu’il y avait aussi des émissions consacrées aux catholiques, aux protestants, aux orthodoxes et aux juifs. Qu’importe la réalité. Pour Alloncle, proche du Rassemblement national, l’important était de se servir de cette tribune parlementaire pour attaquer les musulmans. Une fois de plus…

Aurore Bergé, ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes, a appelé « la gauche » à rompre « de manière définitive » avec La France insoumise (LFI) au « risque de perdre des villes » aux élections municipales, et le Rassemblement national à retirer ses candidats pour empêcher la victoire d’un candidat de LFI. De là à appeler à voter RN pour faire barrage à LFI (mais éventuellement aussi au reste de la gauche), il n’y a qu’un pas que la macronie est bien proche de franchir. Preuve que le fameux « barrage républicain », cher à la gauche réformiste, fluctue continuellement en fonction des intérêts électoraux des uns et des autres et non de ceux des classes populaires. À noter que pour disqualifier LFI, Bergé a employé l’expression « l’anti-France » largement utilisée par le régime de Pétain et qui désignait alors « les Juifs, les communistes et les francs-maçons ». Bergé se retrouve en bonne compagnie.

Trump a annoncé avec tambour et trompette vouloir « envoyer un grand navire-hôpital au Groenland » pour, selon lui, « prendre soin des nombreuses personnes qui sont malades et qui ne sont pas soignées là-bas ». Sans autre précision. Touchante initiative humanitaire qui a bien sûr tout à voir avec son projet d’annexer le territoire, de gré ou de force. Les autorités groenlandaises et danoises lui ont fait remarquer que les habitants de ce territoire arctique bénéficient d’un système de santé public universel qui leur permet de se faire soigner gratuitement… ce qui n’est pas le cas aux États-Unis où le système de santé est aux mains du secteur privé et laisse sur le bas-côté des dizaines de millions de familles modestes. De fait, le navire-hôpital du locataire de la Maison-Blanche serait plus utile à New-York, à Boston ou à San Francisco qu’au Groenland.

L’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabe, pasteur protestant de son état, a affirmé sur un plateau de télévision que l’État sioniste avait un « droit biblique de prendre le contrôle de tout le Moyen-Orient »… et même au-delà. En effet, selon lui, ce droit s’étend à tous les territoires situés « entre le Nil et l’Euphrate ». C’est le projet dit du « Grand israël » défendu par l’extrême droite depuis des décennies. Et lorsque le commentateur lui a demandé préciser les frontières exactes dont il parlait, il a répondu : « Ce serait parfait s’ils prenaient tout. » Pour ceux qui rêvaient de voir Trump « modérer » Netanyahou, ce n’est pas gagné.