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Brèves

L’actualité en bref

À l’appel du syndicat Syndicat national de Samsung Electronics, 36 000 salariés de du géant électronique, soit un tiers environ des effectifs, sont en grève. Une première par son ampleur dans un pays où les grèves sont souvent réprimées, les grévistes emprisonnés et placés sur des « listes noires » qui les empêchent de trouver du travail ailleurs. Le mouvement pour de meilleurs salaires et l’amélioration des conditions de travail a débuté le 8 juillet. Deux jours plus tard plusieurs centaines de travailleurs manifestaient et bloquaient l’accès du site de production de mémoire à haut débit à Pyeongtaek, au sud de Séoul. Ensuite un rassemblement était organisé devant le domicile le domicile du PDG Lee Jae-yong, dans le quartier chic de Hannam. Pour l’instant les négociations sont au point mort. La stratégie des grévistes consiste à paralyser la chaîne de production de puces haut de gamme, stratégiques sur le marché de l’Intelligence artificielle. Ces chaînes sont les moins automatisées et peuvent donc être bloquées plus facilement. Une tactique jugée « efficace » par la direction syndicale.

Au terme de 60 jours de grève les quatorze femmes de ménage de l’hôtel 4 étoiles Radisson Blu ont obtenu gain de cause. Elles ont fait plier leur employeur, le sous-traitant Acqua, spécialisé dans le nettoyage des hôtels de luxe de la cité phocéenne. Soutenues par la Confédération nationale du travail, elles réclamaient des conditions de travail dignes, une revalorisation de leur salaire et une prime de pénibilité. Mais aussi l’encadrement de la clause dite de « mobilité » qui permet à leur patron de décider, sans aucun préavis, de les envoyer travailler à l’autre bout de la ville. Elles ont aussi obtenu un treizième mois de salaire, échelonné sur quatre ans, ainsi qu’un passage au niveau supérieur de la grille salariale (ce qui représente environ à terme une augmentation de 9 %) et une majoration de 50 % des heures travaillées le dimanche. Depuis le 27 mai, elles organisaient chaque jour un concert de casseroles sur le Vieux Port avant de converger vers l’entrée de l’hôtel qu’elles bloquaient en partie. À noter que certaines d’entre elles ont été convoquées au commissariat pour « dégradations et violences en réunion ».  Une grossière manœuvre d’intimidation dénoncée par le syndicat.

Après l’annonce de l’appui de Macron au « plan d’autonomie » marocain pour le territoire disputé du Sahara occidental, l’Algérie a décidé de retirer son ambassadeur de Paris. Une nouvelle crise diplomatique entre les deux pays dans un conflit vieux de près d’un demi-siècle. Le Sahara occidental « demeure un territoire non autonome selon l’ONU et la décision française n’y changera rien », a insisté le ministre algérien des Affaires étrangères, affirmant que la « Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental restera » en place. Le Maroc, qui contrôle de facto près de 80 % de ce territoire (une ancienne colonie espagnole), propose un plan d’autonomie sous sa souveraineté, tandis que les indépendantistes du Front Polisario soutenus par l’Algérie, réclament un référendum d’autodétermination. Un tel référendum avait été prévu par l’ONU lors de la signature en 1991 d’un cessez-le-feu entre les forces du Front Polisario et les troupes marocaines. Mais depuis lors Rabat a toujours refusé de l’organiser, avant de l’enterrer en niant l’existence même du peuple sahraoui. Une position partagée sans surprise par l’impérialisme français qui n’a reconnu le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes que lorsque ces derniers lui ont botté les fesses pour le contraindre à partir, du Vietnam, d’Algérie et d’ailleurs. 

Fin juillet, trois jours après la journée la plus chaude jamais enregistrée sur la planète, le Comité olympique international a fait savoir que les JO d’Hiver 2030 se dérouleraient dans les Alpes françaises. Cocorico ! Il y a cependant un léger problème. L’enneigement alpin est de plus en plus problématique et le massif se réchauffe deux ou trois fois plus vite que le reste du globe. Qu’à cela ne tienne. On fabriquera de la neige artificielle a partir des retenues d’eau monstres, voire on en apportera par camions. De plus il faudra construire dans la nature trois villages olympiques, tracer des nouvelles routes pour permettre à la foule d’affluer, voire de nouveaux hôtels pour loger tout ce monde, etc. Un massacre écologique en vue que Macron n’a pas l’intention d’arrêter.

Le jeudi 1er août l’humanité a consommé l’entièreté des ressources que peut fournir la planète sur une année entière, a calculé l’ONG Global Footprint Network,  soit un jour plus tôt que l’année dernière et 5 mois plus tôt… qu’il y a cinquante ans. En effet, en 1970, le jour du dépassement intervenait le 29 décembre. Les habitants de la Terre vivent donc à crédit depuis ce jeudi et la France a elle dépassé ce seuil dès le 7 mai. « Si tous les habitants de la terre vivaient comme les Européens, qui représentent 7 % de la population mondiale, il faudrait trois planètes pour satisfaire leurs besoins », a affirmé au quotidien L’Humanité Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Et si les pays riches sont en grande partie responsables du gaspillage et de la surconsommation de ces richesses, en leur sein une partie notable de la population continue de se serrer la ceinture. C’est là toute la beauté du système capitaliste qui conduit la planète droit dans le mur.

De violentes émeutes ont éclaté dans la ville balnéaire de Southport suite à un fait divers tragique. Un individu, armé d’un couteau, s’est introduit dans une fête organisée pour des enfants, tuant trois fillettes, en blessant cinq autres ainsi que deux adultes qui tentaient de les protéger. Aussitôt l’extrême droite, en particulier la Ligue de Défense Anglaise, du néo-nazi Tommy Richardson, a affirmé tour à tour que l’agresseur était un migrant qui venait juste d’entrer clandestinement dans le pays puis qu’il s’agissait d’un militant islamiste bien connu des services de police. Tout cela était faux. Le suspect arrêté par la police est un jeune homme né à Cardiff, au Pays de Galles, dont les parents viennent du Rwanda. Il souffrirait en outre de troubles psychiatriques. Sans attendre l’extrême droite a organisé des manifestations de rue, brûlant des voitures et pillant une épicerie dans un quartier immigré avant de s’en prendre à la mosquée locale aux cris de « Pas de capitulation, Anglais jusqu’à la mort, Les immigrés dehors ». Ces fachos se sont violemment heurtés aux forces de l’ordre. D’autres manifestations racistes de moindre importance ont eu lieu dans plusieurs villes du pays.

Le 29 juillet, des manifestants parmi lesquels se trouvaient un député et un ministre du gouvernement israélien ont envahi la base militaire de Sde Teiman dans le désert du Neguev. Quelques heures plus tôt, la police avait arrêté neuf soldats. Ceux-ci avaient torturé des prisonniers palestiniens et violé l’un d’entre eux. Trente-six de ces prisonniers sont déjà morts dans cette base-prison où ils étaient détenus dans des conditions épouvantables. Ces prisonniers sont soumis à toutes sortes de tortures comme la privation de sommeil et laissés en permanence mains et pieds liés. La révélation de cette barbarie avait soulevé un tel scandale que la cour pénale internationale de La Haye était intervenue.

Le gouvernement de Netanyahou, pour faire bonne figure au niveau international, s’était senti obligé de faire un geste. L’extrême droite va encore plus loin aujourd’hui. En prenant la défense des tortionnaires, elle revendique ouvertement le droit de torturer et d’assassiner, avec l’appui d’une partie du gouvernement. La police, dirigée par un ministre de l’intérieur d’extrême droite, a ainsi laissé les manifestants pénétrer dans la base.

Netanyahou, qui a affaire à encore plus extrémiste que lui, critique mollement ces agissements sans s’y opposer vraiment. L’escalade va se poursuivre car il a besoin des fascistes les plus acharnés pour se maintenir au pouvoir et éviter des poursuites judiciaires contre ses agissements. Le refus de reconnaître les droits du peuple palestiniens conduit inexorablement l’État d’Israël à une barbarie qui se retournera inévitablement contre une partie de sa propre population.

Lundi 22 juillet, dans le kebele Kencho Shacha Gozdi, situé dans la province Sud de l’Éthiopie à 350 kilomètres d’Addis-Abeba, un glissement de terrain provoqué par des précipitations extrêmes a entraîné la mort d’au moins 500 personnes. Des catastrophes diluviennes identiques avaient, en avril et mai derniers, déjà fait 528 morts dans les trois pays, Kenya, Ethiopie et Somalie, concernés par la conjugaison des phénomènes climatiques El Niño et La Niña. Ceux-ci, comme on peut le lire dans un rapport des Nations unies, entraînent des « saisons des pluies ratées […] depuis 2020 [qui] ont érodé les moyens de subsistance et aggravé l’insécurité alimentaire ». Et maintenant, vient le tour des inondations qui ajoutent leur lot de déplacés aux 480 000 déjà enregistrés en avril pour des raisons climatiques, ainsi qu’aux 4,4 millions de réfugiés ayant migré à l’intérieur du pays à cause des guerres qui ont commencé avec le conflit avec l’Érythrée.

Saisi par les députés LFI après la participation de ministres démissionnaires élus aux élections législatives (Gabriel Attal, Marc Fesneau, Gérald Darmanin…) à l’élection de la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, le Conseil constitutionnel considère « qu’aucune disposition de la Constitution » ne lui donne compétence « pour statuer sur une telle demande » et explique ne pouvoir que « rejeter » les requêtes. Mathilde Panot, la présidente du groupe LFI, regrettait une « violation de la séparation des pouvoirs », et l’Association de défense des libertés constitutionnelles lui avait emboîté le pas, demandant aussi au Conseil constitutionnel d’examiner la « régularité » de l’élection. Ce dernier a donc courageusement botté en touche. Ce qui ne peut étonner venant de la part d’un organisme complètement intégré au système.