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Brèves

L’actualité en bref

Coincé par les résultats des dernières élections législatives et incapable – du moins pour l’instant – de trouver une majorité parlementaire sur laquelle s’appuyer, Emmanuel Macron a maintenu Gabriel Attal dans ses fonctions à la tête d’un gouvernement démissionnaire. Officiellement il n’est en place que pour gérer « les affaires courantes ». Mais aucun texte juridique n’encadrant cette notion, Attal et ses ministres interviennent tous azimuts sur tout et n’importe quoi depuis la sécurité en passant par les transports, la situation politique au Sahara occidental, les JO, la vie parlementaire, la modification du code du travail et… le budget 2025. Sur ce dernier point Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie démissionnaire, vient de  proposer une baisse « significative » des crédits alloués aux ministères pour 2025 alors qu’il y a de fortes chances qu’il ne soit plus en poste à ce moment là. Mais c’est là la beauté de la Ve République imaginée par de Gaulle : l’exécutif peut agir comme bon lui semble et le gouvernement fort bien se passer de tout contrôle parlementaire. Croire encore au parlementarisme dans ces conditions c’est faire preuve d’une bonne dose de naïveté.

On nous avait promis des JO « écolos ». En oubliant de préciser que les principaux sponsors de la manifestation comptent parmi les gros pollueurs. Sur la plus haute marche du podium le constructeur automobile japonais Toyota obtient la médaille d’or avec 575,8 millions de tonnes de CO2 émis en 2022. Il est suivi par la multinationale américaine Procter et Gamble, spécialisée dans les biens de consommation courante (159 millions de tonnes) et enfin le géant électronique sud-coréen Samsung (140 millions de tonnes). Lorsque l’on sait que Toyota a mis sur la table 835 millions d’euros pour être le principal sponsor de l’évènement on comprend que les organisateurs lui ont aussitôt trouvé des qualités écologiques insoupçonnées. C’est ce qu’on appelle l’éco-blanchiment. 

Les calotins de tout bord se sont déchainés après la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques contre un tableau vivant auquel participaient des drag-queens et dans lequel ils ont cru reconnaitre une parodie de la Cène, le dernier repas du Christ entouré des Apôtres. En fait ils avaient tout faux car la scène en question pastichait le banquet donné aux divinités de l’Olympe par Dyonisos, le dieu du vin, le Bacchus des Romains. Que cela ne tienne. On a entendu tour à tour les cris d’indignation de Marion Maréchal, d’Éric Ciotti, d’Alain Finkelkraut et de bien d’autres dont… Donald Trump. La Conférence des évêques de France est également montée au créneau en déplorant « des scènes de dérision et de moquerie du christianisme ». Des « messes de réparation » ont même été dites dans certains diocèses. Venant de ces gens là cela ne peut surprendre. Par contre ce qui est plus étonnant est de retrouver parmi ce chœur de vierges effarouchées la voix de… Jean-Luc Mélenchon. Sur son blog il a tenu à dire qu’il n’avait pas aimé « une moquerie de la Cène chrétienne » qui a pu « blesser des croyants ».  On a connu le fondateur de La France Insoumise mieux inspiré et en meilleure compagnie.

Une loi interdisant la plupart des avortements après six semaines de grossesse est entrée en vigueur dans l’Iowa allongeant encore la liste des États américains ayant interdit ou fortement restreint ce droit. Elle prévoit des exceptions en cas de viol, d’inceste, de danger pour la vie de la mère et d’anomalies graves de développement du fœtus. Cette législation avait été promulguée par la gouverneure républicaine, Kim Reynolds, l’année dernière, mais bloquée jusqu’à ce que la Cour suprême de l’État n’intervienne cet été. L’Iowa est le 18e État à interdire l’avortement depuis la révocation, en juin 2022, par la Cour suprême des États-Unis de l’arrêt Roe vs Wade qui reconnaissait l’avortement comme un droit fédéral, laissant chaque État américain légiférer sur la question comme bon lui semble. Au détriment des femmes.

La famille de Maïky Loerch, un homme de 28 ans, tué d’une balle dans la tête par un gendarme le 25 juillet au soir à Fenouillet, dans la banlieue nord de Toulouse, a décidé de saisir un juge d’instruction en portant plainte et en se constituant partie civile. Appartenant à la communauté des gens du voyage il conduisait une voiture en compagnie de sa compagne et de leur bébé de cinq mois. Selon la gendarmerie il aurait été abattu alors qu’il tentait d’échapper à un contrôle routier. Mais pour Frédéric Liévy, président de l’association Reconnaissance des locataires gens du voyage « on ne peut pas mourir pour un refus d’obtempérer ». Pourtant ce type de « bavures », dues à des gendarmes ou à des policiers, devient de plus en plus fréquent sans que les autorités, ministre de l’Intérieur en tête, ne semblent beaucoup s’en émouvoir.

Robe légère et casquette vissée sur la tête, Valérie Pécresse, la très droitière présidente de la Région Île-de-France est descendue dans le métro parisien. Comme la dame voyage en général en voiture climatisée avec chauffeur, une armée de reporters, de cameramen et de photographes était là pour immortaliser l’évènement. Elle était venue se rapprocher du bon peuple pour une juste cause : distribuer aux voyageurs des transports en commun chapeaux, éventails et bouteilles d’eau pour lutter contre la chaleur. L’Autorité des transports Île-de-France mobilités, qu’elle dirige, a indiqué qu’en tout, ce sont 2,5 millions de bouteilles d’eau qui doivent être offertes aux passagers, dans 74 gares et stations. Des fontaines à eau sont également installées dans 94 points du réseau, dont 90 % des gares desservant les sites olympiques. Mais une fois les JO terminés, les usagers habituels du métro risquent à nouveau d’avoir soif…

Il y a une dizaine de jours, Adidas avait retiré de son casting de lancement d’une nouvelle paire de chaussure Bella Hadid, un top model américain de 27 ans. Sa faute : être d’origine palestinienne. Or la chaussure en question, la SL 72 OG, était la réédition d’un modèle apparu lors des Jeux Olympiques de 1972 à Munich au cours desquels un commando de l’organisation palestinienne Septembre noir avait massacré onze athlètes israéliens. D’où une campagne des milieux sionistes, soutenue par le gouvernement israélien, pour qu’elle soit retirée de la publicité. Et Adidas a cédé. Ce que n’encaissent pas ces gens-là est qu’Hadid n’a jamais caché sa sympathie pour la cause palestinienne. Elle prend régulièrement la parole en faveur de Gaza et sur la Croisette, au dernier Festival de Cannes, elle était apparue dans une robe keffieh symbolique. Avant cela, elle avait déclaré sur Instagram, malgré « les centaines de menaces de mort quotidiennes », avoir « le cœur qui saigne » devant la situation des Gazaouis. En août 2023, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, l’avait par exemple accusée de « détester Israël ». « Honte à vous », s’était également emporté le compte Twitter officiel du pays après sa participation à une manifestation pour la Palestine, à New York, en 2021. En conclusion, et pour mettre les choses au point, elle a déclaré le 29 juillet sur son compte Instagram : « Je suis fière d’être Palestinienne. Et notre culture ne se résume pas à ce qui a été mis en équation au cours de la semaine écoulée. Je soutiendrai toujours mon peuple, tout en continuant à plaider pour un monde sans antisémitisme. L’antisémitisme n’a pas sa place dans la libération du peuple palestinien ». Bien dit.

Des personnes en deuil ont hué des ministres du gouvernement israélien lors des funérailles de dix des douze enfants et jeunes gens tués par une roquette qui a frappé un terrain de football dans la ville druze de Majdal Shams en fin de semaine dernière. Pourtant Yasser Gadban, le président du Forum des autorités druzes et circassiennes, s’était déclaré hostile à toute exploitation politique de ce drame. Il avait déclaré dans une lettre : « Nous demandons à tous les représentants du gouvernement, ministres et hauts fonctionnaires, de ne pas venir… En raison de la sensibilité de la situation, nous vous demandons de ne pas transformer un massacre en événement politique. Nous demandons des funérailles silencieuses et religieuses, conformément à la coutume druze ». Rien n’y a fait. Plusieurs ministres et chefs militaires israéliens sont venus le dimanche et Netanyahou lui-même le lundi. Un homme a traité le ministre des Finances, Nir Barkat, ainsi que son collègue d’extrême droite Itamar Ben Gvir, de « racistes » et de « meurtriers», et a déclaré qu’ils étaient à blâmer pour ce carnage. Le site d’information israélien Ynet a aussi monté d’autres personnes qui crient « Ils sont venus prendre des photos » et « Espèce d’ordures, espèce de chiens ! Sortez d’ici, espèce d’ordures ! ». Une opération récupération qui a plutôt mal tourné. 

Coup sur coup l’armée israélienne a perpétré un attentat dans la banlieue sud de Beyrouth, visant Fouad Chokr, un commandant du Hezbollah, tuant du même coup trois personnes dont deux enfants et en blessant plusieurs dizaines, et fait tuer à Téhéran Ismaïl Haniyeh, le chef du bureau politique du Hamas. Ces assassinats sont devenus, au fil des années, une spécialité des dirigeants israéliens qui les utilisent notamment pour redorer leur blason auprès de la population, amère après des mois de guerre sans issue. Mais, sur le fond, ils ne règlent rien. Les dirigeants assassinés sont remplacés par d’autres qui continuent exactement la même politique. Mais il faut noter qu’aucune des grandes puissances occidentales n’a condamné ces attentats ou les a qualifiés de « terroristes » alors qu’il s’agit bel et bien d’un terrorisme d’État.