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Brèves

L’actualité en bref

Les salons feutrés et les prestigieuses salles à manger de l’Élysée accueillent régulièrement des dîners officiels. Réceptions de chefs d’État étrangers, cocktails en l’honneur de personnalités triées sur le volet. Et, selon la Cour des comptes le nombre de ces pinces-fesses ne cessent d’augmenter. 171 réceptions ont été organisées en 2023, deuxième année du second mandat d’Emmanuel Macron, contre 146 en 2019. Une année intéressante en termes de comparaison, car antérieure au Covid et aux restrictions de déplacements et d’invitations. En parallèle, le nombre d’invités (+ 13 % en un an) et les dépenses par invité (+ 20,5 %) ont connu la même trajectoire. Au total, les vingt principaux cocktails et réceptions de 2023 auront coûté 202 000 €, contre « seulement » 147 000 € l’année précédente. Sans compter, précise la Cour des comptes, les deux dîners d’État organisés pour la venue du Premier ministre indien Modi et du roi Charles III, respectivement facturés 412 000 € et 474 000 €. Ce qui a entraîné un déficit de 8,3 millions d’euros du budget élyséen. Et en 2024 les choses ne risquent pas de s’améliorer. Les contribuables sont prévenus.

Six tirailleurs africains, exécutés avec des dizaines d’autres sur ordre d’officiers de l’armée coloniale française en 1944, viennent d’être reconnus « morts pour la France » à titre posthume. Sauf que le compte n’y est pas. Rappelons les faits. Au matin du 1er décembre 1944, au camp militaire de Thiaroye, situé non loin de la capitale Dakar, des troupes coloniales et des gendarmes avaient tiré sur ordre d’officiers de l’armée française sur des tirailleurs rapatriés de Métropole qui réclamaient leurs arriérés de solde. Selon le bilan dressé par les autorités françaises à l’époque, au moins 35 tirailleurs avaient trouvé la mort, sur place ou des suites de leurs blessures. Un chiffre qui reste encore sujet à controverse, des historiens l’estimant beaucoup plus élevé. Un crime jamais puni, aucun des fusilleurs n’ayant été poursuivi. Cette décision a suscité l’ire du Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, qui a déclaré : « Ce n’est pas à la France de fixer unilatéralement le nombre d’Africains trahis et assassinés après avoir contribué à la sauver, ni le type et la portée de la reconnaissance et des réparations qu’ils méritent ». En fait ces malheureux fusillés ne sont pas « morts pour la France », mais « morts par la France ». Tout est dans la nuance.

Au sein de la Confédération helvétique le droit à l’IVG est restrictif. En effet les avortements sont légaux s’ils ont lieu dans les douze premières semaines de grossesse. Si une femme avorte plus tard, elle est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison — à moins qu’elle n’ait été jugée dans une situation d’urgence par les médecins. Mais un homme du canton de Fribourg a voulu aller plus loin. Il a dénoncé son ex-compagne pour un avortement tardif, estimant qu’en tant que père du fœtus à naître, il était une « victime » collatérale au sens de la loi. Le tribunal fédéral lui a donné tort estimant que la décision d’avorter appartient à la femme et à elle seule. Amnesty International Suisse est du même avis. « Aucun tiers ne devrait avoir le droit de s’opposer à la décision d’une personne enceinte, cette décision appartient exclusivement à la femme », a déclaré Cyrielle Huguenot, chargée de campagne. Mais Amnesty souhaite aller plus loin et demande une dépénalisation complète des avortements, auquel cas les femmes ne seraient plus pénalisées en cas d’interruption de grossesse tardive.

Douze personnes, principalement des jeunes âgés de 11 à 20 ans, ont été tuées par l’explosion d’un engin sur un stade de football de Majdal Shams, village syrien du plateau du Golan annexé par Israël. Une trentaine d’autres ont été blessées. Ce village est peuplé de Druzes, des arabes non musulmans qui pratiquent leur propre religion. L’armée israélienne a aussitôt accusé le Hezbollah d’être l’auteur du tir mortel. Ce que ce dernier a démenti. Cependant Israël n’a pas été en mesure d’expliquer pourquoi son système « Dôme de fer », censé repérer et détruire en vol les engins aériens hostiles se dirigeant vers des zones habitées, n’avait pas fonctionné. Et pourquoi les sirènes d’alarme n’avaient été déclenchées que quelques petites secondes avant l’impact, selon des témoignages recueillis par le quotidien israélien Haaretz. L’une des hypothèses évoquées pour expliquer la tuerie, y compris dans des médias israéliens, serait qu’un  missile sol-air de défense aérienne israélien aurait raté sa cible (un engin hostile, drone ou missile) en provenance du Liban, et fini sa course en explosant dans le stade. Mais on n’est sans doute pas prêt de connaître la vérité. Ce qui n’empêche pas Netanyahou de réclamer des représailles…

L’actuel président en exercice, Nicolas Maduro, a été réélu pour un troisième mandat de six ans avec 51,20 % des suffrages, selon le Conseil national électoral largement à sa botte. Nombre de pays et d’observateurs étrangers, ainsi que l’opposition, mettent fortement en doute ce résultat. Qui est aussi contesté par la rue. Il faut dire que la popularité de Maduro est en berne. Le pays est plongé dans une grave crise économique, pétrolière et humanitaire, aggravée par les sanctions imposées par l’impérialisme américain. C’est cette situation catastrophique qui a conduit 7 millions de Vénézuéliens à fuir la misère en immigrant. Ce qui les a privé du droit de vote. Entre un dictateur vieillissant, qui s’appuie largement sur l’armée, le clientélisme et la corruption, et une opposition ultra-libérale qui a le soutien de Washington, le peuple vénézuélien avait le choix entre la peste et la choléra.

Depuis un mois les étudiants bangladais se mobilisent pour mettre fin à la politique de « quotas » permettant aux soutiens de la Ligue Awani (le parti de la première ministre Hasina) de s’accaparer 30 % des rares emplois disponibles dans l’administration. Malgré une violente répression faisant plus de 200 morts (officiels), le gouvernement a été obligé de reculer, sans pour autant mettre fin aux couvre-feux, arrestations et tortures contre ses opposants. Quant aux puissances « démocratiques » occidentales, elles ne disent pas un mot tant que leurs usines textiles continuent de tourner.

Le blackout médiatique organisé par le gouvernement Hasina arrange bien le reste du monde capitaliste qui profite des Jeux Olympiques pour passer sous silence les contestations qui grondent sur toute la planète.

Lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris sur la Seine, la délégation algérienne a rendu hommage aux victimes des manifestations indépendantistes du 17 octobre 1961. Tous les membres de cette délégation qui se trouvaient sur leur bateau ont lancé des roses dans le fleuve, à côté d’un pont d’où furent précipités des malheureux par les forces de l’ordre. Cette nuit-là, puis dans les jours qui suivirent, des dizaines d’hommes furent battus, exécutés ou jetés dans la Seine par les forces de police. Auparavant, entre 20 000 et 30 000 Algériens venus des bidonvilles, des banlieues industrielles et des différents arrondissements de la Capitale, avaient afflué en train, en métro ou à pied vers le cœur de la capitale pour manifester pacifiquement contre le couvre-feu qui leur était imposé. La répression, menée par 1 600 policiers et CRS lourdement armés et dirigés par le sinistre préfet de police de Paris, Maurice Papon, fut sanglante. Selon les historiens, à côté de plusieurs milliers de blessés, entre une trentaine et 200 manifestants furent tués. Un grand nombre de corps ne furent jamais retrouvés. Et il a fallu attendre 40 ans avant que ce crimes soient reconnus par nos gouvernants.

Le 17 juillet dernier la maire de Paris, Anne Hidalgo, se baignait dans la Seine, aux côtés du président du comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques, Tony Estanguet, et du préfet Marc Guillaume. Pour l’occasion l’édile parisienne avait rameuté le ban et l’arrière ban de la presse écrite, parlée et télévisée. Et, au sortir de l’eau, elle vantait sa pureté et sa qualité, un résultat que l’on devait, selon elle, au travail acharné accompli par l‘équipe municipale sous sa direction. Et de prédire que bientôt l’ensemble de la population de la ville pourrait faire trempette sans risque dans le fleuve. Manque de chance pour elle on vient d’apprendre que ce jour-là les taux de bactéries Escherichia coli et entérocoques avaient été dépassés rendant la Seine impropre à la baignade. Sur le site de Bras Marie, au pied de l’hôtel de ville de Paris où a plongé Anne Hidalgo, la Seine affichait un taux en E. Coli de 985 npp/100 ml d’eau. Du côté de Bercy, l’eau était encore plus polluée avec 1017 npp/100 ml d’eau pour des seuils autorisés de  900 npp/100 ml d’eau. Hidalgo ne pouvait pas ignorer la chose mais la réalisation de son coup de pub valait bien quelques accommodements avec la vérité.

La commune poitevine de Chenevelles a accueilli samedi plusieurs milliers de personnes venues participer à la « Pride rurale ». C’est le troisième année consécutive que cette marche des Fiertés rurales LGBTQIA + se déroulait dans ce petit bourg qui compte moins de 500 habitants. Comme l’ont expliqué les organisateurs : « Nous pouvons être qui nous sommes partout sur le territoire, même dans les zones rurales ». Accueillis autour d’un village associatif et de produits locaux, les manifestants, dont certains avaient campé sur place, ont défilé à travers champs puis participé à des animations diverses. Et cette manifestation a désormais vocation de devenir pérenne.