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Brèves

L’actualité en bref

L’humoriste Julie Conti a fait savoir qu’elle avait été obligée de quitter France Inter après avoir qualifié la chroniqueuse Sophia Aram d’islamophobe. C’est dans le cadre de l’émission de Nagi La Bande originale diffusée il y a deux semaines à l’occasion de la Journée internationale contre l’islamophobie, qu’elle avait critiqué sa consœur, qui, à plusieurs reprises dans ses chroniques, s’était moquée du féminisme des Saoudiennes obligées de porter un niqab ou de l’athlète néerlandaise Sifan Hassan, qui, pendant les Jeux olympiques de Paris, participait aux compétitions la tête voilée. Sans oublier sa position plus qu’équivoque sur le conflit israélo-palestinien. Depuis cette émission, Conti a reçu insultes en tout genre, menaces de mort et de viol. Elle a préféré jeter l’éponge.

Depuis son élection à la tête de la seconde ville en importance de la région parisienne (150 000 habitants) le nouveau maire, Bally Bagayoko, élu sous l’étiquette de la France insoumise, fait l’objet d’une déferlante de commentaires racistes et xénophobes du fait de la couleur de sa peau. Les réseaux sociaux s’en sont donnés à cœur joie, relayés par la chaine de télévision CNews qui, comme à son habitude, s’est surpassée dans ce domaine. Sur son antenne, le nouvel édile a été qualifié de « singe », de « mâle dominant », de « chef de tribu », etc. Et les protestations de certains responsables politiques et gouvernementaux ont été, c’est le moins que l’on puisse dire, tardives. Pour protester contre ce racisme débridé un grand rassemblement se tiendra samedi 4 avril à 14 heures sur la parvis de l’hôtel de ville dionysien.

Mercredi 1er avril prend fin la « trêve hivernale ». Cela veut dire que les procédures d’expulsion à l’égard des personnes qui ne peuvent acquitter leur loyer vont reprendre de plus belle. L’an dernier, on avait enregistré 30 500 expulsions locatives, un chiffre record qui représente une hausse de 60 % sur les deux années précédentes. Cette augmentation souligne la pression croissante sur le marché locatif qui impacte les ménages les plus vulnérables. La tendance risque de se poursuivre cette année. Un toit est un droit : non aux expulsions, des logements décents pour tous et toutes !

Samedi dernier s’est déroulé à Londres ce qui est considéré comme la plus importante manifestation contre l’extrême droite qu’ait connue le pays. Plusieurs centaines de milliers de personnes (50 000 selon la police, 500 000 selon les organisateurs) se sont retrouvées dans le centre de la capitale derrière une banderole qui proclamait « Non à la haine ». Les manifestants, réunis à l’appel d’une dizaine d’organisations rassemblées dans l’Alliance Together (collectif ensemble), étaient venus de tout le pays notamment d’Écosse, du Pays de Galles, des Midlands et, bien sûr, de la région du Grand Londres. Les bannières syndicales côtoyaient les banderoles des organisations de gauche et anti-racistes, celles des collectifs de défense des migrants et du mouvement LGBT, alors que des slogans affirmaient la solidarité avec la Palestine et la condamnation de l’intervention israélo-américaine en Iran. Ce rassemblement monstre se voulait une réponse à celui organisé par l’extrême droite le 13 septembre dernier et qui avait réuni 150 000 personnes dans les rues de la capitale. Une manifestation réussie, mais qui ne doit être qu’un début dans la lutte contre la guerre et contre l’extrême droite qui a le vent en poupe.

Depuis le début de la guerre avec l’Iran, chaque samedi, des manifestations ont lieu en Israël. Au début, elles ne rassemblaient que quelques dizaines de manifestants pacifistes, des membres du Parti communiste d’Israël ou de l’organisation trotskiste Lutte socialiste. Samedi 28 mars, les manifestations ont pris de l’ampleur, avec le soutien de la coalition « Partenariat pour la paix ». Elles ont eu lieu dans une trentaine de localités à travers le pays, rassemblant notamment plusieurs centaines de personnes à Tel Aviv et Jérusalem, et une centaine à Haïfa. Cela bien que beaucoup d’organisations opposées à la politique de Netanyahou s’abstiennent d’y appeler. La police est intervenue pour disperser violemment ces manifestations, déclarées illégales. Treize manifestants ont été arrêtés à Tel Aviv et huit à Haïfa.

Mais ni la répression policière, ni le fait d’être à contrecourant dans l’opinion publique ne découragent celles et ceux, plus nombreux chaque semaine, qui descendent dans la rue pour s’opposer à la politique criminelle de leur gouvernement et dire que cette sale guerre n’est pas la leur.

Des millions de manifestants ont défilé dans les rues des grandes villes des États-Unis le 28 mars pour s’opposer à la politique autoritaire de Trump, aux rafles de migrants et à la guerre d’Iran. Cette démonstration puissante vient après la victoire remportée à Minneapolis contre les milices ICE, chargées de rafler les migrants et de terroriser la population. Les sbires de Trump, le « clown orange » comme l’appellent les manifestants, avaient été contraints de quitter la ville. Ces mouvements montrent qu’il existe au cœur du plus grand État impérialiste du monde des forces capables, non seulement de faire reculer le pouvoir, mais de l’empêcher de poursuivre son escalade sanglante. Aux États-Unis comme ailleurs, les travailleurs, s’ils s’en donnent les moyens, peuvent abattre la société capitaliste avant qu’elle ne nous mène au désastre.

Le gouvernement veut créer une « allocation de solidarité unifiée » fusionnant le Revenu de solidarité active (RSA), l’Aide personnalisée au logement (APL) et la prime d’activité. Présentée comme un outil de simplification et d’« incitation au travail », la réforme est dénoncée par les associations de solidarité et les acteurs du logement. En effet, selon l’étude d’impact, parmi les 10 % des ménages les plus pauvres 21 % perdraient environ 40 euros par mois avec cette nouvelle allocation. Au début de son premier quinquennat Macron avait déjà tenté de faire passer la pilule sous le nom d’un « revenu universel d’activité » qui avait été finalement abandonné. Il revient aujourd’hui à la charge avec le même objectif : faire payer les plus pauvres.

Au cours des années le trust alimentaire Nestlé Waters avait multiplié les décharges sauvages de bouteilles en plastique et en verre, autour de ses usines d’embouteillage des Vosges, notamment près de Vittel et de Contrexéville, décharges qui représentent aujourd’hui l’équivalent de 470 000 mètres cubes de déchets. Ces dépôts illégaux ont entraîné des écoulements de déchets plastiques et d’autres matières polluantes dans les cours d’eau locaux, suscitant l’indignation des associations environnementales et des autorités régionales. Finalement le parquet a requis la condamnation de Nestlé pour avoir « exploité et géré illégalement » des décharges sauvages de déchets, à une amende de 750 000 euros et à la remise en état des sites concernés. Mais, curieusement, il n’a pas retenu la qualification de pollution et son réquisitoire a été en demi-teinte. Tous les observateurs ont noté la timidité du représentant du ministère public dans cette affaire qui n’aurait sans doute jamais abouti devant les tribunaux sans l’obstination des associations de défense de l’environnement. Car cela fait des années que l’État ferme les yeux sur les pratiques de Nestlé notamment sur les traitements qu’elle fait subir à ses eaux qui n’ont de « naturelles » que le nom.

L’hécatombe continue et s’amplifie. Vingt-deux personnes, parties de Libye et dont l’embarcation se trouvait au large de la Crête, sont mortes après six jours d’errance en mer. Vingt-six autres, dont une femme et un mineur, ont pu être secourues. Ils étaient originaires du Bangladesh, du Tchad et du Sud Soudan. Près de 660 migrants ont déjà perdu la vie en tentant de rejoindre l’Union européenne au cours des deux premiers mois de 2026. À Bruxelles, un porte-parole de la Commission européenne a déclaré qu’il fallait « redoubler d’efforts dans la lutte contre les passeurs de migrants qui sont responsables de ces tragédies » sans dire un seul mot de la responsabilité des pays membres qui en durcissant sans cesse les conditions d’entrée sur leurs territoires obligent non seulement les migrants à risquer leur vie mais alimentent par là même le trafic des passeurs. Plus que jamais il faut se battre pour l’ouverture des frontières.