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Brèves

L’actualité en bref

Après la dissolution, et les mauvais résultats de son camp aux législatives, Macron compte sur les JO pour se relancer. Plus particulièrement sur la cérémonie d’ouverture prévue le 26 juillet qu’il veut « grandiose » et « inoubliable » avec un défilé de bateaux sur la Seine. Mais ce super-show de quelques heures à un coût que Le Canard enchaîné a évalué à 122 millions d’euros, compte non tenu des frais occasionnés par la mobilisation massive de plusieurs milliers de pandores, de flics et de troufions. Par comparaison, lors des JO de Londres en 2012, la cérémonie avait coûté quatre fois moins. Mais si, pour une raison ou une autre, (conditions météorologiques, crue de la Seine, menaces terroristes..) la cérémonie ne peut se dérouler à l’endroit prévu et est transférée en partie au Trocadéro, le coût s’élèverait alors à… 255 millions d’euros car il faudrait rembourser les 100 000 spectateurs ayant réservé leur place sur les quais (de 90 à 2 700 euros le siège), une partie des sponsors, des télédiffuseurs etc. Mais rien n’est trop cher pour Jupiter… surtout lorsqu’à la fin c’est le contribuable qui paie la facture.

Quatre migrants sont morts noyés au large de Boulogne-sur-Mer lors d’une tentative de traversée de la Manche dans la nuit de jeudi à vendredi. D’autres migrants, passagers d’une embarcation clandestine, tombés à l’eau, ont pu être sauvés. C’est un patrouilleur de la marine nationale, le Cormoran, qui est intervenu et les a récupérés. Mais quatre d’entre eux, hélitreuillés inanimés, sont décédés. Ces décès portent à au moins 19 le nombre de personnes qui ont perdu la vie en tentant de rallier le Royaume-Uni depuis le début de l’année. Selon des chiffres officiels britanniques plus de 12 300 personnes ont atteint les côtes anglaises clandestinement en 2024 malgré le durcissement opéré par les gouvernements conservateurs ces dernières années. Cela représente une hausse de 18 % par rapport à la même période l’an dernier. Et il ne semble pas que le nouveau gouvernement travailliste adoptera une politique plus humaine à leur égard.

Semaine noire pour les opposants en Russie où, coup sur coup, un journal a été supprimé et des dissidents poursuivis et condamnés. C’est d’abord le media The Moscow Times  qui a été classé « indésirable », et donc interdit selon le bureau du procureur général. Lancé en 1992, peu après l’effondrement de l’URSS, ce média, publié en russe et en anglais, dénonçait la corruption et la répression. Il avait été déjà été qualifié « agent de l’étranger» en novembre 2023 poussant la plupart de ses collaborateurs à l’exil. C’est ensuite Ioulia Navalnaïa, la veuve d’Alexeï Navalny, opposant farouche à Poutine mort en février dernier en prison, qui a été inscrite sur la liste des « terroristes et des extrémistes ». Un mandat d’arrêt a été émis à son encontre. Elle vit actuellement à l’étranger mais si elle rentre en Russie elle sera immédiatement arrêtée. Enfin Orleg Orlov avait été jugé en février pour avoir dénoncé la guerre en Ukraine. Il vient de voir sa condamnation à deux ans et demi de prison confirmée par un tribunal. Pas de quoi le faire taire : « Ils ont fait du système judiciaire un élément indispensable de leur dictature », a-t-il déclaré après l’annonce du verdict. Il était l’une des figures de l’association Memorial, créé pour perpétuer la mémoire des répressions staliniennes et œuvrer à la défense des droits de l’homme. Elle avait été dissoute par les autorités en décembre 2021. Malgré tout des voix dissidentes continuent de se faire entendre…

La majorité des députés a adopté une loi autorisant les garde-frontières à refuser l’entrée de demandeurs d’asile à la frontière orientale du pays sans même examiner leur demande. Seuls les demandeurs d’asile en situation de vulnérabilité, tels que les enfants et les personnes handicapées, pourront demander une protection internationale. Mais leur éligibilité dépendra de l’évaluation de leur cas par les garde-frontières, et aucun appel ne sera possible. L’adoption de cette loi, qui se veut « temporaire », intervient après un afflux l’an dernier de près de 1 000 demandeurs d’asile arrivant à la frontière avec la Russie, qui, selon Helsinki, a été orchestré par Moscou, ce que le Kremlin a démenti. Des experts, et même des membres du gouvernement, ont admis que la loi contrevenait aux engagements internationaux de la Finlande en matière de droits humains, ainsi qu’à la Constitution du pays. De même le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Michael O’Flaherty, et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés avaient exhorté en vain les législateurs finlandais à revenir sur ce texte. En Finlande, comme ailleurs, haro sur les migrants !

Le ministère libanais de la Santé a publié son dernier bilan des affrontements qui opposent, depuis plus de neuf mois, le Hezbollah à Israël le long de la frontière. Selon ces chiffres, qui se basent sur des informations obtenues auprès des hôpitaux, les combats ont fait un total de 1 904 victimes depuis le 8 octobre 2023, dont 466 décès. Parmi les morts, on compte notamment 369 combattants du Hezbollah, les autres étant des civils. Enfin, citant les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations, le ministère a rapporté que le nombre de personnes déplacées de la région frontalière depuis le 8 octobre s’élevait à 96 829. Une conséquence directe de la sale guerre de Gaza.

Après la mise en examen de Nicolas Sarkozy en octobre, c’est son épouse, Carla Bruni Sarkozy, qui connait le même sort dans une affaire liée au financement libyen de l’élection présidentielle de 2007. Mediapart a mené une enquête montrant comment la chaine de télévision BFMTV, propriété du géant de la télécommunication et de la publicité Altice, dirigé par Patrick Drahi, s’était mise à la disposition de l’ancien président avec armes et bagages alors qu’il était dans le collimateur de la justice. Mediapart cite un SMS envoyé par la journaliste vedette de la chaine, Ruth Elkrief, à l’attachée de presse de Sarkozy : « Je suis à votre disposition, on peut monter ce que vous voulez ! Je t’embrasse fort et mes amitiés à N(icolas) S(arkozy). » Vive l’éthique des journalistes aux ordres !

Dans un rapport qu’il vient de publier, le réseau européen d’action sur les pesticides (PAN Europe), dont fait partie l’association Générations futures, alerte sur la présence d’acide trifluoroacétique (TFA) dans les eaux du robinet et minérales dans onze pays européens. Sur les 36 échantillons d’eau du robinet 34 contenaient du TFA (acide trifluoroacétique), un polluant chimique éternel (PFAS) contenu dans les pesticides. Même résultat sur 12 des 19 échantillons d’eau en bouteille. Ce polluant n’était, jusqu’à présent, pas pris en compte dans les analyses de l’eau et a donc échappé à toute limitation légale dans l’Union européenne. On continue donc à s’empoisonner, lentement mais surement.

C’est la Confédération paysanne qui tire la sonnette d’alarme. Une partie des subventions européennes de 2023 aux agriculteurs bio et aux mesures agro-environnementales et climatiques n’a toujours pas été versée aux intéressés. Ces subventions représentent plusieurs milliers d’euros et sont vitales à ces agriculteurs qui cultivent le plus souvent des exploitations de taille modeste. « Nous sommes en juillet et nous attendons encore des subventions qui datent de 2023. Pourquoi la seconde partie de ces aides n’a pas été payée dans la foulée de la première ? » s’est interrogé Nicolas Fortin, secrétaire national de la Confédération paysanne. Pourtant, l’argent provenant de l’Europe a été débloqué entre le 15 octobre et le 1er décembre de l’an dernier et le 30 juin était la date butoir pour recevoir l’intégralité de ces sommes. Ces retards de paiement ont placé et placent encore de nombreuses fermes en difficulté. En cause notamment les sous-effectifs chroniques chez les agents des services d’économie agricole des Directions départementales des territoires. Une nouvelle fois, c’est aux petits que l’État fait payer ses carences administratives.

Saisi en référé, le Conseil d’État a suspendu la dissolution du groupe Défense collective qui se donne pour but l’aide juridique aux manifestants et aux victimes de violences policières. C’est en avril que le ministère de l’Intérieur avait prononcé cette dissolution, accusant le groupe d’appels à la violence et de troubles à l’ordre public. La juridiction administrative a estimé que le ministère de l’Intérieur n’apportait pas la preuve de ces accusations. C’est pourquoi, dans leur ordonnance, les magistrats expriment leur « doute sérieux quant à la légalité » de ce décret de dissolution. Réaction des intéressés : « Gérald Darmanin est dissous… pas nous ! »