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Brèves

L’actualité en bref

Massoud Pezeshkian vient d’être élu président de l’Iran… avec un taux d’abstention record depuis le début de la république islamique. De fait, le président n’a quasiment pas de pouvoir face au guide suprême, et certainement pas sur l’oppression des femmes, pilier du régime. Cet ancien ministre prône par ailleurs une politique pro-patronale décomplexée. Que le président soit réformateur ou non, les travailleurs d’Iran devront l’affronter pour améliorer leurs conditions de vie. Leur manque d’enthousiasme pour l’élection montre que certains l’ont bien compris.

Samedi 29 juin, Amar, vendeur à la sauvette algérien et SDF, a été abattu par un policier alors qu’il dormait dans une dépendance chez la grand-mère de celui-ci. Appelé par son aïeule, le fonctionnaire, qui n’était pas en service, a tiré sept balles sur Amar, dont deux dans le dos et une à la tête, avant d’envoyer des photos du cadavre à ses collègues. C’est le deuxième meurtre commis par un policier en une semaine sur une personne qui ne présentait pas de danger… mais qui n’avait sans doute pas la « bonne » couleur de peau.

Il est de notoriété publique que le milliardaire Bolloré met ses médias au service de l’extrême droite. Vendredi, juste avant la fin de la campagne électorale, le JDD a annoncé que le gouvernement s’apprêtait à abroger sa loi Immigration. Fake news totale ! Dans quel but ? Faire monter le vote RN. C’est raté. Pour cette fois du moins.

Durant l’entre-deux tour, les soutiens du RN ont affiché un racisme décomplexé, allant de l’injure à l’agression physique. Selon le décompte fait par Mediapart, il y a eu au moins une agression par jour. Une des dernières en date : jeudi 4 juillet à Saint-Étienne-du-Rouvray, une technicienne Enedis s’est fait agresser en plein travail, alors qu’elle intervenait dans un immeuble : « Sale négresse, tu vas retourner dans ton pays. » Elle a dû fuir les lieux. Face à cette violence, seule l’organisation du monde du travail et notre solidarité pourra changer la donne. Diviser pour mieux régner, c’est toujours l’arme des patrons !

Gabriel Attal donne sa démission. En bon petit soldat de Macron, il venait de durcir l’assurance chômage, faisant passer le seuil pour être indemnisé de six mois travaillés sur les 24 derniers à huit mois travaillés sur les 20 derniers, et la durée de l’indemnisation de 18 à 15 mois. De quoi obliger les chômeurs à accepter de sales boulots et faire pression sur les conditions de travail de tous les autres salariés. Les députés macronistes étant menacés de perdre leur job, Attal a suspendu sa sale réforme. Méfiance cependant : elle n’est pas abrogée, et le futur Premier ministre sera aussi l’ami des patrons !

Pour tenter de remonter la pente, après sa performance télévisée calamiteuse face à Donald
Trump, Joe Biden a donné une interview à la chaine ABC qui n’a guère convaincu, ni la presse, ni l’opinion, ni ses propres amis quant à son état de santé physique et mental. Il a balayé d’un revers de main les appels qui se multiplient dans les rangs démocrates pour lui demander à renoncer à un nouveau mandat. Il a déclaré à ce propos : « Si le Seigneur tout-puissant descendait et disait “Joe, retire-toi de la course” je me retirerais de la course, mais Il ne va pas descendre. » Tant mieux pour lui. L’image grotesque de la future course présidentielle américaine a bien été croquée par le dessinateur de presse suisse Patrick Chappatte dans le quotidien Le Temps de Genève. On y voit deux hommes accoudés à un bar devant un écran de télévision sur lequel on lit « Qui à la Maison-Blanche ? » avec des silhouettes de Biden et de Trump : « L’un devrait être à la maison de retraite ! » dit le premier, « L’autre à la maison d’arrêt ! » répond le second. Un résumé humoristique d’un système politique à la dérive.

Le pays vient d’interdire le mariage des enfants. Les défenseurs des droits des femmes applaudissent cette avancée, mais déplorent qu’elle n’aille pas de pair avec l’interdiction des mutilations génitales féminines (MGF). Ces mutilations incluent l’ablation partielle ou totale du clitoris (excision), ou plus largement des organes génitaux externes, ou tout autre blessure des organes génitaux. En dehors de la douleur, elles peuvent avoir de graves conséquences : infections, saignements, et plus tard stérilité et complications en couches. Une enquête nationale estime que dans le pays 83 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ont subi de telles mutilations. Les militantes féministes soupçonnent les parlementaires d’avoir isolé la question du mariage pour ne pas trancher celle des mutilations, potentiellement plus sensible dans l’opinion. L’interdiction des MGF figure pourtant dans un texte sur les droits des enfants, qui est toujours bloqué au Parlement. La lutte contre le patriarcat et ses pratiques d’un autre âge est loin d’être terminée.

L’offensive israélienne continue à Gaza, où le nombre de morts civils ne cesse d’augmenter alors qu’en Cisjordanie l’armée sioniste a blessé six personnes dans le camp de réfugiés de Balata, près de Naplouse, et tué six autres à Jénine. Dans le même temps, des colons juifs ont incendié des champs et des oliveraies appartenant à des Palestiniens près du village de Turmus Ayya. Dans ce contexte mortifère, le ministre du Patrimoine du gouvernement Netanyahou, l’ultra-nationaliste Amihai Eliyahu, a retweeté un message sur les réseaux sociaux promouvant la vente de tee-shirts appelant à la ré-occupation de la péninsule du Sinaï, plus de quarante ans après qu’Israël a restitué le territoire à l’Égypte dans le cadre du traité de paix de1979. Sur le vêtement en question est imprimée une carte d’Israël englobant la Cisjordanie, Gaza et le Sinaï avec le slogan « Occupation Now » (« l’occupation maintenant »). De plus le ministre renvoie également vers un site web qui préconise l’annexion du Sud-Liban et de la Jordanie. Un reflet de l’atmosphère délétère qui existe au sein de l’État sioniste et de la folie annexionniste de ses dirigeants.

Nouveau drame au large des côtes atlantiques de la Mauritanie. Les corps de 89 personnes ont été retrouvés dans un grand bateau de pêche traditionnel qui a chaviré au large des côtes atlantiques de la Mauritanie. De plus 72 autres sont portées disparues et on ne dénombre que neuf survivants, dont une fillette de cinq ans. La pirogue était partie de la frontière entre le Sénégal et la Gambie avec à son bord 170 passagers pour rejoindre les Canaries, archipel espagnol et porte d’entrée de l’Europe. Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, plus de 5 000 migrants ont péri au cours des cinq premiers mois de 2024 en tentant de rallier les côtes espagnoles, la plupart sur la route des Canaries. Une conséquence de la politique criminelle de fermeture des frontières appliquée par l’Union européenne.