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Brèves

L’actualité en bref

Un total « sans précédent » de 51 arrestations de journalistes en Palestine occupée a été documenté par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) depuis le début de l’assaut israélien sur la bande de Gaza, vient de déclarer l’ONG de défense des droits de la presse. Le CPJ précise que les arrestations ont eu lieu à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, 48 journalistes étant détenus par Israël et trois par les autorités palestiniennes. Quinze des journalistes, y compris ceux détenus par les autorités palestiniennes, ont été libérés, tandis que 36 sont toujours détenus par l’État sioniste. En outre, 15 des personnes arrêtées par Israël sont maintenues en détention administrative sans inculpation. Cette forme de détention peut durer plusieurs années. Cependant, le nombre de journalistes palestiniens dans les prisons israéliennes est probablement plus élevé que ce que le CPJ a documenté, en raison de la difficulté croissante d’acquérir et de vérifier des données en temps de guerre. En 2023, le CPJ avait signalé l’emprisonnement de 17 journalistes palestiniens par les autorités israéliennes, affirmant qu’il s’agissait du nombre le plus élevé d’arrestations de médias en Israël et dans les territoires palestiniens depuis que le CPJ effectue ce décompte, soit 1992. Depuis l’an dernier ce chiffre a été multiplié par trois.

Pendant la guerre de Gaza, la colonisation de la Cisjordanie s’amplfie. Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a annoncé la légalisation de cinq nouveaux avant-postes sur le territoire palestinien, qu’il considère comme « partie intégrante d’Israël ». Appartenant à l’extrême droite raciste et suprémaciste, Smotrich milite pour l’annexion pure et simple de la Cisjordanie et l’expulsion des Palestiniens mais aussi la recolonisation de Gaza par des colons juifs. Le « Conseil suprême du Plan israélien », un organisme officiel, discute aussi des projets de construction de 6 016 logements dans des dizaines de colonies de Cisjordanie. Le mouvement pacifiste israélien « La Paix maintenant » a protesté contre ces nouvelles annexions qui devraient être suivies de nombreuses autres.

Il y a un an, Hedi, un jeune marseillais, était jeté à terre par un tir de LBD puis sauvagement matraqué par des policiers lors des affrontements qui s’étaient produits dans de nombreuses villes après la mort de Nahel, un jeune de banlieue abattu par la police à Nanterre. Victime d’un trauma crânien, le jeune homme de 21 ans à l’époque des faits a passé une semaine en réanimation, puis deux dans un service de neurochirurgie. Après deux opérations, les médecins lui ont retiré un morceau de crâne. Aujourd’hui un rapport médical affirme que sa grave blessure au crâne aurait été causée par des coups de matraque et non par le tir de LBD comme on l’avait cru au départ. Ce qui lui fait une belle jambe. Quatre policiers de la brigade anti-criminalité (BAC) de la cité phocéenne ont été mis en examen pour violences en réunion pour ces faits – l’un d’entre eux avait été placé en détention provisoire et relâché après 40 jours. Mais la justice, bonne pomme, oriente l’affaire vers un probable procès en correctionnelle et non aux assises, car elle qualifie désormais l’agression de simple délit mais pas de crime. Quant à la commandante du groupe de policiers, elle n’a fait l’objet d’aucune poursuite. On attend impatiemment que Bardella et ses amis dénoncent cet exemple typique d’une justice laxiste.

Mâle déclaration du ministre de l’Intérieur, Gérard Darmanin : « J’aime trop la police, j’aime trop les forces de l’ordre, j’aime trop les gendarmes pour pouvoir voter pour un candidat de La France insoumise. » À l’évidence un homme de principes. Dans la dixième circonscription du Nord, où il se présentait, il est arrivé en tête, talonné par le Rassemblement national. C’est pourquoi il a accueilli avec soulagement la décision de Leslie Mortreux, arrivée en troisième position, de se retirer et d’appeler à voter pour lui. Or la candidate en question était présentée par La France insoumise dans le cadre du Nouveau Front populaire. Courageux mais pas téméraire, Darmanin a fait sa déclaration une fois le désistement confirmé. Avoir des grands principes est une chose… qui n’empêche pas les petits calculs électoraux. Ls électeurs de gauche qui sont appelés à voter Darmanin dimanche prochain doivent l’avoir mauvaise…

Depuis le premier tour des législatives où le Rassemblement national est arrivé largement en tête, la parole raciste et réactionnaire se libère et conduit parfois à des violences, verbales ou physiques, contre les Noirs et les Maghrébins, et aussi contre les homosexuels et autres minorités. Selon un décompte établi par Mediapart, et qui évidemment n’est pas exhaustif, on a dénombré au moins une agression de ce type par jour. De son côté, Le Canard enchaîné a interrogé plus de 30 maires de petites ou moyennes villes dans tout le pays sur les motivations exprimées chez eux par les électeurs lepénistes. Et partout apparait un racisme débridé, même là où l’immigration est faible et l’insécurité marginale. Une façon d’exprimer une frustration contre les déserts médicaux, la fermeture des écoles, le manque de logements sociaux, etc. Et en mettant tout sur le dos des immigrés Bardella donne un exutoire facile à leur colère. Un choix désastreux qui demain se retournera contre eux.

Dans la deuxième circonscription de ce département le Rassemblement national a investi un candidat, Thierry Mosca, qui est sous curatelle renforcée, c’est-à-dire considéré comme n’étant pas responsable de ses actes du fait que son jugement est altéré par une maladie, une infirmité, un affaiblissement dû à l’âge, ou une autre cause. Qualifié pour le second tour il pourrait être disqualifié par le Conseil constitutionnel en cas d’élection. Ils prennent visiblement n’importe qui.

Dans la cinquième circonscription, le Rassemblement national a désigné comme candidat un certain Louis-Joseph Pecher qui, quelques semaines avant les élections, tweetait la délicate formule : « Juif qui parle, bouche qui ment. » La chose ayant été rendue publique par le site StreetPress, le RN lui a retiré son investiture… une fois sa candidature enregistrée en préfecture. Il est donc toujours candidat sous le sigle de son parti. Et, s’il est élu, il ne détonnera pas trop au sein de centaines de députés racistes.

Le quotidien de droite The Sun, qui vend chaque jour plus d’un million d’exemplaires, a fait sensation en appelant en une à voter pour les travaillistes aux élections législatives qui ont lieu ce jeudi dans le pays. Il faut dire que, sous la houlette de Keir Starner, les travaillistes ne font plus peur à grand-monde. Il a systématiquement écarté du parti celles et ceux qui soutiennent les grèves, appuient la cause palestinienne, s’affirment solidaires des migrants ou demandent des coupes claires dans les budgets de l’armée pour mieux financer le Service national de santé et l’éducation. Si, avec plus de 40 % des intentions de vote (contre 20 % aux conservateurs), le Labour est quasiment assuré d’arriver aux commandes après 14 ans passés dans l’opposition, il y a fort peu de chances qu’il change quoi que ce soit d’essentiel à la condition des plus modestes. Il fera plus ou moins la même politique que les conservateurs, usés, discrédités, touchés par les scandales et arrivés au bout du rouleau.

Le président Julius Maada Bio a promulgué une loi visant à criminaliser le mariage des filles de moins de 18 ans et exposer les contrevenants à au moins 15 ans de prison et une amende. Elle interdit le concubinage avec un mineur et prévoit des compensations pour les victimes de mariage précoce et les jeunes femmes tombées enceintes dans le cadre d’une telle union. Il faut savoir que chaque année des dizaines de milliers de filles sont mariées de force avant leurs 18 ans. L’ONG Save the Children a salué une loi « historique ». Les victimes de mariages précoces « subissent des dommages à vie sur leur santé physique et mentale, sont privées d’opportunités d’apprendre, de grandir », a souligné son directeur, Patrick Analo. On peut se réjouir de l’adoption d’une telle loi en regrettant cependant qu’il ait fallu attendre le premier quart du XXIe siècle pour qu’elle soit promulguée.