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Brèves

L’actualité en bref

Le 27 juin dernier, Stellantis a annoncé supprimer les 82 postes de l’atelier d’outillage du site de La Janais, au sud de Rennes pour les délocaliser. En 20 ans, le nombre de salariés de cette usine est passé de 12 000 à moins de 2 000. Révoltant quand on sait que les bénéfices du groupe dépassent chaque année de nouveaux records, s’élevant l’an dernier à 18,6 milliards d’euros. Les responsables de ces suppressions de postes eux non plus ne sont pas à plaindre : que ce soit Tavares, le PDG, qui se verse un salaire de 100 000 euros par jour ou encore les actionnaires qui voient leurs dividendes augmenter régulièrement, encore de 16 % en 2023 par rapport à 2022. De l’argent et des moyens il y en a, dans leurs poches. Interdiction des licenciements et partage du travail entre tous !

« J’ai beaucoup de respect pour le confort des athlètes, mais je pense beaucoup plus à la survie de l’humanité », avait déclaré avec son emphase habituelle la maire de Paris lors d’une interview sur France Info en février 2023. Et d’expliquer que, pour cette raison, le village olympique ne serait pas doté de climatiseurs, car les bâtiments de ce complexe seront censés garantir une différence de −6 °C par rapport à la température extérieure. De plus, pour améliorer cette performance, les organisateurs ont ajouté un système de géothermie qui permet de participer au refroidissement des pièces, associé à des ventilateurs installés dans chaque chambre. Mais, aujourd’hui, changement de cap. Malgré la promesse de la maire de Paris, 2 500 climatiseurs mobiles ont été commandés pour le village olympique. À cela s’ajouteront ceux que vont amener avec elles les différentes délégations. Le directeur adjoint du village olympique, Augustin Van Tran Chau, indique avoir incité les délégations à prendre « un climatiseur par logement » maximum, ce qui représente quand même 7 000 appareils, mais sans pouvoir garantir que cette exigence sera suivie. Encore une promesse non-tenue sur ces JO supposés être « les plus écolos de l’Histoire ».

Pour enseigner dans un collège ou lycée de l’enseignement public, on doit passer un concours en vue d’obtenir le Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré (Capes). Mais cette année les candidats ne se sont pas bousculés. En mathématiques, les résultats montrent qu’il reste 209 postes vacants sur un peu plus d’un millier ouverts partout dans l’Hexagone. Autre discipline qui ne trouve pas assez preneur : les lettres, classiques et modernes, avec 111 places non attribuées. À noter que les langues n’attirent pas non plus le nombre suffisant de candidats : allemand, anglais et espagnol manquent également de lauréats (138 postes vacants) ainsi que la physique-chimie (142 postes manquants). En tout, 635 enseignants de collège et lycée font défaut, c’est-à-dire qu’un poste sur huit est aujourd’hui vacant. Sophie Vénétitay, la secrétaire générale du principal syndicat d’enseignants des collèges et lycées publics, le Snes-FSU a dénoncé, à cette occasion, le manque d’attractivité des postes d’enseignants, qui concerne particulièrement les mathématiques. « Près de 2 803 postes ont été perdus en trois ans », a-t-elle dénoncé, en critiquant le manque d’investissement des derniers ministres de l’Éducation nationale. Parmi eux, un certain Gabriel Attal qui promettait, l’an dernier, « un choc des savoirs ». À l’arrivée on a surtout un choc d’incompétence et d’impréparation.

« Je suis un prisonnier politique », a déclaré Christian Tein, le porte-parole de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT) de Kanaky, incarcéré au centre pénitentiaire de Mulhouse-Lutterbach (Haut-Rhin), lors de la visite non-programmée de deux sénateurs écologistes Jacques Fernique (Bas-Rhin) et Anne Souyris (Paris). Il est revenu longuement sur ses conditions de déportation de la Kanaky vers la France et s’est dit inquiet pour les autres militants détenus en métropole. Mis en examen par la justice coloniale, notamment pour complicité de tentative de meurtre et association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime, il n’a pas le droit pour l’instant de recevoir de visites de ses proches. Mais sa combativité est intacte. Liberté pour tous les militants et jeunes kanak emprisonnés !

Paule Veyre de Soras, la candidate du Rassemblement national dans la première circonscription de la Mayenne, a souhaité évacuer les critiques sur le parti de Marine Le Pen et de Jordan Bardella devant la caméra de LeGlob-Journal, un média local d’information. Le journaliste lui demande comment elle se positionne face aux accusations de racisme dont fait l’objet la formation d’extrême droite. « C’est faux, et archi faux », soutient-elle. Elle poursuit : « Dans le Rassemblement national nous avons des Juifs, des musulmans, des Espagnols, moi-même je suis catalane, mon grand-père est né à Barcelone. » Et d’ajouter : « J’ai comme ophtalmo un Juif et j’ai comme dentiste un musulman. » Un argument qui rappelle beaucoup celui de l’ex-députée et ministre UMP (ancien nom du parti Les Républicains), Nadine Morano, qui avait lancé sur France 5 en 2012 : « Je ne suis pas raciste, j’ai des amis arabes, dont ma meilleure amie qui est tchadienne, et donc plus noire qu’une Arabe ! » De même, au XIXe siècle, les propriétaires d’esclaves du sud des États-Unis auraient pu déclarer sans rire : « Nous ne sommes pas racistes. La preuve la totalité de notre personnel de maison et de nos ouvriers agricoles est noire. » Avec de tels anti-racistes le racisme a encore de beaux jours devant lui.

Une vingtaine de rappeurs (dont Fianso, ISK, Zola, Pit Baccardi, Cokein, Ashe 22, UZI, RK, Alkpote, Akhenaton, Kore, Nahir, Seth Gueko, Demi portion ou Soso Maness) ont dévoilé un clip d’une dizaine de minutes qui, sur les paroles d’une chanson intitulée « No pasaran » (ils ne passeront pas), appelle à faire barrage au Rassemblement national au second tour des élections législatives. Le clip mêle à la fois des images de violence policière, de Palestiniens de Gaza, de manifestations de rue et aborde nombre de thèmes comme le racisme, l’islamophobie, la galère des gens qui vivent du RSA. On ne peut que se réjouir d’une telle initiative avec cependant un sérieux bémol. On sait que les rappeurs font rarement dans la dentelle mais dans ce clip ils charrient quelques préjugés, notamment sexistes et complotistes, en traitant Marine Le Pen et Marion Maréchal de « chiennes en rut » ou en laissant entendre que le RN est dirigé en sous-main par les francs-maçons. Dommage !

Le cabinet israélien vient d’approuver un projet de loi qui réserverait la « détention administrative » aux seuls non-Juifs. La « détention administrative » est une législation héritée de la période coloniale britannique qui permet de détenir sans inculpation ni procès, et pour une durée indéterminée, toute personne soupçonnée de porter atteinte à la sureté de l’État. En théorie, elle s’applique à tout le monde, mais, dans la pratique, elle vise essentiellement la population arabe. Mais alors que se multiplient les crimes et les forfaits de toute sorte dont se rendent coupables en Cisjordanie occupée les colons juifs, les ministres veulent protéger ces derniers du risque d’un tel emprisonnement. Vous avez dit apartheid ?

Le socialiste Pedro Sanchez avait été reconduit au poste de Premier ministre à la fin de l’année dernière en promettant de faire passer une loi d’amnistie en faveur des nationalistes catalans impliqués dans la tentative d’indépendance de la Catalogne en 2017. Ce qu’il fit, la loi étant largement adoptée par les Cortes, le parlement. C’était compter sans le Tribunal suprême espagnol, la plus haute instance judiciaire du pays, qui a refusé d’amnistier le leader indépendantiste Carlos Puigdemont, qui était à l’époque président du gouvernement régional catalan et qui vit aujourd’hui en exil en Belgique. Pour ce faire, les juges ont accusé Puigdemont de… détournement de fonds. Bref, il n’est plus poursuivi pour des motifs politiques mais pour des délits financiers de droit commun. La ficelle est un peu grosse. Mais elle souligne à nouveau que toute une partie de l’appareil d’État (justice, armée, police) a été formé dans la tradition franquiste et continue de sympathiser ouvertement avec l’extrême droite. Ce qui sert de toile de fond à la décision bien réactionnaire du Tribunal suprême.

Dans une interview donnée au journal réactionnaire The Sun, le leader travailliste, Keir Starmer, s’en est pris violemment aux immigrés venus du Bangladesh en promettant, s’il remporte les élections, de les renvoyer chez eux en ajoutant : « Je peux vous assurer que j’aurai suffisamment d’avions prêts à les ramener chez eux. » Et d’ajouter, se référant cette fois à l’ensemble des migrants : « Ils retourneront des pays d’où ils viennent. C’est ce qui va arriver. » Ces déclarations ont provoqué quelques démissions spectaculaires de cadres travaillistes. Cela ne gêne guère Starmer qui est quasiment sûr de remporter les élections législatives, les gens en ayant ras-le-bol de 14 ans de gouvernement conservateur. Mais de là à dire que le Labour offrira un meilleur avenir aux masses populaires… c’est une autre histoire.