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Brèves

L’actualité en bref

Nicolas Mayer-Rossignol, le maire socialiste de la ville de Rouen, en Seine-Maritime, a annoncé avoir interdit une soirée xénophobe intitulée en allemand « Ausländer raus » (les étrangers dehors) et prévue ce vendredi au Mora, un bar identitaire de la ville. Ce slogan, utilisé depuis les années 1980 par l’extrême droite, évoque le « Juden raus » (les Juifs dehors) de l’époque nazie. Il est devenu viral ces dernières semaines sur les réseaux sociaux après avoir été détourné par des jeunes qui le chantent sur l’air techno de L’Amour toujours, du DJ Gigi d’Agostino. Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) a déposé plainte contre les responsables de l’association gérant le bar pour discrimination auprès du parquet de Rouen… qui jusqu’à présent est resté muet sur cette affaire.

Une chanson intitulée « Je partira pas » (une faute de français volontaire censée parodier le parler « immigré ») et avec des paroles ouvertement racistes et islamophobes est diffusée sur X, TikTok et YouTube. Elle a été notamment relayée par des comptes d’extrême droite qui la présentent comme le tube de l’été. « Tu partiras avec ta fatma, pour toi fini le RSA, le bateau n’attend pas », ou encore « Quand va passer Bardella, tu vas retourner chez toi, tu mettras ta djellaba, tu pourras prier toute la journée », chante une voix féminine sur une musique électro. Éric Zemmour a publié une vidéo dans laquelle on le voit danser sur cette musique. SOS Racisme a porté plainte pour provocation à la haine raciale. Dans un communiqué, l’association « condamne fermement ces immondes propos racistes », demande aux plateformes de supprimer ce contenu et réclame une sanction contre les auteurs. Une preuve supplémentaire de la libération de la parole raciste un peu partout dans le pays.

La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) vient de publier son rapport annuel sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie en France. Une enquête qui revient sur l’indice de tolérance des Français à l’égard de celles et ceux qu’ils considèrent comme « différents », le décompte des actes racistes, ou encore l’adhésion de la population à des préjugés liés à certaines catégories de personnes. Pour l’année 2023, les résultats n’ont rien de rassurant. Après des années de hausse continue, la tolérance mesurée par la CNCDH est en baisse pour la deuxième année consécutive et les actes racistes sont en augmentation, particulièrement les actes antisémites : leur hausse est sans précédent. Depuis l’attaque terroriste du 7 octobre en Israël et l’offensive d’Israël à Gaza, les actes antisémites ont drastiquement augmenté. Entre octobre et décembre 2023, dix fois plus d’actes antisémites ont été recensés qu’au dernier trimestre 2022. Sur l’année, on compte un total de 1 676 actes antisémites, quatre fois plus qu’en 2022, dont la majeure partie (60 %) sont des propos ou gestes menaçants, à l’encontre d’une minorité qui ne représente qu’environ 400 000 personnes, soit 0,6 % de la population. « Pour la première fois depuis 2005, c’est l’indice de tolérance relatif aux Juifs qui a le plus chuté en un an, avec une baisse de quatre points à comparer à celle d’un point pour les Maghrébins et les Noirs, de deux points pour les Musulmans, et de trois points pour les Roms », indique le rapport. Et de mettre en cause « la diffusion d’un discours haineux dans certaines sphères politiques et médiatiques où la figure de l’immigré est rendue responsable des maux de la société ». Un discours malheureusement combattu souvent trop mollement par la gauche.

Le consortium de médias Forbidden Stories (Histoires interdites) a mené une enquête, dénommée The Gaza Project (Le projet Gaza), sur la façon dont les journalistes ont été tués, blessés ou menacés depuis le 7 octobre 2023. Elle s’appuie sur des photos et vidéos, des analyses sonores et des images satellites. Cinquante journalistes de 13 médias – parmi lesquelles Radio France, Le Monde, The Guardian ou Der Spiegel – ont enquêté pendant quatre mois sur le sort des journalistes dans cette guerre. À la date du 11 juin, plus de 100 ont été tués après huit mois de combats d’après le Comité pour la protection des journalistes, basé aux États-Unis. Il n’y a jamais eu autant de journalistes tués dans un conflit depuis le premier recensement de l’association en 1992. D’après l’enquête de Forbidden Stories, huit bâtiments de presse ont été partiellement ou entièrement détruits, parmi lesquels la Maison de la presse Palestine dans la ville de Gaza, dont les coordonnées précises avaient été communiquées à l’armée israélienne au même titre que le bâtiment abritant l’Agence France presse touché le 2 novembre. Contactée par les différents médias l’armée israélienne a refusé de donner des éclaircissements sur son attitude par rapport aux journalites. Elle invoque parfois des dommages collatéraux lorsqu’elle n’accuse pas ouvertement les journalistes de complicité avec le Hamas. Comme dirait Netanyahou : « Notre armée est la plus morale du monde. » Qu’est-ce que cela serait si ce n’était pas le cas !

Comme tous les autres candidats de la première circonscription, celui de LO, Sylvain Demay, a reçu une « invitation-convocation » de l’antenne locale du Medef pour participer à « un grand oral ». Il a vertement répondu : « Nous avons mieux à faire que de discuter avec vous… Contrairement aux autres partis, qui accourent montrer patte blanche dès que vous sifflez, nous n’avons pas besoin de votre approbation et nous nous moquons de votre avis sur notre programme de lutte pour les travailleurs. » Bien dit !

Chaude ambiance fraternelle au sein du Nouveau Front populaire qui a désigné Philippe Poutou comme candidat dans la première circonscription. Certains cadres socialistes locaux, dont Carole Delga, la présidente de la région Occitanie, n’étant pas d’accord avec ce choix, ont mis en avant un candidat dissident, Aurélien Turchetto, vice-président de l’agglomération de Carcassonne, qui a déclaré avec finesse et délicatesse : « Il y a une seule candidature NPA (L’anticapitaliste) en France, et elle se retrouve ici. C’est un dénigrement pour notre département. » Et d’ajouter : « On ne doit pas être la poubelle de Paris. » Ce n’est pas très gentil pour Poutou comparé à un déchet. Comme disait l’autre l’union est un combat… où tous les coups bas sont permis.

Amichai Chikli est le ministre de la Diaspora dans le gouvernement Netanyahou. À ce titre il s’occupe des relations avec les communautés juives du reste du monde. Il vient de féliciter publiquement Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, qui dans un de ses discours, a qualifié la solution à deux États (un palestinien et l’autre israélien) de « dépassée » et a poursuivi que la création d’un État palestinien « serait une prime au terrorisme ». Et Chikli d’ajouter qu’il avait « d’excellents contacts » avec le parti de Marine Le Pen. Une façon comme une autre d’inviter les Juifs d’ici à voter pour lui. Au-delà de la Méditerranée, les extrêmes droites se serrent les coudes.

Sur une affiche collée dans plusieurs communes de la cinquième circonscription, on voit un enfant blond d’à peine dix ans, les yeux bleus grands ouverts et l’air grave avec ce slogan inscrit au-dessus de sa tête : « Donnons un avenir aux enfants blancs ». Cette affiche ouvertement raciste est due au Parti de la France, un groupuscule d’extrême droite qui, dans l’Hexagone, ne présente qu’un seul candidat. Ce dernier, Pierre-Nicolas Nups, est un ancien militant du groupe fasciste Groupe union défense qui vient d’être dissous. En 2018, il avait été condamné par le tribunal correctionnel de Nancy à une peine de six mois de prison avec sursis, cinq ans d’inéligibilité et cinq ans d’interdiction d’exercer toute fonction juridictionnelle pour incitation à la haine homophobe. Un charmant personnage qui a reçu le soutien implicite du Rassemblement national qui a décidé de ne présenter personne dans cette circonscription pour ne pas gêner « un candidat national ».

Deux nouveaux militants indépendantistes ont été écroués mais sans être transférés vers la métropole, contrairement à neuf autres leaders de la révolte kanak interpellés, et mis en examen. Ces deux militants, Gilles Jorédié et Joël Tjibaou, l’un des fils de Jean-Marie Tjibaou, figure de l’indépendantisme assassiné en 1989, sont accusés d’avoir participé aux actions de résistance qui touchent l’archipel du Pacifique Sud depuis la mi-mai. Ils ont été placés en détention provisoire au centre pénitentiaire de Nouméa. Ils doivent être libérés immédiatement ainsi que tous les militants et jeunes arrêtés, et les poursuites à leur égard arrêtées.