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Brèves

L’actualité en bref

Daniel Lévyne, le directeur de publication du site de l’Union juive française pour la paix (UJFP), a été convoqué par la police pour « apologie du terrorisme ». Comme l’écrit l’association : « Daniel a été convoqué du jour au lendemain une première fois le 7 juin sous menace de garde à vue s’il refusait de s’y présenter ; il a été à nouveau convoqué précipitamment du jour au lendemain il y a quelques jours. » Et de poursuivre : « C’est la première fois qu’une association juive, qui combat le racisme sous toutes ses formes et qui œuvre pour une paix juste et pour l’égalité des droits en Israël-Palestine, est visée. » Depuis trente ans, l’UJPF a toujours soutenu les droits nationaux des Palestiniens, ce qui met en rage certaines associations sionistes, proches de Netanyahou, voire de Zemmour, qui à défaut de pouvoir l’accuser d’« antisémitisme » la taxe d’« apologie du terrorisme », dans le cadre de la campagne menée par la droite, l’extrême droite, le gouvernement, voire une partie de la gauche dite « modérée », pour criminaliser celles et ceux qui se tiennent au côté des Palestiniens.

La France serait la nation la plus pessimiste d’Europe sur son propre avenir, selon un sondage YouGov conduit du 8 mai au 13 juin, dans huit pays (Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Espagne, États-Unis, Suède et Danemark) et relayé par le quotidien britannique The Guardian. Les habitants de l’Hexagone arrivent en haut du podium lorsqu’on leur demande s’ils sont pessimistes sur l’avenir. 50 % d’entre eux s’attendent à une dégradation de l’état du pays au cours de l’année à venir, tandis que 30 % estiment que les choses vont « rester similaires ». Les optimistes ne sont donc que 20 % et ne se recrutent sans doute pas dans les classes populaires. Coincés à droite entre Attal et Bardella, au centre entre Philippe et Bayrou et à gauche entre Hollande et Mélenchon, le tout sous la houlette de Macron, on comprend que les électeurs n’aient pas le moral. Conclusion : voter révolutionnaire le 30 juin est le seul vote optimiste pour l’avenir !

Le journaliste australien Julian Assange, 52 ans, fondateur de WikiLeaks, a quitté Londres après neuf années d’enfermement dans l’enceinte de l’ambassade équatorienne, puis cinq ans dans une prison haute sécurité. Il s’est rendu par avion aux îles Mariannes, possession des États-Unis dans le Pacifique, pour y être condamné à 62 mois de prison, peine qu’il a déjà purgée. Il pourra ensuite repartir, libre, vers l’Australie. Un soulagement pour lui, qui est de santé fragile, mais aussi pour sa famille et ses amis. Mais, pour être libéré, il a dû accepter de passer sous les fourches caudines de la justice américaine et de plaider coupable des charges retenues contre lui qui l’accusaient notamment d’atteinte à la sécurité nationale pour avoir divulgué à la presse des milliers de documents confidentiels sur les sales guerres menées par Washington au Moyen-Orient. Sa libération est une donc bonne nouvelle pour lui, une moins bonne pour la liberté de la presse.

Vivek Murphy a le titre de « médecin-chef » du pays. Nommé par le président, ce haut responsable fédéral est chargé de la prévention sur les questions de santé publique, même si ses pouvoirs concrets sont très limités. Il vient de remettre un rapport sur la violence par armes à feu dans le pays qui, selon lui, n’est plus seulement un problème politique mais aussi de santé publique. Il souligne notamment que les armes à feu sont depuis 2020 la première cause de décès chez les enfants et les adolescents aux États-Unis, devant les accidents de la route. En 2022, 48 204 décès étaient liés aux armes à feu dans le pays, ce qui inclut les suicides. Près d’un Américain sur cinq a un membre de sa famille qui est mort par armes à feu, et plus de la moitié de la population a vécu, directement ou par ses proches, un événement impliquant l’usage d’une arme. La violence par armes à feu touche par ailleurs de façon disproportionnée les personnes noires, souligne le rapport. Ce qui entraine des troubles d’angoisse et de comportement chez des dizaines de millions de personnes. Ses recommandations, somme toutes modestes, incluent un stockage des armes plus rigoureux, la vérification généralisée des antécédents des acheteurs, la confiscation des armes pour les personnes dangereuses (comme les conjoints violents) ainsi que l’interdiction des fusils d’assaut et des chargeurs à grande capacité. Des recommandations aussitôt combattues par les Républicains et par l’influent lobby des armes, la National Rifle Association, qui a de son côté rapidement dénoncé le rapport comme « une extension de la guerre de l’administration Biden contre les détenteurs d’armes respectueux de la loi ». L’épidémie des morts par armes à feu a donc de bonnes chances de se poursuivre.

Une vingtaine de personnes ont été retrouvées mortes dans l’incendie d’une usine de batteries au lithium située à Hwaseong, au sud de Séoul. Plus de 100 personnes travaillaient dans l’usine lorsque des ouvriers ont entendu une série d’explosions au deuxième étage, où les batteries étaient inspectées et emballées. Environ 35 000 d’entre elles étaient stockées dans l’usine. Cette dernière appartient au fabricant sud-coréen Aricell, spécialisé dans les batteries, dont le pays est un important producteur. La majorité des salariés de cette usine étaient des travailleurs migrants et parmi les victimes on compte dix-huit Chinois et un Laotien. Des ouvriers surexploités, privés de droits la plupart du temps et qui travaillent dans des conditions dangereuses.

La Cour suprême iranienne a annulé la condamnation à mort du rappeur Toomaj Salehi emprisonné depuis plus d’un an et demi pour son soutien au mouvement de protestation de « Femme, vie, liberté » en 2022, en solidarité avec Mahsa Amini, une jeune kurde assassinée par la police des moeurs. Le chanteur de 33 ans avait été condamné à la peine capitale en avril 2024 pour « corruption sur terre », l’un des chefs d’accusation les plus graves régulièrement lancé par les ayatollahs à l’égard des opposants. À travers le monde de nombreux artistes étrangers et des ONG lui avaient apporté leur soutien. Mais il n’est pas tiré d’affaire, car il sera rejugé. Rappelons que neuf personnes ont déjà été exécutées en lien avec ces manifestations.

À l’occasion de la campagne des élections législatives, qui là-bas aussi bat son plein, une étude a révélé que les 52 familles les plus riches du pays ont une fortune équivalente à celle de la moitié la plus pauvre de la population, soit 33 millions de personnes. Leurs fortunes combinées s’élèvent à 795 milliards de livres sterling (plus de 940 milliards d’euros). Au cours des 35 dernières années, la richesse des 200 familles les plus riches est passée de 42 à 711 milliards de livres (841 milliards d’euros), soit une croissance annuelle de 15 % compte tenu de l’inflation. Il n’y avait dans le pays que 11 milliardaires en 1989, ils sont aujourd’hui 165. Ils se multiplient plus vite que les lapins. Et, dans le même temps, le nombre de banques alimentaires a explosé.

Comme on pouvait s’y attendre, l’arrestation et le transfert en Métropole de sept dirigeants indépendantistes à de nouveau mis le feu aux poudres. Deux nouveaux décès ont été enregistrés, plusieurs bâtiments, dont un commissariat, ont été incendiés et les écoles ont été fermées. En outre de nombreuses routes ont été coupées alors que les difficultés d’approvisionnement et d’accès aux hôpitaux restent nombreuses. En incarcérant des leaders kanak à 17 000 kilomètres de chez eux le gouvernement ne pouvait ignorer qu’il déclencherait la colère d’une grande partie de la population. Et c’est ce qui s’est produit. Une attitude méprisante à l’égard du peuple kanak. La Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), en pointe dans la révolte actuelle, a exigé « la libération et le retour immédiat des frères et sœurs pour être jugés sur leur terre » dénonçant aussi les « tactiques coloniales » de la France.

Comme c’est devenu une habitude depuis quelques semaines, Emmanuel Macron s’est adressé une nouvelle fois aux électrices et aux électeurs par le biais d’une lettre publiée par les différents journaux de la presse quotidienne régionale. Pour dire quoi ? Pas grand-chose. Il reconnait cependant que « la manière de gouverner doit changer profondément » à l’issue du vote. Une profonde pensée qui ne lui a demandé que sept ans de réflexion. Et de conclure : « Vous pouvez me faire confiance pour agir jusqu’en mai 2027 comme votre président, protecteur à chaque instant de notre République, de nos valeurs, respectueux du pluralisme et de vos choix, à votre service et à celui de la nation. » Du bla-bla habituel sans grande substance. « Protecteur de nos choix » ? On l’a vu à l’œuvre lorsqu’il a fait passer en force la réforme des retraites à laquelle s’opposait une bonne partie du pays. « À notre service » ? Bien plutôt au service du grand capital qui étrangle chaque jour un peu plus les salariés, les indépendants voire les paysans travailleurs. « Respectueux du pluralisme » ? Alors qu’il fait poursuivre les militants indépendantistes kanak en laissant libre cours aux exactions des milices armées des petits blancs locaux « loyalistes » d’extrême droite. Alors sa prose de café du commerce revue par l’ENA, il peut se la garder pour lui.