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Brèves

L’actualité en bref

La militante iranienne des droits des femmes, Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix 2023 et déjà emprisonnée dans son pays, a été condamnée à un an de prison supplémentaire pour « propagande contre l’État ». Âgée de 52 ans et incarcérée depuis novembre 2021, elle a été maintes fois condamnée et emprisonnée depuis 25 ans pour son engagement contre le voile obligatoire pour les femmes et contre la peine de mort. Elle avait refusé d’assister à l’audience de son nouveau procès après avoir demandé, sans succès, que celui-ci soit ouvert au public. Son avocat, maître Mostafa Nili, a précisé que sa cliente avait été jugée pour ses propos sur Dina Ghalibaf, une journaliste et étudiante iranienne qui avait accusé la police d’agression sexuelle, et sur son appel au boycott des dernières élections législatives. La militante avait diffusé en mars un message audio depuis la prison, dans lequel elle dénonçait une « guerre à grande échelle contre les femmes » dans la République islamique.

Les milliards d’emballages en polystyrène, utilisés notamment chaque année dans l’industrie alimentaire (yaourts, baguettes de viande ou de poisson…), ne sont pas recyclables. C’est pourquoi ils devaient être interdits à partir de 1er janvier 2025 en vertu de la loi « Climat et résilience », votée en 2021, et présentée alors par le gouvernement comme un modèle de législation écologique. Mais une enquête du Monde et de Franceinfo nous apprend qu’il n’en sera rien. Les lobbies de l’agroalimentaire ont enfumé le gouvernement en affirmant qu’ils étaient prêts à mettre sur pied une filière de recyclage chimique. Qui pour l’instant n’existe pas. Les industriels continueront donc à polluer sans être inquiétés. L’environnement attendra encore un peu…

Les résultats des concours de recrutement des professeurs des écoles annoncent, avec quelque 1 600 postes non pourvus, un mois de septembre plus que difficile notamment dans les écoles primaires. Pour le seul concours externe, sur 7 917 postes ouverts, seulement 6 813 ont été pourvus à l’issue des épreuves d’admission – soit un déficit de 1 104 postes. Au total, ce sont sans doute 1 600 postes qui n’auront pas de titulaires. Confirmation de la crise de recrutement dans l’Éducation nationale qui dure depuis des années et dont les différents ministres en charge du dossier se sont lavés les mains. Trois académies sont particulièrement touchées : Créteil (Val-de-Marne) et Versailles (Yvelines) en Métropole et la Guyane outre-Mer. Quant à la promesse de Macron qu’il y ait à la rentrée un professeur devant chaque classe, elle a, comme les autres, fait long feu.

Emmanuel Macron vient d’envoyer à tous les Néo-Calédoniens une lettre aux accents martiaux qui demande « la levée ferme et définitive de tous les barrages » et « la condamnation des violences sans faux-semblants ». Quant à la condamnation ferme et sans faux-semblants de la violence néo-coloniale de l’État français encouragée par Macron, on reste sur sa faim. Mais le peuple kanak, dont nous sommes pleinement solidaires, l’a contestée dans la rue au prix de plusieurs morts, de nombreux blessés et de dizaines d’arrestations.

À partir de sources officielles et du décompte mis à jour régulièrement par un professeur de géographie, Mathieu Lépine, le quotidien L’Humanité a calculé qu’au moins 157 accidents mortels du travail s’étaient produits entre janvier et avril. L’industrie manufacturière et la construction demeurent les plus accidentogènes. Cela représente entre 30 et 50 décès de plus qu’à la même période les années précédentes. En cause notamment les chantiers des Jeux olympiques où les accidents ont été nombreux. Rappelons qu’en 2022, la dernière année pour laquelle on possède des chiffres complets, le nombre de décès au travail, sur le parcours domicile-travail, dans l’agriculture et dus à maladies professionnelles s’établissait à 903. Un chiffre probablement sous-estimé mais qui a bondi sous Macron puisqu’il était de 530 en 2017. Toutes et tous morts pour le Capital.

L’ONG allemande ResQship a indique que son navire-humanitaire Nadir avait secouru, entre les côtes libyennes et l’île italienne de Lampedusa, 51 personnes en perdition sur un bateau en bois rempli d’eau dans lequel se trouvaient les corps de dix autres migrants. Par ailleurs, les garde-côtes italiens ont annoncé avoir récupéré douze personnes sur un voilier à la dérive au large de la Calabre, près de la ligne de partage entre les zones de recherches et de secours italienne et grecque. Un passager est décédé au cours des opérations de sauvetage. Selon l’agence Ansa, une cinquantaine de passagers sont portés disparus. Il faut ajouter à cela que les navires humanitaires sont empêchés de retourner rapidement en mer par les autorités italiennes. Conclusion de ResQship : « L’Europe forteresse tue. » Bien dit.

Benyamin Netanyahou vient d’annoncer la dissolution du cabinet de guerre qui avait été formé au début de l’offensive israélienne contre Gaza. Cette cellule comprenait un petit groupe de ministres, dont celui de la Défense, Yoav Gallant, celui des Affaires stratégiques, Ron Dermer, l’ancien chef d’état-major des forces israéliennes, Gadi Eisenkot, le chef du parti religieux séfarade Shas, Aryeh Deri, mais aussi les centristes Benny Gantz et Gadi Eisenkot. Ces deux derniers ont quitté le cabinet de guerre pour protester contre l’incapacité, selon eux, de Netanyahou à élaborer une stratégie pour l’après-guerre dans la bande de Gaza. Si ces départs affaiblissent politiquement le Premier ministre, ce dernier n’en continue pas moins les opérations militaires de plus belle, conscient que l’arrêt des combats se traduirait sans doute par le risque de voir chuter son gouvernement de moins en moins populaire dans l’opinion. Et cela vaut bien quelques milliers de morts palestiniens supplémentaires…

C’est à Villepinte, en Seine-Saint-Denis, que vient de s’ouvrir l’Eurosatory, le salon mondial de la défense et de la sécurité, qui réunit plus de 2 000 marchands d’armes venant de 62 pays. Il se déroulera jusqu’au 21 juin. Le 31 mai dernier l’organisateur du salon, sur injonction du gouvernement français, avait annoncé l’annulation des 73 stands israéliens. Aussitôt, la Chambre de commerce France-Israël avait cru trouver la parade, et fait savoir que des représentants de l’armée et des entreprises d’Israël conservaient la possibilité d’être hébergés sur le salon par des stands amis d’autres nationalités. Mais, saisi par quatre associations de défense du peuple palestinien (al-Haq, l’Association France-Palestine solidarité, Action sécurité éthique, et Stop Fuelling Wars), le tribunal de Bobigny a étendu le bannissement des entreprises israéliennes à l’ensemble les stands. Une petite victoire morale qui ne doit cependant pas cacher que c’est ce type même de salon des vendeurs de mort qui devrait être purement et simplement interdit.

Serge Klarsfeld et son épouse, Beate, sont connus pour avoir fait de la chasse aux anciens nazis et de la lutte contre l’antisémitisme le but de leur vie. Mais, au fil des ans, ils se sont rapprochés de l’extrême droite, devenue à leurs yeux respectable. Jusqu’à expliquer sur LCI qu’au second tour des élections législatives, ils voteraient pour un candidat du Rassemblement national face à un militant de la France insoumise. Et de poursuivre : « le Rassemblement national a fait sa mue. C’est un parti qui soutient les Juifs, qui soutient Israël. » Et d’élargir son propos en affirmant que les partis d’extrême droite en Europe occidentale et en Europe centrale « ont renié l’antisémitisme et soutiennent les Juifs ». Une myopie politique affligeante. Que cette extrême droite soit profondément raciste contre les migrants et islamophobe ne semble pas déranger les Klarsfeld qui, de plus affichent un soutien sans faille à Netanyahou et à sa politique génocidaire. Triste naufrage !