Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Attal fait campagne pour la macronie en s’attaquant aux chômeurs. À partir du 1er décembre, il faudra avoir travaillé 8 mois sur les 20 derniers pour toucher une allocation, contre 6 mois sur 24 mois précédemment. Il prévoit également de faire baisser la durée maximale d’indemnisation de 18 mois aujourd’hui à 15 mois. Et cette durée d’indemnisation pourrait se voir encore réduite, si le taux de chômage officiel diminue ! Ce durcissement devrait permettre de générer 3,6 milliards d’économies… sur le dos des plus vulnérables, pour mettre à disposition des employeurs une main-d’œuvre captive. Prendre aux plus pauvres pour augmenter les bénéfices des plus riches, voilà qui résume bien le programme du gouvernement. De quoi fédérer toutes les colères.

Après quasiment deux semaines de révolte face à son projet de réforme électorale destinée à diminuer le poids des Kanak dans le corps électoral, Macron est donc allé en Nouvelle-Calédonie… pour en revenir en disant que le gouvernement ne passera pas en force. Une première concession arrachée par la colère et la mobilisation des jeunes notamment.

Mais cela ne suffit pas. Depuis son départ, un Kanak a été tué à nouveau par un policier, portant le nombre de morts à sept. La répression continue, avec le même déploiement de forces militaires, d’hélicoptères et autres drones. L’État colonial français ne sait que répondre par la violence et le mépris à la colère légitime des Kanak et des habitants originaires d’autres îles d’Océanie ou du Vietnam, face à la misère et aux inégalités sociales criantes.

Le gouvernement doit donc retirer son projet mais aussi entériner le fait que le temps des colonies est fini ! En Kanaky, comme ailleurs, c’est aux travailleurs de décider de leur sort.

C’est la troisième fois en dix ans qu’Ascometal est placé en redressement judiciaire. Mais c’est la crise et l’inquiétude pour les travailleurs seulement. Pour les actionnaires principaux de Swiss Steel (propriétaire actuel d’Ascometal), qui sont des milliardaires suisses, tout va bien. Le 24 mai, le seul repreneur potentiel du pôle automobile de l’aciériste, qui comprend notamment les sites lorrains de Hagondange et de Custines et celui de Saint-Étienne, s’est désengagé. Cela représente 627 emplois directement menacés. Ce n’est pas aux travailleurs de subir le Monopoly capitaliste. Il faut imposer l’interdiction des licenciements et prendre sur les profits des actionnaires pour maintenir tous les emplois et les salaires !

La semaine dernière, 30 % des agents du centre de tri d’Amazon de Seynod-Annecy se sont mis en grève. Parmi leurs revendications : une prime de vie chère à hauteur de 100 euros par mois, « pour pallier le coût de la vie à Annecy ». Dans un groupe qui a réalisé plus de 30 milliards de profits en 2023, ça serait bien le minimum ! Les grévistes, à qui la direction demande en permanence de faire des heures supplémentaires, réclament des embauches en CDI (40 000 colis traités en moyenne par jour contre moitié moins il y a dix-huit mois). Ils revendiquent aussi une amélioration de leurs conditions de travail. Bravo à eux !

Depuis le début de l’année, 10 170 migrants sont parvenus à traverser la Manche pour rejoindre le Royaume-Uni, soit une augmentation de plus de 35 % des arrivées depuis les côtes du Nord-Pas-de-Calais par rapport à l’an dernier. Beaucoup viennent d’Afghanistan, d’Iran et de Turquie. Un chiffre qui tombe en pleine campagne pour les législatives anticipées, où les politiciens de tout poil ont mis le thème de l’immigration clandestine au cœur du débat politique. Le leader travailliste, Keir Starmer, a profité de l’occasion pour railler le gouvernement conservateur qui, selon lui, « a perdu le contrôle de nos frontières » et a qualifié de gadget la loi visant à expulser des milliers de demandeurs d’asile vers le Rwanda. Mais il a promis, s’il devient Premier ministre, de déployer des moyens inspirés de la lutte antiterroriste pour lutter « contre les gangs des passeurs ». Sauf que nombre d’exemples dans d’autres pays d’Europe montrent que la pseudo-lutte contre les gangs de passeurs se réduit le plus souvent à empêcher les migrants d’arriver à bon port, sans être trop regardant sur les moyens. Voir l’exemple de Frontex. Et il ne faut pas être grand clerc pour prévoir que c’est ce genre de politique que Starmer mettra en place.

Le procès d’Alain Gardère se poursuit devant la 11e chambre correctionnelle de Paris. Proche de Sarkozy, cet ancien responsable de la police, devenu préfet, est jugé pour seize faits allant de l’abus d’autorité en vue de faire échec à la loi, corruption passive par agent public en passant par des recels d’abus de biens sociaux et des prises illégales d’intérêts. Un exemple parmi d’autres : avec sa compagne il s’était fait payer une semaine de vacances en Corse par les entreprises de sécurité qu’il était chargé de surveiller et de superviser en tant que directeur d’un organisme officiel, le Conseil national des activités privées de sécurité. En fait l’enquête de sept ans, menée par l’Inspection générale de la police nationale, a montré que Gardère, en échange de petits services et de passe-droits, ne payait pas grand-chose de sa poche. Mais ce type de relations troubles entre membres de la haute fonction publique et milieux d’affaires est courant et le plus souvent tout à fait légal. Ce qui est notamment le cas du « pantouflage » qui permet à de hauts fonctionnaires de passer au privé en emportant avec eux leurs carnets d’adresses et leurs réseaux d’influence. Gardère a eu le tort de franchir la ligne jaune sans assurer ses arrières.

La grève appelée par un syndicat de contrôleurs aériens perturbe fortement les vols à l’aéroport parisien d’Orly ce week-end avec jusqu’à 70 % d’annulation. Les aiguilleurs du ciel, qui ont récemment obtenu des hausses de salaire, réclament cette fois l’embauche de davantage de personnel pour éviter une situation de sous-effectifs à l’horizon 2027. Le trafic aérien avait déjà été fortement perturbé le 25 avril dernier sur l’ensemble des aéroports français et par ricochet en Europe, à cause d’une précédente grève. Un accord salarial avait été conclu à la dernière minute avec le principal syndicat du secteur, le SNCTA, mais trop tard pour éviter des milliers d’annulations. Et les mouvements de grève risquent de se poursuivre puisque, parallèlement à cette mobilisation, l’Usac-CGT a déposé un préavis de grève jusqu’au 30 mai pour protester contre l’affaiblissement du « maillage territorial » prévu par la réforme du contrôle aérien. Les contrôleurs défendent tout à la fois leurs salaires, leurs conditions de travail et l’avenir de leur profession. Et ils ont raison de se battre.

Dans une tribune libre publiée dans Mediapart sous le titre : « Leur choix de la smicardisation », Thomas Vacheron, secrétaire confédéral de la CGT, donne ds informations intéressantes sur le smic. Il écrit notamment : « Avec un million de plus en deux ans, ce sont désormais plus de trois millions de travailleurs qui se retrouvent au smic – plus encore avec les agents de la fonction publique. C’est près d’un salarié sur cinq. C’est ce que le gouvernement appelle la « smicardisation », dont une de ses « solutions » pourrait être, par exemple, la remise en cause de l’indexation automatique du smic sur l’inflation. Autrement dit, traiter le problème en effaçant le symptôme, plutôt que de s’attaquer à la cause, l’absence d’augmentation des salaires. » Et de rappeler notamment que près de 60 % des salariés payés au smic sont des femmes et que le dernier « coup de pouce » au smic, c’est-à-dire une augmentation au-delà de son indexation automatique si l’inflation dépasse 2 %, remonte à plus de dix ans, en 2012. Au sein de l’Union européenne, le smic français se classe en sixième position et ne permet pas de vivre décemment. Et de préconiser de le faire passer de 1 766 euros brut mensuels à l’heure actuelle à 2 000 euros. Mais, pour cela, il faudra se battre.

Olivier de Scitivaux de Greische, 64 ans, un ancien prêtre, a été reconnu « coupable de viols et agressions sexuelles aggravées », par la cour d’assises d’Orléans. Il a été condamné à une peine de 17 ans de réclusion, assortie d’une période de sûreté de 10 ans. Avant le jugement il avait déclaré devant la cour : « Je reconnais, puisqu’il faut utiliser les mots, les attouchements, les caresses, les fellations, les pénétrations digitales et péniennes, l’ensemble des faits. » Ses victimes principales étaient trois frères, mineurs au moment des faits qui se sont produits jusqu’au début des années 2 000. Pourtant, les premières alertes avaient été émises auprès du diocèse dès les années 1980, puis des familles ou des animatrices de l’aumônerie en 1998. Sans que sa hiérarchie intervienne. Et, au-delà du fait divers sordide, il faut rappeler que l’Église catholique est depuis des années secouée par des scandales de pédocriminalité dans le monde entier, et régulièrement accusée de fermer les yeux et d’ignorer les victimes. En France, un rapport rendu en octobre 2021 estimait qu’en 70 ans, environ 330 000 personnes avaient été agressées lorsqu’elles étaient mineures au sein de l’Église, par des religieux ou des laïcs. Comme aurait pu le dire Jésus : « Ne laissez pas venir à moi les petits enfants. »