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Brèves

L’actualité en bref

Une enquête sur le vaste scandale de sang contaminé, qui a fait près de 3 000 morts entre les années 1970 et 1990, a directement mis en cause les autorités, les accusant notamment de dissimulation. Pendant une vingtaine d’années, des milliers de personnes souffrant d’hémophilie ou ayant subi des opérations chirurgicales ont été contaminées par le virus de l’hépatite C et le HIV après avoir reçu des transfusions sanguines. « L’ampleur de ce qui s’est produit est horrifiante », affirme dans un rapport qui vient de sortir l’ancien juge Brian Langstaff, désigné en 2018 pour conduire cette vaste enquête publique. Du fait de pénuries de sang, le Service public de santé (NHS) s’était tourné vers des fournisseurs américains qui rémunéraient leurs donneurs, parmi lesquels se trouvaient des prisonniers, des malades et des membres d’autres groupes présentant un risque important d’infection. Et le rapport de conclure : « Cette catastrophe n’était pas un accident. Les contaminations ont eu lieu parce que ceux aux responsabilités – les médecins, les services du sang et les gouvernements successifs – n’ont pas donné la priorité à la sécurité des patients. » Le texte énumère une longue liste de reproches adressés aux autorités. Ainsi, le système de santé n’a informé que tardivement les personnes infectées, parfois des années après, tandis que les autorités n’ont pas retiré les produits sanguins à risque lorsque des craintes sur leur qualité ont été soulevées. Il fallait, par économie, liquider les stocks. Au détriment de la santé, et parfois de la vie, des malades. Ainsi va la logique capitaliste…

Douze pays de l’Union européenne (UE) ont d’ores et déjà construit des murs à leurs frontières pour empêcher le passage des migrants. Ils s’étendent aujourd’hui sur plus de 2 000 kilomètres, soit environ sur 14 % des frontières terrestres de l’Union. Par exemple ils ont été érigés entre la Grèce et la Turquie et entre la Pologne et la Biélorussie aux frais des pays concernés. Mais Les Républicains, Reconquête et le Rassemblement national (RN) réclament des fonds de Bruxelles pour en construire davantage. « Je suis favorable à ce qu’on puisse financer par l’argent de l’Europe des frontières aux portes de l’Union européenne », a notamment déclaré Jordan Bardella, tête de liste du RN. Ailleurs où ils existent, notamment entre les États-Unis et le Mexique, de tels murs ont prouvé qu’ils étaient incapables de freiner l’immigration mais rendaient plus périlleux, et souvent mortel, le franchissement des frontières. C’est une vision d’un monde barbelé et barbare. Il faut se battre pour l’ouverture et l’abolition des frontières et le droit à la libre circulation et installation pour tous et toutes !

Des peines de prison ferme ont été requises contre plusieurs hauts dirigeants du groupe français Bourbon, spécialiste de l’assistance maritime au secteur pétrolier, jugés dans la cité phocéenne pour corruption d’agents publics étrangers dans trois pays africains. Ce fut d’abord en Guinée équatoriale, en février 2011, où, selon le parquet, une somme de 400 000 euros a été versée à un intermédiaire en vue de faire passer un redressement fiscal initial de huit millions d’euros à 44 849 euros. Puis au Cameroun, en novembre 2011, où des inspecteurs du fisc local se sont vus remettre 150 000 euros pour épargner à Bourbon Offshore Surf le paiement d’une ardoise fiscale de 11 millions d’euros. Enfin au Nigeria, en octobre 2012, les versements de 700 000 dollars à deux contrôleurs puis de deux millions de dollars au responsable du Département d’investigation criminelle auraient permis de ramener à 4,1 millions de dollars (US) un redressement fiscal annoncé mi-2012 à hauteur de 227 millions de dollars. Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Car cette corruption généralisée est pratiquée par tous les grands groupes capitalistes, notamment français, qui veulent s’implanter, ou se maintenir, en Afrique.

Emmanuel Macron est parti pour Nouméa pour installer une « mission » de dialogue sur place, après une semaine de violence qui s’est soldée par six morts, des centaines de blessés et des dizaines de commerces et d’entreprises partis en fumée. Après avoir poussé, dès l’été dernier, à l’adoption par les parlementaires d’une réforme du corps électoral destinée à minoriser et marginaliser un peu plus la population kanak, Macron veut reprendre contact avec tous les acteurs locaux. Mais ce n’est que poudre aux yeux. Car, même s’il parvient à calmer provisoirement les choses, la question fondamentale ne sera pas résolue : celle de la reconnaissance du droit du peuple kanak à disposer de lui-même.

Le président Ebrahim Raïssi et son ministre des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, ont trouvé la mort dans un accident d’hélicoptère, près de Djolfa, une ville frontalière avec l’Azerbaïdjan. Si les condoléances officielles et hypocrites vantant ses qualités « d’homme d’État » n’ont pas manqué, il faut se rappeler que cet ayatollah de 63 ans, avant de devenir président de la République islamique en 2021, a fait toute sa carrière dans l’appareil de répression et est, ce titre, directement impliqué dans la mort de milliers d’opposants. Nommé procureur-adjoint de Téhéran en 1985, il participe à la répression et aux exécutions massives d’opposants en 1988. Il continue sa sale besogne comme procureur général, de 2014 à 2016, puis comme chef du système judiciaire de 2019 à 2021. En tant que président, c’est lui qui, en septembre 2022, donne l’ordre aux gardiens de la révolution d’ouvrir le feu sur les manifestants qui étaient descendus en masse dans les rues après l’assassinat en détention de la jeune Kurde Mahsa Amini en participants au mouvement « Femme ! Vie ! Liberté ! ». Pas étonnant qu’à Saqquez, la ville natale de la jeune femme, des feux d’artifice ont été tirés pour fêter la mort de cette belle canaille.

Le Président Joe Biden et le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, ont qualifié de « honteux » les mandats d’arrêts réclamés par le procureur de la Cour pénale internationale, Karim Khan, contre le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et son ministre de la Défense, Yoav Gallant, pour des crimes tels que « le fait d’affamer délibérément des civils », « homicide intentionnel » et « extermination ou meurtre ». Selon Blinken les mandats d’arrêt « pourraient compromettre » les pourparlers sur le cessez-le-feu à Gaza. Mais ni lui, ni Biden, n’ont protesté contre le fait que le même procureur avait également demandé des mandats d’arrêts contre les dirigeants du Hamas, dont son chef, Yahya Sinwar, pour des crimes comme « l’extermination », « le viol et d’autres formes de violence sexuelle » et « la prise d’otages en tant que crime de guerre ». Une façon de minimiser les massacres commis par l’État sioniste.

Pointé du doigt par le journal Le Monde pour son goût pour « les hôtels de luxe et les vols en classe affaire », le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a répliqué en dénonçant une polémique « sans fondement » et une attaque personnelle, sans cependant contester les chiffres du quotidien. Il faut dire que ce monsieur a « accumulé plus de 50 700 euros de frais liés à ses déplacements et repas professionnels pour la seule année 2023 », en raison notamment de choix de transport et d’hébergement onéreux « dans des hôtels quatre ou cinq étoiles » à hauteur de 300 euros la nuit, en moyenne. Cerise sur le gâteau, il a facturé 862 euros une seule nuit d’hôtel lors du Forum économique de Davos en Suisse. On espère au moins qu’à ce prix le matelas était confortable. Mais ne lui jetons pas la pierre. Vivre grassement aux frais de la République (c’est-à-dire du contribuable) est une pratique courante au sein de la haute fonction publique.

Alors que les Jeux olympiques n’ont pas encore débuté, les restrictions de circulation ont commencé dans la capitale, et pas seulement pour les voitures. Car les transports en commun ne sont pas épargnés non plus. Depuis la semaine dernière, la station de métro Concorde est fermée. Les rames de la ligne 12 ne s’arrêtent plus à cette station. Les passagers doivent désormais descendre à la station Assemblée nationale ou Madeleine pour pouvoir trouver des correspondances. Interrogés par des journalistes, ces derniers se sont déclarés surpris, car ils s’attendaient à ce que la fermeture intervienne plus tard. Et bientôt ce sera aux stations Tuileries et Champs Élysées de connaître le même sort. Elles seront suivies par une quinzaine d’autres. Des associations d’usagers ont dénoncé ces fermetures et l’arrêt des correspondances qui pénalisent notamment celles et ceux qui travaillent. Mais de cela les pouvoirs publics s’en moquent.

La Haute Cour britannique a autorisé le journaliste australien Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, à présenter un ultime appel pour stopper son extradition vers les États-Unis où il risque plusieurs dizaines d’années de prison. Washington veut le juger pour avoir divulgué, à partir de 2010, des milliers de documents confidentiels sur la manière dont l’impérialisme américain et ses alliés menaient la guerre en Irak et en Afghanistan. En liberté surveillée, puis réfugié à l’ambassade d’Équateur à Londres entre 2012 et 2019, il est incarcéré depuis 2019 dans une prison britannique. Le Comité pour la libération de Julian Assange organise des rassemblements de soutien aujourd’hui mardi un peu partout en France à 18 heures, notamment à Ajaccio, Brest, Dijon, Metz, Milly-la-Forêt, Montpellier, Mulhouse, Nancy, Paris, Strasbourg, Toulon, Toulouse. À Paris le rendez-vous est fixé à 18 heures place de la République.