Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

La Conférence de Munich sur le sécurité, un forum international consacré aux questions de coopération et de défense auquel participent les principaux pays impérialistes occidentaux, a encore une fois été le révélateur d’affrontements entre nations rivales. Si, l’an dernier, le vice-président américain J.D. Vance, avait tiré à boulets rouges sur ses alliés européens, cette année son secrétaire d’État, Marco Rubio, s’est voulu plus diplomate en préconisant une alliance forte Europe-États-Unis tout en appelant les pays européens… à soutenir la vision de Donald Trump de l’ordre mondial. Mais l’Europe – très divisée par les rivalités inter-capitalistes qui la traversent – ne pèse pas bien lourd sur la scène internationale. Et toutes les gesticulations de Macron n’y changeront rien. 

Le Dieselgate est un scandale impliquant Volkswagen qui a utilisé, entre 2009 et 2015, des dispositifs de contournement pour fausser les tests d’émissions polluantes, révélant des niveaux de pollution bien supérieurs en conditions réelles. Pour cette fraude le constructeur allemand vient d’être renvoyé devant un tribunal « pour tromperie, par personne morale, sur une marchandise entraînant un danger pour la santé de l’homme et de l’animal ». D’autres renvois sont dans les tuyaux notamment ceux des constructeurs automobiles Peugeot-Citroën, Renault et Fiat Chrysler. Tout ce petit monde trouvait plus rentable de truquer les tests plutôt que d’équiper leurs véhicules de système anti-pollution efficaces. Il n’y a pas de petit profit….

Le ministère de la Santé a annoncé le décès d’un nourrisson ayant consommé du lait infantile contaminé par la toxine céréulide. Le troisième. Dans le même temps trois nouvelles plaintes ont été déposées par l’Association pour la santé des enfants auprès des parquets de Paris, Bordeaux et Arcachon. De son côté le parquet de Paris a ouvert cinq enquêtes concernant notamment les laits infantiles distribués par Nestlé, Lactalis, Danone et Babylio. Outre les trois décès une quinzaine d’hospitalisations de nouveaux-nés ont été signalées. Et ce scandale montre encore une fois que les grands groupes de l’agro-industrie font passer leurs profits avant la santé publique.

Depuis des mois la maire (divers droite) de cette commune de la Région parisienne poursuit de sa vindicte une famille de gens du voyage installée sur place. En septembre dernier, elle avait fait installé des plots de béton et des barrières autour d’une parcelle appartenant à cette famille, en bloquant. À deux reprises le tribunal de Cergy-Pontoise a condamnée la commune qui s’est vue infliger une amende de 20 000 euro et a du retirer les obstacles. Mais la mairie continue d’harceler la famille en engageant de nouvelles actions judiciaires contre elle. Quand à la première édile de la ville, elle se défend de tout racisme et justifie son action uniquement pour faire respecter le Plan Local d’Urbanisme et préserver le cadre de vie local. Il n’y a plus qu’à la croire sur parole…

À l’occasion des vingt ans de l’assassinat d’Ilan Halimi, un arbre a été planté dans les jardins de l’Élysée à sa mémoire. Rappelons que ce jeune juif de 23 ans avait été enlevé puis torturé et assassiné par une bande de voyous antisémites, surnommée « le Gang des barbares », qui espérait obtenir une rançon. Dans son discours Emmanuel Macron a affirmé qu’en vingt ans  « la barbarie antisémite n’a pas reculé, au contraire, elle n’a cessé de se régénérer », et que la mobilisation devait « redoubler ». Dans la foulée il a proposé une « peine d’inéligibilité obligatoire » pour les élus coupables « d’actes et propos antisémites, racistes et discriminatoires », les politiques devant être « des sentinelles de la République ». Fortes paroles. Mais, dans le détail, s’il a décortiqué les différentes formes d’antisémitisme (en y assimilant l’anti-sionisme, ce qui est à la fois malhonnête et scandaleux), par contre il ne s’est pratiquement pas étendu sur le racisme anti-musulman, anti-arabe, anti-noir et anti-migrants. Et pour cause. Ce racisme (qu’il prenne la forme de lutte contre l’islamisme et le communautarisme, de pseudo-défense de la laïcité ou de dénonciation de la submersion migratoire, voire du grand remplacement) est défendu ouvertement non seulement par l’extrême droite mais aussi par nombre de députés et de sénateurs qui soutiennent Macron. Voire par certains de ses ministres, notamment ceux qui ont été ou sont en poste à l’Intérieur et à la Justice. Et il n’y a aucune chance qu’il sévisse contre eux. Son anti-racisme est donc fortement sélectif.

L’Observatoire des libertés associatives a publié un rapport sur les pressions visant à exiger des associations qu’elles renoncent à tout engagement politique. Ces sanctions et ces rappels à l’ordre se multiplient via notamment le Contrat d’engagement républicain et le Fonds de développement de la vie associative. Elles se traduisent notamment pour certaines d’entre elles par des sanctions financières, comme la baisse ou la suppression de subventions. Sont particulièrement visées les associations de soutien aux personnes exilées actives aux frontières franco‑britannique, franco‑italienne et franco‑espagnole ainsi que les associations musulmanes pour lesquelles « la lutte contre l’islamisme » et la prétendue « défense de la laïcité » se traduisent en entraves politiques et financières. Bref le monde associatif est supposé rester muet et s’interdire toute critique face aux tares de la société capitaliste dont ses membres sont témoins et souvent victimes.

La chanson « Les Mains D’Or », de Bernard Lavilliers, date de 2001. Elle décrit une vallée industrielle abandonnée, symbolisée par des cheminées muettes, des portails verrouillés et des wagons immobiles, évoquant la nostalgie et la désillusion des ouvriers exploités et réduits au chômage. Elle avait été étudiée en classe par des écoliers qui avaient décidé de la chanter lors d’un concert solidaire organisée le mois prochain dans la commune en soutien aux salariés de l’aciérie locale Erasteel, menacée de fermeture. Au nom de la « défense de la laïcité » l’inspectrice de l’Éducation nationale de Montluçon a jugé que cette initiative constituait un «  prosélytisme  » et une «  atteinte à la neutralité  » de l’école. Une décision qui a provoqué un tollé qui a dépassé largement les limites de la commune. Bernard Lavilliers a d’ailleurs fait savoir qu’il se rendrait sur place pour soutenir les écoliers. Devant les proportions que prenait l’affaire, le rectorat de Clermont‑Ferrand a jugé bon de faire machine arrière et de lever l’interdiction en confirmant qu’il n’y avait pas d’objection à chanter la chanson si elle s’inscrivait « dans un projet pédagogique » validé par les enseignants. Un nouvel exemple qui montre qu’aujourd’hui « la défense de la laïcité » peut servir à justifier n’importe quelle décision rétrograde. 

L’Inde a donné son feu vert à l’achat de 114 avions de chasse Rafale auprès de Dassault Aviation pour un montant total de 33 milliards d’euros. Il s’agit de la plus grosse commande d’export jamais réalisée pour le Rafale. Et si, comme d’habitude, Macron bombe le torse, cette commande va sans doute aussi faire plaisir à Jean-Luc Mélenchon. En effet le leader de la France insoumise avait visité le mois dernier l’usine de Cergy (Val d’Oise) où sont assemblés les fuselages du Rafale et du Falcon. Accompagné du PDG du groupe, Éric Trappier, il avait échangé sur la performance et la qualité de la production française. Il avait aussi tenu à se vanter de son amitié avec feu Serge Dassault et s’était déclaré « fan du Rafale ». Et, pour une fois, il a été entendu jusqu’en Inde.

La Haute Cour de Justice a décidé que l’interdiction du groupe pro-palestinien Palestine Action en 2025 était « disproportionnée ». La juge Victoria Sharp a estimé  que cette interdiction « s’est traduite par une atteinte très substantielle aux droits à la liberté d’expression et de réunion ». Le ministère de l’Intérieur a immédiatement annoncé son intention de faire appel. L’interdiction du mouvement, classé « terroriste » en juillet dernier par le gouvernement travailliste de Keir Starmer, reste cependant en vigueur pour l’instant. Cependant cette décision de justice représente une petite victoire pour celles et ceux qui se battent contre la criminalisation de tout soutien à la Palestine et laisse espérer la libération rapide des militant-es emprisonné-es depuis des mois. Au total, plus de 2 700 personnes ont été arrêtées depuis juillet et plusieurs centaines inculpées.