Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le Premier ministre vient d’annoncer une nouvelle réforme de l’assurance chômage. Il envisage de réduire la durée d’indemnisation des chômeurs, en précisant « sans aller en dessous de 12 mois ». Cette durée avait déjà été réduite de deux ans à 18 mois. Attal prévoit aussi une plus grande dégressivité des allocations. Le prétexte est toujours le même : inciter les chômeurs à reprendre un emploi. Comme si l’immense majorité des chômeurs étaient inactifs par choix voire par plaisir. Le chômage est un phénomène lié au fonctionnement du système capitaliste, à ses crises, ses restructurations. Il n’a rien à voir avec la volonté des chômeurs. Mais Attal, au-delà d’économies dérisoires par rapport aux vrais gaspillages de l’État et aux profits des grandes entreprises, cherche à faire de la démagogie vis-à-vis des bourgeois petits et grands, voire de certains travailleurs, qui considèrent les chômeurs comme des fainéants. Et du même coup à diviser les classes populaires pour mieux les exploiter.

Le ministre des Armées, Lecornu, vient de déclarer qu’il n’écartait pas la possibilité de réquisitionner des entreprises, des techniciens et du matériel pour être en mesure de fabriquer davantage d’armes destinées à l’Ukraine. Plusieurs entreprises d’armement ont déjà augmenté leur production, mais ça ne suffit pas à Lecornu. En revanche, Lecornu et ses amis n’auraient pas l’idée de réquisitionner les logements vides pour y installer les mal logés et les SDF, pas davantage que de réquisitionner les profits des multinationales et des grandes entreprises pour améliorer le fonctionnement des hôpitaux et des écoles et embaucher du personnel. Ou encore pour augmenter les retraites. La guerre passe avant les conditions de vie de la population.

Dans un rapport intitulé Anatomie d’un génocide, la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese, affirme qu’Israël a commis plusieurs « actes de génocide » dans la bande de Gaza. La diplomate n’a pas été autorisée à se rendre dans l’enclave palestinienne par les autorités sionistes et son rapport a été élaboré à partir des données provenant d’organisations présentes à Gaza et d’entretiens avec des experts et des civils. Parmi les actes génocidaires qu’elle liste, on trouve le nombre important de victimes, morts du fait des armes mais aussi de la famine et l’usage par Israël de « plus de 25 000 tonnes d’explosifs [équivalant à deux bombes nucléaires] sur d’innombrables bâtiments » dans des zones « densément peuplées ». Elle accuse enfin les forces israéliennes d’avoir « détenu des milliers de Palestiniens, principalement des hommes et de jeunes garçons ». « Beaucoup d’entre eux ont été gravement maltraités, y compris par la torture, parfois entraînant la mort ou des incapacités à long terme. » Le tout entrant dans la définition du génocide qui caractérise toute action commise en vue d’éliminer totalement ou partiellement un groupe ethnique, racial, culturel ou religieux. La représentation israélienne auprès des Nations unies à Genève a « totalement rejeté le rapport » de Francesca Albanese, l’accusant en outre d’être… « antisémite ». Une grosse ficelle, mais qui sert toujours autant.

Selon des chiffres publiés par le ministère britannique de l’Intérieur, 4 644 personnes, toutes nationalités confondues, ont effectué la périlleuse traversée de la Manche au premier trimestre 2024, soit une augmentation de 23 % par rapport à la même période l’année dernière (3 700). Rien que mardi dernier, 338 personnes ont gagné les côtes anglaises, le plus souvent sur des canots pneumatiques chargés de dizaines de passagers. Depuis le début de l’année, au moins sept migrants, dont une fillette de sept ans et un adolescent de quatorze ans, sont morts en mer et sur un canal en tentant de rejoindre l’Angleterre. « Il y a une prise de risque de plus en plus grande » et « l’année qui vient n’augure rien de bon », avait averti début mars l’association d’aide aux migrants Utopia 56, selon laquelle le rythme de décès depuis le début de l’année atteint un niveau inédit depuis trois ans. Raison de plus pour demander l’ouverture des frontières et le droit pour les migrants de voyager et de s’installer librement.

Un homme de 31 ans, opposé au chantier de la future autoroute A 69 Toulouse-Castres, a été condamné à six mois de prison ferme. Il était accusé d’avoir lancé une pierre sur un gendarme lors d’affrontements avec les forces de l’ordre fin février à Saïx. Il était jugé par le tribunal de Castres pour violence sans incapacité, aggravée par la menace d’une arme (la pierre) et la dissimulation de son visage. Il avait agi en marge d’une tentative de ravitaillement des militants (surnommés « les écureuils ») qui campaient dans des arbres pour empêcher leur abattage prévu pour la construction de l’ouvrage. Quant aux gendarmes qui ont tabassé les manifestants et essayé d’enfumer les écureuils à coups de gaz lacrymogène et de filins pour les faire tomber ils n’ont toujours pas été inquiétés.

La Korrika est une course-relais pour la défense de la langue basque qui a lieu tous les deux ans, dure une dizaine de jours et parcourt 2 700 kilomètres dans les sept provinces basques de France et d’Espagne. À cette occasion, plusieurs associations et organisations locales ont tenu une conférence de presse pour expliquer comment elles étaient parvenues à faire passer la frontière franco-espagnole à 36 migrants clandestins en les intégrant au cortège des coureurs. Les migrants sont passés d’Irun, en Espagne, à Hendaye, en France, par le pont international Saint-Jacques avant d’être mis à l’abri à Bayonne. Un geste parfaitement assumé lors d’une conférence de presse au cours de laquelle les intervenants ont demandé encore une fois « l’ouverture définitive des frontières et notamment de tous les ponts sur la Bidassoa afin de garantir une libre circulation pour tous ».

L’émission Complément d’enquête s’est intéressée aux rémunérations des dirigeants du comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Les journalistes du magazine ont mis la main sur plusieurs documents qui montrent que ces Jeux olympiques sont, pour certains dirigeants du comité d’organisation, particulièrement rémunérateurs. Dans un tableau récapitulant notamment la grille salariale du comité d’organisation, basé sur un document de la Cour des comptes, on découvre ainsi que 13 directeurs sont rétribués à hauteur de 153 000 euros brut annuels, que huit directeurs exécutifs sont payés plus de 200 000 euros, et que le salaire du directeur général est de 260 000 euros par an. Toujours selon la Cour des comptes, le coût total des cinq rémunérations les plus élevées s’élève à 2,2 millions d’euros par an, parts variables et primes de « fidélité » comprises. Un engagement en faveur de « l’olympisme » qui peut rapporter gros.

18 Gazaouis sont morts, dont 12 par noyade, en tentant de récupérer de l’aide humanitaire parachutée par certains pays dont les États-Unis, la France, la Jordanie et l’Égypte. Une partie des parachutages tombent en mer alors que d’autres, dont le parachute ne s’ouvre pas, écrasent et tuent les personnes qui tentent au sol de les récupérer. En outre, au cours des dernières 24 heures, six autres personnes sont mortes dans des bousculades liées à l’arrivée d’aides par les airs. Des victimes qui pourraient être évitées si Israël laissait les secours destinés à la population civile arriver librement par la route. Mais affamer la population est, à l’évidence, un des buts que s’assignent les dirigeants israéliens et leur armée.

La Haute Cour de Londres a donné au fondateur de WikiLeaks, le journaliste australien Julian Assange, trois semaines supplémentaires pour contester son extradition vers les États-Unis, où il encourt 175 ans de prison pour avoir fait fuiter, en octobre 2010, plus de 700 000 documents confidentiels témoignant de crimes de guerre commis par Washington dans divers pays, notamment en Irak. Il est détenu depuis cinq ans dans la prison de haute sécurité de Belmarsh, à Londres. Il s’agit de l’ultime voie judiciaire nationale encore ouverte à Assange, 52 ans, dont l’état de santé est préoccupant, pour éviter cette extradition à laquelle s’opposent ses soutiens à travers le monde au nom de la liberté de la presse. Cependant, pour Assange, ce n’est qu’un répit de quelques semaines à l’issue duquel une extradition est toujours possible. Si cela se produit il pourra encore formuler un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme.