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Brèves

L’actualité en bref

À l’appel du collectif Le revers de la médaille, qui regroupe 80 associations et ONG d’aide aux sans-abris et aux précaires, plusieurs statues de la capitale à Montmartre, aux Tuileries et devant le musée d’Orsay, ont été « décorées » de pancartes et de slogans protestant contre le « nettoyage social » des plus pauvres des rues de la ville avant les Jeux olympiques de l’été prochain. Antoine de Clerck, le coordinateur du collectif a déclaré à ce propos : « Pour nous, le nettoyage social, c’est toutes les opérations d’évacuation des sans-abris qui ont lieu en ce moment » et de poursuivre : « Ces évacuations se font parfois sans aucune solution de relogement et d’hébergement. » C’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé il y a quelques jours lors du démontage d’un campement de mineurs non accompagnés sous un tunnel du 12e arrondissement. Les membres du collectif se sont ensuite rassemblés devant le Sénat pour jeter des bouées représentant les anneaux olympiques dans le bassin du jardin du Luxembourg sur lesquelles était écrit : « les mots et les maux des JO ». « Expulsion », « Harcèlement », « Pénalisation »… Le collectif demande entre autres l’ouverture d’un lieu de premier accueil pendant les JO, une « base humanitaire » pour les personnes à la rue et les associations qui les accompagnent.

Pour le gouvernement, la guerre aux migrants passe par tous les moyens. Une enquête du journal Le Monde, parue le 23 mars, met en lumière la pratique de plus en plus répandue des « interceptions en mer » par la police dans la Manche. C’est une pratique pourtant officiellement interdite car mettant grandement en péril la vie des migrants embarqués : un pas de plus dans l’inhumanité !

Le service spécialisé dans l’accueil des mineurs transgenres de la clinique publique Tavistock à Londres, qui leur prescrit notamment des bloqueurs d’hormones nécessaires à leur transition, fermera à la fin du mois de mars. L’accès des jeunes trans à un traitement sera de fait réduit. Le gouvernement conservateur s’en réjouit, prétendant protéger ces jeunes qui, sans suivi ni traitement, sont plus souvent sujets à la dépression et aux gestes désespérés. Des « protections » comme celle-là, on s’en passe sans problème !

Le 24 mars 1976, en Argentine, un coup d’État militaire instaurait une dictature marquée par le terrorisme d’État, avec 30 000 morts et « disparus », en particulier parmi les militants ouvriers et l’extrême gauche, et l’appropriation d’au moins 500 enfants par des soutiens de la dictature. À quelques jours de la date anniversaire, une militante de l’association HIJOS (acronyme de Fils et filles – de disparus – pour l’identité et la justice et contre l’oubli et le silence) a été violemment agressée physiquement et sexuellement chez elle, par deux individus se vantant « d’être payés pour ça » et qui ont revendiqué leur crime en signant sur un mur : VVLC, pour « Viva la libertad, carajo », slogan de campagne de l’actuel président d’extrême droite, Javier Milei. Si chaque année, des milliers de manifestants continuent d’exiger la vérité et la justice pour les victimes de la dictature, les mobilisations de ce 24 mars sont teintées d’une colère particulière contre les nostalgiques de la terreur actuellement au pouvoir, qui attaquent les travailleurs et la jeunesse sur tous les fronts et prétendent renforcer l’appareil répressif.

Dimanche 24 mars, Macron a téléphoné au Premier ministre israélien Netanyahou pour l’engager à ne pas expulser les Gazaouis de leur territoire, considérant que ce serait un « crime de guerre ». Des crimes de guerre, cela fait plus de cinq mois que l’armée israélienne en commet tous les jours. Si Macron voulait les empêcher, il emploierait bien d’autres moyens d’action que cette vague protestation pour la galerie.

Le bilan de l’attentat qui a frappé un théâtre à Moscou s’élève désormais à 133 morts et des dizaines de blessés. L’organisation État islamique aurait revendiqué cette opération. Il faut évidemment se méfier de telles revendications, mais celle-ci est plausible dans la mesure où l’État russe a réprimé dans le sang à plusieurs reprises les populations à majorité musulmane d’États du Caucase, à commencer par les Tchétchènes, mais aussi les Kazakhs, les Tadjiks et d’autres, sans oublier son soutien au régime de Bachar el-Assad en Syrie. On a également évoqué une branche dissidente des talibans d’Afghanistan qui ont eux aussi des comptes à régler avec l’État russe. De son côté, Poutine a cherché à instrumentaliser ce crime en accusant des Ukrainiens, tandis que la propagande ukrainienne a insinué que Poutine lui-même aurait pu monter une provocation. Dans ce genre d’affaire, aucun coup tordu n’est à écarter.

Mais une chose est certaine : ces actes terroristes, qu’ils se produisent à Moscou, Paris, New York ou ailleurs sont les retombées des innombrables guerres qui ensanglantent le monde. Tant qu’il n’y sera pas mis fin, même les habitants des zones éloignées des champs de bataille ne seront pas à l’abri.

Guillaume Faury, le président exécutif d’Airbus, numéro un mondial de l’aviation civile mais aussi acteur important en Europe du spatial et de la défense, vient d’accorder une interview au Monde. Il estime qu’« il est redevenu légitime de financer le secteur de la défense ». Il aurait dû dire « de financer plus le secteur de la défense » car, depuis des décennies, une grande partie de la richesse nationale est absorbée par les budgets militaires. Et d’ajouter : « La défense retrouve la place qu’elle aurait dû garder pour offrir des garanties de souveraineté, d’indépendance et de prospérité. » Il critique cependant le fait que près de 80 % des commandes militaires de l’Union européenne sont passées hors de l’Europe, dont plus de la moitié aux États-Unis. Or, selon lui, il faut produire des engins de morts européens et surtout français. Cocorico. Il a d’ailleurs déjà été entendu puisque la France est désormais le deuxième exportateur mondial d’armement derrière les États-Unis mais devant la Russie.

Le Quai d’Orsay a annoncé que des poursuites judiciaires pourront être entreprises contre certains des 4 000 soldats franco-israéliens qui ont perpétré des crimes dans la bande de Gaza. Sur les réseaux sociaux, plusieurs vidéos montrent des ressortissants binationaux commettre des actes susceptibles d’êtres qualifiés de crimes de guerre. Sur l’une d’entre elle un soldat filme avec son smartphone un prisonnier palestinien à moitié nu et ligoté, alors qu’il vient d’être éjecté d’un pick-up. « T’as vu son dos. Ils l’ont torturé. Il s’est pissé dessus. Fils de pute. Fils de putain… », commente dans un français parfait celui qui tient la caméra. Dans une autre on voit un soldat qui chante La Marseillaise tout en se vantant des massacres qu’il s’apprête à commettre dans l’enclave palestinienne… À ce propos, Christophe Lemoine, le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères, a affirmé : « Je voudrais apporter un éclaircissement sur le sujet des soldats franco-israéliens engagés dans l’armée israélienne et à ce sujet je voudrais notamment rappeler que la justice française est compétente pour reconnaître des crimes commis par des ressortissants français à l’étranger, y compris dans le cadre du conflit en cours. » Fort bien. Mais il faudra d’abord que les soldats repérés soient identifiés en sachant qu’Israël n’extrade jamais ses ressortissants. Et si ces derniers reviennent en France ils pourront toujours se réfugier dans l’État sioniste au cours de l’instruction. Et, bien entendu, toute action contre eux sera qualifiée d’« antisémite » par les soutiens de Netanyahou. Bref ces criminels de guerre ne sont pas près d’être jugés.

Deux militants kurdes de nationalité turque, Firaz Korkmaz, 24 ans, et Mehmet Kopal, 37 ans, sont actuellement détenus au centre de rétention de Metz-Queuleu. Ils sont sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français. S’ils sont renvoyés en Turquie, ils risquent de passer de longues années en prison pour avoir défendu la cause kurde notamment au sein du Parti démocratique du peuple, une formation politique légale mais fermement opposée à Erdoğan et qui soutient les droits des Kurdes. À l’appel d’une vingtaine d’associations, de syndicats et de groupes politiques, une manifestation a eu lieu devant la préfecture de Metz pour exiger leur libération immédiate.