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Brèves

L’actualité en bref

Alors que l’attaque contre le Liban dure maintenant depuis une semaine, l’armée israélienne a donné l’ordre d’évacuer la banlieue sud de la capitale libanaise après l’avoir pilonnée. Dans le même temps elle a envahi le sud du pays contraignant des dizaines de milliers d’habitants à s’enfuir vers le nord alors que le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, promet au pays du Cèdre le même sort que Gaza. C’est le moment qu’a choisi Macron pour déclarer qu’il allait tout faire pour empêcher le pays d’être entraîné dans la guerre. Sauf… qu’il y est déjà avec un bilan qui s’élève pour l’instant à au moins 72 tués, 437 blessés et 300 000 déplacés. Mais de là à qualifier d’agression l’attaque israélienne il y a un grand pas que Macron n’est pas pressé de franchir de peur de se mettre à dos l’État sioniste et son grand allié trumpiste.

Au premier jour de la guerre, le 28 février, l’Iran avait dénoncé le bombardement israélo-américain contre une école de filles dans la ville de Minab qui avait fait au moins 165 morts, dont des dizaines d’élèves. Tant Washington que Tel-Aviv avaient nié toute implication dans l’attaque, sous-entendant même qu’il s’agissait d’une opération de propagande du régime des mollahs, voire d’un missile iranien défaillant. Or une enquête du New York Times souligne la responsabilité américaine dans ce drame. Se basant sur des images satellites et des vidéos vérifiées, le quotidien new-yorkais estime dans son enquête qu’un « ensemble de preuves » pointe vers l’US Air Force. La frappe de précision qui a touché l’école a eu lieu au même moment que les attaques américaines contre une base navale adjacente du Corps des Gardiens de la révolution islamique. Un crime de plus à mettre au palmarès de l’impérialisme américain et de son allié israélien.

La cour d’appel de Versailles a estimé que « l’intention homicide » du policier qui a tiré et tué Nahel Merzouk à Nanterre en juin 2023 n’est pas établie et a donc ordonné qu’il soit jugé devant la cour criminelle pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Une décision qui va à l’encontre de l’avis des juges d’instruction, du parquet général et des parties civiles qui parlaient de « meurtre ». Nahel avait été tué à bout portant alors qu’il essayait de se soustraire à un contrôle routier. La mort de l’homme de 17 ans avait été filmée et la vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux. Des marches en son hommage et pour dénoncer les violences policières avaient été organisées dans tout le pays, qui avait aussi connu plusieurs nuits d’émeutes. La décision de la cour d’appel est un nouvel exemple du laxisme de la justice à l’égard des flics violents, voire meurtriers.

Le garde des sceaux, Gérald Darmanin, dans une note que s’est procurée l’Humanité envoyée fin février à tous les procureurs et présidents de tribunaux du pays, leur demande à l’avenir de tenir « en une journée » les audiences des cours criminelles départementales qui jugent 90 % des viols. Il leur suggère de limiter au maximum la citation à la barre de témoins et d’experts. Ce serait, parait-il, un moyen d’accélérer les délais de justice et de résorber les montagnes de dossiers accumulés à cause du manque de moyens qui, depuis des décennies, frappe l’institution. « Il n’est pas possible de juger correctement des affaires de viol en une seule journée », ont tenu à réagir les avocates Isabelle Steyer et Violaine De Filippis-Abate, coprésidentes de l’association Action juridique femmes. Mais Darmanin s’en moque. Pour lui il s’agit de désengorger les tribunaux et de faire du chiffre. Quant à la justice, elle peut aller se rhabiller.

Encore un petit pas de Macron dans l’alignement de sa politique moyen-orientale sur celle de Trump dans la sale guerre menée contre l’Iran. Un porte-parole de l’état-major français a déclaré à l’Agence France-Presse : « Dans le cadre de nos relations avec les États-Unis, la présence de leurs aéronefs a été autorisée de manière temporaire sur nos bases » et d’ajouter : « Ces aéronefs contribuent à la protection de nos partenaires dans le Golfe ». C’est pourquoi des avions ravitailleurs de l’US Air Force utilisent désormais la base militaire d’Istres, dans les Bouches-du-Rhône. Et la ministre des Armées, Catherine Vautrin, n’hésite pas pour justifier tout cela à reprendre l’argument de Trump et de Netanyahou qui bombardent l’Iran sans répit sous prétexte de « se protéger », eux et leurs alliés. Une affirmation à laquelle plus personne ne croit, mais que l’Élysée nous ressert sans vergogne.

Kevin Gernier, un membre de Transparency international, une ONG spécialisée dans la lutte contre les fraudes et les malversations de toutes sortes, vient d’ouvrir un site baptisé « WikiDati » qui répertorie dans le détail les douze affaires judiciaires dans lesquelles apparait le nom de Rachida Dati, l’ancienne ministre de la Culture, qui brigue la mairie de Paris. On trouve pêle-mêle, les soupçons de corruption qui pèsent sur elle dans les affaires Carlos Ghosn, GDF Suez, ou Orange, sans oublier la dissimulation de ses bijoux à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. En supplément, WikiDati établit aussi la liste des « procédures baillons » engagées par Dati pour « faire taire toute évocation de ses affaires ». Selon l’auteur, il s’agit, avant le premier tour des élections municipales, de permettre aux électeurs de « mieux comprendre la gravité et l’étendue » des affaires dans lesquelles elle est citée. Cette dernière s’offusque et clame son innocence. Ce qu’elle risque d’avoir un peu de mal à prouver devant les tribunaux.

Plusieurs plateformes en ligne, notamment Vinted et eBay, ont mis en vente des vêtements associés au criminel américain Epstein, accusé d’avoir orchestré un vaste système d’exploitation sexuelle de mineures avant sa mort en prison en 2019. Parmi eux, des sweats bleu marine à col camionneur brodés des initiales « JEE », pour Jeffrey Edward Epstein. Un vêtement qui reproduit celui que portait le milliardaire sur certaines photos diffusées par le ministère de la Justice américain. Pour Mouv’Enfants, un collectif engagé dans la lutte contre la pédocriminalité, cette commercialisation est inacceptable. Il rappelle que « Jeffrey Epstein n’est pas une référence culturelle, c’est un pédocriminel responsable d’un système organisé de violences sexuelles sur des adolescentes ». Une indignation tout à fait justifiée. Mais en système capitaliste tout s’achète et tout se vend. Y compris la décence et la morale.

La Fondation des femmes vient de publier son deuxième baromètre annuel. Il montre qu’en 2026, la population s’inquiète sur le devenir des droits des femmes. « En un an, le sentiment de menace est en hausse de 22 % par rapport à l’an dernier », alerte Anne-Cécile Mailfert, la présidente de l’association. Elles et ils sont 32 % au total à ressentir une situation dégradée. Pour un quart, les droits des femmes sont aujourd’hui remis en cause, 31 % sont préoccupés par l’influence des discours masculinistes sur les réseaux sociaux et 44 % affirment que les mouvements conservateurs et d’extrême droite sont incompatibles avec les droits des femmes. En outre domine le sentiment que l’on ne peut pas compter sur les pouvoirs publics dans ce domaine. 43 % des sondés n’ont pas confiance dans la police (soit une augmentation de 9 % en un an), 51 % se méfient de la justice et 64 % critiquent le gouvernement en matière de violences faites aux femmes. Mais un élément encourageant cependant : 66 % des femmes et des hommes interrogés reconnaissent la valeur positive du féminisme et des luttes qu’il impulse.

Le groupe Thales est un acteur majeur de la haute technologie, spécialisé dans les domaines de la défense, de l’aéronautique, du spatial, de la sécurité et des transports. Tiré par les commandes d’armement, son chiffre d’affaires a fait un bond de 7,6 % l’an dernier avec un niveau record de commandes de l’ordre de 25,3 milliards d’euros. Quant à son bénéfice, il s’est monté à 2,7 milliards d’euros, en progression de 14 % sur 2024. Pour 2026, le groupe prévoit de faire encore mieux avec une croissance de son chiffre d’affaires de 6 % à 7 % et de ses bénéfices de 12,6 % à 12,8 %. Tout roule pour les marchands de mort qui mènent la planète droit dans le mur.