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Brèves

L’actualité en bref

Une Malienne de 38 ans, sans papiers, en situation irrégulière et déboutée du droit d’asile, a été employée pendant trois ans par une famille pour s’occuper d’un vieillard de 90 ans. Elle n’avait aucun horaire fixe et devait être disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Selon l’inspectrice du travail elle travaillait 70 heures par semaine pour un salaire de misère. Sur les trois ans elle a touché 40 000 euros au lieu des 130 000 euros qui lui étaient dus. Son employeur, pour la tenir, lui faisait miroiter l’octroi de fiches de paie pour régulariser sa situation, fiches de paie qu’elle n’a jamais obtenues. Les syndicats CGT, Solidaires, LAB (basque) et CFDT se sont portés partie civile. Le ministère public a requis deux ans de prison avec sursis pour l’employeur voyou et une amende de 10 000 euros.

La loi dite abusivement « de simplification de la vie économique », qui vient d’être entérinée par le Parlement avec le soutien du gouvernement, supprime dans les villes les « zones à faible émission », destinées à lutter contre la pollution atmosphérique, mais fait aussi la peau au dispositif de « zéro artificialisation nette » qui visait à lutter contre la bétonisation des sols à outrance en préservant les espaces verts et les terres agricoles. Auparavant Macron avait facilité la réintroduction de l’usage des pesticides en agriculture et simplifié les parcours juridiques d’infrastructures controversées comme le projet d’autoroute A69 entre Castres et Toulouse. Le 16 avril 2022, lors du meeting d’entre‑deux tours à Marseille, il avait solennellement déclaré : « Ce quinquennat sera écologique ou ne sera pas. » Et depuis, dans le domaine de l’écologie, on n’a pas vu grand-chose. Ou plutôt il a, dans un premier temps, fait adopter quelques mesurettes qu’il a ensuite… soigneusement détricotées sous la pression des patrons, de la droite et de l’extrême droite. Pour la nature et l’environnement, sans doute le pire quinquennat de la Cinquième République.

Dans le 9e arrondissement, un immeuble, qui abritait auparavant une résidence sociale destinée à l’accueil de personnes en situation de précarité, avait été entièrement transformé fin 2023 en onze meublés de tourisme, loués via la plateforme Airbnb, sans respecter la règlementation en vigueur, c’est-à-dire l’obtention préalable d’une autorisation. Une pratique considérée comme une fraude et comme un détournement d’usage de logements. La société civile immobilière propriétaire de l’immeuble a été condamnée à une amende record de 585 000 euros. Une affaire qui souligne qu’un nombre grandissant de propriétaires – notamment dans les quartiers résidentiels ou les villes touristiques – expulsent de plus en plus souvent leurs locataires, au mépris de la législation, pour transformer leurs logements en locations saisonnières beaucoup plus rentables. Ce qui aggrave encore les difficultés à se loger des plus précaires. La mairie de Paris s’est réjouie de ce jugement tout en rappelant que dans la seule capitale on évalue à environ 25 000 le nombre de meublés touristiques illégaux et à plusieurs centaines de milliers dans tout l’Hexagone. La plateforme Airbnb a encore de beaux jours devant elle.

Shawan Jabarin est le directeur général de l’ONG Al‑Haq, l’une des plus anciennes organisations palestiniennes de défense des droits humains. Il a été interdit d’entrer sur le territoire à deux reprises, la première en octobre 2025 et la seconde le 10 avril 2026, empêchant son déplacement à Strasbourg pour témoigner devant le comité des droits de l’homme du Parlement européen. À Paris il devait rencontrer des parlementaires et des membres d’associations actifs dans le soutien à la Palestine. Jabarin est déjà dans le collimateur des autorités américaines pour avoir collaboré avec la Cour pénale internationale dans le lancement des procédures contre certains dirigeants israéliens pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, notamment à Gaza. Des organisations comme Human Rights Watch, Amnesty International et la Fédération internationale pour les droits humains ont dénoncé la décision comme une violation flagrante des principes de liberté d’expression et de défense des droits humains. Et pendant ce temps des criminels de guerre israéliens peuvent se balader sans problème en France et dans l’espace Schengen.

La mort d’un casque bleu français au Liban suscite un grand battage des médias qui, à la suite de Macron, accusent le Hezbollah. Pourtant, cette organisation dément toute responsabilité et il existe bien d’autres possibilités, notamment une attaque provocatrice des forces israéliennes ou de factions libanaises armées liées à elles. Car Israël s’en est déjà pris aux forces des Nations unies, présentées comme des « forces d’interposition » mais qui n’ont quasiment jamais empêché de massacre. Par exemple, en 1996, Israël avait bombardé le camp de réfugiés de Cana tenu par la Finul au Liban, tuant 102 personnes. Encore récemment, les 29 et 30 mars derniers, trois casques bleus indonésiens ont été tués à quelques kilomètres de la frontière israélienne.

Au delà des péripéties militaires, il semble que l’objectif de Macron, directement ou sous couvert de l’ONU, soit de participer à un « désarmement » du Hezbollah, en collaboration avec le gouvernement libanais, lui-même en pourparlers avec Netanyahou. L’impérialisme français cherche à conserver des positions dans un pays qu’il a toujours considéré comme sa chasse gardée. Non à l’intervention française au Moyen-Orient.

Malgré l’opposition des riverains et de l’association de défense animale L214, le tribunal administratif d’Amiens a autorisé l’extension d’une ferme de poules pondeuses qui passera de 900 000 à 1,2 million d’animaux à Éragny-sur-Epte, une commune de moins de 600 habitants. Les écologistes dénoncent des conditions d’élevage incompatibles avec le bien-être animal : absence d’accès à l’extérieur, densité extrême, alimentation industrielle. Elle évoque « des conditions de vie atroces » et alerte aussi sur l’impact environnemental, notamment l’usage pour l ‘alimentation de soja importé lié à la déforestation. Lors de l’enquête publique, 178 avis négatifs avaient été déposés, traduisant une forte opposition d’une partie de la population locale, le voisinage déplorant notamment des nuisances sonores et olfactives. Rien n’y a fait. Les pouvoirs publics appuyaient le projet dès le départ dans la droite ligne de la loi Duplomb adoptée l’an dernier et qui a facilité le développement des élevages industriels. L’agrobusiness a le vent en poupe…

Le tribunal correctionnel a condamné de trois ans de prison le dirigeant d’une PME du secteur du bâtiment pour avoir hébergé et employé un jeune sans-papiers ivoirien de 23 ans dans des conditions indignes. Ce patron pratiquait une forme moderne d’esclavage qui n’a cessé que lorsque le salarié s’est gravement blessé et a dû être soigné. L’entrepreneur ne s’est pas présenté à l’audience et n’était pas non plus représenté par un avocat. Il a donc été condamné en son absence et un mandat d’arrêt émis contre lui. Un exemple parmi d’autres du fait que des patrons voyous profitent de la situation précaire des sans-papiers pour les surexploiter. Une forme moderne de la traite des êtres humains.

Le parquet national financier a fait perquisitionner les locaux du groupe Engie (ex-GDF Suez) dans le cadre d’une enquête visant l’ex-ministre de la Culture Rachida Dati. Elle aurait été rémunérée (290 000 euros) de façon occulte par le groupe énergétique alors qu’elle était euro-députée afin de faire du lobbying pour son compte à Bruxelles. Les enquêteurs s’intéressent également aux éventuelles relations d’intérêts qu’elle aurait entretenues avec l’Azerbaïdjan et le Qatar. L’information judiciaire porte sur des soupçons de corruption, trafic d’influence, détournement de fonds publics, recel et blanchiment. Dati est mouillée dans une autre affaire impliquant Carlos Ghosn, l’ex-patron de Renault, et est également soupçonnée de non-déclaration de bijoux à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Un sacré lot de casseroles.

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé depuis le perron de Matignon que les artisans boulangers et fleuristes pourront ouvrir le 1er mai et que les salariés travailleront ce jour-là sur la base du volontariat en étant payés double. Il a indiqué qu’entre-temps, « une instruction sera donnée à l’ensemble des services de l’État » pour que les commerces concernés ne soient pas verbalisés. Une fleur faite à ces petits patrons après le crash à l’Assemblée du texte sur le même sujet défendu par les députés Renaissance. Dans la pratique cela ne changera pas grand-chose car la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a rappelé dans les colonnes du Parisien qu’il existe déjà un accord de branche dans le secteur de la boulangerie artisanale, signé par la CGT, qui prévoit des compensations et des contreparties à l’ouverture le 1er mai. Mais l’important pour Lecornu est de montrer qu’il est à l’écoute des patrons, petits et grands.