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Brèves

L’actualité en bref

Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), jugée pour « homicide involontaire » après la mort de Micheline Myrtil, 55 ans, aux urgences de l’hôpital Lariboisière, dans le 10e arrondissement, en 2018, tout en reconnaissant une « faute de négligence » de l’institution. La malheureuse avait été admise après une infection invasive à méningocoques. Placée dans une salle d’attente, où des brancards étaient disposés sur trois rangées, elle n’avait bénéficié qu’aucune surveillance. Ensuite elle avait été considérée comme ayant quitté l’établissement du fait d’une erreur d’identité. Et ces manquements successifs avaient abouti à son décès. Le parquet avait demandé la relaxe estimant qu’il n’existait pas de lien de causalité certain entre les défaillances du service et le décès. Il n’empêche que ce genre de défaillances se multiplient dans des établissements hospitaliers en surcharge avec un personnel constamment au bord de l’épuisement. Et depuis 2018 la situation ne s’est pas améliorée, loin de là…

Dans un entretien accordé aux quotidiens de la presse régionale, Sébastien Lecornu a annoncé avoir signé deux décrets pour réformer l’aide médicale d’État (AME), qui permet la prise en charge de soins destinés aux migrants sans papiers et à faibles revenus. Il s’agit officiellement de « renforcer la lutte contre la fraude » et de durcir les conditions pour en bénéficier. Mais la fraude a bon dos. Dans les faits cela revient à désigner les migrants et leurs familles comme des fraudeurs potentiels et s’inscrit dans la droite ligne des campagnes anti-migrants menées par ses prédécesseurs.

La direction de Monoprix a convoqué une réunion exceptionnelle du Comité social et économique de l’entreprise ce mardi 10 février en vue d’annoncer aux élus du personnel son intention de fermer ou de céder plus magasins dans l’Hexagone. Les syndicats dénoncent une politique guidée par la volonté de sabrer, de façon détournée, dans les effectifs. Au cours des quatre dernières années près de 2 500 postes de travail ont déjà été supprimés. « C’est une réorganisation d’une extrême brutalité, une fois encore au détriment des travailleurs » a réagi la CGT commerce. Et la seule issue pour les employés est de se battre contre les licenciements.

C’est Mediapart qui nous l’apprend. La Compagnie fruitière utilise dans ses bananeraies africaines, notamment en Côte d’Ivoire, des pesticides déversés par épandage aérien dont les résidus sont dangereux pour la santé humaine et interdits en Europe. Exemple de la Françafrique, cette société est le premier producteur de fruits de la zone Afrique‑Caraïbes‑Pacifique et traite environ 540 000  tonnes de bananes chaque année, dont 66 % proviennent de ses propres plantations. Elle emploie plus de 20 000 salariés. Depuis 2009, au Cameroun cette fois, la société et sa filiale locale ont fait l’objet de multiples accusations d’épandage de pesticides sans considération pour la santé des travailleurs et des riverains, de salaires de misère et d’expropriations abusives de terres. Mais elle continue comme si de rien était. À signaler l’hypocrisie de l’Union européenne qui interdit chez elle certains de ces pesticides mais autorise leur exportation vers l’Afrique.

Aux États-Unis, où la chasse à l’immigré continue, de plus en plus de voix s’élèvent contre la politique de Trump. Les langues se libèrent… et elles le font aussi en espagnol. Lors du dernier Super Bowl, la finale du championnat de football américain, dimanche 8 février, le rapeur Bad Bunny a assuré le mythique show de la mi-temps. Cet artiste portoricain hispanophone et pro-LGBT, ouvertement contre sa politique, a mis Trump hors de lui. Il a qualifié sa prestation « d’affreuse » et « d’affront à la grandeur de l’Amérique », ajoutant « personne ne comprend un mot de ce que dit ce type et les danses sont dégoûtantes ». Un message de fierté pour les peuples d’Amérique latine qui subissent la répression de l’ICE et de l’impérialisme américain.

Des chercheurs alertent : au large de La Martinique, 78 % des coraux sont morts entre 2023 et 2025. Dans la mer des Caraïbes, la moitié des coraux a disparu depuis 1980. En cause, une température trop élevée de l’eau, la multiplication des ouragans, mais aussi l’augmentation de la pollution chimique et plastique due à l’expansion du transport de marchandises et des croisières touristiques. Les coraux protègent les littoraux et permettent le développement d’un écosystème riche et diversifié. Leur disparition serait une catastrophe pour des centaines de millions de personnes. Le capitalisme nous mène à la catastrophe. Il faut y mettre fin !

Dix syndicalistes de l’hôpital pédiatrique Garrahan à Buenos Aires sont menacés de licenciement et trente autres de sanctions disciplinaires. Et pour cause, ils ont animé en 2025 une grève qui a fait plier le gouvernement d’extrême droite de Milei. Leur lutte avait débouché sur 61 % d’augmentation des salaires, dans un contexte d’inflation extrême et d’attaques violentes contre des militants et les services publics. Alors que Milei prépare une loi visant à limiter les droits syndicaux, s’en prendre aux grévistes de Garrahan est un message à tous les travailleurs d’Argentine. Mais les grévistes de Garrahan ont montré qu’il est possible de lutter mais aussi de gagner face à l’extrême-droite. Un exemple à populariser, ici comme là-bas !

Le 8 février 1962, la police réprimait violemment une manifestation de plusieurs dizaines de milliers de personnes dans les rues de Paris. Cette manifestation avait pour but de protester contre un attentat de l’OAS (Organisation armée secrète – extrême droite) qui avait rendu aveugle une petite fille de 4 ans, Delphine Renard. Elle revendiquait aussi l’arrêt de la guerre d’Algérie, qui ne prendra fin qu’avec le cessez-le-feu du 19 mars 1962. La police et les CRS, dont beaucoup sympathisaient avec l’OAS, se sont déchaînés contre les manifestants : neuf personnes trouvèrent la mort en tentant de trouver refuge dans la station de métro Charonne, certaines écrasées dans les escaliers de la station par les lourdes grilles d’arbres lancées sur elles. Tous et toutes étaient des militants communistes dont le plus jeune avait 14 ans. Les principaux responsables de ce massacre étaient le préfet de police Maurice Papon, qui avait déjà dirigé celui des Algériens le 17 octobre 1961, le ministre de l’Intérieur Roger Frey et surtout de Gaulle lui-même, dont le but était de montrer à la droite et aux militaires jusqu’au-boutistes qui l’accusaient de « brader l’Algérie » qu’il ne faisait pas de cadeau aux communistes. Les CRS meurtriers de Charonne n’ont jamais été inquiétés par la justice. L’anniversaire de cette tuerie rappelle de quoi sont capables les politiciens et les policiers au service de la bourgeoisie.

Le vice-président américain, JD Vance, et son épouse ont été copieusement sifflés lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Milan-Cortina lorsqu’ils sont apparus sur l’écran géant du stade San Siro. Les organisateurs ont tenté de couvrir les huées en mettant à fond la musique que diffusaient les haut-parleurs. Quelques heures auparavant, plusieurs centaines d’étudiants et de lycéens s’étaient rassemblés devant l’École polytechnique de la ville pour protester contre la présence de membres de l’ICE, la sinistre police de l’immigration de Trump, dans le stade. De son côté, le maire, Giuseppe Sala, avait clairement indiqué que les agents de l’ICE « n’étaient absolument pas les bienvenus à Milan ». À l’opposé, avant d’assister à la cérémonie d’ouverture, Vance avait rencontré la cheffe d’extrême droite du gouvernement italien Giorgia Meloni et ils avaient glorifié ensemble leurs « valeurs communes ». Qui à l’évidence ne sont pas partagées par une bonne partie de la population, en Italie, aux États-Unis et ailleurs.