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Brèves

L’actualité en bref

Dans une vidéo humoristique postée sur les réseaux sociaux, des élèves et des professeurs d’un lycée de Sevran (Seine-Saint-Denis) ont alerté sur l’insalubrité de leur bâtiment. Cette vidéo a déjà été vue par plus de 1,7 million de personnes. Professeurs et élèves ont choisi l’humour, en plus des manifestations qu’ils organisent régulièrement. « On n’est pas censé mendier des moyens pour nos écoles », explique une élève. Plusieurs lycées d’Île-de-France font le même constat de vétusté. Des enseignants publient même des vidéos de rongeurs dans un couloir d’un lycée de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Dans un internat de Melun (Seine-et-Marne), ce sont des fenêtres cassées ou des problèmes d’électricité. La région Île-de-France, en charge de la rénovation des bâtiments, indique être « pleinement mobilisée ». Mais le mouvement risque de devenir viral et d’autres établissements de se prendre au jeu. Il faut dire que sur l’ensemble du pays la vétusté des bâtiments des établissements d’enseignement est la règle, pas l’exception.

L’Agence France-Presse a publié un reportage sur les femmes exilées qui, dans la capitale, vivent leur maternité dans la rue faute d’hébergement. Pour dormir au chaud, elles s’abritent, avec leurs familles, dans des cages d’escalier ou des locaux à poubelles. « Avant, il arrivait qu’on voie des femmes enceintes à la rue, on était affolés, mais on finissait toujours par trouver une solution », rappelle Véronique Boulinguez, une sage-femme de la Protection maternelle et infantile. « Maintenant on en est à supplier pour que les femmes soient mises à l’abri au dernier trimestre de grossesse. Est-ce normal pour un bébé de trois mois d’être dehors ? », interroge-t-elle. Malgré les efforts déployés sur le terrain, vivre sa maternité dans la rue devient l’ordinaire de nombre d’exilées. « On est monté jusqu’à 200 personnes certains jours. En France, il y a la volonté politique d’un accueil par le trottoir », dénonce Yann Manzi, cofondateur de l’association Utopia 56, qui tient chaque soir une permanence place de l’Hôtel-de-Ville pour aider les femmes enceintes ou avec bébé à trouver un hébergement. La situation n’est pas propre à Paris. Mi-février, cinq grandes villes ont annoncé poursuivre l’État pour dénoncer ses « carences » en matière d’hébergement d’urgence. Mais pour Macron on ne peut pas « en même temps » subventionner les marchands de canon et pendre soin des femmes enceintes à la rue.

Une vingtaine d’associations et de partis ont appelé à manifester ce samedi à Villeneuve-de-la-Raho, près de Perpignan, contre la construction d’un golf de 180 hectares. Le rassemblement a réuni plus de 4000 personnes (4000 selon la police et 5000 selon les organisateurs). Le département des Pyrénées-Orientales est en proie depuis deux ans à la pire sécheresse de son histoire. En 2023, seulement 245 mm de précipitations ont été recensés, contre 560 mm habituellement. Mais, pour les pouvoirs publics, il est urgent de construire un golf et d’arroser abondamment l’herbe sur des dizaines d’hectares. Un green qui donne envie de voir red !

Macron a décoré de la grand-croix de la Légion d’honneur Bernard Arnault, patron de LVMH et propriétaire de plusieurs titres de presse. Pour le féliciter et lui cirer les chaussures étaient présents, entre autres, Elon Musk, Jeff Koons, Vincent Bolloré et aussi Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Anne Hidalgo, Rachida Dati… bref, une belle brochette d’exploiteurs et de politiciens à leur service. Il est vrai qu’avec 230 milliards de dollars de patrimoine, Bernard Arnault est l’homme le plus riche du monde : ça vaut bien une médaille !

CMA CGM, propriété du milliardaire Rodolphe Saadé, va racheter Altice Media, groupe de presse jusque-là propriété de Patrick Drahi, pour la bagatelle de 1,5 milliard d’euros. Ce groupe comprend, entre autres, BFMTV et RMC. CMA CGM emploie plus de 150 000 salariés à travers le monde et a réalisé 42 milliards d’euros de bénéfices en deux ans. Les milliardaires s’achètent et se rachètent les médias comme d’autres des chemises ou des téléphones. Avec Bouygues (groupe TF1), Arnault (groupe Les Échos-Le Parisien), Bolloré (Prisma média, Canal+, Lagardère) et quelques autres, voilà Saadé qui entre dans la cour des « grands » de la presse : c’est rentable et permet de façonner l’opinion.

Voici une dizaine de jours, Macron avait envisagé l’envoi de troupes au sol françaises en Ukraine. Si Macron avait été félicité par toutes sortes de politiciens et de médias bellicistes, sa sortie avait fait un bide auprès des autres chefs d’État européens. Certains de ses conseillers s’étaient appliqués à « désamorcer » ces menaces en expliquant qu’il s’agissait seulement de faire trembler Poutine. Mais voici qu’il vient de récidiver : selon Le Monde, le président aurait déclaré : « Il va falloir que j’envoie des mecs à Odessa si ça continue. » Ces paroles auraient été prononcées au cours d’un dîner, vers trois heures du matin. Certains en ont déduit que Macron avait peut-être abusé du champagne millésimé de l’Élysée. Il n’en reste pas moins que ces propos de va-t-en-guerre sont inquiétants. Roulements de mécaniques, menaces réelles ou propos d’ivrogne, ça en dit long sur le personnage qui a accès au bouton nucléaire…

La tenue d’une réunion d’une centaine d’étudiants de Sciences Po en solidarité avec les Palestiniens massacrés à Gaza a suscité une petite tempête médiatique et politicienne. Au point que le Premier ministre Attal envisage de se rendre dans l’établissement. Cette réunion a été présentée par de nombreux médias comme une manifestation d’antisémitisme, sous le prétexte que l’entrée de l’amphi aurait été refusée à une militante de l’UEJF, organisation d’étudiants sionistes qui soutient la politique de l’État d’Israël. Un étudiant aurait crié « Ne laissez pas entrer la sioniste ! » Il n’en faut pas davantage pour que soit dénoncé un « filtrage », une « discrimination » des étudiants juifs. Le Pen elle-même y a été de son petit couplet contre l’antisémitisme. Un commentateur de la chaîne LCI expliquait même que l’étudiante refoulée aurait été identifiée comme juive à son faciès. Or, à en croire Le Figaro, peu suspect de sympathie pour la cause palestinienne, la vraie raison de ce rejet, c’est que cette étudiante est connue pour filmer les militants qui dénoncent les massacres de Gaza et mettre leurs photos sur les réseaux sociaux. L’objet de cette campagne contre les étudiants de Sciences Po qui ont tenu cette réunion vise à soutenir la guerre menée par l’armée israélienne à la population palestinienne. Ne tombons pas dans le panneau.

La chanteuse Aya Nakamura a été pressentie pour chanter à l’occasion de l’ouverture de JO. Il n’en a pas fallu davantage pour susciter une campagne de dénigrement, notamment sur les réseaux sociaux, sous divers prétextes, tels que de contester les paroles de ses chansons qui ne seraient pas écrites en bon français selon ses détracteurs. La véritable raison de cette campagne, c’est tout simplement que Nakamura est noire, ce qui est insupportable pour les racistes. Qu’on apprécie ou non son talent, et qu’on apprécie ou non le grand cirque des JO, apportons notre solidarité à cette chanteuse face aux abrutis racistes.

Sans doute aiguillonné par les scandales qui ont frappé les chaînes de maisons de retraite, le gouvernement avait annoncé une loi « grand âge » destinée à « améliorer l’autonomie et les conditions de vie » des personnes très âgées. Au final, le projet adopté à l’Assemblée le 12 mars ne propose que quelques mesures dérisoires telles que d’encourager les régions à aider les salariés des Ehpad et les aides à domicile à obtenir leur permis de conduire. La seule mesure envisagée qui aurait pu avoir un intérêt consistait à obliger les patrons des Ehpad à consacrer une partie de leurs bénéfices à l’amélioration des conditions de vie des résidents. Mais elle a été repoussée par les députés. Visiblement, ceux-ci défendent plus volontiers les intérêts des actionnaires des groupes capitalistes qui détiennent les chaînes d’Ehpad que ceux des personnes âgées…