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Brèves

L’actualité en bref

La visite à Washington de Benny Gantz, ex-chef d’état-major et influent membre du cabinet de guerre, a mis le feu aux poudres. « Il n’y a qu’un seul Premier ministre et c’est moi », s’est ainsi emporté le Premier ministre israélien à l’annonce du voyage vers les États-Unis de son principal rival politique mais aussi partenaire de guerre. Lors de cette visite, Benny Gantz a, de fait, coupé l’herbe sous le pied à Benyamin Netanyahou en rencontrant des hauts fonctionnaires, dont la vice-présidente américaine Kamala Harris, et le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan, afin de discuter de la stratégie d’Israël à Gaza… sans le Premier ministre. Le leader centriste, chef du parti de l’Union nationale, s’est aussi attiré les foudres de nombreux ministres du Likoud, le parti de droite de Netanyahou. « Il agit derrière le dos du Premier ministre », a dénoncé Miri Regev, la ministre des Transports, qualifiant ce déplacement de « subversif ». En fait, Gantz, qui jusqu’à présent a assumé pleinement les massacres des Palestiniens, tente de jouer sur les divergences entre Biden et Netanyahou, en ce qui concerne notamment l’après-guerre et le futur de la bande de Gaza, pour apparaître comme une alternative « raisonnable » au Premier ministre actuel et éventuellement le remplacer. Ce qui ne changera rien au sort des Palestiniens.

Après avoir testé des recherches sur plusieurs outils d’intelligence artificielle (IA), des chercheurs ont révélé l’existence de préjugés sexistes prononcés à l’encontre des femmes. C’est l’Unesco qui a dévoilé cette étude. Les modèles GPT 2 et GPT 3.5 d’OpenAI, font preuve « sans équivoque de préjugés à l’encontre des femmes », explique l’instance onusienne. Selon l’étude, menée d’août 2023 à mars 2024, ces modèles de langage ont davantage tendance à associer les noms féminins à des mots comme maison, famille ou enfants, tandis que les noms masculins sont davantage liés aux mots commerce, salaire ou carrière. De plus un homme est souvent présenté comme un professeur, un chauffeur ou un employé de banque, tandis qu’une femme sera plutôt, dans au moins 30 % des textes générés, une prostituée, un mannequin ou une serveuse. Dans cette société capitaliste arriérée, la technique la plus sophistiquée cohabite avec les pires préjugés sexistes et rétrogrades.

La traque aux sans-abris continue sous les ponts de la capitale. Évoquant un risque de crue, la préfecture de police de Paris a chassé près de 420 d’entre eux des quais de la Seine. Un arrêté préfectoral a ainsi permis de déloger de leur tente ces SDF utilisant les ponts pour s’abriter du froid et de la pluie. Une situation impossible à laisser passer pour l’association Utopia 56, particulièrement active dans l’aide aux exilés dans la rue. D’autant plus que l’arrêté ne précise aucunement les quais de Seine ciblés. Ce qui implique qu’ils sont tous concernés. L’ONG souligne que « dans les faits, la préfecture de police a attendu la décrue pour expulser ces jeunes ». Et de conclure qu’il s’agit purement et simplement « d’une chasse à l’homme pré-Jeux olympiques ».

Pour échapper aux patrouilles de police et de gendarmerie qui quadrillent les plages du Nord et du Pas-de-Calais, les migrants tentent désormais d’embarquer depuis les cours d’eau de la région pour atteindre les côtes britanniques, notamment ceux de la baie de Somme. Pour endiguer le phénomène, les autorités ont fait installer plusieurs barrages flottants sur les fleuves côtiers et les canaux de la région. Les migrants doivent également affronter les écluses et les gros bâtiments genre porte-containers qui déstabilisent leurs frêles embarcations. Il y a quelques jours, une fillette est morte noyée dans ces conditions. Mais, malgré tout, d’autres prendront tous les risques pour tenter de gagner la Grande-Bretagne. Comme l’explique Amélie Moyart, coordinatrice d’une association d’aide aux migrants de Grande-Synthe : « C’est un phénomène qui reste très restreint, mais ça montre que les migrants cherchent des solutions alternatives parce qu’on ne leur propose rien d’autre. Pour eux il n’y a toujours pas de possibilité de se rendre en Angleterre de façon légale depuis la France. » Plus que jamais : ouverture des frontières, libre droit de circulation et d’installation pour tous les migrants !

Deux policiers de la brigade de répression des actions violentes motorisée (Brav-M) sont jugés au tribunal judiciaire de Bobigny (Seine-Saint-Denis), accusés d’avoir proféré des menaces et commis des violences sur un manifestant, Souleyman, un étudiant tchadien de 23 ans, le 20 mars 2023, en marge d’une manifestation contre la réforme des retraites. Un enregistrement sonore accablant avait été rendu public un peu plus tard par Le Monde, Loopsider et Mediapart sur lequel on pouvait entendre ces policiers tenir des propos insultants, racistes et humiliants envers sept jeunes manifestants qu’ils venaient d’interpeller. C’est l’un d’entre eux qui avait tout enregistré. Deux plaintes avaient été déposées contre les policiers. À noter que ces derniers sont toujours en fonction et que l’un avait été « sanctionné » au lendemain des faits par une mise à pied… de trois jours. Le ministère public a d’ores et déjà abandonné les chefs d’accusation « d’agression sexuelle commise par personne dépositaire de l’autorité publique en réunion » et d’ « injures racistes » contre l’un des deux prévenus. Encore une fois, la justice risque de se montrer bien clémente à l’égard de ses chiens de garde.

Selon les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations, au moins 8 565 personnes sont mortes sur les routes migratoires dans le monde en 2023. C’est l’année la plus meurtrière depuis que l’organisation a lancé son Missing Migrants Project (projet des migrants disparus), une base de données publique créée en 2014 qui recense les migrants morts et disparus. Le nombre total de morts de l’année dernière dépasse le précédent record établi en 2016, lorsque 8 084 migrants étaient décédés. Mais des centaines de milliers de personnes continuent de tenter leur chance en essayant de traverser la Méditerranée sur des rafiots, en entreprenant un périple harassant à travers la jungle inhospitalière du Darién, à la frontière entre la Colombie et le Panama, ou en tentant de passer par le Sahara. La traversée de la Méditerranée reste la route la plus meurtrière pour les migrants, avec au moins 3 129 décès et disparitions enregistrés l’an dernier, du fait notamment de la politique de fermeture des frontières décidée par l’Union européenne. C’est le nombre de décès le plus élevé enregistré sur cette voie de passage depuis 2017. Et l’orientation actuelle anti-migrants de la plupart des États risque encore d’aggraver l’hécatombe en 2024.

Si, au mois de février, les retraités ont pu bénéficier de la revalorisation des pensions de base à hauteur de 5,3 % – qui n’a pas compensé la perte de leur pouvoir d’achat ces dernières années – l’an prochain cette revalorisation risque d’être nettement inférieure au taux de l’inflation, voire inexistante. Après l’annonce par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, d’économies de dix milliards d’euros sur le budget 2024, c’est au tour de Thomas Cazenave, ministre délégué aux Comptes, d’expliquer à l’Assemblée nationale qu’en 2025 ce sont 20 milliards d’économies supplémentaires qu’il faudra trouver au lieu des 13 milliards primitivement prévus. Le budget de la Sécurité sociale est notamment dans le collimateur, avec des serrages de ceinture prévus pour les demandeurs d’emploi et les retraités dont les prestations sociales et les pensions seraient déconnectées de l’inflation. Le gouvernement annonce la couleur. À nous de lui répondre par la lutte.

D’énormes rochers, entourés de grillages, ont été installés sur certains quais de la Seine, notamment dans le 13e arrondissement, pour empêcher les personnes sans-abri qui y plantaient leur tente de pouvoir s’y réinstaller. « Ça fait quelques mois que les campements en bord de Seine, lieu de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, sont harcelés », résume Paul Alauzy, coordinateur à Médecins du monde et porte-parole du Revers de la médaille, un collectif inter-associatif. Il décrit un nouveau dispositif « particulièrement agressif ». De son côté, le collectif Accès au droit, qui documente les violences policières commises à l’encontre des personnes exilées et à la rue, affirme que ces rochers ont-ils été installés en plein cœur de la capitale pour « nettoyer » les quais du fleuve en vue des Jeux. « La demande des associations, ce n’est pas qu’il y ait des tentes et des sans-abris pendant la cérémonie d’ouverture, précise Paul Alauzy, mais il faut que ces gens aient des solutions décentes, financées sur le long terme. Au lieu de ça, on ne leur accorde même pas un mètre pour se réfugier du vent et de la pluie. » La mairie de Paris et la préfecture de police se renvoient la balle. Pendant ce temps, les SDF continuent d’errer dans les rues de la capitale à la recherche d’un refuge.

À temps de travail égal, les femmes salariées dans le secteur privé gagnaient en moyenne 14,9 % de moins que les hommes en 2022, selon une étude que l’Insee vient de publier. Globalement, le revenu salarial moyen des femmes dans le privé est inférieur de 23,5 % à celui des hommes (19 980 euros net annuels contre 26 110 pour les hommes), cet écart s’expliquant en partie par un volume de travail moindre, les femmes étant moins souvent en emploi au cours de l’année et davantage à temps partiel. Mais, à temps de travail identique, le salaire moyen des femmes est inférieur de 14,9 % à celui des hommes. Cet écart s’est réduit au fil du temps, notamment parce que la part de femmes cadres a augmenté : en 1995, le taux était de 22,1 %. « Les différences de salaire s’expliquent surtout par la répartition genrée des professions », explique l’Insee. Les femmes n’occupent pas le même type d’emploi, ne travaillent pas dans les mêmes secteurs que les hommes et accèdent moins aux postes les plus rémunérateurs. Ce qui fait qu’elles sont toujours peu représentées parmi les plus hauts salaires. Pour l’égalité hommes-femmes, le combat continue…